Cardinal Luçon

Mercredi 24 – + 4°. Nuit tranquille. De 9 h. 30 à midi, bombes sifflent. Aéros : tir contre eux. Visite de M. le Marquis de Lagoy, de Saint-Remi de Provence, qui a le privilège de fournir l’huile pour la Consécration des Rois de France. A l’extrémité ouest du Chemin des Dames(1), hier 23 octo­bre, brillant succès : 3 villages pris : 7 500 prisonniers, 25 canons, nom­breux matériel. On a contourné la pointe du Chemin des Dames, puis le fort très puissant de La Malmaison, d’où on peut bombarder les cavernes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Il s’agit d’une offensive à objectif limité lancée par le général Pétain sur les lieux de l’échec d’avril. Les appuis très puissants d’artillerie, des chars et de l’aviation permettent à l’in­fanterie de couronner l’ensemble du Chemin des Dames et de rejeter les Allemands au nord de la Vallée de l’Ailette. Le bilan final au 9 novembre sera de 12.000 prisonniers et de 210 pièces d’artillerie.

Mercredi 24 octobre

Après une préparation d’artillerie qui a duré plusieurs jours, nos troupes se sont portées à l’assaut des puissantes organisations allemandes de la région d’Allemant et de la Malmaison. Sur tout le front d’attaque, nous avons largement progressé et nous avons fait 7500 prisonniers.
Au nord-ouest de Reims, actions d’artillerie assez vives au cours de la nuit. Trois coups de main dirigés sur nos petits postes à l’ouest de Bermericourt et à l’est de la Neuville, n’ont donné aucun résultat.
Sur la rive droite de la Meuse, la lutte d’artillerie a pris un caractère violent vers la cote 344.
Les Anglais signalent des succès vers Poel-Cappelle. A l’est de cette localité, ils ont opéré sur un front de 2 kilomètres et demi et se sont emparés d’un certain nombre de bâtiments fortement organisés et de redoutes bétonnées.
Un violent combat a coûté de nombreuses pertes à l’ennemi. Nos alliés ont poussé au delà de leur ligne d’objectifs.
Plus au nord, ils ont attaqué sur un front de 3800 mètres. Ils ont enlevé les défenses méridionales de la forêt d’Houthulst, ainsi qu’une nouvelle ligne de fermes organisées et de points d’appui. 200 prisonniers sont restés aux mains de nos alliés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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