Paul Hess

Depuis le 18, le bombardement a sévi chaque jour, plus ou moins violemment.

Ce matin, des shrapnells sont tombés sur le faubourg de Laon et le faubourg Cérès ; l’après-midi, comme hier déjà, le bombardement a repris de nouveau.

Nous pouvons nous demander pourquoi, depuis quelques temps, les Allemands nous envoient surtout des shrapnells. Trouveraient-ils donc que les obus de leurs différents calibres, 77 – 105 – 120 – 150 ou 210 que nous connaissions déjà trop par les ravages qu’ils ont causés jusqu’à présent, ne sont pas assez meurtriers pour la population ?

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 22 – Nuit tranquille. Canons français ?

Visite aux ambulances Cama, à M. Houlon et au Parc de la Haubette.

Réception des réponses de Bordeaux, Montpellier, Lyon.

Envoi de l’Adresse des Cardinaux au Cardinal Mercier (envoyé à (…), Écho de Paris).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Eugène Chausson

22 – Vendredi – Le soleil se montre très radieux dès le matin. Ce qui a permis aux avions de faire une tournée sur Reims. Ce beau temps ne peut sans doute durer longtemps, car à midi, le temps est fortement couvert. L’on tire toujours le canon et de même toute la nuit, car au lit, on entendait très bien, nos grosses pièces qui à force de les entendre, n’empêchent plus de dormir.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy


Vendredi 22 janvier

Les Allemands ont de nouveau repris l’offensive, par leur artillerie et par leur infanterie, à Notre-Dame-de-Lorette, mais cette attaque a été arrêtée. Plus au sud, sur l’Aisne, ont eu lieu de petits combats d’artillerie, où nous avons eu l’avantage.
En Champagne, nous avons démoli des ouvrages ennemis dans la région de Prosnes, les Marquises, Moronvillers; deux petits bois ont été occupés par nous près de la ferme de Beauséjour; nous y avons occupé également trois postes ennemis où nous nous sommes installés. Nous avons enlevé 150 mètres de tranchées dans la forêt d’Apremont, au sud-est de Saint-Mihiel; – violent combat près de Saint-Hubert où finalement nous avons repoussé une attaque en force. Il en a été de même dans le bois Le Prêtre, au nord-ouest de Pont-à-Mousson. Une action d’infanterie s’est engagée près de Thann, sur le versant oriental des Vosges.
Les Russes, marchant dans la direction de Mlava, en Prusse orientale, ont contraint les Allemands à évacuer la localité de Skempe. La canonnade et la fusillade ne cessent de retentir sur la Bzoura et sur la Rawka; elle est plus faible sur la Pilitza. En Bukovine, une offensive austro-hongroise a été repoussée à Kirlibaba.
Les officiers allemands qui commandent l’expédition contre l’Égypte deviennent de plus en plus pessimistes. Ils redoutent d’être assassinés par leurs troupes turques.
On annonce la démission du général de Falkenhayn, ministre de la Guerre d’Allemagne.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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