Paul Hess

Sifflements à 16 h 1/2.

Nous avons appris hier, à la mairie, que M. Guernier, conseiller municipal, a été blessé par un éclat d’obus, alors qu’il circulait à bicyclette, place d’Erlon.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

ob_af4d5b_delcampe04

Cardinal Luçon

Vendredi 27 – Nuit tranquille. Visite de M. l’abbé Thomas appelé sous les drapeaux, de Madame Gérard, directrice du Pensionnat de la rue du Trésor. 4 h. 1/2, bombes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Juliette Breyer

Vendredi 27 Août 1915. J’ai reçu une lettre de Charlotte. Elle a appris qu’à Paris il y avait une famille qui était nos cousins et dont le fils s’appelle Paul Deschamps, de Sainte Suzanne. Ce serait donc celui-là dont j’aurais reçu l’avis de la Croix rouge. Tu vois, on serait peiné pour quelqu’un qui ne serait pas des nôtres. Ils ont invité Charlotte à aller les voir et elle a été saisie en entrant. Il y avait une jeune fille qui était tout mon portrait.

Mon pauvre tit Lou, Les jours passent quand même. Je me rappelle tous nos bons moments. Je nous revois encore avec le bocal de cerises que nous avions. Ta petite femme, tant qu’il n’a pas été vide, t’en donnait un petit verre tous les soirs et le dimanche matin nous nous levions à 10 heures et nous causions tous deux dans notre lit. Et quand j’ai été malade la première fois, tu ne pouvais pas manger. Tout cela, ce sont des souvenirs qui ne s’effacent pas et que l’on regrette. Notre bonheur a été trop court.

Aujourd’hui j’ai un peu d’espoir et je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


 

Vendredi 27 août

Canonnade assez vive en Artois, autour de Souchez et de Neuville. Actions d’artillerie aussi dans la région de Roye et dans la vallée de l’Aisne, où nous avons visé les organisations allemandes au nord de Soissons.
L’ennemi bombarde Reims, tandis que nous exécutons un tir efficace sur ses tranchées à Cernay-les-Reims.
Lutte de grenades et de pétards en Argonne. Duels d’artillerie à Flirey, en Woëvre, à la Fontenelle, et à Lusse, dans les Vosges, dans la vallée de la Doller, en Alsace.
Grande activité de nos avions. L’un d’eux opère au-dessus de la gare d’Offenbourg (grand-duché de Bade); 62 au-dessus des hauts fourneaux de Dillingen, près de Sarrelouis; nos appareils bombardent des cantonnements à Pannes et à Baussant, en Woëvre, à Grandpré, Châtel, Cernay et Fléville, en Argonne; à Tergnier, la gare; à Vitry-en-Artois, le parc d’aviation; à Boisleux, la gare a reçu des obus. 60 avions français, anglais et belges ont allumé des incendies dans la forêt d’Houthulst. 127 obus ont été lancés par une escadrille sur la gare de Noyon.
Les italiens ont remporté un succès dans la région de Tonale.
Les Russes maintiennent les Austro-Allemands, qui tachent de converger vers Brest-Litovsk.
M. Pachitch, premier ministre serbe, s’est rendu auprès du régent de Serbie pour arrêter, d’accord avec lui, les termes de la note a remettre à la Quadruple Ent
ente.

Source : La guerre au jour le jour

Share Button