Louis Guédet

Mercredi 14 novembre 1917

1160ème et 1158ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps brumeux. Combat et quelques obus la nuit. Il fait froid, un froid de brouillard. Vu ce matin le sous-préfet et Beauvais qui m’ont remis un questionnaire à remplir avec entête de la Légion d’Honneur. Beauvais m’a confié qu’on allait décorer incessamment la Ville de Reims, et que je serai de la promotion avec le Docteur Hoël. Ce serait la promotion de la Décoration de la Ville de Reims. Cela me fera plaisir et ce sera pour moi un précieux souvenir et des notes à consigner ici sur la cérémonie de la remise de la Croix à la Ville de Reims. Vu Colson que j’ai félicité et qui parait très heureux de son ruban ! J’en suis aussi très content pour lui. Causé quelques instants avec M. Bailliez qui m’a remis un tas de dossiers d’appel ! et il m’a aussi causé des accès de mauvaise humeur de Charlier ! Voilà un malheureux garçon qui aurait dû être décoré s’il n’avait pas fait tant de bêtises avec son caractère fantasque. Mais rien à lui dire ni à faire pour lui ! Après-midi vu une seconde l’abbé Lecomte que j’ai quitté brusquement, arrêté que j’ai été par Charles notre Receveur Principal. Été à la Ville, causé avec le Maire et Raïssac. J’ai bien fait rire le Docteur Langlet avec la lettre dithyrambique de l’Intendant Général de Châlons sur le juge de Paix de Reims !! Rentré ensuite ici pour travailler d’arrache-pied… Le calme et le silence d’une tombe.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 14 – + 3°. Nuit tranquille ; brouillard épais et froid. Visite à Saint-André, avec Caves Chauvet*, à M. le Curé, aux Sœurs de Saint-Vin­cent de Paul (installées dans la maison de M. Mennesson (Henri).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
* les caves de la maison Chauvet étaient situées rue Coquebert


Mercredi 14 Novembre

Dans la région au nord-ouest et à l’est de Reims, les Allemands ont effectué, à la faveur de vifs bombardements, divers coups de main qui n’ont obtenu aucun résultat. Au cours d’un coup de main exécuté avec succès sur un poste ennemi au sud-est de Nieuport, les troupes belges ont tué un certain nombre d’Allemands et fait plusieurs prisonniers. Le détachement belge est rentré sans avoir subi de pertes.
Une attaque dirigée la nuit dernière contre un poste britannique, au nord-est d’Armentières, a été rejetée par les feux d’infanterie et de mitrailleuses de nos alliés.
Grande activité de l’artillerie allemande au nord-est d’Ypres.
En Macédoine, quelques escarmouches ont été signalées dans la vallée de la Strouma. Activité moyenne de l’artillerie dans la région du Vardar.
Sur le front roumain, activité modérée d’artillerie et actions de patrouilles dans divers secteurs. A Dealul-Palosu, à sept kilomètres de Brastursosa (Trotus), les Russes ont chassé à coups de fusil un groupe de soldats ennemis qui étaient sortis des tranchées pour fraterniser.
Sur le front italien, l’ennemi a, de nouveau, tenté l’attaque du front Gallio-mont Longara-Moletta-di-Gallio, sur le plateau d’Asiago. Après une lutte acharnée, au cours d’une contre-attaque définitive, l’ennemi a été repoussé en subissant des pertes élevées.
Des mouvements intenses austro-allemands, préludant à une nouvelle attaque, ont été battus avec efficacité.
A l’ouest d’Asiago, un détachement ennemi a été capturé. De la Brenta à la Piave inférieure, l’ennemi a occupé la zone que nos alliés avaient évacuée.
En amont de Saint-Dona di Piave, il a franchi le fleuve, mais n’a pu quitter la rive.
Les avions italiens mitraillent les troupes impériales en marche.
Mis en minorité à la Chambre, le cabinet Painlevé a démissionné.
La Chine proteste contre l’entente américano-japonaise qui la vise.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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