Bombardement sérieux vers le commencement de l’après-midi ; j’entends les arrivées des projectiles en revenant de déjeuner place Amélie-Doublié et les sifflements indiquent, tout le temps que je descends la rue Lesage, qu’il doit en tomber sur le haut du faubourg Cérès comme du côté du Port-sec.

Près du pont de l’avenue de Laon, un agent, se tenant à l’abri, hausse les épaules lorsque je passe devant lui, en me montrant du doigt, dans cette direction, une troupe de cinq ou six gamins, obligés de se replier à travers les voies du chemin de fer, parc qu’ « ça » tombe. Ils ont apparemment été dérangés en cherchant des éclats d’obus.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Rue Lesage

Dimanche 11 – Nuit tranquille pour la ville. Canonnade et bombes par intervalles. Visite à 3 h ½ à l’Enfant Jésus, à 300 ou 350 soldats réunis pour un Salut. Allocution. Distribution de cigares, envoyés à moi par un Pensionnat d’Antony, près Paris.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 11 avril

Entre Meuse et Moselle, nouveaux progrès des troupes françaises. Dans la région des Eparges, la totalité de la position étant en notre pouvoir, l’ennemi n’a tenté aucune offensive. Deux divisions ont été successivement engagées par lui, depuis deux mois, dans ce secteur, et ses pertes sont évaluées à 30.000 hommes.
Au bois de Mortmare, nous enlevons une nouvelle ligne de tranchées et repoussons une contre-attaque. Au nord de Regniéville, nous élargissons légèrement notre position. En Lorraine, les Allemands ont capturé une demi-compagnie qui s’était aventurée, à Bezange-la-Grande (sud-ouest de Château-Salins), en dehors de nos lignes.
Les Russes poursuivent une offensive efficace entre la frontière de la Bessarabie et Czernowitz.
Les Etats-Unis ont reçu de l’Allemagne une note passablement arrogante, où celle-ci leur demande de respecter strictement la neutralité.
Les avions alliés ont jeté des bombes dans la région Heyst-Bruges et Knocke.
Le ministère allemand de la guerre fait appel à tous les éléments encore disponibles. Le Landsturm non exercé commence à partir. C’est la véritable levée en masse.
Les opérations ont repris dans les Dardanelles. Djavid bey, qui semble être décidément un négociateur officieux de la Porte, a eu un entretien à Berne avec le ministre russe.
L’emploi du français est interdit sous des peines sévères dans la Haute-Alsace.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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