Canonnade, après une nuit calme.

Le Courrier fait savoir ceci, aujourd’hui :

Appel de la classe 1916.

Selon toutes probabilités, la classe 1916 sera appelée le 20 mars prochain.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Samedi 20 – Quatre bombes sur la ville dans la nuit du 19-20, de 10 h à 11 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

20 – samedi – Dès le matin, soleil radieux, sans doute que les aéros vont en profiter.

Jusqu’à 8 h du matin tout est calme, mais quelques instants après le bombardement commence beaucoup moins pire que la veille. Vers 9 h du matin des avions allemands apparaissent sur Reims et vite mis en fuite par nos canons spéciaux. Pas d’accident de personne.

A part quelques coups de canon, nuit calme.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy

Samedi 20 Février 1915.

Les boches recommencent à taper à une place ou une autre, sans direction aucune. J’ai plus peur, maintenant que j’ai André avec moi. Mais lui a l’air de s’y plaire. Le soir, ton parrain joue avec lui. Il trouve André amusant et très intelligent. Il lui fait faire ‘Vas chiffon, fon, fon’ et comme il prend une mine si comique pour le faire, ton parrain rit aux larmes. Cela le distrait un peu ; en rentrant de son travail il n’a pas de gaieté. Mémère, elle, dit que pour son âge, André cause comme un petit homme et que tu serais heureux si tu le voyais.

C’est ce que je disais à ton parrain, que cela me peinait de savoir que tu ne voyais pas toutes ses petites manières. « Que voulez-vous, me dit-il, il verra celles de sa petite fille ».

Oh oui, je veux espérer mon Charles …

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne

Esplanade Cérès (actuelle place Aristide Briand) Collection : Eric Brunessaux

Esplanade Cérès (actuelle place Aristide Briand) Collection : Eric Brunessaux

Samedi 20 févier

Une attaque ennemie est repoussée à l’est d’Ypres, où cinq compagnies s’étaient déployées en première ligne contre nos tranchées. Une autre attaque est brisée à Roclincourt (près d’Arras); cinq autres en Champagne, elles n’ont servi qu’à provoquer de nouveaux progrès de notre part; en Argonne, après avoir déjoué un coup de main, nous occupons un blockhaus; sur les Hauts-de-Meuse, aux Eparges, notre artillerie arrête trois offensives. Combat dans les Vosges, près du Bonhomme, à Wissembach. L’ennemi est délogé d’un piton où il avait réussi à prendre pied; il se fait battre également su Sudelkop (Haute-Alsace).
Les Russes continuent à livrer des batailles acharnées sur le Niémen et sur la rive droite de la Vistule. Dans les Carpates, ils ont remporté des succès et fait des prisonniers; mais en Bukovine, ils se sont repliés derrière le Pruth.
La mise à exécution du soi-disant blocus naval allemand en mer du Nord n’a pas troublé l’Angleterre. Les services de navigation y marchent comme de coutume.
Les Autrichiens ont bombardé de nouveau Belgrade. Les Serbes ont totalement brisé la révolte albanaise.
Les Allemands ont perdu un nouveau zeppelin sur la côte danoise.
Le député allemand Erzberger l’un des chefs du centre catholique, s’est rendu à Rome où il va sans doute intriguer contre nous.
Le général Pau est arrivé à Nisch, en Serbie.
Certains journaux berlinois commencent à blâmer les orateurs des meetings pangermanistes qui annoncent le règne de la « plus grande Allemagne ».

 

Share Button