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Mardi 31 juillet 1917

Louis Guédet

Mardi 31 juillet 1917

1053ème et 1051ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Nuit assez calme. Temps lourd qui s’est terminé à partir de 1h par une pluie battante. Triste et lugubre journée. Je suis allé à l’Hôtel de Ville où en route j’apprends par Beauvais la décoration de la Croix de Guerre de Marcelot (chef fontainier du Service des Eaux), Speneux, Melle Luigi que je connaissais déjà, et celle de Palliet, pas enchanté, il aurait préféré le ruban rouge et du du Docteur Gaube (Joseph Gustave Raoul Gaube (1858-1950))!!! C’est raide quand on voit de Docteur Hoël mis de côté, lui qui n’a jamais quitté Reims, tandis que le Docteur Gaube lui s’est sauvé à l’arrivée des allemands, et n’est rentré que…  très tard !!! Enfin on en voit de drôles…

En arrivant je me heurte à Palliet que je félicité, alors de dire qu’il est furieux qu’on ait rien donné à ses subordonnés, etc…  etc…  criant même contre le Maire. Est-ce comédie ou réalité, on ne sait jamais avec ces policiers !! Je vois le Docteur Langlet, avec Raïssac, à qui je conte mon affaire de justice de Paix de Bossu qui a empêché à Leroux et Herbaux de me donner le soufflet de nommer un juge titulaire comme on essayait de leur faire faire. Il a parfaitement compris pourquoi je ne voulais pas quitter Reims et je crois qu’il m’en est reconnaissant. Il sait que si je tiens c’est pour que les quelques dirigeants restés ne se désagrègent pas petit à petit, et que le cœur de Reims palpite encore. Il m’apprend une bonne nouvelle, c’est que la question de l’évacuation de Reims est complètement et définitivement abandonnée par l’autorité militaire, sauf pour les indésirables. Je le quitte, et passant à la Poste j’y trouve Houlon qui me reconduit jusqu’à ma porte. Il grogne toujours contre le ridicule des décorations d’hier. (Rayé) qu’ayant ce qu’ils voulaient (rayé) vraiment trop (rayé)! et de fil en aiguille il me conte que la nouvelle décoration de Melle Luigi est la suite d’un conflit de l’autorité militaire avec Poincaré. Celui-ci avait décoré, comme on le sait, de la Croix de Guerre Melle Luigi et Mme Tonnelier, des Hospices, l’autre jour. Or ceci ne plut pas à nos galonnards à qui on n’avait pas, parait-il, soumis l’affaire. Alors pour faire sentir à mon Poincaré qu’il avait outrepassé ses droits, l’autorité militaire a fait paraître à l’Officiel la citation de Melle Luigi qui se trouve maintenant à la tête de 2 Croix de Guerre (rayé) en guise de (rayé). Quant à Mme Tonnelier, de ce fait se trouve avoir la Croix de Guerre sans l’avoir. Quelle comédie encore !

Mais quelle mesquinerie de tous ces autocrates galonnés !! Tu as décoré 2 femmes sans nous le dire de la Croix de Guerre, dont nous seuls avons le…  droit !!?? de disposer ? Eh bien ! tiens mon vieux Poincaré, nous n’en décorerons qu’une et te laisserons l’autre pour compte !…

Après-midi simple police à 1h1/2 avec Palliet comme ministère public. 79 affaires, dont 26 pour défaut d’autorisation de circuler à bicyclette. Il y en avait 3 qui étaient intéressantes, c’est que les gendarmes avaient saisis à Villemet et les 2 Goérand leurs bicyclettes, contre tout droit, mais elles leur avaient été rendues 15 jours ou 3 semaines après…  sans leurs accessoires qui avaient été barbotés !!! Malheureusement ces jeunes gens, tout heureux d’avoir leurs machines ne songèrent pas à faire des réserves pour leurs accessoires volés…  par les Pandores !! J’étais désarmé ! Une affaire Ménard, employé d’octroi, dont le chef, prévenu par téléphone que l’autobus Reims – Épernay était en panne à Montchenot, était prié d’aviser la Place pour qu’on envoyât du secours. Il demande à Ménard d’y de courir à la Place prévenir, et pour aller plus vite lui dit de prendre sa bicyclette à lui. En débouchant du Pont de Vesle mon Ménard tombe sur 3 Pandores, Toureng (à vérifier), Caen et Rossignol qui l’arrêtent, lui demande son autorisation de circuler à bicyclette dont il n’était nullement muni, puisqu’il n’avait pas de machine à lui ! Subséquemment on le gratifie d’un procès-verbal, bien qu’il explique que c’était pour le service et pour l’autorité militaire, Pandore fut impitoyable ! J’ai acquitté, cela va de soit. Le procès était du 15 juillet 1917.

Une bien bonne arrivée à un nommé Neu, de la Maison Krug. On le charge d’une course pour la Place, pressé-pressé. Des gendarmes qui cantonnaient à la Maison Krug, entendant cela, lui dirent qu’il n’arrivera jamais à temps, et lui offrent une de leurs bicyclettes. Il l’enfourche et au tournant d’une rue, Paf ! le voilà sur un Gendarme ! « V’savez autorisation d’circuler sur machine ? Hein, civil ? » – « Non ! » – « Ah, alors procès-verbal, scrogneugneu !! » – « Mais c’est un de vos collègues qui m’a prêté sa machine ! » – « M’en fout ! et puis pas de plaque, deux procès j’vous réitère !!… » Je n’ai qu’un regret, c’est que le Pandore n’ait pas suivi la machine. Têtes des confrères de la Maison Krug !! si cela fut arrivé !

Un autre est arrêté au Pont de Muire par le gendarme qui lui demande s’il a une autorisation de bicyclette. Il répond négativement. Le gendarme ne lui dit rien et le laisse partir pour Pargny. A son retour le même gendarme l’arrête de nouveau et lui donne Procès-verbal !! comme si celui-ci n’aurait pas dû arrêter l’homme lorsqu’il sortait de Reims en le prévenant que s’il sortait quand même il verbaliserait ! mais c’eût été trop simple, et…  trop honnête !…

Demain matin j’irai visiter cette pauvre Cathédrale qui, parait-il, a été fort abîmée encore hier…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 31 – + 16°. Nuit tranquille en ville. Au loin et sur les batteries, activité. Journée pluvieuse, assez tranquille. Vers 2 h. à 5 h. bombes au loin. Visite à la Visitation ; la Supérieure est venue de Paris, où les Sœurs sont réfugiées. Il n’en reste que trois ou quatre à Reims. Visite à l’Enfant- Jésus incendié la veille. Écrit au Vatican. Visite de M. Brousse, aumônier.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 31 juillet

Lutte d’artillerie très vive dans la région Cerny-Craonne.
Les Allemands ont prononcé sur Hurtebise une attaque que nos feux d’artillerie et d’infanterie ont fait complètement échouer. Vive activité de l’artillerie sur la rive gauche de la Meuse, particulièrement dans la région de la cote 304.
Canonnade sur une partie du front italien. Nos alliés ont fait un certain nombre de prisonniers.
Leurs hydravions ont laissé tomber des bombes et des mines sur les hangars de Presea, puis ils sont rentrés indemnes.
Un sous-marin allemand est entré avarié à la Corogne. Le gouvernement espagnol a décidé qu’il serait interné au Ferrol.
Les milieux militaires allemands manifestent une inquiétude croissante au sujet du bombardement qui se poursuit en Flandre. Gand a été bombardé par les aviateurs alliés.
Les troupes russo-roumaines ont encore avancé de quelques kilomètres entre les vallées du Cosinu et de la Putna. 6 nouveaux villages ont été occupés par elles. De nouveaux prisonniers ont été faits; une batterie d’obusiers a été capturée.
On annonce que von Kuhlmann aurait été nommé ministre des Affaires étrangères d’Allemagne.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Source : collection Patrick Nerisson

 

 

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Pas mal d’hommes sont tombés d’insolation avec ce casque qui nous boue la tête !

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Chers amis,
j’ai bien reçu votre lettre du 22, je vous remercie.
Nous avons eu chaud la journée de samedi dernier, 28 kilomètres en partant à 5h du matin, arrivé à 5h du soir.
Pas mal d’hommes sont tombés d’insolation avec ce casque qui nous boue la tête et tout le fourbi.
Encore 2 jours de marche pour arriver à « cr » mais il y a 2 jours que nous attendons ordre en cas de Flandres.
Je suis monté en aéro hier. Ce métier a l’air tout à fait plaisant surtout lorsque l’on est pas bombardé.
La descente seule m’a seulement un peu oppressé, mais avec un peu d’habitude, je vous assure que j’en ferais autant que certain qui ne bougent pas de l’arrière des lignes.
Et quelle différence de vie, je suis certain que si la guerre finissait demain, ils seraient bien les premiers embêtés…
et nous qui ne voulons plus en entendre parler tellement nous en avons plein le dos, des pertes et des souffrances.
J’ai aussi reçu la lettre de Mme Friot du 22, faites-leur part de mes amitiés ainsi qu’à Mme Savignat, Mme Destrée et M. Adolphe.
J
e sous serre la main cordialement.
Paul Brun

Nous poursuivons ainsi notre dépouillement des correspondances écrites pendant cette noire période de la Grande Guerre. C’est Michel Thibault qui nous fait profiter d’une intéressante carte, écrite par Paul Brun… dont nous ne connaissons pas pour le moment, l’origine.

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Beaucoup d’éléments de cette carte nous interpellent ! Déjà, on prend la mesure de ces marches, de ces déplacements de troupes « à pied »… avec tout le barda et sous n’importe quelles conditions climatiques… là, nous sommes témoins de 12h de marche, sous un soleil de plomb, avec un équipement aussi lourd que « cuisant »… et les hommes tombent « comme des mouches ».

Encore 2 jours de marche pour arriver à « cr »… qu’est-ce que « cr » ??? Comme évoqué sur la phrase inscrite au recto, peut-être s’agit-il de Craonne ? difficile à vérifier je pense :

Le village Ville-aux-Bois était déjà rasé quand nous étions par ici en 1915, il était tenu par les boches, depuis l’affaire Craonne est entre nos mains, ce château en est à 25 kilomètres.

Cet ajout sur la carte nous apprend que Paul BRUN était déjà dans les combats, et dans notre région, deux années plus tôt, en 1915, on comprend évidemment qu’il en ait « plein le dos des pertes et des souffrances ».

Paul parle de Craonne, nous sommes donc en pleine actualité, car cette carte a été écrite peu de temps après l’offensive de Craonne au printemps 1917.

Le courrier nous fait également part d’une expérience intéressante – nous l’imaginons aisément – d’être monté dans un aéro !
On peut se demander s’il s’agit d’un aérostat ou d’un aéroplane ? Il y a fort à parier qu’il s’agisse plutôt d’un aérostat, ballon captif, destiné à la surveillance et l’observation des lignes… les fameuses saucisses !
Une occupation qui paraît donc « rêvée » pour Paul BRUN, qui lui, subit de plein fouet les combats. Et pour cause, ce travail d’observateur est assez méconnu des hommes de troupe qui en « bavent » dans les tranchées. On imagine combien ces aérostiers-observateurs doivent être ménagés et « chouchoutés », du fait de l’importance des renseignements qu’ils peuvent fournir pour les réglages de l’artillerie, mais aussi pour les services de renseignement de l’armée.
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Et pour terminer cet article, revenons sur le visuel de la carte, Ruines du Château de la VILLE AU BOIS, incendié le 15 septembre 1914 (façade ouest). Commune de Breuil-sur-Vesle, propriété de M. Le Comte de Sachs.
Cela corrobore l’indication de Paul BRUN, passé par ici en 1915, après que la Ville-aux-Bois ait été rasée.
On ne peut qu’être attristé à la vue des ruines de ce château, qui était une véritable « petite splendeur » quand il était encore debout, dans une magnifique propriété boisée, avec de nombreuses dépendances, une chapelle, et un petit édifice mauresque, sur lequel je n’ai encore trouvé aucune information.

Le château était la propriété de Ferdinand Georges, baron de Sachs, homme d’affaires, politicien et philanthrope français d’origine allemande, né au duché de Nassau le 2 mai 1818 et décédé le 22 mars 1890 à Breuil-sur-Vesle, en son château de la Ville-aux-Bois. Il était également comte romain, chevalier de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand et de l’ordre de François-Joseph d’Autriche, négociant-propriétaire de vins de Champagne et maire de Breuil.
Neveu du député et maire de Reims Édouard Werlé, il vint s’installer à Reims vers 1840 et fut son associé au sein de la maison de vins de Champagne Veuve Clicquot-Ponsardin jusqu’en 1868. Il élut domicile au château de la Ville-aux-Bois, commune de Breuil-sur-Vesle, ville dont il fut maire.
Il fit construire, à l’emplacement de l’ancien cimetière de Rocquincourt, à Courcy (Marne), la verrerie et sa cité vers 1870. Elle est d’abord gérée par M. Denis, sous la raison sociale Denis et Cie, puis par Pierre Givelet à partir de 1898, qui apprit le métier à la verrerie de Loivre. La verrerie de Courcy devient la société en commandite par actions « Givelet et Cie » dont le président du conseil de surveillance était M. de Sachs.
Il contribua pour une bonne part à la fondation du collège Saint-Joseph de Reims et des écoles libres de la même ville, et fut l’un des agents les plus actifs de fondation de la Trappe d’Igny ; à la suite de cette intervention, M. le baron de Sachs reçut, du pape Léon XIII, le titre de comte romain héréditaire.
M. de Sachs avait fondé l’hôpital de Sachs en 1889, sur le territoire de Vandeuil, en reconnaissance du rétablissement de Mme la comtesse de Sachs après une fort dangereuse maladie. Cet hôpital était destiné à recueillir les malades de treize villages aux alentour
s de son château (wiki).

Voici quelques cartes postales, de ce château de la Ville-aux-Bois, au temps de sa gloire… avant les désastres…

 

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Lundi 30 juillet 1917

Cardinal Luçon

Lundi 30 – + 17°. Nuit tranquille ; de 11 h. à midi, bombardement. Entre 2 et 3 h. obus autrichien pas loin de nous ; éclats sur la maison. A 3 h. un obus atteint la tour sud ; fumée enveloppant la tour ; 2e obus chevet de la Cathédrale à 3 h. 35, 3 h. 38, 3 h. 41, 3 h. 44 et 47. (chaque trois minutes). Visite de 3 aumôniers : un de Nancy ; un autre du Poitou ; et le P. Laureng. Incendie de l’Enfant-Jésus. J’étais en train d’écrire au Cardinal Gasparri, lui racontant ce qui se passait concernant la Cathédrale, lui disant qu’au moment même où je lui écrivais on la bombardait. Tout à coup le tir change, et les obus tombaient sur l’Enfant-Jésus. Nous y courons. Les Pompiers sont là qui travaillent activement. Le feu a été mis au clocher, à la cha­pelle, d’où il s’est communiqué au corps de bâtiment contigu. On démé­nage le corps de bâtiment de la rue du Barbâtre. On sort les fauteuils, les tableaux encadrés. La Supérieure est là, qui fait compassion, et puis penser à la Sainte Vierge à la catastrophe du Calvaire. Les Allemands continuent de bombarder jusqu’à 8 h. Plusieurs obus sont lancés dans l’incendie. No­tre artillerie est muette (?).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Lundi 30 juillet

Les Allemands ont exécuté, à l’ouest de la ferme d’Hurtebise, une violente attaque, qui est venue se briser contre la vaillance de nos troupes. Par contre, nous avons engagé une attaque contre Hurtebise et la pointe sud de la Bovelle. Cette action nous a permis de progresser sur tous les points, notamment dans la région du Monument.
En Champagne, dans le secteur de Tahure, l’ennemi a exécuté un fort coup de main que nous avons repoussé.
Sur la rive gauche de la Meuse, après un intense bombardement, les Allemands ont tenté d’attaquer les tranchées récemment conquises par nous entre les bois d’Avocourt et la cote 304. La précision et la vigueur de nos tirs les ont arrêtés en leur infligeant de lourdes pertes.
Sur la rive droite, un coup de main ennemi sur les tranchées, à l’ouest de Moulanville, a subi le même et sanglant échec.
Les Anglais ont exécuté plusieurs coups de mains heureux. Leurs troupes ont pénétré après un vif combat, dans les lignes allemandes, près de Roeux. Elles ont fait subir de lourdes pertes à l’ennemi et ramené 30 prisonniers.
La retraite russe continue.
Les troupes russo-roumaines de Moldavie ont élargi la brèche faite au front ennemi et occupé les positions adverses sur une longueur de 30 kilomètres et une profondeur de 15. Elles ont fait encore 1245 prisonniers et capturé des canons.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 29 juillet 1917

Louis Guédet

Dimanche 29 juillet 1917

1051ème et 1049ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps assez beau, lourd, du reste orage en ce moment. Cette chaleur m’a fait d’autant plus souffrir que j’ai très mal dormi cette nuit passée. Combats terribles et bombardement de 1h du matin à 3h, ce qui m’a tenu en alerte continuellement. Hier, j’ai reçu la visite d’un brave homme, nommé Henry, de Condé-sur-Suippe, qui venait d’être récemment rapatrié, il avait été chassé de Condé tout au début de la Guerre, et avec les autres habitants transférés à Rocquigny d’où il arrivait. Il me contait que les allemands étaient étonnés que nous ayons abandonné les forts de Reims en août 1914, et ils y croyaient si peu, que craignant un piège, ils prirent avec eux, sous menace de mort, le maire de Condé, M. Morin, pour entrer dans le fort de Brimont. Quand ils eurent la certitude qu’il n’y avait rien, ils ne revenaient pas de leur…

Le feuillet suivant a été supprimé, avec les diatribes contre certaines autorités militaires de 1914….

…Speneux, décédé il y a un mois suivra (décédé suite à une intoxication aux gaz, décoré de la Croix de Guerre à titre posthume). Il ne l’a pas volée non plus, mais il a eu la croix de bois avant… Alors moi je vais réclamer la Croix de Guerre, puisqu’on la donne à mon commensal de simple police, moi le juge !!!!… Je puis attendre. Bref encore une promotion criante malgré tout, c’est toujours la bande ! Nous rencontrons Sainsaulieu qui nous fait visiter le Musée, rue Chanzy, 28, ancien grand séminaire, que je n’avais jamais parcouru. On déménage tout ce qui a de la valeur et c’est à peu près fini. Nous causons et je prends rendez-vous mercredi 1er août à 11h avec lui pour visiter, Houlon, Hoël (le docteur) et moi la Cathédrale que je n’ai pas vue depuis 8bre (octobre) 1914 !!! Quel changement je vais trouver !! pour mercredi 1er août à 11h.

A ce propos vers 2h1/2 on a bombardé autour de celle-ci, et je me demande si ce n’était pas le résultat d’un article, reproduit par l’Éclaireur de l’Est du 28, de Georges Rozet (professeur et journaliste (1871-1962)), dans l’Œuvre du 24 courant, qui raconte que des ouvriers travaillent à la réparation et au sauvetage des vitraux. Est-ce assez idiot. Il est probable que ce numéro est tombé dans les mains des allemands et…  comme toujours…  ils ont arrosé cette pauvre Cathédrale. Mais qu’on se taise donc sur elle, sinon pour dire qu’elle est démolie, ruinée, irréparable. Ils resteraient tranquilles, j’en suis convaincu !! Quels tue-les-gens que ces journalistes avec leurs pathos !!

Les obus qu’ils envoyaient étaient des autrichiens. Le 14 juillet ils ont envoyé des obus mais qui ne font pas de bruit, on n’entend pas leur arrivée, sauf : frou ! plouffle !! Ils sont bien plus dangereux encore que ces autrichiens, ces bombardements m’impressionnent de plus en plus. Je crois que je tomberais. Je ne puis plus y résister. Quel martyre ! quelle agonie ! quelle torture et je vais entamer le 36ème mois, sans espoir, sans encouragement !…

6h1/2 soir  On me dit que l’Enfant Jésus, rue du Barbâtre, 48, est en flammes. Cela ne m’étonne pas, car depuis 1h ils ne cessent de lancer des obus qui ne font pas de bruit en éclatant, et dont le sifflement est malheureusement trop connu de moi. Dieu ne nous délivrera donc jamais. Nous avons cependant assez payé notre tribu !! Il veut donc que Reims disparaisse totalement. Que lui avons-nous donc fait ??!! Non ! c’est trop ! (Rayé).

8h10 soir  Bombardement jusqu’à présent, et cela parait vouloir continuer ! Je suis à bout de nerfs, voilà qu’ils tirent par salves maintenant ! Dîné du bout des lèvres ! on n’a que cela à faire quand les bombes sifflent et tombent alentours de vous ! et quand la Mort est peut-être proche ! En ce moment ils envoient des salves de 3, pourvu qu’ils ne nous envoient pas d’incendiaires ! C’est celles que je crains le plus. Oh ces flammes !! ces fumées !! ces rougeoiements ! Je les ai toujours dans les yeux !! Quel horrible cauchemar !! C’est comme si on me passait un fer rouge dans les yeux !! Non ! Je ne suis plus fort !! Je n’en puis plus !

Cela continue ! ma pauvre chère petite femme aimée, tu ne sauras jamais ce que j’ai souffert ici. Malgré tout je remercie Dieu de ce que tu ne sois pas passée par ce que je suis passé. Tu aurais trop souffert !! Y aurais-tu résisté ? Non ! car j’y résiste à peine et le fourreau est usé et puis aussi…  je le crains… la larme !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

29 juillet 1917 – Le général commandant le 2e corps de cavalerie vient à 14 h, à la mairie, rue de Mars 6, remettre la croix de guerre à Marcelot, chef-fontainier du service des eaux ; à M. Palliet, commissaire central et au Dr Gaube, Speneux, commissaire de police du 3e canton, décédé à la suite d’intoxication par les gaz et Mlle Luigi, directrice de l’hôpital civil, ont été mentionnés, paraît-il, comme obtenant la même dis­tinction.

La cérémonie s’est passée en petit comité, dans le cabinet de l’administration municipale.

— Bombardement vers la cathédrale, de 15 h 1/2 à 16 h.

Vers 18 h, bombardement et incendie du grand immeuble de la communauté de l’Enfant-Jésus, rue du Barbâtre 48. Le bombar­dement s’accentuant ensuite devient très violent, le soir, jusqu’à 21 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Dimanche 29 – + 20°. Nuit assez active au loin de Reims. En ville, de temps en temps gros coups de canons. Départ ? éclatement ? Visite d’un rédacteur au Gaulois. Vers 1 h. à 2 h. canonnade au sud-est de Reims. Orage vers 5 h. Retraite du mois.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 29 juillet

L’artillerie s’est montrée très active de part et d’autre sur le front Cerny-ferme d’Hurtebise : aucune action d’infanterie.
En Champagne, dans la région des Monts, au sud et à l’ouest de Moronvilliers, les Allemands, après un bombardement intense, ont exécuté cinq attaques successives qui toutes ont échoué sous nos feux.
A l’est d’Auberive, après une préparation d’artillerie forte et violente, plusieurs groupes ennemis, commandés par un officier, ont effectué un coup de main. L’ennemi a subi de fortes pertes; l’officier a été tué.
Un coup de main allemand a échoué à l’Hartmannswillerkopf.
Les Anglais ont fait une opération de détail à la Basse-Bulle, près de Warneton, mais ils ont dû regagner leurs tranchées.
Sur le front italien, combat de patrouilles dans le val Cordevole et sur le Haut-Boite.
Canonnade dans les Alpes Juliennes. Les Russes ont repoussé l’ennemi au sud-est de Tarnopol et dans la région de Tudorf.
Leur cavalerie a engagé une série de combats formidables daus la région de Kovosmatine-Konsnova (sud-ouest de Monastésiska).
Les forces russo-roumaines ont attaqué les positions austro-allemandes entre les vallées de Casin et de Putna, et pénétré dans ce front sur une étendue de 21 kilomètres et une profondeur de 3. Elles ont capturé 1000 hommes et 43 canons.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Samedi 28 juillet 1917

Louis Guédet

Samedi 28 juillet 1917

1050ème et 1048ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Beau temps toujours très chaud, calme relatif, journée banale. Vu pas mal de monde. Vu Beauvais qui m’a confirmé ce que j’avais appris, c’est que ce matin la maison, ou plutôt le château Quenardel, de Rilly-la-Montagne, où était transféré la sous-préfecture de Reims avait été bombardée, et que le secrétaire, Martin, tout récemment décoré, avait été grièvement blessé avec plusieurs personnes, et son chien tué près de lui, comme il traversait le parc pour prendre son service vers 8h1/2 / 9h. Beauvais me disait qu’il était perdu. J’ai aussi appris que le principal clerc de Béliard, ce (rayé) Lhote, qui était mobilisé…  en Bretagne, avait été tué dans un accident il y a quelques jours. La Mort vous arrête partout…  même quand on est à l’abri.

Vu Charles Heidsieck au départ de l’autobus de midi. Rien de nouveau de lui, son fils Georges est devant l’Yser avec les troupes anglaises qui, parait-il, vont faire une attaque de ce côté. Puissent-ils réussir !! On est tellement las !!

Rien de plus, sauf que l’autorité militaire, me disait Beauvais, refuse des laisser-passez aux honnêtes femmes et les donnent à la brassée à leurs. Chaque jour on en voit arriver de nouvelles. Il déplore comme moi ces embusquages de Rémois dans tous ces bureaux de la Place qui se font les plats valets (rayé).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

28 juillet 1917 – La nuit a été plus calme.
Bombardement à 8 h 1/2.

  • Nous apprenons, dans la matinée, que M. Martin, secré­taire général de la sous-préfecture vient d’être blessé mortellement par un éclat d’obus, avant de rentrer à son bureau, à Rilly-la- Montagne, où les services de la sous-préfecture avaient été transfé­rés.

Il meurt le soir même, à Epemay, où on l’avait transporté.

Fonctionnaire ponctuel et très affable, M. Martin avait été dé­coré de la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur, par le prési­dent de la République, le 17 juin dernier.

Les tristes conséquences de son décès impressionnent tous ceux qui ont vécu avec lui, sous le bombardement, à Reims.

Les bureaux de la sous-préfecture avaient fonctionné long­temps à l’hôtel de ville, dans la salle des appariteurs. Un couloir les séparait de la « comptabilité » et c’est ainsi que nous avions pu con­naître M. Martin, toujours absorbé derrière sa table chargée de dossiers, et travaillant à l’expédition des pièces administratives avec l’aide de M. Raoul Geny et de Mlle Madeleine Lefevre, dactylogra­phe.

  • Aujourd’hui, je puis mentionner avoir fait la première bonne nuit et m’être entièrement reposé, d’hier soir vendredi à ce matin samedi, comme cela ne m’était pas encore arrivé depuis le 10 juin, jour où j’ai quitté la cave pour installer mon lit dans le bureau du rez-de-chaussée, rue du Cloître, 10.
Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Samedi 28 – + 17°. Nuit tranquille. Visite aux Photographies en cou­leurs des vitraux de la Cathédrale, rue Jeanne d’Arc qu’on va expédier à Paris. Visite au tombeau des 4 prélats inhumés dans un caveau sous le sanc­tuaire, dont l’entrée fait face à celle de la sacristie. Mgr de Latil, de Coucy, Gaillard. Journée assez tranquille, quoique des obus sifflent par moments. M. Martin, de l’Hôtel de Ville, tué à Rilly-la-Montagne par un obus. Bom­bardement avenue de Laon. Incendie.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 28 juillet

Les Allemands montrent une extrême nervosité. Leurs attaques d’infanterie ont repris sur un front de 3 kilomètres, depuis la région d’Hurtebise jusqu’au sud de la Bovelle. L’ennemi, en dépit de l’importance de ses effectifs et de la gravité de ses pertes, n’a pu pénétrer qu’après des efforts inouïs dans quelques uns de nos éléments de première ligne, au sud d’Ailles. La plupart de ces éléments lui ont d’ailleurs été presque aussitôt repris. Autour d ‘Hurtebise, tous ses assauts ont été brisés.
En Champagne, après un bombardement intense, une attaque allemande s’est déclenchée, rapide et violente, sur le mont Haut. Toute progression de l’adversaire a été arrêtée par la vaillance de nos troupes. Vers le Mont Blond et aux environs du Casque il n’a même pas pu déboucher.
Au nord d’Auberive, nous avons, au cours d’une opération heureuse, pénétré dans les tranchées allemandes inoccupées, et, poursuivant notre avance, engagé un vif combat avec des éléments ennemis auxquels nous avons infligé des pertes sensibles.
Les Belges ont brisé une offensive allemande au nord de Dixmude.
Les Anglais ont réussi un raid près d’Armentières.
Les Italiens ont arrêté une entreprise autrichienne près de Castagnevizza.
Les Russes se sont retirés à l’est de Tarnopol; ils ont subi un échec au nord de Trembowla tandis que, plus au sud, les Austro-Allemands forçaient leurs positions du Sereth.
Les Roumains ont remporté un succès dans la partie sud des Carpathes, prenant deux villages et capturant plusieurs centaines d’hommes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Vendredi 27 juillet 1917

Louis Guédet

Vendredi 27 juillet 1917

1049ème et 1047me jours de bataille et de bombardement

9h soir  Temps torride, nuit assez calme, chaleur insupportable. Rien de saillant. Eté le matin à la Poste rue Libergier, rencontré Dramas et Beauvais, causé entre autres des procès de bicyclettes que j’aurai à juger mardi prochain. Pas de courrier, qui n’est arrivé qu’à 3h du soir. Travaillé d’arrache-pied pour rattraper mon retard. Y arriverais-je, remis en ordre un tas de choses dérangées par mon déménagement… Dieu quelle torture pour moi qui aime tant retrouver chaque choses les yeux fermés… !!… Lettre de ma chère femme qui me donne de bonnes nouvelles de Robert. Voilà ma journée et je suis éreinté. Je ne parle pas des bombes, c’est un bruit comme le roulement des voitures à Paris…  mais c’est plus dangereux.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

27 juillet 1917 — Bombardement la nuit dernière.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 27 – Nuit tranquille en ville. Escarmouche aux environs de Reims. + 14°. Bombardement du Faubourg de Laon. Visite de M. Lemmon ; récit d’indiscipline(1) et actes de sauvagerie. Visite d’un motocycliste, agent de liaison, marié à une institutrice libre, en Bouches-du-Rhône. Les ouvriers étaient cachés derrière des sacs de terre et me dissuadaient d’entrer dans la Cathédrale, mais je voulais faire mon Chemin de Croix. J’entrai tout de même. Via Crucis in Cathedrali, mais abrégé à cause du danger. A 8 h., avions français, tir contre eux et bombes sifflantes.

(1) Seule allusion à la crise du moral de l’Armée française qui, de mai à juillet, alimente de nombreux cas de mutinerie de la part et d’autre de Reims, après l’échec sanglant de l’offensive suyr le Chemin des Dames.
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Vendredi 27 juillet

Après un bombardement violent mais court, les Allemands ont tenté une attaque des positions reconquises par nous sur le plateau de Californie. Cette attaque a été complètement repoussée et nos gains de la veille maintenus et consolidés.
Des coups de main ennemis ont échoué au nord-ouest du monument d’Hurtebise, dans la région du mont Cornillet et en Alsace, au nord d’Aspach-le-Haut. Nous avons fait des prisonniers.
Les Anglais ont exécuté avec succès des coups de main en quatre points différents des tranchées ennemies, à l’est et au nord-est d’Ypres. Chaque opération leur a valu un certain nombre de prisonniers.
Une patrouille allemande a été chassée à l’est de Laventie. Un coup de main ennemi a par contre réussi près de Givenchy-lès-la-Bassée.
Les escadrilles anglaises de bombardement ont jeté 4 tonnes d’obus sur des aérodromes. Trois avions allemands ont été abattus.
A l’ouest de Dwinsk, les troupes russes se sont emparées de positions ennemies près du chemin de fer de Dwinsk a Vilna. Dans la direction de Vilna, au nord de Krevo, l’ennemi a pris une colline au nord de Bogache.
L’ennemi bombarde violemment Tarnopol, qui est en flammes. Dans la région de Mikoulitso, il a franchi le Sereth et occupé un village. Au sud du Dniester, les Russes ont évacué Stanislau.
Vive activité de nos alliés sur le front de Moldavie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Des pillards au 409ème

A lire sur le blog du 409e R.I. de Christophe Lagrange, un épisode de pillage à Reims perpétré par des soldats français : Extrait « Ces pillards avaient profité de la destruction partielle des Docks lors des bombardements allemands ».

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Jeudi 26 juillet 1917

Paul Hess

26 juillet 1917 – Nos pièces ont tiré très violemment pendant la nuit.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 26 – + 15°. Violent combat d’artillerie du côté français et bombes sifflantes allemandes de 2 h. à 3 h. Indisposition : manqué la messe. Visite à Sainte Geneviève, à Saint Vincent-de-Paul. Au retour, des obus fusants crachent des shrapnells dans notre cour. Obus sur la tour nord ; un autre sur la Cathédrale. Canonnade de 9 h. à 10 h. soir. Lettre à Mgr l’Evêque d’Angers (Recueil, p. 133).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Jeudi 26 juillet

La contre-attaque vigoureuse que nous avons menée contre les troupes allemandes en avant de Craonne a brillamment réussi.
Nos soldats ont repris tout le terrain perdu sur le plateau de Californie, hormis un petit ouvrage complètement détruit. Sur le plateau des Casemates, les Allemands ont été rejetés de la totalité des éléments qu’ils occupaient, et sur plusieurs points même, nous avons avancé notre ligne. Toutes les contre-attaques ennemies, menées après coup, ont échoué.
Sur le front belge, bombardement d’obus à gaz dans la région de Nieucapelle et Hazevind. Des avions ennemis ont jeté des bombes sur Adinkerke. Canonnade violente autour de Steenstraete.
En Macédoine, rencontre de patrouilles sur le Vardar. L’aviation alliée a bombardé les campements ennemis dans la région de Demir-Hissar et de Staravina.
Les Anglais ont réussi un nouveau coup de main en Flandre, près d’Oosttaverne. Ils ont repoussé une tentative près de Cherisy. L’aviation, sur leur front, a livré de nombreux combats.
Activité des Autrichiens sur le front italien (vals de Canonica et Giudicaria). Nos alliés ont dispersé un détachement ennemi sur la rive gauche du Rienz. Rencontre de patrouilles sur le front des Alpes Juliennes.
On signale un engagement naval en mer Baltique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mercredi 25 juillet 1917

Louis Guédet

Mercredi 25 juillet 1917

1047ème et 1045ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Beau temps lourd. Nuit assez calme, avec combats. Travaillé d’arrache-pied pour mettre mon courrier à jour, je n’y arriverai qu’après-demain, car demain j’ai ma journée prise par 2 inventaires avec Dondaine. Sorti jusqu’à la Mairie où j’avais à faire. Vu le Commissaire Central, charmant !!! Vu Houlon, remis de ses 2 blessures du 14 juillet, il l’a échappé belle !! Il pouvait a rester, c’est place des Loges Coquault qu’il a été boulé par un obus. Bref rien de grave. Causé longuement avec lui, il a la même opinion que moi sur (rayé) qu’il considère comme le type du parvenu (rayé) personnel autoritaire, pas de cœur, et ne cherchant qu’à tirer son épingle du jeu. Il me contait qu’aussitôt le (rayé).

Le feuillet suivant a été supprimé.
Deux lettres sont réunies dans une enveloppe :

Première lettre :

Tribunal civil de Reims                                                        Le Président
Adressé à :
Monsieur Louis Guédet                                                       Juge de paix suppléant Reims
Justice de Paix des 2ème et 4ème Cantons de Reims           Cabinet du Juge
Mention en marge : « séquestre L. de Bary »

Reims, le 24 juillet 1917

Mr Cap. Demarin  Lt Corait
Pillages – Photographies
Pillage cave Louis de Bary 17, rue Lesage

Le capitaine Demarin, 3ème génie, 43 avenue de Laon – Reims – a défendu et refusé à Olive Tangre, gardien des caves l’entrée de l’immeuble 17, rue Lesage et l’a empêché d’entrer chez lui, le menaçant s’il insistait de la faire arrêter par 2 hommes et de l’incarcérer à la place quand Tangre lui a dit qu’il y avait des soldats qui pillaient dans les caves de l’immeuble séquestré. Le capitaine lui a refusé de l’accompagner pour chasser et arrêter les pillards qui étaient au nombre de 4. Tangre voulait y aller avec 2 de ses camarades, et a même proposé au capitaine de lui confier 2 soldats pour les faire partir. Refus catégorique de l’officier et menace d’arrestation. Ceci se passait fin mai, commencement juin 1917.

Escalade de l’imprimerie L. de Bary 17, rue des Fusiliers, le 16 ou 17 juillet 1917, par le lieutenant Dubourit, officier typographe, 157ème d’infanterie (en fait le 152ème RI), 34ème Corps, avec une échelle demandée à des voisins, pour visiter en passant par une fenêtre l’immeuble et choisir ce qu’il voulait réquisitionner ou prendre, ou…  voler. Il était accompagné d’un soldat.

A la suite de cette escalade il a réquisitionné (?) le 18 juillet 1917 une presse lithographique et des accessoires. Bon de réquisition du 18 juillet 1917 n°13, ordre et feuillet n°13.

Photographies de femmes prises par le lieutenant Corait T.S.F. avec le capitaine Demarin, 3ème Génie, 47, avenue de Laon qui a les clichés.

Ces photos m’ont été remises le 24 juillet 1917 8h le soir par Olive Tangre qui m’en avait parlé, et à qui j’avais demandé de me les procurer comme documents contre Demarin et pour prouver ce qui m’avait été dit et dont certaines personnes doutaient.

Signature de Louis Guédet

Seconde lettre

Tribunal civil de Reims                                  Le Président
Mention en marge : « Philippoteau »
Épernay, 28 juillet 1917

Mon cher maître,

Je vous retourne la pièce comme unique avec la légalisation de votre signature. J’y joins un mot du Procureur en réponse à la question que vous me posiez.

En y réfléchissant j’estime que c’est au général commandant d’armée, c’est je crois la Vème à Reims, qu’il y aurait lieu de signaler les vols commis à la maison Louis de Bary et non au général de division résidant à Reims qui pourrait peut-être étouffer l’affaire. Bien entendu Cornez nous a exposé des faits en citant le nom des témoins qui peuvent déposer, et les noms et numéros des poilus en cause. Indiquez que partie seulement de cette succession est mise sous séquestre.

Nous sommes bien attristés du décès de ce pauvre Martin. Evitez vous aussi les imprudences. Je pars demain soir à Paris. J’y séjournerai 3 ou 4 jours puis je me rendrai à Bar-sur-Seine où vous pourrez m’écrire le cas échéant. J’y suis très connu.

Bien cordialement à vous.

Signature en bas de la lettre

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

25 juillet 1917 – Canonnade très nourrie, au cours de la nuit dernière, suite d’une attaque allemande.

A 18 h 1/2, se déclenche le roulement d’une nouvelle canonnade formidable, paraissant donner du côté de Berry-au-Bac et se prolonge jusqu’à 20 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Mercredi 25 – + 17. Nuit tranquille près de nous. Activité d’artillerie autour de Reims, surtout de 2 h. à 9 h. Item de 10 à minuit.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 25 juillet

Les attaques allemandes, accompagnées de violents bombardements, ont continué sur les plateaux en avant de Craonne.
Aux Casemates, l’ennemi, qui avait réussi à pénétrer dans notre première ligne, et qui a été contre-attaqué avec vigueur, n’a conservé qu’une faible partie du terrain conquis.
Sur la Californie, les Allemands ont subi un échec. Malgré tous leurs efforts, ils n’ont pu nous déloger du plateau. Nos troupes ont repoussé toutes les tentatives dirigées sur notre tranchée de soutien, que nous occupons en entier.
La ville de Reims a reçu 850 obus.
Une attaque allemande au nord-ouest du mont Cornillet a été brisée après un vif combat.
Une pièce allemande à longue portée a tiré une centaine d’obus dans la direction de Nancy. Pas de victimes, dégâts insignifiants. En représailles, nous avons exécuté un tir efficace sur les usines de Château-Salins.
Les Anglais ont effectué avec succès une opération au sud d’Avion. Ils ont fait de nombreux prisonniers. Ils ont opéré d’autres coups de main au sud d’Havrincourt, aux abords de Bullecourt et d’Hollebeke.
Les Russes ont attaqué l’ennemi dans la direction de Vilna. Ils ont pénétré de 3 verstes dans les positions allemandes et fait 1000 prisonniers. Mais les Austro-Allemands ont repris quatre villages en Galicie.
Les Anglais ont attaqué les Turcs près de Gaza et remporté un succès. Ils ont, à Bersbela (Syrie), repoussé la cavalerie ottomane.

 

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Mardi 24 juillet 1917

Louis Guédet

Au mardi 24 juillet 1917 1044ème et 1042ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Je rentre par une chaleur torride par l’autobus Épernay – Reims. Voyage charmant par la forêt (Dizy, Champillon, Montchenot) si c’était à une autre époque et si je ne rentrais pas dans ma vie d’Enfer, et si je ne venais pas de quitter les miens et quand les reverrai-je ? Trouvé ici la même vie, rien de changé à part 2 ou 3 obus dans les murs du jardin que je vais faire boucher. Je retrouve Lise et Adèle toujours fidèles au poste, toutes affairées du déménagement d’une partie de mes meubles qu’on vient de mettre en wagon pour Épernay par route, et de là à St Martin par chemin de fer…  mais je n’ai pu mettre dedans tout ce que je voulais enlever. Enfin on verra. Le calme en ce moment. Vu à Épernay à mes affaires, pris un coffre-fort plus grand à la Banque de France. Je pourrai mettre plus de choses et travailler avec plus de documents. Vu Fréville fort affaissé, on dirait qu’il a de graves ennuis qui le tourmentent, ou bien…  il est vidé !! (Rayé) !! Vu M. de Courtisigny, mon Procureur de la République, mon Président Hù, toujours aussi cordial. Et Dupont-Nouvion, toujours (rayé) ! Texier juge fort aimable. Le Président m’aime beaucoup, et nous avons causé au moins 3 heures ensemble, il m’a déclaré qu’il ferait son possible pour que je sois décoré bientôt. Attendons. En tout cas, il peut me pousser par Léon Bourgeois auquel il est lié très intimement. En causant je suis revenu sur la question de Reims cour d’appel. Il m’a promis d’en causer à la Chancellerie.

Je viens de passer 15 jours près de mes chers aimés, et là j’ai eu le grand bonheur de voir enfin mes 2 grands artilleurs. Robert vient de passer brigadier de tir, poste recherché, et son capitaine désire l’envoyer à Fontainebleau comme y a été son frère Jean. Je crois que sa conduite à Berry-au-Bac y a été pour quelque chose : il a secouru des blessés quand ses camarades voulaient se sauver, et lui-même a échappé à la mort par miracle, un obus a blessé grièvement son maréchal des logis qui était à cheval près de lui, botte à botte. Quant à Jean l’ainé qui est aspirant au même régiment, le 61ème d’artillerie avec fourragère, le pauvre enfant a été enterré par des obus de 290 (200 en une heure de temps). Dans sa sape avec 5 de ses hommes, ils ont été 1/2 heure sans air. Enfin ils ont pu faire un trou de la grosseur de la cuisse qui leur a donné un peu d’air, mais il leur a fallu néanmoins 2h1/2 de travail acharné pour se déterrer !! C’est miracle qu’ils n’y soient pas restés, car la terre s’effondrait au fur et à mesure qu’ils déblayaient !! Il était temps, parait-il, car ils commençaient à suffoquer.

Je rentre triste, triste, comment en serait-il autrement ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

24 juillet 1917 – Bombardement très violent au cours de la nuit passée — vers 22 h surtout.

Ce matin, je sortais de la maison 10 rue du Cloître, où je passe les nuits, pour me rendre au bureau, quand un voisin occa­sionnel, M. Havez, gardien de l’immeuble mitoyen (Polonceaux) dont il balayait le pas de porte, m’arrête pour causer un instant de la distribution de projectiles que nous ont encore faite les Boches, pendant la nuit.

– « Quelle séance ! » dit-il,

et cela suffit, entre bombardés, pour se comprendre ; on ne s’étend généralement pas beaucoup sur un sujet qui est toujours le même.

– « Oui, dis-je, ça a bien tombé par ici.
– Vous avez dû recevoir un obus”, ajoute-t-il.

Je continue :

– « Non pas, je l’avais cru aussi, mais je viens de faire ma tournée, je n’ai rien remarqué de plus que ce qu’il y avait déjà, de sorte qu’il me semble que c’est vous qui avez dû encaisser.

– C’est curieux, réplique-t-il, mais moi aussi, j’ai eu soin de faire une tournée partout, ce matin et je n’ai pas vu d’autres dégâts que ceux que je connais bien.

– Alors ! en ce cas, ripostai-je, admettons que nous avons rêvé tous les deux que « ça » bombardait.

– Oh non !, se récriait-il vivement, j’ai eu trop peur. »

Et cela nous a donné l’occasion de nous détendre un peu en riant un bon coup.

Après avoir procédé à une nouvelle visite de l’ensemble de l’immeuble, en fin de journée, je trouvai en effet les traces de ce dernier projectile. Comme il était le dix ou onzième qui était venu exploser dans la maison, il m’était d’abord passé inaperçu, Le voisin de la propriété Polonceaux, était à peu près aussi bien partagé. A la suite de cette révision générale, je connaissais aussi bien que lui, maintenant, « mes » points de chute.

Le soir, en sortant du bureau, je puis suivre des yeux un combat à la mitrailleuse — et de part et d’autre, elles crépitent bien — entre un de nos avions et une saucisse boche désemparée qui va tomber, paraît-il, dans le haut du faubourg Cérès.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Mardi 24 – + 15°. Nuit tranquille près de nous. Combat au loin vers l’est. Coups de canons français. Une saucisse allemande plane au-dessus de la ville vers 6 h. soir. On entend les canons au loin à l’est, à l’ouest ? L’écho empêche de distinguer ; on l’entend plus fort à l’ouest.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 24 juillet

Sur le front de l’Aisne, l’ennemi a violemment canonné nos lignes depuis l’épine de Chevrigny jusqu’au sud de Corbeny. Le bombardement par obus de gros calibre a pris une particulière intensité depuis Hurtebise jusqu’à l’est de Craonne.
Les Allemands ont lancé sur ce front une série de très violentes attaques. A maintes reprises, ils ont été repoussés avec d’énormes pertes, spécialement sur le plateau des Casemates. Finalement, ils ont reussi, après des échecs répétés, à prendre pied dans notre première ligne, sur le plateau de Californie.
Au nord de Bezonvaux, les Allemands ont attaqué en deux points de notre front. Après un vif combat, nous les avons repoussés.
Sur les Hauts-de-Meuse, deux tentatives ennemies pour aborder notre front sont restées vaines. Nous avons fait des prisonniers. Il en a été de même en Alsace, près de Seppois.
Les Anglais ont progressé à l’est de Monchy-le-Preux. L’artillerie allemande a été active dans la région de Lens et d’Armentières.
Un nouveau raid aérien a eu lieu sur l’Angleterre (région de Harwich). Il y a 8 morts et 25 blessés.

Source : La guerre 14-18 au jour le jour

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Lundi 23 juillet 1917

Paul Hess

23 juillet 1917 – Bombardement violent, la nuit.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 23 – Nuit tranquille près de nous. De 9 h. à 2 h. 30, séries de bombes sur les batteries et le quartier nord par rapport au nôtre. Visite de M. de Nonicourt et de M. d’Audigné, de sa femme, dont la sœur a épousé M. Jean Chandon. Visite à l’Espérance et au Collège Saint-Joseph.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 23 juillet

Sur le front de l’Aisne, canonnade au nord de Braye-en-Laonnois, dans les secteurs de Cerny, de Hurtebise et de Craonne. Des bombardements très violents ont été suivis, en de nombreux points, d’attaques ou de tentatives d’attaques. Partout nos feux, dirigés avec précision et la vigilance de nos troupes ont fait échouer le projet de l’ennemi. Au nord de Braye, nous avons rejeté après une courte lutte, quelques fractions qui avaient pris pied dans notre ligne.
Au sud-est de Cerny, l’attaque ennemie, menée en force, a donné lieu a un violent combat. Les Allemands, à deux reprises, ont pénétré dans notre tranchée avancée sur un front de 250 mètres, mais, par deux fois, une vigoureuse contre-attaque les en a chassés entièrement.
Au sud-ouest de Cerny, une tentative allemande a également échoué malgré l’emploi de lance-flammes. Au nord d’Ailles, nos grenadiers ont brisé net deux attaques successives.
Les Anglais ont réussi un coup de main au nord de Roeux : des raids au sud-ouest de la Bassée et au sud d’Armentières. Ils ont repoussé une tentative ennemie au nord du bois d’Havrincourt, une autre près d’Armentières.
Les Russes ont reculé au sud de Dwinsk.
Les Roumains, à l’embouchure de Rymnik, ont brisé une offensive.
M. Kerensky a remplacé le prince Lvof à la présidence du conseil à Petrograd.

Source : La guerre 14-18 au jour le jour

 

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Dimanche 22 juillet 1917

Carnet de Louis Delozanne originaire de Serzy-et-Prin

Paul Hess

Dimanche 22 juillet 1917 – Toute la nuit, les 120 ont continué leur vacarme. Journée mouvementée ensuite.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Beau temps. Nuit assez tranquille en ville, sauf forte canonnade fran­çaise à 10 h. 1/2 soir et bombes sifflantes presque toute la nuit un peu au loin de notre quartier. Visite aux soldats et prédication à Villedommange, à la messe. Dîné avec eux au presbytère. Signé 30 ou 40 cartes postales pour les officiers. Visite à l’ambulance de Sacy, accompagné par le Géné­ral de Comulier Lucinière33. A Reims bombes sur Sainte-Geneviève de 2 h. à 4 h. Aumônier Brousse, de Versailles.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 22 juillet

Lutte violente dans la région Hurtebise-Craonne. Les Allemands ont renouvelé leurs attaques. Une puissante concentration d’artillerie avait précédé un assaut général mené avec des forces importantes sur la ligne de nos plateaux, en avant de Craonne et de Vauclerc. Des combats corps à corps se sont engagés sur toute l’étendue du front que nos troupes ont vaillamment défendu. Leur résistance a eu raison d’une furieuse offensive et partout elles ont maintenu leurs positions.
L’ennemi n’a réussi à prendre pied ni sur le plateau de Californie, ni sur le plateau des Casemates, ni plus à l’ouest. Le terrain, en avant de nos lignes, est jonché de cadavres.
Entre le plateau de Californie et celui des Casemates, nous avons resserré la poche où les Allemands avaient pénétré la veille. Nous avons dans son intégralité la crête du plateau. Nous avons fait une vingtaine de prisonniers de la garde.
En Champagne, un coup de main sur nos petits postes, entre la ferme Navarin et la route Saint-Hilaire-Saint-Souplet a échoué sous nos feux.
Les troupes britanniques ont brisé une attaque allemande contre leurs positions au sud de Lombaertzyde. Elles ont réussi des coups de main et ramené des prisonniers dans la région de Gavrelle et au nord d’Ypres.
Les Italiens ont repoussé une grosse patrouille ennemie dans le torrent du Masso, et lls ont fait des prisonniers.
Une colonne anglo-indienne a remporté un avantage brillant sur l’Euphrate.

Source : La guerre 14-18 au jour le jour

Carnet de Louis Delozanne originaire de Serzy-et-Prin

Carnet de Louis Delozanne originaire de Serzy-et-Prin

 

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Samedi 21 juillet 1917

Paul Hess

  1. juillet 1917 – Canonnade sérieuse de nos 120.

Les Boches ripostent sur la ville.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 21 – + 15°. Nuit assez mauvaise. Pendant des heures les obus sifflaient et tombaient sur la ville, loin de nous. Journée tranquille. Visite de soldats de l’Ain ; du photographe Demay, avec des officiers.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 21 juillet

Canonnade active entre Somme et Aisne.
Au sud de Saint-Quentin, l’ennemi a tenté sur le mamelon de Moulin-sous-Touvent une nouvelle attaque qui a complètement échoué. Après un bombardement d’une extrême violence, qui a duré toute la matinée, les Allemands ont attaqué nos positions depuis le nord-est de Craonne jusqu’à l’est d’Hurtebise. L’ennemi a fait donner la 5eme division de la garde, qui s’est engagée en vagues épaisses. L’attaque a complètement échoué aux deux ailes. Au centre seulement, elle a pu atteindre quelques éléments de notre tranchée de première ligne où nos contre-attaques l’ont arrêtée avec de lourdes pertes.
Les Allemands ont prolongé leur bombardement au sud de Corbeny et vers Cerny : ils n’ont pu déboucher.
Les Anglais ont réoccupé une ligne d’avant-postes qu’ils avaient abandonnée plusieurs jours auparavant, à l’est de Monchy-le-Preux. Ils ont repoussé des partis ennemis à l’est de Cherisy, et réussi des coups de main au nord et à l’est d’Ypres. Ils ont capturé quelques Allemands près d’Oostaverne.
Les Russes ont fait prisonniers 8 officiers et 220 soldats près de Novitsa; ils ont pris en outre 35 mitrailleuses.
Les Italiens ont brisé une forte offensive autrichienne à l’est de Versio; violentes canonnades sur le front des Alpes juliennes. Un avion ennemi a été abattu près d’Asiago.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

Louis Delozanne, 21 mars 1916.

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Vendredi 20 juillet 1917

Cardinal Luçon

Vendredi 20 – + 19°. Nuit tranquille, journée tranquille. Visite au Major de la Place. Visite de l’Aumônier de la Division pour proposer une visite aux soldats de Villedommange. Via Crucis in Cathedrali à 6 h. 15.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Jeudi 19 juillet 1917

Cardinal Luçon

Jeudi 19 – + 18°. Nuit tranquille en ville, sauf canonnade intermittente allemande, jusque vers minuit. Combat à l’est.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 19 juillet

Activité des deux artilleries dans la région de Cerny-Ailles et sur le plateau de Californie.
En Champagne, l’ennemi a renouvelé ses attaques au nord du mont Téton et a repris pied sur certains points dans les éléments de tranchées que nous lui avons enlevés le 14.
Violente lutte d’artillerie dans le secteur du mont Haut, où nous organisons le terrain conquis.
Sur la rive gauche de la Meuse, nous avons exécuté avec plein succès une opération à la cote 304. Après une forte préparation d’ artillerie, nos troupes se sont portées à l’attaque avec une vigueur irrésistible. Malgré une défense énergique de l’ennemi, nous avons repris en quelques minutes les tranchées qu’il occupait depuis le 29 juin. Nous avons ensuite enlevé de haute lutte les positions allemandes situées au delà. Sur un front de 2500 mètres, la première ligne allemande est tombée tout entière entre nos mains. Notre avance en profondeur atteint un kilomètre. Nous avons infligé à l’ennemi de lourdes pertes, capturé 8 officiers et 417 soldats.
Les Russes ont ramené leurs lignes sur la rive droite de la Lomnitza et évacué Kalusz. Un violent combat s’est déroulé autour du village de Novitsa. Sur le front roumain, une colonne d’éclaireurs russes a pris le village de Donnaiwetz et capturé deux compagnies.
Les Italiens ont fait sauter un large four de mine au Colbricon. Une centaine d’Autrichiens y ont péri.
Canonnade en Macédoine, sur le vardar et autour de Monastir.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

13 mars 1916 – carnet Louis Delozanne

 

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Mercredi 18 juillet 1917

Eglise Saint-Jacques

Paul Hess

18-19 juillet 1917 – Le communiqué annonce 1 200 obus sur Reims, pour ces jours.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 18 – Visite de M. l’Abbé Schimberg. Visite à M. le Curé de Saint-Jacques. Violente canonnade française. Violente canonnade allemande sur batteries. Dans la nuit, projections allemandes vers 1 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Eglise Saint-Jacques

Eglise Saint-Jacques


Mercredi 18 juillet

Entre Somme et Aisne, l’ennemi a prononcé une série de forts coups de main, précédés de bombardements. Trois tentatives, au sud-est de Saint-Quentin et à l’ouest d’Allemant, ont échoué sous nos feux.
Au sud de Corbeny, plusieurs détachements ont attaqué nos petits postes : ils ont été refoulés.
En Champagne, après un violent bombardement du Mont-Haut et du Téton, les Allemands ont lancé des forces importantes à l’assaut des positions que nous avions conquises la semaine écoulée. Nos troupes ont résisté avec une ténacité indomptable à un ennemi très supérieur en nombre.
Au Téton, les Allemands n’ont pu entamer nos lignes. Au Mont-Haut, le combat très acharné s’est terminé pour eux par un sanglant échec. Leurs vagues d’assaut successives ont été détruites.
Reims a de nouveau reçu 1600 obus.
Canonnade sur le front anglais vers Armentières, Wytschaete et Nieuport. Nos alliés ont bombardé quatre gares importantes et un grand camp de repos à l’intérieur des lignes allemandes.
Les Italiens ont détruit les positions autrichiennes dans le secteur du Vallone. Ils ont capturé 11 officiers et 264 soldats.
Les Russes ont fait 916 prisonniers nouveaux, portant le total depuis le 1er à 36500.

Source : La guerre 14-18 au jour le jour

 

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