Louis Guédet

Vendredi 22 mars 1918                                               

1288ème et 1286ème jours de bataille et de bombardement

6h1/4 soir  Brouillard intense ce matin, ensuite beau temps mais froid. Cette nuit à 11h1/32 nous sommes réveillés par 2 bombes d’avions qui ont été lancées entre Vitry-la-Ville et Cheppes, juste en face de la Croix de Pierre, à la limite des 2 territoires, près du petit ponceau (petit pont à une seule arche) dans la prairie. Ils visaient certainement la ligne de chemin de fer. Châlons a été arrosé à 3 différentes reprises durant 3 heures. Pas de victimes, peu de dégâts. Tout le monde ici est émotionné ! Pas de nouvelles de Reims qui, d’après l’Eclaireur de l’Est, est fortement bombardé, avant-hier 70 000 obus dit-il ! On annonce de fortes attaques sur le front anglais. Jean est allé voir avec Maurice les trous de ces 2 obus ! Travaillé toute la journée. J’ai beaucoup à faire. Toujours pas de Robert qui craint que sa permission soit encore retardée.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 22 – + 5°. Via crucis in Cathedrali 8 h. légales. Visite du Dr Cochemé qui m’invite à visiter l’ambulance de Pargny avec Mgr Neveux. Accepté. Journée agitée ; avions ; canonnades réciproques.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 22 mars

Au nord de l’Ailette, nous avons réussi un coup de main sur les lignes ennemies aux abords de Boucouville et ramené une dizaine de prisonniers. Vers la fin de la nuit, bombardement intense et soutenu des secteurs au nord et au sud-est de Reims, ainsi qu’en divers points du front de Champagne.
Dans cette dernière région, les Allemands ont prononcé plusieurs tentatives qui sont restées infructueuses, notamment dans le secteur des Hurlus, dans la région de Souain et vers la route de Saint-Souplet.
Sur la rive droite de la Meuse, le bombardement de nos positions a pris une grande ampleur et a été suivi d’une forte attaque entre le bois des Caurières et Bezonvaux.
Après un violent corps à corps, nos troupes ont rejeté l’ennemi des quelques points où il avait pénétré au premier abord. Des prisonniers sont restés entre nos mains.
En Lorraine, les Allemands ont subi un échec dans la région de Nomény. Leurs détachements d’attaque ont été repoussés avec des pertes sérieuses sans aucun résultat.
Nous avons fait une incursion vers Armancourt et ramené des prisonniers.
Sur le front britannique, l’ennemi a déclenché un violent bombardement sur toute l’étendue de la ligne au sud de Saint-Quentin à la Scarpe.
Nos alliés ont réussi un coup de main vers Saint-Quentin.
Un raid naval ennemi devant Dunkerque a été repoussé par la flottille franco-anglaise. Les Allemands ont perdu quatre torpilleurs ou contre-torpilleurs.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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