Louis Guédet

Jeudi 16 novembre 1916

796ème et 794ème jours de bataille et de bombardement

6h3/4 soir  Temps de gelée splendide. Il fait vraiment froid. Voilà l’Hiver. Nos pauvres soldats dans les tranchées !!!!… Rien de saillant. Pas sorti le matin, fort occupé. Reçu lettre de Madeleine m’annonçant que Jean est arrivé à St Martin en permission jusqu’au 22 novembre, il doit être à Fontainebleau le 27.

Après-midi audience de conciliation pour les réquisitions militaires. Tout cela suit son cours, mon service étant parfaitement organisé et y veillant. Rentré à 5h, travaillé. Le calme, pas de bombardement sérieux. Le sous-intendant Payen me disait qu’un officier du 403ème (403ème RI, affecté à la défense de Reims depuis le 25 août 1916) lui aurait rapporté qu’un prisonnier allemand se serait vanté qu’ils allaient bombarder Reims pendant 48h sans désemparer ! Attendons, c’est tout ce qu’on peut dire dans notre malheureuse situation.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

16 novembre 1916 – De divers côtés, nous apprenons que les Allemands ont en effet mené, hier, une attaque avec gaz asphyxiants aux Cavaliers de Courcy. Notre artillerie l’aurait brisée.

— Canonnade et sifflements vers 17 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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 Cardinal Luçon

Jeudi 16 – Nuit tranquille à Reims ; mais tir de nos gros canons toute la nuit de temps en temps à longs intervalles. Pas de riposte allemande. – 1° ; beau temps. Matinée bruyante de 9 h. à 11 h. A 5 h. bombes sifflent sur batteries. Plusieurs tombent pas loin d’ici. Puis lecture Wisennmann (Fabiola). Commencé Lagrange (Epître aux Romains).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 16 novembre

Violents combats sur le front de la Somme. L’ennemi a tenté un puissant effort au nord et au sud de la rivière. Il n’a obtenu que des avantages très restreints au prix de pertes très élevées. Au nord, il a attaqué, après un bombardement intense de nos positions, depuis Lesboeufs jusqu’à Bouchavesnes et au-delà. Il a pris pied seulement dans nos éléments avancés, à la corne nord et à la lisière ouest du bois de Saint-Pierre-Vaast. Au sud, il a porté ses assauts sur le front Ablaincourt-bois de Chaulnes. La lutte s’est terminée par l’échec des Allemands, qui ont dû rentrer dans leurs tranchées de départ, sauf dans la partie est du village de Pressoir où ils ont pu progresser. Les Anglais ont gagné du terrain au nord de l’Ancre. Leur chiffre de prisonniers monte exactement à 5.678. Leurs pertes sont peu importantes. Au sud de l’Ancre, ils ont fortifié leurs positions à l’est de la butte de Warlencourt. Nouveau succès serbe dans la région de la Cerna. Nos alliés prennent le village de Cegel. De concert avec nous, ils progressent au nord de Veleselo vers Tepavoi. Le chiffre de leurs prisonniers est, au total, de 3,200. Les Roumains reculent en Valachie et réalisent des avantages en Dobroudja. Succès russe sur la Narajovka. L’Amérique fait une démarche à Berlin en condamnant les déportations belges. La Russie proteste contre l’appel austro-allemand aux Polonais.

Source : La guerre au jour le jour

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