Paul Hess

Pendant le trajet que j’ai fait, au début de l’après-midi, pour me rendre à la maison de retraite par les boulevards de la Paix, Gerbert et Victor-Hugo, les explosions d’arrivées ne cessent pas de se faire entendre sur la gauche ; les obus tombent vraiment dru et j’ai lieu d’être étonné d’un spectacle donnant une impression frap­pante de calme, lorsque je pénètre dans l’établissement, rue Simon 26. De vieux pensionnaires que le vacarme des éclatements au dehors n’inquiète pas, font tranquillement leur partie de billard. C’est tout de même un curieux contraste.

Notre pauvre oncle Simon, soigné à l’infirmerie installée maintenant au sous-sol, a été sérieusement blessé aux deux jam­bes, d’après l’infirmière. Visiblement, il souffre, mais le brave homme se plaint à peine. Il tient à me dire tout le plaisir que lui font mes visites, aussi je suis heureux de pouvoir aujourd’hui lui consacrer plus de temps qu’en semaine.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

ob_56ab51_retraite2

 Cardinal Luçon

Dimanche 5 – Nuit tranquille, quoique assez bruyante jusque vers 11 h. et troublée par la grosse artillerie de temps en temps. Retraite du mois. Expédié projet de Lettre aux Cardinaux pour souscription pour le relève­ment Franco-Belge.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
Share Button