Cardinal Luçon

Lundi 10 – Nuit tranquille ; +4. Journée calme. Gros coups de canons français vers 5h 1/2 du soir. Écrit à Mgr Menier (Belley). Lettre partira demain matin.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 10 janvier

En Belgique, notre artillerie a surpris et dispersé deux groupes d’infanterie ennemie à l’est de Lombaertsyde.
En Champagne, une mine allemande ayant explosé au sud de la butte du Mesnil, nous sommes restés maîtres de l’entonnoir. Notre artillerie a contrebattu efficacement un bombardement de nos lignes entre Saint-Hilaire-le-Grand et Ville-sur-Tourbe. L’ennemi, qui voulait sortir de ses tranchées, n’a pu attaquer.
En Argonne, à la Fille-Morte, nous avons fait sauter un dépôt de munitions allemand.
Dans les Vosges, nous avons bombardé efficacement Stocka (nord de Metzeral) et pris les Allemands en retraite sous notre feu. Près de Stosswihr, nous provoquons des incendies. Au sud de l’Hartmannswillerkopf, les Allemands ont réussi, au prix de pertes sensibles, à occuper un petit col, et cette avance a déterminé le repliement de nos troupes qui tenaient le Hirzstein.
Vive canonnade sur le front belge.
Notre artillerie a abattu un taube près de Salonique.
La presse allemande s’inquiète vivement de l’établissement du service obligatoire en Angleterre.
Tcharkorysk (marais de Pinsk), perdue par les Russes, a été immédiatement reprise par eux.
Le gouvernement allemand exerce une forte pression sur le marché suisse pour faire remonter le mark.

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