Louis Guédet

Mardi 18 mai 1915 

248ème et 246ème jours de bataille et de bombardement

11h1/2 matin  Pluie toute la nuit qui a été calme. Je suis toujours inondé de plus en plus.

Reçu visite de l’abbé Dupuit, curé de St Benoit de Reims qui m’a remis le testament du pauvre abbé Thinot, tué à l’ennemi à Perthes-les-Hurlus. Visite d’Henri Abelé pour une citation en conciliation avec l’intendant militaire de Châlons-sur-Marne pour une automobile réquisitionnée et pour laquelle on lui offre 9 060 Fr quand elle lui a coûté 6 mois avant 14 000 Fr.

On m’apprend la mort de René Peltereau-Villeneuve, frère de mon confrère de Reims, la tête emportée à Givenchy ces jours-ci (tué à Notre Dame de Lorette le 9 mai 1915). Il était marié avec la fille de Pol Charbonneaux, et laisse 5 enfants.

La demi-page suivante a été découpée.

…qu’il m’a rendu durant ces derniers temps. J’en profiterai aussi pour voir l’intendant militaire pour l’affaire d’auto avec Henri Abelé. J’ai mon passeport signé d’avance pour le 22.

Quel calme ! il m’inquiète. La délivrance est si peu probable. J’ai déjeuné aux Galeries Rémoises avec Tricot et Masson notaire à Laon, actuellement maréchal des logis au 29ème d’artillerie cantonné aux Mesneux, celui-ci nous disait qu’on craignait encore un hivernage devant Reims. C’est à désespérer de tout !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Le calme continue ; cela semble anormal;- On procède, sous la direction de M. Loriquet, au déménagement des archives conservées à la bibliothèque de l’hôtel de ville. Elles sont transportées, par l’auto des pompiers, de la mairie à Sainte-Clotilde, pour être placées dans la crypte de cette église.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Mardi 18 – Nuit tranquille, matinée silencieuse de part et d’autre. Écrit à M. Simond, « Echo de Paris », pour adresse du Personnel de la Caisse d’Épargne et de Prévoyance de Paris.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Mardi 18 Mai 1915. Ton parrain vient de revenir de Paris où il avait passé cinq jours. Toute sa famille était malade, grippée. Ce n’est pas de chance. Sais-tu, je lui ai demandé si je ne le peinais pas en restant définitivement près de maman. Il m’a dit que j’avais raison, que cela la distrairait, du moment que les enfants se portaient bien, et que sa maison me serait toujours ouverte. Il est bon. Ton coco sera heureux. C’est qu’il ne veut plus quitter sa petite sœur.

Encore une journée de passée et toujours rien. Mais j’ai espoir. Je t’aime. Ta Juliette.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Renée Muller

/ je travaille aux capotes du capitaine ADAM serg. LEBOUR… et le lieut. BOUCHER

le 18 messe pour les artilleurs morts

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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