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Dimanche 16 décembre 1917

Cardinal Luçon

Dimanche 16 – 0°. Nuit tranquille à Reims, sauf tir contre avions. Mgr Camus réunit à Tours les « réfugiés » dans cette ville. M. Lartilleux est organiste de la Cathédrale. Visite du Colonel Bonnery, Major de la garni­son, accompagné du Commandant Barré de Tepinière. Visite avant congé de permission.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Louis Delozanne – 26 mars 1916 – Bord de la route près pont de Suippes

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Lundi 2 avril 1917

Louis Guédet

Lundi 2 avril 1917  Rameaux

933ème et 931ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps nuageux, froid glacial avec vent en tempête. On ne cesse de bombarder, on en a les nerfs cassés, brisés. Départs et fuites sans nombre. Ce matin je devais partir voir mon cher enfant Robert à Nanteuil-la-Fosse où il est cantonné (?) A 5h1/2 la voiture devait venir me prendre, mais point de voiture. Impossible d’en trouver une autre. Il m’a fallu abandonner mon projet, cela m’a fait gros cœur. Annihilé toute la matinée, écrit à Robert pour lui dire ma déconvenue au pauvre petit, à Madeleine pour lui dire la même chose. Je demande à tout hasard à ce pauvre enfant qu’il m’écrive s’il espère être encore là à la fin de la semaine, mais j’ai peu d’espoir.

Été à la ville à 2h1/2 prendre les dossiers des allocations en appel. 14 affaires seulement que je viens de voir et mettre au point. Je convoque pour le mercredi 25 avril 1917 à 2h au Palais de Justice. Rencontré là Chézel, Houlon, Charles Heidsieck, Beauvais. Il y avait conseil municipal. Entré voir le Maire pour lui faire mes condoléances et lui dire toutes mes sympathies à l’occasion de la mort de son gendre le Capitaine Morlière. Il parait fort affecté. Il commençait à me demander quelques renseignements pratiques sur la réunion du conseil de famille de l’enfant, un petit-fils (Jacques Morlière (1915-1946)), quand est survenu M. Godart, sous-secrétaire d’État (Justin Godart, Sous-secrétaire d’État chargé du Service de santé militaire, fondateur de la Ligue contre le cancer en 1918 (1871-1956)), qui venait pour s’occuper de l’évacuation des femmes et des enfants dont la présence est inutile ici, et dont les vies peuvent être en danger, surtout celles dont les habitations sont proches de nos batteries. Je me suis retiré et je me propose d’aller voir le Dr Langlet demain matin pour reprendre notre entretien. Vu Lelarge très affecté, aux larmes presque, à cause des dégâts faits ce matin par le bombardement acharné et systématique fait sur son usine du boulevard Saint-Marceaux, 300 obus ce matin. Il parait que c’est épouvantable ! Il y a encore eu des victimes ce matin vers la place St Thimothée, entre autres M. Lartilleux, pharmacien, légèrement blessé heureusement.

Le bombardement n’a pas cessé depuis ce matin, on est anéanti. Cela tape un peu partout sur les faubourgs, par séries…  Quand cela finira-t-il ? Tout le monde en a assez. Le Pasteur Protestant M…… (non cité) que j’ai vu tout à l’heure va également partir après avoir fait partir tous ses fidèles, et combien encore !! comme cela. Il est temps que cela cesse.

J’ai froid, je souffre. C’est une vraie agonie.

6h25 soir  En ce moment c’est une vraie tempête de vent et de pluie glaciale, on ne s’entend pas.

8h soir  Vers 7h le lieutenant de vaisseau Robert de Voguë est venu avec ses 2 témoins pour me signer sa procuration pour recueillir la succession de son Père, Melchior, marquis de Voguë. Tout en causant, je prends les noms des témoins : Charles d’Hespel (terminera comme Capitaine de Frégate (1894-1955)), enseigne de vaisseau, qui a été camarade de collège à l’École des Postes de Versailles de Jean, dont il se souvenait très bien. M. de Voguë me quitta en me disant : « Voilà ma première signature donnée sous les bombes devant notaire !… » Je lui ai répondu que cela lui porterait bonheur ! Charmant homme, très distingué. En ce moment, le silence. Quel calme après cette tempête de mitraille depuis 48 heures ! Pourvu qu’ils nous laissent tranquille cette nuit. Je ne suis pas gourmand, je leur demande une nuit tranquille sur 3. Je vais me coucher. Je suis éreinté.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

2 avril 1917 – Journée terrible encore, dans la matinée principalement pour le boulevard de Saint-Marceaux et son voisinage, et dans l’après- midi pour toute la ville.

2 300 obus environ aujourd’hui. Riposte faible de notre ar­tillerie.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 2 – + 1°. Nuit plus tranquille, couché à la cave. A 9 h. matin, visite rue du Jard, de Venise, Gambetta, Bon Pasteur. Bombardement. Bom­bardement violent : 6 tués, et 17 blessés ; (six tués au moins, dont 4 vus par le Docteur Simon ; et 2 avenue de Laon.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Lundi 2 avril

Sur la Somme et sur l’Oise, actions d’artillerie intermittentes; fusillades assez vives aux avant-postes. Nous avons dispersé des patrouilles ennemies et fait quelques prisonniers.

Au sud de l’Ailette, au cours d’une action offensive vivement menée, nos troupes ont enlevé depuis l’Ailette jusqu’à la route de Laon p1usieurs systèmes de tranchées et des points d’appui organisés à l’est de Neuville-sur-Margival. L’ennemi, qui a fait une défense énergique, a été rejeté avec des pertes sérieuses jusqu’aux abords de Vauxaillon et de Laffaux. 108 prisonniers dont 2 officiers et 4 mitrailleuses sont restés entre nos mains.

En Champagne, grande activité des deux artilleries à l’ouest de Maisons-de-Champagne. Nos batteries ont pris sous leurs feux des contingents ennemis aperçus en marche dans cette région.

Sur tout le front belge, violente lutte d’artillerie, spécialement dans la région de Dixmude. Lutte de bombes et de grenades vers Steenstraete.

Les Anglais ont pris Epéhy et deux autres localités et effectué plusieurs raids heureux sur les tranchées allemandes.

En Macédoine, l’ennemi a bombardé nos positions du Vardar et tiré une quarantaine d’obus sur Monastir.

La riposte vigoureuse de notre artillerie lourde contre les batteries adverses a provoqué une explosion dans le secteur de la Cerna. Une attaque autrichienne a été repoussée par les Ita1iens près de Gorizia.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

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Mercredi 29 novembre 1916

Louis Guédet

Mercredi 29 novembre 1916

809ème et 807ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Temps gris couvert, glacial, que de la neige. Le calme absolu, le silence qui fait mal. Pas un bruit, pas un coup de canon. C’est lugubre et angoissant. Travaillé comme un nègre. Vu Honoré qui me demandait des renseignements sur M. Lartilleux (marchand de laines (1877-1941)) et ses sœurs (en fait une seule sœur, Alice (1881-1962), épouse de Claude Helluy, rédacteur du « Courrier de la Champagne »). L’une d’elles a eu la…  bêtise d’écrire des lettres…  des épîtres devrais-je dire, qui pour se rendre intéressante disent des choses qu’il ne faut pas dire et encore bien moins écrire à un pays étranger, surtout en Suisse et à Bâle !! encore ! Bref, pour se rendre intéressante, palpitante, elle désigne les points, les places, les situations des pièces d’artillerie, batteries, cantonnements, etc…  Un général d’armée ne ferait pas mieux ! Mais la Police mobile veille et l’armée aussi. A donc subséquemment, etc…  Voilà une pauvre fille qui réunit toutes les conditions et qualités voulues pour comparaître devant un conseil de Guerre. Je crois avoir détourné l’orage, mais qu’elle n’y revienne plus. Prévenu les intéressés indirectement. Sorti pour cela, fait 2 ou 3 courses et rentré chez moi gelé ! René Mareschal (un des deux fils de Maurice Mareschal) est engagé au 82ème d’artillerie lourde à Noisy-le-Grand (Seine). Le Commandant Barot m’en prévient par un officier de son État-major. Causé de mon affaire !!  Ils en rient là-bas !! Je crois que Colas et Girardot n’en font pas autant…  Je suis ravi…  je vais me coucher…  Mais quel silence !!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 29 – Nuit tranquille. + 2°. Voyage de Mgr Neveux à Meaux. Visite de deux membres de l’Ambulance russe, apportant envoi de Caen.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Cardinal Luçon, Mgr Neveux

Cardinal Luçon, Mgr Neveux


Mercredi 29 novembre

Combat d’artillerie sur le front de Verdun. Une attaque de nuit sur un de nos petits postes à l’est de Maisons-de-Champagne, a été facilement repoussée. Sur le front britannique, violent bombardement ennemi au nord d’Ypres. Combat à Souchez autour d’un entonnoir. Canonnade sur les deux rives de l’Ancre. Les Anglais ont bombardé le secteur de la Bassée. Leur aviation a fait des reconnaissances avec succès, en liaison avec l’artillerie. Elle a jeté des bombes sur un certain nombre de points d’importance militaire et provoqué une forte explosion. Un appareil allemand a été détruit, un autre avarié. Deux avions anglais ne sont pas rentrés. Deux zeppelins ont été abattus au cours d’un raid sur l’Angleterre. Un avion a survolé Londres où il a fait quelques victimes. Succès britannique sur le front de Doiran. Avance italienne nouvelle à l’ouest de Monastir. Combat près de Riga sur le front russe. Les Austro-Allemands ont occupé Curtea de Arges entre Rymnick et Pitesti, et Giurgevo, sur le Danube, en face de Routschouk. Canonnade sur le Carso. L’amiral Dartige du Fournet a sommé la Grèce de remettre une partie de son matériel de guerre. Le comte Bobrinski, ministre de l’Agriculture russe a démissionné. Guillaume II qui était venu à Vienne pour les obsèques de François-Joseph a dû repartir étant souffrant. Il n’assistera pas aux funérailles. Le Reichstag soulève des difficultés pour la mise en œuvre de la mobilisation civile. Le vice-chancelier Hellferich poursuit ses pourparler à ce sujet. On réclame en Angleterre une politique navale plus énergique. Un vapeur américain, le Chemung, qui naviguait sous le pavillon national, a été torpillé dans les parages de l’Espagne par un sous-marin allemand.

Source : La guerre au jour le jour

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Jeudi 31 août 1916

Louis Guédet

Jeudi 31 août 1916

719ème et 717ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  La tempête a cessé cette nuit, beau temps chaud avec brise. Le calme. Journée monotone. Déjeuné en cave chez M. Henry Abelé, 48, rue de la Justice, avec l’abbé Pierre Abelé en civil, actuellement aux armées, à (?!), de Bruignac adjoint au maire, Abbé Camu Vicaire Général, M. Lartilleux et Marcel Heidsieck. Rien d’intéressant. Rentré chez moi après avoir passé à la Ville, sur mon chemin tout triste tout désemparé, de plus en plus. Il y a 2 ans je prenais le chemin de ce calvaire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 31 – Nuit tranquille. Pluie continuelle. Mitrailleuses au loin. Journée tranquille. Bombes dans la matinée sur batteries. Visite aux Frères à Courlancy et à Rœderer.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

roederer


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Jeudi 31 août

Sur le front de la Somme, activité moyenne d’artillerie. Le mauvais temps continue.
En Lorraine, dans le secteur de Reillon, des détachements ennemis ont, par deux fois, tenté d’approcher nos lignes; nos tirs de barrage les ont repoussés.
L’artillerie tonne sans discontinuer sur tout le front de Macédoine où l’on ne signale, toutefois, aucune opération importante.
les Italiens, au cours d’avances partielles sur le Haut-Boite et dans les Alpes de Fassa, ont capturé un certain nombre de prisonniers.
Les Russes ont progressé dans les Carpates boisées, à la frontière hongroise, et fait plusieurs centaines de prisonniers en Asie Mineure.
L’avance roumaine est générale à l’ouest des Alpes transylvaines et sur le bas Danube.
Les ministres de l’Entente ont fait une démarche à Athènes, auprès de M. Zaïmis.
Un meeting sur l’entrée en guerre de la Grèce a eu lieu à Salonique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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