• Monthly Archives: août 2017

Vendredi 31 août 1917

Cardinal Luçon

Vendredi 31 – Nuit tranquille. Via Crucis in Cathedrali. Visite de M. l’Abbé Ballot. Journée très tranquille. De 9 h. à 11 h. 1/2 ou minuit, bom­bes allemandes par intervalles et par endroits sur la ville.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 31 août

Activité marquée de l’artillerie dans la région de Braye-en-Laonnois et le secteur de Craonne. Une attaque ennemie sur nos petits postes au sud de Chevreux a échoué.
En Champagne, à l’est du Téton, nous avons réussi, sans essuyer aucune perte, une action de détail au cours de laquelle nos troupes ont pénétré dans les lignes ennemies et ramené 11 prisonniers, ainsi qu’une mitrailleuse. Deux coups de main allemands, dans la même région, ont été repoussé après un vif combat.
Canonnade sur les deux rives de la Meuse. Des tentatives ennemies, au nord du bois des Caurières, et sur nos petits postes de Vaux-les-Palomeix, ont subi un complet échec.
Les Anglais signalent une vive activité de l’artillerie allemande dans le secteur de Nieuport.
En Macédoine, rencontre de patrouilles dans la vallée de la Strouma. Canonnade dans la région du lac Doiran et dans celle de Monastir.
Les Russes ont pris des mesures pour rétablir, en Moldavie, la position compromise par le recul de deux régiments.
Sur le Carso, les Autrichiens ont essayé de reprendre les positions récemment conquises par les Italiens sur le plateau de Bainsizza. Ils ont été repoussés, et nos alliés, en consolidant ces positions, ont fait 561 prisonniers. Ils ont brisé une autre attaque entre le Vipacco et la Dosso-Facti. Activité de combat sur le front du Trentin, de Stelvio à la Carniolle.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Source : collection Patrick Nerisson

 

Share Button

Jeudi 30 août 1917

Paul Hess

30-31 août 1917 –  Mêmes bombardements que les soirs précédents, en ville, pour les convois de ravitaillement.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 30 – + 13°. Visite de M. Berrué ; du Général de Boyer. Journée tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 30 août

Lutte d’artillerie intermittente sur le front de l’Aisne.
Nos tirs ont fait exploser un dépôt de munitions dans la région de Courtecon.
Sur le front de Verdun, canonnade assez violente dans le secteur Avocourt-cote 304. Nous avons repoussé les reconnaissances ennemies qui tentaient d’aborder nos lignes au nord du bois des Caurières. Le chiffre des prisonniers valides que nous avons faits dans la région de Beaumont depuis le 26 août, s’élève à 1470, dont 37 officiers.
Sur le front belge, grande activité de patrouilles. Nos alliés ont dispersé un détachement ennemi et ramené des prisonniers.
Les Anglais ont opéré avec succès des coups de main au nord-est de Gouzeaucourt et au sud-ouest d’Hulluch. Ils ont fait des prisonniers. Ils ont enlevé au sud-est de Langemarck un point d’appui qui était resté au mains de l’ennemi.
Les Italiens ont fait un millier de prisonniers à l’est de Gorizia et progressé sur le plateau de Bainsizza. On annonce la disgrâce du général von Arz, qui commandait sur ce front.
Une division russe a reculé presque sans combattre en Moldavie.
Le président Wilson, répondant à la note papale, dit qu’on ne saurait négocier avec le gouvernement allemand actuel.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Cote 304

 

Share Button

Mercredi 29 août 1917

Paul Hess

29 août 1917 – Attaque allemande, le soir, vers 21 h 1/2, et bombardement. Dans la nuit, arrivée de deux obus sur la cathédrale.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 29 – Retour de Paris. A 9 h. 1/2, bombes allemandes, hic illuc, toute la nuit, à intervalles assez longs et irréguliers. La dernière vers 3 h., tout près de nous. Visite du Lieutenant de Ga

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 29 août

Un bombardement violent de nos lignes dans la région du plateau de Californie et de Chevreux a été arrêté par nos tirs d’artillerie. L’ennemi n’a pu prononcer aucune attaque.
Nous avons effectuer des incursions dans les tranchées allemandes de la butte de Souain et dispersé des reconnaissances ennemies au mont Muret et vers Arracourt. Nous avons fait des prisonniers.
Sur le front de Verdun, activité d’artillerie dans la région du bois d’Avocourt et dans le secteur du bois de Beaumont. Deux coups de main ennemi sur nos petits postes vers Vaux-les-Palamex, ont complètement échoué.
Les Anglais, à la suite d’un violent combat, ont avancé leur ligne sur un front d’environ 2000 mètres de part et d’autre de la route Saint-Julien à Poelcappelle. Ils se sont établis dans de nouveaux éléments de l’ancien système de troisième ligne allemande de ce secteur. L’ennemi a attaqué, à deux reprises, les positions britanniques du bois d’Inverness, sur la route d’Ypres à Menin. Il a été chaque fois repoussé, laissant des prisonniers.
La progression des Italiens sur le plateau de Bainsizza s’est poursuivie. Il apparaît de plus en plus que Cadorna fait une opération de grande envergure.
Les Russes ont reculé à l’est de Czernowitz.
La Chambre grecque, à l’unanimité, a accordé sa confiance à M. Venizelos.
Le Congrès de Moscou a tenu une seconde séance. Le général Kornilof a pris la parole et conseillé, avec la gravité de la situation, la nécessité de réorganiser l’armée. M. Tcheidze a parlé au nom du Soviet et M. Rodzianko au nom de la Douma.
On annonce que le pape ne complètera sa note par aucun document explicatif et que M. Wilson a répondu à la note.
M. Bryan, qui était jusqu’ici chef des pacifistes d’Amérique se prononce à son tour pour la guerre jusqu’à la décision victorieuse.
Un membre du ministère bulgare est arrivé à Zurich.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Share Button

Mardi 28 août 1917

Paul Hess

28 août 1917 – Même bombardement, la nuit, que tous ces jours derniers. Obus vers la Haubette, la rue de Vesle et la rue Bacquenois, où un homme est tué chez lui.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mardi 28 – Bombes rue Hincmar, rue du Préau, devant chez M. Compant, sur l’imprimerie. 1 homme tué dans son lit rue Bacquenois. Réunion Pro­vinciale des Evêques à Paris.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mardi 28 août

Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands ont tenté, par une violente contre-attaque, de nous rejeter des lisières sud de Beaumont. Nos feux ont anéanti leurs efforts. Nous avons maintenu toutes les positions conquises, sur lesquelles nous nous organisons. Le chiffre des prisonniers fait la veille dépasse 1100, dont 32 officiers.
Deux coups de main ennemis, au nord et au nord-est de Vaux-les-Palameix ont échoué.
En Lorraine, vers Seicheprey et à l’Hartmannswillerkopf, nous avons repoussé des attaques et fait des prisonniers.
Sur le front belge, les Allemands ont canonné à longue portée Avecapelle et Adinckerke.
Les Anglais ont réussi un coup de main à Oosttaverne. Leurs aviateurs navals ont bombardé l’aérodrome de Saint-Denis-Westrem, sur lequel une quantité considérable de bombes ont été jetées.
Les Italiens ont poursuivi victorieusement leur dure marche en avant sur le plateau de Bainsizza, au nord-est de Gorizia.
Sur le front de Macédoine, canonnade et rencontre de patrouilles au nord de Monastir. Notre aviation a bombardé Lesnica, entre les lacs Malick et d’Okrida.
Échec des Austro-Allemands en Molavie, près d’Ocna.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Lundi 27 août 1917

Paul Hess

27 août 1917 – Bombardement, ainsi que chaque nuit, sur les voies suivies par les convois de ravitaillement.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 27 – Nuit tranquille à partir de 11 h. Voyage à Paris. 10 h. bombes sifflantes (à Paris pour réunion des Évêques de la Province).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 27 août

En Champagne, notre artillerie, poursuivant ses tirs de destruction, a provoqué dans les lignes allemandes l’explosion de réservoirs à gaz, au nord de la ferme Navarin.
Sur la rive droite de la Meuse, nos troupes ont attaqué avec vigueur entre la ferme Mormont et le bois Le Chaume. Notre attaque a parfaitement réussie et nous a mis en possession de tous nos objectifs. Nous avons enlevé, en dépit d’une résistance acharnée, les lignes de défense allemandes sur un front de 4 kilomètres et d’une profondeur d’un kilomètre. Nous avons pris le bois des Fosses et le bois de Beaumont, atteint les lisières sud du village de Beaumont. Une violente contre-attaque débouchant du bois de la Wawrille a été saisie sous nos feux d’artillerie et repoussée avec de lourdes pertes. Nous avons fait de nombreux prisonniers.
Vive lutte d’artillerie sur la rive gauche, dans la région au nord de la cote 304.
Les Italiens ont remporté dans le Carso une victoire dont l’ampleur apparaît de mieux en mieux. Le chiffre de leurs prisonniers monte à 23000.
Sur le front de Macédoine, des détachements ennemis ont été repoussés entre les lacs Prespa et d’Okrida.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

Share Button

Dimanche 26 août 1917

Paul Hess

26 août 1917- A 21 h, au milieu des détonations de nos pièces, des siffle­ments et des explosions d’arrivées ainsi que chaque soir, un obus éclate soudainement auprès de la cathédrale. Je commençais à sommeiller. Nouvelle descente rapide à la cave. Rien d’autre.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche 26 – + 19°. Temps couvert. Visite aux soldats de la 214(1) à Trigny, aumônier Lasalle. A 4 h. soir, canonnade française ; riposte alle­mande ; bombes sifflent et tombent sur les batteries, et ailleurs sans doute. Dîné avec les officiers. Soir, de 9 h. à 11 h., obus sur la ville, comme hier ; un tout près de nous. Reste de la nuit tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) S’agit-il du 214′ Régiment d’infanterie ? (régiment de réserve de Toulouse).

Trigny


Dimanche 26 août

En Belgique, action d’artillerie assez violente dans la région de Bixchoote.
Au sud-est de Saint-Quentin, nos détachements ont pénétré dans une tranchée allemande et ramené 31 prisonniers. Une autre incursion à l’ouest du Panthéon, nous a donné également des prisonniers.
En Champagne, la lutte d’artillerie a pris une assez grande intensité dans la région des Monts. Des coups de main ennemis vers Vauquois, au nord-est d’Avocourt, ont complètement échoué.
Sur la rive gauche de la Meuse, nos troupes ont réalisé de nouveaux progrès au nord de la cote 304 et enlevé trois ouvrages fortifiés au sud de Béthincourt. Le chiffre des prisonniers capturés par nous s’élève à 8100.
Les Allemands ont bombardé le front anglais au sud-est d’Epéhy; ils ont ensuite attaqué sur les deux flancs de la ferme de Villemont et repris pied dans une partie très minime de leurs anciennes tranchées. Dans l’ensemble, leur entreprise a échoué.
Un raid allemand a été repoussé par nos alliés au nord-est de Gouzeaucourt. Ils ont progressé au nord-ouest de Lens en faisant des prisonniers.
Les Italiens continuant toujours leur marche en avant, ont occupé le Monte Santo.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Samedi 25 août 1917

Délégation suédoise

Paul Hess

25 août 1917 – Visite à Reims, d’une mission composée de quinze à dix-huit officiers des pays neutres ; ils passent à la mairie.

— Le soir, à 21 h 1/2, je suis obligé de me lever précipitam­ment et de descendre à la cave, 10, rue du Cloître, par suite de l’arrivée subite et de l’explosion de trois obus dans le voisinage Immédiat, dont un chez Pelonceaux (propriété mitoyenne), un sur la maison à l’angle des rues du Préau et Robert-de-Coucy et le troisième derrière l’abside de la cathédrale. C’est tout ; comme ils ne sont pas suivis d’autres projectiles, je puis remonter me cou­cher, après une attente d’une demi-heure.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Délégation suédoise

Délégation suédoise


Cardinal Luçon

Samedi 25 – + 16°. Nuit tranquille. Visite des Délégués des Pays Neu­tres, 15 à 20 personnes : Brésil, Suède, Norvège, Espagne, Pays-Bas, pré­sentés par un Commandant résidant à Épernay et le Capitaine attaché à la Place de Reims. Bombes de 4 à 6 h. Vers 9 h. soir, trois énormes coups de canons allemands tout près de nous. Canons français faisant petite figure à côté de la riposte allemande. Reste de la nuit tranquille. Bombes rue Hincmar, Tronson du Coudray, Cardinal de Lorraine. Une bombe sur la Cathé­drale, abside.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 25 août

Sur la rive gauche de la Meuse, nos troupes ont attaqué les positions allemandes entre les bois d’Avocourt et le Mort-Homme. Tous nos objectifs ont été atteints et largement dépassés. Nos soldats ont enlevé la cote 304, formidablement organisée par l’ennemi ainsi que le bois Camard, à l’ouest.
En avant de la cote 304, nous avons enlevé une ligne d’ouvrages fortifiés fermés, et atteint sur la rive sud du ruisseau de Forges, entre Hautcourt et Béthincourt. La profondeur moyenne de notre avance dépasse 2 kilomètres. Nous avons fait, au cours de cette action, un certain nombre de prisonniers. A l’est de la route d’Esnes à Béthincourt, une vigoureuse offensive de nos troupes nous permettait d’élargir nos positions au nord du Mort-Homme, sur une profondeur d’un kilomètre environ.
Les Anglais occupent actuellement les tranchées allemandes immédiatement au nord-ouest du Crassier-Vert. Ils ont infligé de lourdes pertes à l’ennemi, qu’ils ont repoussé de concert avec les troupes portugaises, en deux points au nord-ouest de la Bassée.
Le chiffre des prisonniers faits par les Italiens sur l’Isonzo dépasse 20.000. Le butin en matériel est de 60 canons.
Échec d’une attaque austro-allemande sur le front de Moldavie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

 

Share Button

Vendredi 24 août 1917

Cardinal Luçon

Vendredi 24 – + 16°. Nuit tranquille ; vers 3 h., un petit réveillon d’ar­tillerie. Via Crucis in Cathedrali de 7 h. 15 à 8 h. 15. Obus en divers en­droits ; Faubourg de Laon et à Sainte-Geneviève. Visite du Major de la Place.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Vendredi 24 août

Sur la rive gauche de la Meuse, notre artillerie est restée très active. Sur la rive droite, nous avons réduit un îlot de résistance ennemi (nord-est de la ferme de Mormont). Le chiffre de nos prisonniers monte à 7640, dont 186 officiers. Le matériel capturé comprend 24 canons et plus de 200 mitrailleuses.
Les troupes britanniques ont poursuivi dans la région d’Ypres une série d’opérations heureuses. La lutte a été très violente vers la route d’Ypres à Menin. Nos alliés ont avancé leur ligne de 500 mètres en profondeur sur un front de 1500. Ils se sont établis, dans la partie ouest du bois d’Inverness. Plus au nord leur ligne a été porté en avant de 800 mètres sur un front de 4 kilomètres. Le total des prisonniers capturés par eux de ce côté a été de 250.
Aux environs de Lens, ils ont pris 194 Allemands : ils ont de nouveau progressé au sud-ouest de la ville.
En Macédoine, nos troupes ont rejeté deux attaques bulgares.
Au retour de leur raid sur Ramsgate, Margate et Douvres, cinq avions allemands ont été abattus.
La lutte continue sur le front russe en avant de Riga. Nos alliés ont légèrement reculé. Les Roumains, en Moldavie, continuent à tenir les Allemands en échec.
Les Italiens annoncent que le chiffre des prisonniers faits par eux dans le Carso excède 16000.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Jeudi 23 août 1917

Cardinal Luçon

Jeudi 23 – + 19°. Nuit tranquille sauf obus de 9 h. à 10 h. soir. Vers 3 h., violente et dure canonnade allemande, riposte très molle et peu fournie de l’artillerie française, pendant 15 ou 30 minutes. Deux obus ont atteint la Cathédrale de 3-4 h. J’ai vu la fumée d’un 305 qu’on venait de recueillir. Un autre obus a percé, en la traversant sans la faire écrouler, la voûte du transept nord.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Jeudi 23 août

Sur le rive gauche de la Meuse, nous avons repoussé une violente contre-attaque allemande entre la cote 304 et le Mort-Homme. Quelques éléments ennemis qui avaient réussi à prendre pied dans notre nouvelle tranchée de première ligne en ont été rejetés par un brillant retour offensif de nos troupes qui nous ont donné 80 prisonniers. Nos reconnaissances ont poussé jusqu’aux abords du village de Forges.
Sur la rive droite, les tentatives ennemies au nord de la ferme de Mormont et à la cote 344 ont été repoussées.
Au nord du bois des Caurières, des attaques accompagnées de jets de liquides enflammés, n’ont pas eu de succès.
Le chiffre des prisonniers valides que nous avons fait atteint 6116, dont 174 officiers.
Des avions allemands ont jeté des bombes sur Geradmer.
Les troupes britanniques ont accompli une nouvelle progression aux abords de Lens.
Les Italiens ont porté à plus de 13000 le total de leurs prisonniers sur l’Isonzo.
Les Allemands dessinent une offensive dans la direction de Riga.
Les patrouilleurs anglais ont détruit un zeppelin dans la mer du Nord.
Dix avions allemands ont bombardé le littoral du comté de Kent, en faisant des victimes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Mercredi 22 août 1917

Cerny-les-Bucy

Paul Hess

22 août 1917 – Bombardement en ville, à partir de 15 h 1/2.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 22 – Vers 9 h. à 10 h. soir : coups de canon, chute d’obus assez près ; éclats nombreux chez nous. Reste de la nuit tranquille, + 19°. A 11 h. bombes sur la ville, autour de la Cathédrale. Bombes à h. A 3 h.- 4 h. Visite du Colonel Du Lac, 295e (butte de tir Cemay(1)). Vers 9 à ll h. soir, obus allemands, sur la ville ? A 10 h. 1/2 un obus à Rœderer, au-dessus du lit de Sœur Germaine.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Le 295′ est le régiment de réserve de Bourges. La « butte de tir» était celle de l’ancien champ de tir de la garnison aujourd’hui situé à proximité de la Faculté des Sciences, de l’autre côté de la voie ferrée Reims-Châlons.

Mercredi 22 août

Assez grande activité des deux artilleries dans la région au nord de Vauxaillon et sur les plateaux de Cerny et de Craonne.
En Champagne, nos tirs de destruction sur les organisations allemandes du secteur de Saint-Hilaire ont provoqué l’explosion de réservoirs à gaz : nos reconnaissances ont trouvé peu après les tranchées ennemies évacuées et pleines de cadavres.
Sur le front de Verdun, la bataille a continué sur plusieurs points et s’est déroulée partout à notre avantage. Sur la rive gauche, nos troupes ont enlevé la côte de l’Oie, que nous occupons en entier, ainsi que le village de Régnéville. Sur la rive droite, au cours d’un attaque brillamment conduite, nous avons conquis Samogneux et tout un système de tranchées fortifié qui relie ce village aux organisations de la côte 344. Les contre-attaques déclenchées par les Allemands ont été repoussées par nos feux. Nous avons fait de nouveaux prisonniers qui n’ont pu être encore dénombrés.
Dans les Vosges, un coup de main ennemi sur nos petits postes de l’Hartmannswillerkopf n’a pas donné de résultat.
Les Anglais ont continué leur encerclement de Lens à l’ouest et au nord-ouest.
Les Italiens ont porté à 10400 le nombre de leurs prisonniers sur le Carso.
Les Russo-Roumains, après avoir subi un recul en Moldavie, ont repris l’offensive et regagné du terrain.
Le chancelier allemand Michaëlis a fait une déclaration devant la commission principale du Reichstag. Il a rendu hommage à l’initiative du Saint-Siège, tout en réservant sa réponse sur le fond; il a avoué que l’accord initial n’est pas établi là-dessus entre l’Allemagne et ses alliés.
Mr Venizelos songe à constituer une haute Cour pour juger les hommes politiques qui ont trahi la cause grecque depuis 1914 et dont le Livre Blanc signale les actes déshonorants.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Cerny-les-Bucy

 

Share Button

Mardi 21 août 1917

Paul Hess

Nuit du 20 au 21 août 1917

Un obus tombe à 23 h, sur la mairie provisoire, caves Werlé & Cie, 6, rue de Mars et entame fortement le couronnement, au- dessus de la porte d’entrée.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Mardi 21 – + 13°. Nuit tranquille ; beau temps ; journée tranquille. Vi­site du Général de Corps d’Armée(1) établi à Gueux et du Général de Divi­sion Leroux, Commandant de Reims.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Sans doute le Général Pierron de Mondésir.


Mardi 21 août

En Belgique, lutte d’artillerie dans la région au nord de Bixchoote.
En Champagne, nos batteries ont exécuté des tirs efficaces sur les organisations allemandes. Plusieurs incursions dans les lignes ennemies nous ont permis de ramener des prisonniers.
Sur les deux rives de la Meuse, nos troupes se sont portées à l’assaut des positions allemandes avec une magnifique ardeur. La bataille s’est déployée sur un front de 18 kilomètres, du bois d’Avocourt au nord de Bezonvaux. Nous avons enlevé les défenses ennemies sur tout ce front, et sur une profondeur de 2 kilomètres, occupant le bois d’Avocourt, le Mort-Homme, les bois des Corbeaux et de Cumières, la côte du Talou, Champneuville, et faisant plus de 4000 prisonniers valides. Les contre-attaques allemandes ont été repoussées par nous.
Dans la région de Badonviller, nous avons repoussé un coup de main. Canonnade en Haute-Alsace.
Les Anglais ont repoussé une contre-attaque au sud-est d’Epéhy, à la suite d’un violent combat. Ils ont réussi un coup de main au sud de Lens et progressé sur le front de bataille d’Ypres, au sud-est de Saint-Yousthoek.
Les Italiens ont attaqué sur un très large front dans le Carso, de Tolmino à la mer. Après avoir franchi l’Isonzo, ils ont enlevé la première ligne ennemie et capturé un très abondant butin. Dès la première heure, ils recensaient 7500 prisonniers autrichiens et, en outre, 100 officiers.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Lundi 20 août 1917

Louis Guédet

Lundi 20 août 1917

1079ème et 1077ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Je vais partir, la nuit a été assez calme. Je suis heureux de partir car je suis bien fatigué, et déprimé, du reste tous le sont ici, et surtout très nerveux et très excités.

10h  Arrivé à Épernay, fait bon voyage. Vu Minelle avec qui je déjeune, reparti à 2h. Arrivé à St Martin à 6h du soir. Je suis las, fatigué, un rien m’émotionne, je crains bien de tomber. Et puis tous ces soucis d’avenir, de mes enfants, de ma femme, qu’est-ce que tout cela nous réserve. Les esprits sont tellement excités, surexcités. On voit beaucoup de troupes remonter vers Paris, le Nord. Si enfin on en voyait la fin, mais rien. J’en arrive à avoir des craintes terribles, et il me semble vivre dans un vrai cauchemar. Enfin attendons, et que Dieu nous protège. Et que bientôt tout cela soit fini…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

20 août 1917 – Tous les soirs, depuis une quinzaine de jours, bombardement assez serré — dirigé sur la Haubette et les routes ou voies de communication suivies par les convois de ravitaillement — qui commence vers 21 h ou 21 h 1/2.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 20 – Journée assez tranquille. Bombes à 9 h. soir rue Hincmar.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Lundi 20 août

Actions d’artillerie sur le front de l’Aisne, notamment au nord-ouest et à l’est de Reims. Des coups de main ennemis sur nos petits postes, au nord de Braye, dans la région de Berméricourt et de la Pompelle, ont échoué sous nos feux.
Sur les deux rives de la Meuse, la lutte d’artillerie continue très vive de part et d’autre.
Au bois le Prêtre, à l’est de Badonviller et au nord de Celles-sur-Plaine, nous avons repoussé des tentatives allemandes consécutives à de violents bombardements. L’ennemi a subi des pertes sensibles et laissé des prisonniers entre nos mains.
Reims a reçu 600 obus. Un civil a été blessé.
Notre aviation de chasse s’est montrée particulièrement active. 11 avions allemands sont tombés en flamme ou ont été détruits à la suite de combats avec les nôtres, 6 autres ont dû atterir dans leurs lignes. Nos avions ont bombardé les gares de Kortemark, Thourout, Lichterwelde, Ostende, Cambrai, Dun-sur-Meuse.
Les Anglais ont pris des tranchées allemandes vers la ferme de Gillemont, au sud-est d’Epéhy. Des détachements qui ont pénétré dans les positions ennemies au sud-ouest d’Havricourt ont ramené des prisonniers.
Les Italiens bombardent vigoureusement les positions autrichiennes de l’Isonzo.
Les Russo-Roumains ont consolidé leur résistance dans la région d’Ocna.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Dimanche 19 août 1917

Eglise Saint-Jacques

Louis Guédet

Dimanche 19 août 1917

1072ème et 1070ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Nuit aussi agitée que la soirée. Bataille vers 10h et vers 2h du matin bombardement vers St Remy. Par prudence nous descendons en cave pendant une demi-heure. Très mal dormi, de la fièvre avec des cauchemars terribles. Je suis dans un état indescriptible ce matin, la tête vide avec étourdissements. Si je ne tombe pas malade avec tout cela ce serait étonnant. Adèle est plus calme, mais quelle énervée et dans quel état elle était hier. Elle ne parle plus de s’en aller…  mais je ne compte plus là-dessus, car dans son énervement c’est une question qui peut se soulever à nouveau. Il ne faut pas li en vouloir. Je crois que tout le monde en est là. Très énervé et très excité, et de plus fort irritable. Tout cela résultant de la lassitude, de la fatigue physique et morale, inquiétude, souffrances. J’estime que si nous survivons à tout cela ce ne sera pas pour longtemps après la Guerre !! Pour mon compte du moins, car je suis usé.

6h soir  Journée chaude, lourde, monotone, si j’avais pu partir seulement aujourd’hui, j’aurais gagné un jour de calme. J’ai de la fièvre, je suis très énervé. Vais-je tomber malade ? Je le crains. Tous ces débris vus hier et avant-hier me tuent. Je ne puis plus subir ces chocs poignants. Il me faudra de plus en plus aller me reposer. Un mois de cette vie n’est plus possible pour moi, 15 jours/3 semaines au plus. Verrons-nous la fin de cette guerre ? le verrai-je ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 19 – A 2 h. violent bombardement, sur la ville ? Reste de la nuit tranquille ; + 15°. Prêché les soldats du 1er Corps, 164e Division, à Saint-Jacques : Commandant Chanoine Rémond. Dîner avec les officiers à 11 h. 1/2.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Dimanche 19 août

Assez grande activité d’artillerie dans les régions des plateaux de Vauclerc et de Californie et sur les deux rives de la Meuse.
Sur le front britannique, les Allemands ont fait une tentative infructueuse au nord-est de Lens. Ils ont subi de lourdes pertes. Deux autres contre-attaques ont été exécutées l’une à l’est de Loos, l’autre vers le bois Hego. Sur le premier de ces points, les assaillants ont été pris à courte distance sous les barrages et les feux de mitrailleuses de nos alliés. Ils ont reflué en désordre en subissant des pertes élevées. Bien que soutenue par des jets de liquides enflammés, la seconde attaque n’a pas permis à l’infanterie ennemie de parvenir jusqu’à nos tranchées.
L’artillerie allemande s’est montrée plus calme sur le front de la bataille d’Ypres.
Sur le front d’Orient, activité moyenne d’artillerie.
L’aviation française a bombardé les installations ennemies de la région de Demir-Hissar, l’aviation anglaise, celles de la région de Resna.
M. Poincaré et le roi d’Italie ont échangé des télégrammes cordiaux à l’occasion de la visite du président sur le front de Moldavie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Samedi 18 août 1917

Louis Guédet

Samedi 18 août 1917

1071ème et 1069ème jours de bataille et de bombardement

9h1/2 matin  Nuit calme. Ce matin, beau temps, à 7h l’auto arrive et on charge mes pauvres minutes et archives, de là on va à la Chambre prendre toutes les archives. J’y laisse les livres de la bibliothèque qu’on ne peut prendre. J’y ajoute 3 paniers de livres que je n’avais pu mettre l’autre jour dans le wagon Rondeau. Je sauve l’argenterie et les couteaux de la Chambre des notaires. Bref le camion était bien chargé. Il est parti à 9h, à la Grâce de Dieu ! pour Aÿ. J’aurais fait ce que j’aurais pu !

On se bat devant Caurières et Bezonvaux où sont mes 2 grands (seconde bataille de la Marne, août et septembre 1917), que Dieu les protège. Mais tout cela me brise bien. Revoir ces débris, ces ruines et avoir l’inquiétude des miens en plus !! sans compter la mort qui peut me surprendre ici à chaque instant. Et (rayé).

Les journaux de ce matin commentent avec plutôt une certaine rigueur la note du Pape. Tous sans distinction d’opinion la critiquent et l’accusent d’avoir été suscité par l’Allemagne et l’Autriche. Benoit XV n’a pas eu un mot de protestation contre les massacres et déportations en Belgique et en France, et maintenant que les Vandales se sentent perdus, le voilà qui élève la voix !!  Bref, il aurait mieux dû se tenir tranquille, car elle fera plutôt du mal que du bien ! Le catholicisme ne peut qu’y perdre !! Ce n’est guère le moment cependant.

Je prends mes dispositions pour partir lundi… Je suis si las ! Je dors mal et suis continuellement fiévreux.

6h soir  On se bat toujours terriblement à Caurières et Bezonvaux où sont mes 2 grands. Que se passe-t-il ? pas de lettre de ma chère femme. Mon déménagement de chez Martinet est terminé. Ces débris me brisent le cœur !! Que de fois le poignard m’aura été retourné dans la plaie  du 1er/2 mars 1915 !!!!… Et ce n’est pas encore fini !…

7h soir  On a fini d’entasser le fragile comme les verres et la vaisselle dans le caveau où étaient mes minutes. Le reste dans le billard et les débris dans le garage. Quel sera le sort de tout cela ?!! brisé, broyé ou brûlé ! Je n’ose y songer. Ce ne sera toujours pour moi que des ruines, hélas !… Nous avons été assez tranquille cette journée-ci, mais gare ! la nuit. Voilà 2 bombes qui tombent à proximité. Tout cela m’apeure malgré moi. Je ne résiste plus à ces secousses. Certainement j’en mourrai. Quelles angoisses, quelle agonie !

8h3/4 soir  Ce soir orage sur toute la ligne, au moment de régler les frais de déménagement. Deux prix, un pour moi et un pour la Chambre des notaires, parce que ceux-ci peuvent payer et qu’ils vont aux bains de mer, tandis que nous sommes sous les bombes. J’ai protesté…  mais je n’ai eu qu’à m’exécuter. Cela donne l’état d’esprit des ces gens, et…  la suite !!!… J’en suis effrayé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 18 – + 16°. Nuit tranquille ; aéroplanes dans la matinée, tir con­tre eux. Photographe de l’armée me fait poser à la Cathédrale. Obus de temps en temps sifflent sur la ville : tir contre avions à… h. A 7 h. un gros obus éclate en l’air et tombe au coin de la maison Abelé. M. Billaudel en ramasse un gros fragment. A 10 h. soir, combat près de Reims.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Samedi 18 août

En Belgique, une attaque des Allemands sur nos nouvelles positions, de part et d’autre du Steensbeck, a complètement échoué. L’ennemi n’a plus ensuite réagi : nous avons réduit les derniers ilots de résistance, et porté à 400 le total de nos prisonniers. Nous avons capturé en outre 15 canons et un grand nombre de mitrailleuses.
L’ennemi a lancé une vigoureuse attaque sur un front de 2 kilomètres entre le moulin de Vauclerc et le plateau de Californie. Repoussé par nos feux, il n’a pu nulle part aborder nos lignes. Il a échoué également dans les violentes offensives à l’est de Cerny.
Canonnade réciproque en Champagne, vers le mont Blond et le Cornillet.
Sur les deux rives de la Meuse, vives actions d’artillerie. Sur la rive droite, après un court bombardement, les Allemands ont déclanché une violente attaque entre la corne nord du bois des Caurières et Bezonvaux. Nos contre-attaques immédiates ont rejeté de presque tous les points les assaillants qui avaient réussi à prendre pied dans les éléments avancés.
Les Anglais, qui avaient occupé Langemarck où ils avaient fait 1800 prisonniers, ont eu une série de contre-attaques à repousser aux abords de Lens.
De violents combats se poursuivent en Moldavie : chaque fois que les Austro-Allemands ont progressé, les réserves roumaines ont reconquis le terrain perdu.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Vendredi 17 août 1917

Louis Guédet

Vendredi 17 août 1917

1070ème et 1068ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Nuit assez tranquille, mais matinée fort agitée, obus un peu partout, avions lançant des bombes, des victimes. Temps magnifique. On prépare nos archives pour demain. La vue de ces débris tous moisis me brise le cœur. Je me sauve ! Enfin demain on n’en parlera plus. Pourvu que d’ici là une bombe ne tombe pas dessus, ce serait ma veine habituelle.

On parle de nos succès…  de saut de puce dans le Nord à grands coups de tam-tam, on parle et les journaux commentent le manifeste du Pape (rayé) Benoit XV (Lettre d’exhortation à la paix du 1er août 1917 aux belligérants). Encore un qui aurait mieux fait de se taire pour le catholicisme (rayé) les allemands (rayé). Les sauvages !! (Rayé) avant tout, fut-il (rayé). Je suis curieux de savoir ce que va penser de cela notre bon cardinal et son (rayé).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 17 – + 13°. Nuit tranquille à partir de 10 ou 11 h. Le matin à 8 h., avion français, tir acharné et terrible des canons ennemis. Via Crucis in Cathedrali, à 8 h. matin. Visite d’adieu de M. Brousse, aumônier du 174e. Un homme tué vers 7 ou 8 h. par un éclat d’obus d’avion ; fut absous dans la rue par M. Lecomte qui revenait de dire sa messe à la Visitation. Après-midi, bombes sifflent vers 3 h., vers 5 h. pendant quelque temps sur la ville, où ? Item de 8 à 10 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 17 août

En Belgique, notre attaque commencée la matin, s’est poursuivie toute la journée. Notre infanterie, dominant l’adversaire, a brisé sa résistance à l’ouest de Steensbeck, et continuant à l’est sa progression, en liaison avec les troupes britanniques, s’est emparée de toutes les positions ennemies. Plus de 300 prisonniers, dont 4 officiers, sont tombés entre nos mains, ainsi qu’un nombreux matériel.
Canonnade dans les régions de Laffaux et d’Hurtebise. Sur la rive gauche de la Meuse (cote 304), une de nos patrouilles a ramené des prisonniers.
En Alsace, deux coups de main tentés par les Allemands au Barenkopf et au sud de l’Hartmannswillerkopf, ont complètement échoué.
Les Allemands ont mis le feu à la cathédrale de Saint-Quentin.
Les Anglais ont à nouveau attaqué dans la région d’Ypres. Ils progressent. Sur le front de la bataille de Lens, ils ont repoussé trois nouvelles contre-attaques. Ils ont dispersé des formations ennemies qui se concentraient vers la cité Saint-Auguste.
La note que le pape avait adressée aux puissances belligérantes pour les exhorter à la paix a été publiée.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


La maison Balourdet

 

 

Share Button

Jeudi 16 août 1917

Louis Guédet

Jeudi 16 août 1917

1069ème et 1067ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Nuit assez calme, de rares obus. Assez occupé la journée, surtout des signatures, légalisations, levée de scellés avec Dondaine rue Chanzy. Toutes ces rues avec leurs maisons effondrées, les portes enfoncées par les pillards sont sinistres. On rentre chez soi presque épouvanté !! On a peur de ce silence troublé seulement par les bombes.

Assez mal dormi. J’ai de la fièvre continuellement. Je tomberais.

Eté après-midi à Ormes voir mon vieux Papa Cousina-Suply, 81 ans, l’âge de mon Père (Nicolas-Désiré Cousina, né le 8 décembre 1836, et décédé à Ormes en 1918), qui déplore ce qu’il voit parmi la soldatesque, et surtout chez les officiers. Ce n’est qu’un cri : les officiers désirent que cela continue ! et les soldats ne veulent plus marcher, eux !! Il me disait qu’il ne regrettait pas de partir pour le grand voyage, tellement il est écœuré de tout ce qu’il voit. Les mœurs sont déplorables, tout leur est permis. Les femmes d’Ormes sont menacées à chaque instant.

M. Cousina me rappelait les beaux temps de sa jeunesse avant 1870. C’était l’âge d’or, disait-il, on s’amusait bien, mais honnêtement. Tandis que maintenant !!… J’étais de son avis, car chaque fois que je songe à cette époque de ma première jeunesse 1863 – 1870, ces temps me semblent éclairés d’une clarté toute rayonnante de joie et de bonheur sans nuages.

Rentré à 4h1/2, je suis fatigué. Je ne suis plus fort. Et puis je suis si triste, le cœur si serré. Je vis comme dans un cauchemar continuel et lugubre. Oh ! verrais-je jamais un seul jour de bonheur !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 16 – + 15°. Nuit pluvieuse ; à partir de 10 h. tranquille. Matinée silencieuse. Après-midi tranquille. Visite à M. le Doyen de Saint-Remi. A 9 h. 10 soir, tir allemand, sur la ville ?

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Source : Fonds Valois – BDIC


Jeudi 16 août

Action d’artillerie en Belgique, au nord de l’Aisne, en Champagne sur les deux rives de la Meuse et en Haute-Alsace. Un coup de main exécuté par nous près du Four-de-Paris a ramené dans nos lignes une mitrailleuse et du matériel. L’ennemi a bombardé Reims et lancé 100 obus sur Pont-à-Mousson.
Les Anglais ont attaqué sur un large front, sur la lisière nord-ouest de Lens, au bois Hego (nord-est de Loos). Les premières lignes allemandes ont été enlevées sur tous les points et les troupes de nos alliés ont accompli une avance satisfaisante. Elles ont conquis la fameuse cote 70 qui était formidablement défendue et ont, par la suite, poussé sensiblement leur progression autour de Lens. 282 prisonniers sont tombés entre leurs mains. Cinq contre-attaques allemandes ont été brisées avec de fortes pertes pour l’assaillant. Les pertes anglaises ont été légères.
Nos alliés ont également progressé au nord-ouest de Bixchoote, et fait échouer des coups de mains allemands à l’est de Klein-Gillebeke.
La bataille continue avec rage sur le front roumain avec des alternatives d’avance et de recul pour nos alliés.
En Macédoine, canonnade sur le Vardar et sur la Cerna.
Des patrouilles ennemies ont été mises en échec devant les tranchées anglaises de la vallée de la Strouma.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button