Louis Guédet

Mercredi 17 avril 1918                                                

1314ème et 1312ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps gris, moins froid, pas de pluie. Je suis parti avec André à 5h du matin d’ici, il m’a quitté à Châlons pour aller au Collège. J’ai continué sur Épernay où je suis arrivé vers 8h. Dans la cour de la Gare un ou 2 bataillon du 1er Tirailleur, musique et nouba en tête. Pas gais les malheureux. Ils montaient vers Reims.

Vu au Tribunal juste Payen. Le Procureur de la République était justement à Reims pour constater les dégâts au Palais de Justice. Brûlées ou incendiées les rues Colbert, Carnot, Vesle jusqu’à la rue des Poissonniers, St Jacques et l’église, la rue de Talleyrand jusqu’à chez Lhoste et l’École Industrielle, rue de l’Étape, Clou dans le Fer, 2 Anges, la rue Chanzy, le Théâtre, le Musée jusqu’aux Loges Coquault et la rue des Fuseliers, le Bon Pasteur, St Marcoul (Noël-Caqué), la rue du Barbâtre et cela continue !!

Revenu à Châlons par le train de 11h. Fait quelques courses, rencontré Hémard qui se réfugie à Troyes St Julien. Raux mon officier défendeur dans mes litiges de réquisitions, qui me disait que St Omer était assez bombardé. Nous tiendrons audiences les vendredis à Épernay jusqu’à complet apurement du retard, et ensuite de 15 jours en 15 jours ou de moins en moins selon le besoin. Rentré à 5h du soir avec André après avoir vu le Supérieur de St Etienne avec lequel je me suis mis d’accord pour qu’André suive les cours de manière à pouvoir revenir ici le soir et rester à St Martin le jeudi et le dimanche.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Mercredi 17 – Nuit tranquille. Journee paisible.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 17 avril
Dans la région au nord de Montdidier, assez grande activité de l’artillerie.
Dans le secteur de Noyon, nous avons réalisé quelques progrès au cours d’une opération de détail.
Nos reconnaissances se sont montrées très actives, notamment dans la région du canal de l’Oise: un de nos détachements a franchi le canal à l’ouest de Pierremande et ramené dix prisonniers et une mitrailleuse.
Nos patrouilles ont fait également des prisonniers dans le secteur de Corbeny, en Champagne, dans la région de Seicheprey et dans les Vosges.
Un coup de main ennemi au Téton a échoué.
Sur le front anglais, l’ennemi a déclenché une très puissante attaque contre les positions entre Bailleul et Neuve-Eglise. L’assaut a été donné par trois divisions de choc, qui ont réussi, après une lutte acharnée, à enlever les hauteurs à l’est et au sud-est de Bailleul, le mont de Lille et le Ravensberg. Les troupes britanniques se sont retirées sur de nouvelles positions au nord de Bailleul et de Wulverghem, en abandonnant Bailleul.
Une attaque allemande s’est dessinée près de Wytschaete, une autre près de Vieux-Berquin : cette dernière a été immédiatement brisée. Nos alliés ont fait un certain nombre de prisonniers près de Robecq.
Dix chalutiers allemands ont été coulés dans le Cattégat par la flotte anglaise.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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