Louis Guédet

Vendredi 23 juin 1916

650ème et 648ème jours de bataille et de bombardement

6H soir  Beau temps, chaud et orageux sur la fin de la journée. Audience Civile ce matin au Palais à 9h, 22 affaires, conseil de famille, accidents du travail, conciliations, etc…  Rien de saillant sauf que j’ai admonesté un belge et sa femme, qui comme tous ces belges se croient tout permis (rayé) (rayé) à faire du (rayé). Je n’ai quitté le Tribunal qu’à 1h de l’après-midi. Et le bon abbé Camu, vicaire général et curé de la Cathédrale qui m’attendait à déjeuner !! Causé longuement avec lui et le chanoine Campan, vicaire général. Été rendu visite au Cardinal Luçon, mais il était un peu souffrant. Vu Mgr Neveux et l’abbé Leconte. Rentré chez moi pour enfin ouvrir mon courrier, il était 4h. Je suis fatigué. Demain matin Caisse d’Épargne…

Le bas de la page a été découpé, ainsi que le haut de la page suivante.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

23 juin 1916 – A 20 h, trois obus tombent à proximité du pont Huet et à 20 h, le bombardement a lieu dans le haut du faubourg Cérès.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

081_001


Cardinal Luçon

Vendredi 23 – Nuit tranquille sauf quelques gros coups de canon au loin. Crise de rhumatisme. + 14°. Aéroplanes allemands à 4 h. Dans la matinée : Journée tranquille pour Reims. Pas dit la messe. Soir 9 h. bombes sifflan­tes : une quinzaine. Orage violent. Projections lumineuses des Allemands15 (probablement pour empêcher les soldats de tirer sur leurs tranchées ou pour éclairer et découvrir les mouvements de relève).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 23 juin

Dans la région au sud de Lassigny, une forte reconnaissance allemande a attaqué un de nos postes avancés après une préparation d’artillerie. Repoussé, par nos feux, l’ennemi s’est dispersé.
Sur les deux rives de la Meuse, le bombardement par obus continue avec une extrême violence.
Sur la rive gauche, l’ennemi a dirigé ses feux sur la cote 304, le Mort-Homme et nos secondes lignes. Une attaque contre nos tranchées, entre la cote 304 et le ruisseau de Béthincourt, a été complètement arrêtée.
Sur la rive droite, des éléments de tranchée que nous avions perdus entre le bois Fumin et le Chenois ont été presque intégralement récupérés.
Le bombardement a pris un caractère de violence inouïe sur le front au nord de l’ouvrage de Thiaumont, le bois de Vaux-Chapitre et le secteur de Laufée.
Lutte d’artillerie intense en Woëvre.
Nos escadrilles ont bombardé les villes de Trèves, de Carlsruhe, de Mulheim (établissements militaires). Plusieurs fokkers ont été abattus par nous.
Les Russes ont repoussé tous les assauts d’Hindenburg dans la partie nord de leur front ; en Bukovine, ils ont occupé la ville de Radoutz.
Les alliés ayant remis une note comminatoire à la Grèce, le roi a renvoyé le cabinet Skouloudis et constitué un cabinet Zaïmis.
Le grand chérif de La Mecque s’est soulevé contre les Turcs.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button