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Samedi 19 août 1916

Louis Guédet

Samedi 19 août 1916

707ème et 705ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Temps lourd, brumeux, maussade, de la pluie par ondées orageuses. Rien d’intéressant. Reçu deux lettres de ma femme qui parait décidée à aller voir Jean et peut-être Robert. Je l’y incite. Pendant son absence j’irai à St Martin garder les petits. Dans l’une de ces lettres la photographie de Jean en artilleur. Pauvre enfant. Je ne puis le regarder sans larmes. Cet après-midi été à l’Hôtel de Ville. Tout le monde en agitation, Léon Bourgeois, sénateur de la Marne, allait arriver pour visiter l’Hôtel-Dieu !! Toute la bande des lécheurs de bottes était là ! Hier c’était le sénateur Vallé (Ernest Vallé, ancien Ministre de la Justice de 1902 à 1905 (1845-1920)), aujourd’hui Léon Bourgeois, ils ne doivent plus avoir de peau sur la langue. Comme toujours ce sont les purs qui sont là. Quant aux autres qui ont fait leur devoir et parfois plus que ceux-là on a…  oublié de les prévenir et de les convoquer ! C’est dans l’ordre.

Lettre à son épouse Madeleine
Reims 19 août 1916
4h1/2

Ma chère Madeleine,

J’ai trouvé chez Lefèvre libraire les petits livres du mois que tu désirais : il en avait de défraîchis qu’il m’a cédé à 0,30. Je t’en envoie donc 2.

Je viens de voir pour Léon Bourgeois qui va visiter l’Hôtel-Dieu. Si tu voyais tous nos…  fonctionnaires courir, sauter, danser, frétiller !…  et se mettre à plat ventre !…  C’en est grotesque…  Il vaut mieux en rire qu’en pleurer, mais bien entendu n’a été prévenu que les…  purs…  Quant à ceux qui ont réellement agis et se sont dévoués…  on les laisse dans la coulisse…  on a oublié de les prévenir et surtout de les convoquer…  Bref rien n’est changé d’avant la Guerre…  au contraire. Hier c’était Vallé…  ce qu’ils lui léchaient les bottes !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 19 – Nuit tranquille ; Visite de M. Baragnon (N…), de l’abbé Desgranges (qui est à Trépail). Départ de M. Delasalle. Visite de M. Abelé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 19 août

Sur le front de la Somme, l’ennemi n’a tenté aucune réaction. Nos troupes organisent les positions conquises. Au cours des dernières opérations, elles ont capturé 200 hommes et 5 mitrailleuses.
Violent combat d’artillerie dans la région au nord de Maurepas et dans le secteur de Belloy-en-Santerre.
Sur le front anglais, la lutte d’artillerie s’est poursuivie avec activité, spécialement à l’aile droite. L’ennemi a lancé sur l’ouvrage de Pozières de terribles et violentes contre-attaques qui se sont déployées sur un large espace et ont mis en jeu des forces considérables. Six vagues successives ont été refoulées avec de très grandes pertes. L’artillerie et les mitrailleuses britanniques ont exécuté des tirs meurtriers, Nulle part, les Allemands n’ont réussi à aborder les lignes de nos alliés.
Au nord-est de Bazentin, une centaine de mètres de tranchées ennemies sont tombées aux mains des Anglais. Ils ont fait quelques prisonniers, en repoussant une contre-offensive descendue de Martinpuich. Ils ont abattu un avion allemand près de Pozières.
Les Italiens ont brisé une contre-offensive sur le Carso et fait 100 prisonniers. Leurs escadrilles ont bombardé la voie ferrée de Gorizia à Trieste.
Le général russe Pezobrazoff a fait, au cours de ses récentes opérations, 7500 prisonniers dont 108 officiers.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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mardi 30 novembre 1915

Caserne Colbert

Louis Guédet

Mardi 30 novembre 1915

444ème et 442ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps froid avec pluie et rayons de soleil. Présidé mon tribunal de simple police, une centaine d’affaires presque toutes jugées. Les gendarmes en ont pris pour leur…  grade. Le commissaire de Police leur a dit leur fait, et entre autres qu’ils étaient là pour faire respecter la loi, mais que par contre ils ne devaient pas oublier que la population de Reims était digne d’intérêt et bien assez malheureuse et n’avait pas besoin d’être…  molestée par les Gendarmes !! Les bombes et obus étaient suffisants. Les 3 pandores qui étaient là ne savaient pas si « c’était du lard ou du cochon » comme on dit dans mon village ! J’espère que la leçon servira.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Bombardement sérieux, vers Pommery et le Champ de grève.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mardi 30 – Nuit tranquille, visite de M. Rampillion des Moguèle.

Visite au Docteur Gauge, à M. Lefèvre, maison des Chapelains. Ordina­tion par Mgr Neveux, de M. Maurice Broux, au diaconat (du diocèse de Lille).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 30 novembre

Combats à la grenade en Artois, aux abords de la route de Lille, et en Lorraine, autour de Reillon.
Au nord du Labyrinthe, nous avons, par une vive attaque, chassé l’ennemi de l’entonnoir qu’il occupait. Il a subi des pertes sensibles.
C’est un sérieux échec que les Allemands ont essuyé à Berry-au-Bac, devant un de nos ouvrages. Ils ont laissé des morts et des prisonniers.
Quatre taubes ont survolé Verdun et jeté des bombes. A titre de représailles, cinq de nos avions ont bombardé la gare de Brieulles, au sud de Stenay, coupant la voie ferrée et forçant un train à rebrousser chemin.
Un de nos avions a dû atterrir à Dompcevrin (rive gauche de la Meuse). Les aviateurs sont sains et saufs.
Avance russe en Courlande.
Les Italiens ont fait encore plusieurs centaines de prisonniers autour de Goritz.
La situation à Monastir est devenue assez précaire. Néanmoins, les Bulgares n’ont pas encore attaqué la ville qui est défendue par le colonel Vassich. Le mauvais temps continue à suspendre les opérations dans le secteur français de Macédoine.
Les échanges de notes se poursuivent entre les alliés et la Grèce : aucun résultat définitif n’est encore acquis.
Le roi de Roumanie a lu le discours du trône qui n’éclaircit toujours pas l’avenir.
Lord Kitchene
r a traversé Paris.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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