Louis Guédet

Mercredi 29 septembre 1915

382ème et 380ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Nuit tranquille et pour cause. La pluie n’a pas cessée de tomber en torrent, encore maintenant, ce n’est pas cela qui nous aidera à profiter de nos petits succès !! Et quand on pense qu’il y a 15 jours il faisait si beau. Notre Grrrrand État-Majorrrr !!! le ferait exprès, ce ne serait pas mieux !!! Tas de Castrés ! Ils sont à l’abri, au chaud, ils vivent comme des princes, gagnent de l’argent comme jamais ils n’en n’ont gagné, ils n’ont pour consigne qu’un désir : c’est que cela continue, peu leur chaut les malheureux qui souffrent, qui sont opprimés par leurs soldats, etc… ?! Y aura-t-il un jour enfin une réaction qui serrera la vis à toute cette clique-là ! Ce serait à souhaiter !

7h du soir  Trainé ma journée, fait un tour au Cimetière du nord, et rencontré tout à l’heure M.M. Émile Charbonneaux et Pierre Lelarge qui m’apprennent que nos succès s’accentuent, aussi bien du côté de Vimy – Loos que du côté de Souain – Argonne, et que les allemands auraient déjà perdu la valeur de 3 Corps d’Armées, d’aucun disent 4 Corps d’Armées. Allons-nous enfin être délivrés ? Les officiers ont bon espoir.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Forte canonnade l’après-midi.

Le communiqué du soir dit qu’en Champagne, les pertes en­nemies, en tués, blessés et prisonniers, dépassent l’effectif de trois corps d’armée, que le nombre total des prisonniers dépasse main­tenant 23 000 et que soixante-dix-neuf canons allemands ont été ramenés à l’arrière.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Mercredi 29 – Nuit tranquille en ville, sauf coups de gros canons de temps en temps. Pluie longue et abondante. Journée tranquille à Reims. Aéroplane français vers 4 h. Je n’ai rien entendu du côté allemand. Du côté français, quelques coups de gros canons de temps en temps.

Bonnes nouvelles : A la Mairie, on annonce que nous avons pris la 2e ligne de tranchées allemandes. En tout avec les précédents succès, 80.000 hommes tués ou prisonniers, hors de combat chez l’ennemi ; pris le maté­riel de guerre de 3 Corps d’Armée (1).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Ces nouvelles, plus ou moins fallacieuses, sont beaucoup moins bonnes qu’il n’y paraît.


Mercredi 29 septembre

Nous continuons à gagner du terrain en Artois, pied à pied, sur les crêtes à l’est de Souchez. Nous avons atteint un point stratégique de la plus haute importance, la cote 140, point culminant des crêtes de Vimy, et l’un de nos principaux objectifs.
En Champagne, de nouveaux progrès ont été réalisés. 800 prisonniers ont été capturés au nord de Massiges.
En Argonne, l’attaque allemande contre le bois de Bolante a totalement échoué. L’ennemi a été expulsé des tranchées de première ligne où il avait réussi à s’installer. Il a subi de lourdes pertes. Il a dirigé sur nos positions un bombardement violent et auquel nous avons efficacement répondu.
Canonnade au bois Le Prêtre et dans la région du Ban-de-Sapt.
Les Anglais ont poursuivi leur progression à Hulluch et à l’est de Loos. Ils ont capturé 18 canons, 32 mitrailleuses et 2800 prisonniers.
Les Russes ont livré des combats heureux sur l’ensemble du front et un peu partout ont pris des Allemands et des Autrichiens : le total s’élèverait à plusieurs milliers d’hommes.
La Grèce semble délibérément prendre position contre la Bulgarie, et la presse officieuse allemande invective l
e cabinet d’Athènes et M.Venizelos.

Source : la Grande Guerre au jour le jour


CPA et photo : Béatrice Keller.

CPA et photo : Béatrice Keller.

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