Louise Dény Pierson

15 novembre 1918

Ma guerre est terminée. Nous travaillons tous à Paris dans des conditions satisfaisantes.
Nous ne rentrerons à Reims qu’à la fin de l’été 1921.

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Louis Guédet

Vendredi 15 novembre 1918

1526ème et 1524ème jours

9h1/2 matin  Temps magnifique ! il a gelé. Causé hier assez longuement avec le Lieutenant-colonel Artigue qui loge à la maison. Il regrette qu’on n’ait pas été faire la Guerre en Allemagne ! Il me disait que ceux qui avaient été les plus courageux et qui avaient donné le plus c’étaient les cultivateurs, les paysans et les étudiants. Quant aux ouvriers de ville et à la riche bourgeoisie ils n’avaient cherché qu’à s’embusquer. C’est aussi mon opinion.

Pour les alsaciens il était aussi de mon avis. Expulser tous ceux qui ne justifiaient pas de leurs origines françaises d’avant 1870. En un mot, remettre tout à 1870, comme si l’annexion n’avait jamais existée !…

4h1/2 soir  Il fait déjà nuit ! Rien de saillant, nous avons des nouvelles de Jean qui est à Troyes en convalescence. Il a dû être fortement pris. Rien de nouveau je ne suis pas sorti.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Vendredi 15 – Visite de M. Abelé. Annonce au Général de Galembert(1) la mort de son fils qui était en Bulgarie.

(1) La fin de la guerre n’est pas la fin des pertes. On mourra encore beaucoup dans les hôpitaux et, sans compter les mutilés, combien de victimes des gaz asphyxiants agoniseront lentement dans les sanatoriums !
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Vendredi 15 novembre

Les escadres alliées sont entrées à Constantinople. Les forces françaises comprenaient la deuxième escadre de l’armée navale, commandée par l’amiral Amet, ayant son pavillon à bord du cuirassé Diderot. Les troupes britanniques et indiennes occupant les forts étaient rangées en ordre au passage des bâtiments.
Les troupes serbes ont atteint en Hongrie la région de Weisskirchen.
Les troupes françaises ont pénétré en Valachie en même temps que l’armée roumaine mobilisait. Leur offensive avait duré cinquante-sept jours, au cours desquels l’armée alliée d’Orient avait étendu ses opérations sur un front de 1500 kilomètres, de la mer Noire, à la mer Egée, au Danube et à l’Adriatique.
Cette armée a successivement, malgré les fatigues et les privations de toute sorte, écrasé la Bulgarie, délivré la Macédoine orientale, la Serbie et le Monténégro, isolé la Turquie, participé à la défaite de l’Allemagne et de l’Autriche. Elle a enfin tendu la main à la Roumanie libérée. Les Roumains de Transylvanie se sont partout soulevés contre leurs oppresseurs Magyars.
Le kronprinz allemand est arrivé en Hollande. La kaiserin est à Hombourg.
Les socialistes allemands ont manifesté la volonté de faire comparaître devant une haute cour les hommes qui sont responsables d’avoir prolongé la guerre, et en particulier, l’amiral Tirpitz et le général Keim.
Lord Derby, ambassadeur britannique, a fait une visite à M. Pichon, ministre des Affaires étrangères. Les deux hommes d’Etat ont déclaré que l’alliance franco-anglaise continuerait à s’exercer dans la paix comme durant la guerre.
Une séance violente a eu lieu aux Cortès espagnoles.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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