Paul Hess

10 juin 1917 – Fatigué et un peu affaibli de passer les nuits dans la cave de mon beau-frère, P. Simon-Concé — où je couche depuis le 11 avril dernier — j’ai décidé d’en remonter et de m’installer un lit dans son ancien bureau, au rez-de-chaussée, sur la rue du Cloître, au 10.

J’ai pu me procurer, dans une maison de meubles encore ou­verte, rue Colbert, un lit-cage que j’ai eu la possibilité de garnir avec de la literie mise obligeamment à ma disposition, lors de mon dernier voyage à Épernay ; je n’avais qu’à aller la chercher sur place à mon retour à Reims.

Ainsi, j’aurai la satisfaction de dormir à l’air, puisqu’il manque quelques vitres dans le local que j’ai choisi et je ne serai plus con­traint de vivre dans la cave que pendant la journée.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Dimanche 10 – + 16°. Nuit tranquille. Canonnade active vers 3 h. du matin du côté de l’est de Reims. Quelques bombes dans la journée, généra­lement paisible. 7 h. matin, aéroplanes. Visite du lieutenant de Maurel et d’un Docteur. Expédié lettre pour Auteuil.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Dimanche 10 juin

Nos batteries se sont montrées très actives dans la région au nord de Saint-Quentin.

Sur le chemin des Dames, les Allemands ont renouvelé leurs tentatives en divers points du front, depuis le sud de Filain jusqu’a l’est de Cerny, tandis que la lutte d’artillerie se poursuivait avec violence. Quatre attaques successives sur une de nos tranchées ont été brisées et dispersées au nord-est de Cerny. Deux coups de main au nord de la ferme Froidmont ont eu le même échec. L’ennemi a subi des pertes sensibles.

Les Allemands ont encore été repoussés au sud-est de Corbeny, au sud de Courcy et au bois des Chevaliers.

Les Anglais ont élevé le chiffre de leurs prisonniers à 6400 sur le front Messines-Wytschaete. Les Allemands ont lançé une puissante contre-attaque sur une largeur de 10 kilomètres entre Saint-Yves et le canal d’Ypres à Commines. Elle a totalement échoué. La lutte a été particulièrement vive à l’est de Messines et vers Klein-Zillebeke.

Plus au sud, nos alliés ont opéré avec succès du sud de Lens à la Bassée.

Au sud de la Souchez, ils ont pénétré jusqu’à plus de 800 mètres de profondeur, dans les lignes allemandes sur un front de 3500.

Les Italiens ont repoussé une offensive autrichienne sur le Carso.

C’est le comte Esterhazy qui est maintenant chargé de former le cabinet hongrois.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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