Réveil avec détonations et sifflements d’obus.

Lorsque je passe au bureau, j’apprends que la maison située à l’angle des rues Saint-Thierry et du Mont-d’Arène, où habitait notre collègue Joly, rentré à Reims depuis le 22 courant a été entièrement disloquée à 6 heures, au cours du violent bombardement de ce matin.

Après-midi, reprise du bombardement.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos
Collection : Bosco Djoukanovich

Collection : Bosco Djoukanovich

 Dimanche 31 – Nuit tranquille. Journée tranquille.
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

31 – Dimanche – Temps gris. La neige tombe un peu. La journée s’est passée avec un peu de canonnade et bombardement. Assez calme la nuit.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy

Dimanche 31 janvier

Les pertes subies par les Allemands près de Nieuport sur la grande Dune ont été très importantes. Ils bombardent à nouveau Arras et les localités environnantes. En Argonne, nous avons reculé de 200 mètres environ, après un combat sanglant et disputé, qui a été d’ailleurs plus coûteux encore pour nos ennemis que pour nous mêmes.
L’enveloppement que les Russes opèrent avec succès, dans la Prusse orientale, au nord de Tilsitt, a pour but de riposter à la contre-offensive que les Austro-Allemands tentent dans les Carpathes, à l’autre extrémité du front oriental. On lui attribue une grande importance, la garnison de Koenigsberg ayant été très réduite par les prélèvements qui ont été opérés sur elle.
L’Autriche, après l’Allemagne, va établir le monopole des grains afin de se prémunir contre la famine. En Allemagne même, les journaux se plaignent de la spéculation, de la hausse des cours, et réclament d autres monopoles, celui des pommes de terre en première ligne.
Le ministre des Finances austro-hongrois, M. de Bilinski, a été disgrâcié.
L’Italie continue ses préparatifs militaires en mobilisant de nouvelles unités.
Des officiers austro-hongrois, qui portaient des bombes, ont été arrêtés à la frontière roumaine.
Ricciotti Garibaldi propose de porter à 30.000 le nombre des volontaires italiens qui combattent en France. Ils retourneraient en Italie, si la guerre éclatait entre ce pays l’Autriche.

 

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