Cardinal Luçon

Mardi 25 – Nuit tranquille ; + 5 ; Visite de M. Albert Benoist, et du P. Griesbach (?) et du P. d’Anselme (?) Jésuite de la Province de Lyon.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Mardi 25 Janvier 1916. La réponse de M. Handort m’est arrivée aujourd’hui. La voici :

« Madame,

Je fais réponse à votre lettre que je viens de recevoir. Je vous remercie beaucoup de voir que vous ne me faites pas de reproche au sujet de la nouvelle que je vous ai apprise et du courage que vous avez pour supporter la mort de votre mari qui vous aimait et qui souvent parlait de vous et de votre enfant.

Madame, si j’ai été forcé de laisser votre mari dans les mains des Allemand, c’est que votre mari est tombé d’une balle au front et il est tombé sans rien dire car la tête s’est fendue en quatre par une balle explosive. Il est mort sans rien dire…( ?).

Je peux vous dire que je suis avec lui pour la vie comme je serai avec vous pour répondre à vos démarches ».

Mon tit Lou, cela m’a encore une fois déchiré le cœur mais c’est plus fort que moi, je doute encore. Dans l’affolement du combat ce jeune homme t’a peut-être vu la tête en sang, la blessure était peut-être grave mais elle n’a peut-être pas amené la mort. J’espère encore te revoir. Je suis triste à mourir mais je sens que tu n’es pas perdu pour moi.

Je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


 

Mardi 25 janvier

Vers l’embouchure de l’Yser, en Belgique, l’ennemi a effectué un bombardement violent, lançant plus de 20000 obus. L’infanterie allemande a tenté, en vain, de déboucher; arrêté par nos tirs de barrage, l’ennemi n’est pas sorti de ses tranchées, sauf quelques groupes, qui ont été aussitôt dispersés par notre feu.
Artillerie active de part et d’autre dans la région de Boesinghe, d’Hetsas et de Streenstraete. Des fractions ennemies qui avaient essayé de franchir le canal à Hetsas, ont été rejetées par nos feux d’infanterie et par les mitrailleuses.
En Artois, à l’ouest de la route Arras-Lens, l’ennemi a esquissé deux nouvelles attaques qui ont échoué sous notre feu.
Au nord-est de Roye, nous canonnons des convois de ravitaillement. Au nord de Soissons, nous bouleversons des tranchées. A l’est de Godat (près de Reims), nous endommageons une batterie ennemie.
Dix obus ont été tirés par les Allemands contre Nancy.
Nous avons bombardé les cantonnements ennemis de Guevgeli et de Monastir, sur le front d’Orient. Monastir a reçu deux cents bombes.
Erzeroum est investie par les Russes. Leurs succès sur les Turcs font grande impression.
Les Autrichiens annoncent qu’ils ont pris Antivari et Dulcigne au Montenegro.
Le roi du Montenegro, est arrivé à Lyon.
L’empereur d’Autriche est malade.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

Le roi du Monténégro [à Paris] : [photographie de presse] / [Agence Rol] :

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