Reims 14-18 - Ton grand soldat... Reims 14-18 – Ton grand soldat….
1915 (sans date précise).
Bon baiser de ton grand soldat
toujours en bonne santé.
Signature il
lisible.

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Cette fois-ci, on a affaire à un courrier très court. En fait, il y a même plus à lire sur la légende de la carte que sur le message au verso !
A qui ce poilu s’adresse-t-il ? à sa maman ? à sa petite amie ? on peut imaginer et espérer qu’il écrivait un peu plus longuement à l’élue de son cœur.

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Il est plutôt rare de trouver des missives aussi courtes. On peut imaginer qu’il était en trop mauvaise posture pour en écrire plus, et même pour tenir la carte du bon côté.
N’épiloguons pas sur ce contenu très léger et passons au visuel de la carte elle-même.
Déjà, la légende « Campagne 1914-1915 », nous laisse à penser que le courrier à été envoyé courant 1915, la photo nous montre les bombardements subis par la Librairie Armand Lefèvre, au numéro 1 de la rue des Chapelains, le 1er mars 1915.

Voilà ce que l’on peut lire dans le Matot-Braine, quant à cette journée du 1er mars 1915 :
Reims – Canonnade peu nourrie dans la matinée et nul bombardement jusqu’à la nuit. A six heures moins un quart, les allemands font pleuvoir sur la ville une cinquantaine d’obus. Vers 9 heures un engagement a lieu entre les belligérants du côté de la Pompelle. L’ennemi, après avoir subi des pertes importantes et laissé des prisonniers entre nos mains, est refoulé dans ses tranchées. Furieux de cet échec, vers une heure et demie du matin, il lance à profusion ses bombes incendiaires sur la ville. On relève plus de vingt-cinq foyers d’incendie. Parmi les immeubles détruits on compte l’imprimerie Matot-Braine, rue du Cadran-Saint-Pierre, la maison de Confection à la Ville d’Elbeuf, rue de l’Arbalète, l’Hôtel de Bary ; boulevard Lundy, les Ecoles de la rue Courmeaux, etc. Trois morts, plusieurs blessés.

Ni la Librairie Armand Lefèvre, ni la rue des Chapelains ne sont cités, mais cette rue étant perpendiculaire à celle du Cadran-Saint-Pierre, nul doute sur le fait qu’elle a subit en même temps cette pluie de fer et de feu !

Ci-dessous, un plan du quartier, afin de situer ces deux rues :

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Une autre carte postale de la Librairie Armand Lefèvre, après les bombardements :

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Ci-dessous, vue de l’entrée de la Rue des Chapelains (certainement prise à l’angle de la rue du Cadran-Saint-Pierre), en direction de la cathédrale :

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Également bombardée jours-là, la maison de Confection A la Ville d’Elbeuf, au coin de la rue de l’Arbalète et de la rue de la Clef :

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Et l’Hôtel de Bary, boulevard Lundy, qui était une magnifique maison de maître avant guerre, et là, on la retrouve en bien triste état. On note la date, qui est bien la même que dans le Matot-Braine, le 1er mars 1915 :

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