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Lundi 2 avril 1917

Louis Guédet

Lundi 2 avril 1917  Rameaux

933ème et 931ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps nuageux, froid glacial avec vent en tempête. On ne cesse de bombarder, on en a les nerfs cassés, brisés. Départs et fuites sans nombre. Ce matin je devais partir voir mon cher enfant Robert à Nanteuil-la-Fosse où il est cantonné (?) A 5h1/2 la voiture devait venir me prendre, mais point de voiture. Impossible d’en trouver une autre. Il m’a fallu abandonner mon projet, cela m’a fait gros cœur. Annihilé toute la matinée, écrit à Robert pour lui dire ma déconvenue au pauvre petit, à Madeleine pour lui dire la même chose. Je demande à tout hasard à ce pauvre enfant qu’il m’écrive s’il espère être encore là à la fin de la semaine, mais j’ai peu d’espoir.

Été à la ville à 2h1/2 prendre les dossiers des allocations en appel. 14 affaires seulement que je viens de voir et mettre au point. Je convoque pour le mercredi 25 avril 1917 à 2h au Palais de Justice. Rencontré là Chézel, Houlon, Charles Heidsieck, Beauvais. Il y avait conseil municipal. Entré voir le Maire pour lui faire mes condoléances et lui dire toutes mes sympathies à l’occasion de la mort de son gendre le Capitaine Morlière. Il parait fort affecté. Il commençait à me demander quelques renseignements pratiques sur la réunion du conseil de famille de l’enfant, un petit-fils (Jacques Morlière (1915-1946)), quand est survenu M. Godart, sous-secrétaire d’État (Justin Godart, Sous-secrétaire d’État chargé du Service de santé militaire, fondateur de la Ligue contre le cancer en 1918 (1871-1956)), qui venait pour s’occuper de l’évacuation des femmes et des enfants dont la présence est inutile ici, et dont les vies peuvent être en danger, surtout celles dont les habitations sont proches de nos batteries. Je me suis retiré et je me propose d’aller voir le Dr Langlet demain matin pour reprendre notre entretien. Vu Lelarge très affecté, aux larmes presque, à cause des dégâts faits ce matin par le bombardement acharné et systématique fait sur son usine du boulevard Saint-Marceaux, 300 obus ce matin. Il parait que c’est épouvantable ! Il y a encore eu des victimes ce matin vers la place St Thimothée, entre autres M. Lartilleux, pharmacien, légèrement blessé heureusement.

Le bombardement n’a pas cessé depuis ce matin, on est anéanti. Cela tape un peu partout sur les faubourgs, par séries…  Quand cela finira-t-il ? Tout le monde en a assez. Le Pasteur Protestant M…… (non cité) que j’ai vu tout à l’heure va également partir après avoir fait partir tous ses fidèles, et combien encore !! comme cela. Il est temps que cela cesse.

J’ai froid, je souffre. C’est une vraie agonie.

6h25 soir  En ce moment c’est une vraie tempête de vent et de pluie glaciale, on ne s’entend pas.

8h soir  Vers 7h le lieutenant de vaisseau Robert de Voguë est venu avec ses 2 témoins pour me signer sa procuration pour recueillir la succession de son Père, Melchior, marquis de Voguë. Tout en causant, je prends les noms des témoins : Charles d’Hespel (terminera comme Capitaine de Frégate (1894-1955)), enseigne de vaisseau, qui a été camarade de collège à l’École des Postes de Versailles de Jean, dont il se souvenait très bien. M. de Voguë me quitta en me disant : « Voilà ma première signature donnée sous les bombes devant notaire !… » Je lui ai répondu que cela lui porterait bonheur ! Charmant homme, très distingué. En ce moment, le silence. Quel calme après cette tempête de mitraille depuis 48 heures ! Pourvu qu’ils nous laissent tranquille cette nuit. Je ne suis pas gourmand, je leur demande une nuit tranquille sur 3. Je vais me coucher. Je suis éreinté.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

2 avril 1917 – Journée terrible encore, dans la matinée principalement pour le boulevard de Saint-Marceaux et son voisinage, et dans l’après- midi pour toute la ville.

2 300 obus environ aujourd’hui. Riposte faible de notre ar­tillerie.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 2 – + 1°. Nuit plus tranquille, couché à la cave. A 9 h. matin, visite rue du Jard, de Venise, Gambetta, Bon Pasteur. Bombardement. Bom­bardement violent : 6 tués, et 17 blessés ; (six tués au moins, dont 4 vus par le Docteur Simon ; et 2 avenue de Laon.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Lundi 2 avril

Sur la Somme et sur l’Oise, actions d’artillerie intermittentes; fusillades assez vives aux avant-postes. Nous avons dispersé des patrouilles ennemies et fait quelques prisonniers.

Au sud de l’Ailette, au cours d’une action offensive vivement menée, nos troupes ont enlevé depuis l’Ailette jusqu’à la route de Laon p1usieurs systèmes de tranchées et des points d’appui organisés à l’est de Neuville-sur-Margival. L’ennemi, qui a fait une défense énergique, a été rejeté avec des pertes sérieuses jusqu’aux abords de Vauxaillon et de Laffaux. 108 prisonniers dont 2 officiers et 4 mitrailleuses sont restés entre nos mains.

En Champagne, grande activité des deux artilleries à l’ouest de Maisons-de-Champagne. Nos batteries ont pris sous leurs feux des contingents ennemis aperçus en marche dans cette région.

Sur tout le front belge, violente lutte d’artillerie, spécialement dans la région de Dixmude. Lutte de bombes et de grenades vers Steenstraete.

Les Anglais ont pris Epéhy et deux autres localités et effectué plusieurs raids heureux sur les tranchées allemandes.

En Macédoine, l’ennemi a bombardé nos positions du Vardar et tiré une quarantaine d’obus sur Monastir.

La riposte vigoureuse de notre artillerie lourde contre les batteries adverses a provoqué une explosion dans le secteur de la Cerna. Une attaque autrichienne a été repoussée par les Ita1iens près de Gorizia.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

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Dimanche 1er avril 1917

Louis Guédet

Dimanche 1er avril 1917  Rameaux

932ème et 930ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 matin  A 4h20 des bombes, cela se rapproche, je m’habille, à peine étais-je vêtu qu’une bombe tombe dans notre rue, vers le 97-99 (exactement au n°99, clinique Lambert, à 50 mètres de la maison). Il faut descendre à la cave, cela se rapproche, une autre, je n’ai le temps de rien prendre ni sauver, cela dure jusqu’à 5h…  mais cela s’éloigne. Nos canons tapent dur vers le Faubourg de Laon et aussi vers Pommery, mais moins. A 5h1/4 nous nous décidons à remonter, nous sommes grelottants. Lise comme toujours est descendue très tard, la dernière, je renonce à la gronder. Quant à Adèle, à moitié habillée, elle a voulu sauver quelque chose, c’était son réveille-matin, son peigne et sa brosse à cheveux !! Jacques est toujours aussi calme. Un voisin vient nous demander asile, notre voisine habituelle, Mademoiselle Marie…  n’est pas venue. Cela m’étonne.

Je suis glacé, j’allume un peu de feu. Tout abattus, nous ne sommes plus forts, et puis à vrai dire on est rompu d’émotion, fatigué de privation de sommeil. Notre martyr ne finira donc jamais. Triste début de la Fête des Rameaux. Triste Rameaux. Il est vrai que c’est la fête des Morts, des tombes, des cimetières ! Vais-je me recoucher ? Oui, je tombe de sommeil, et puis je suis brisé, tâchons de prendre un peu de repos ! Encore bien heureux de retrouver mon lit, ma chambre intacte ! Quelle vie misérable que la mienne ! Et voilà le 31ème mois de cette vie qui commence. Et le 32ème mois de cette Guerre !!

8h1/2 soir  Dieu ! Quelle journée ! Bombardement sans discontinuer, de 4h20 à ce soir, partout. Donc j’ai vaqué à mes affaires et à mes courses sous les bombes. Je suis fourbu et demain il me faut recommencer, mais c’est pour voir mon pauvre Robert qui est à Nanteuil-la-Fosse, ou y était le 28 mars…  (Nanteuil-le-Forêt depuis le 8 février 1974) mais procédons par ordre.

M’étant recouché ce matin, j’ai sommeillé, mais mal. Levé avec difficultés à 8h habituel. Messe des Rameaux à 8h1/2. Tristes Rameaux. Distribution des Rameaux dans la chapelle de la rue du Couchant. Procession avec le Cardinal Luçon et comme assesseurs l’abbé Camu et le chanoine Brincourt. Les enfants ont leurs masques en sautoir, du reste nous sommes obligés de les porter, tous. Ce matin il y a encore eu 2 victimes rue Montlaurent. La messe paroissiale est dite par l’abbé Camu, curé intérimaire. Évangile de la Passion chanté à 3 voix, 2 vicaires et l’abbé Camu comme officiant. Rentré à 10h1/4 glacé. L’arrosage continue lentement, systématiquement pour toute la journée. Temps glacial avec grands nevus, giboulées, etc…  vent, bise…  Parti à midi, n’ayant pas mon courrier, pour le Cercle sous les bombes qui sifflent à plaisir. Nous sommes à la noce, cela nous rappelle les journées de 1914-1915. Au Cercle Charles Heidsieck, Camuset, (rayé). Dans les automobilistes militaires (rayé) toute cette (rayé) jusque la gré… (rayé) Charbonneaux, Albert Benoist, Pierre Lelarge (rayé) qui a fermé 5/6 (rayé) et les coudes sur la table…  digne réplique (rayé)?!

Et le Docteur Simon, arrivé en retard à cause des victimes de ce matin à opérer. Les 2 rue Montlaurent, le père fracture du crâne et gaz, le fils une égratignure au talon, mais asphyxié. Deux femmes faubourg de Laon, une l’éclat d’obus n’a fait qu’érafler le ventre, la jeune fille un boyau crevé. Causés tous très longuement et d’une façon très intéressante avec Charbonneaux. Je suis loin des engueulades de Nauroy pour une poule faisane tirée malencontreusement par Lucien Masson (père de Geneviève, qui épousera le 7 mai 1925 Jean Guédet (1874-1948)). Je m’entendrai avec lui, à moins que ce ne soit lui qui veuille s’entendre avec moi ????? (Rayé) et femme (rayé) et fromage de (rayé). Çà siffle toujours. Charles Heidsieck me cause de diverses affaires, puis nous filons sous l’acier chacun chez nous, chacun de son côté. En rentrant je trouve une lettre de Robert qui me dit être à Nanteuil-la-Fosse et m’attendre. (Rayé). Je combine, je cours chercher une voiture pour demain car après ce serait remis à vendredi à cause de mes audiences en rendez-vous. Enfin par le commissariat central j’arrive presque à réquisitionner une voiture qui me prendra à 5h1/2 pour arriver tôt à Nanteuil, si j’y trouve mon petit ! Mon but est tout indiqué, je viens comme Président de la commission d’appel des allocations militaires faire une enquête. Quand je serai sur place ce serait bien le Diable que je ne trouve pas le moyen d’embrasser mon brave et fier garçon, et déjeuner avec lui et passer une partie de la journée…

Je prie Dondaine de venir à 6h du soir recevoir la signature de mon lieutenant de vaisseau de Voguë, et je lui laisse une lettre d’excuses. Bref il est bon quelque fois d’être Président d’une commission d’appel. Tout s’aplanit et la Police marche. Dieu me pardonne. J’apporte à tout hasard chocolat, biscuit, saucisson et Villers-Marmery pour ce pauvre Roby. J’arrête, il faut se coucher. Tâcher de dormir, si les allemands ne continuent pas leur sarabande et me lever tôt demain matin. Je suis fourbu. Comme me le disait Raïssac et Houlon tout à l’heure nous ne sommes plus fort et nous n’offrons plus la même résistance après des bourrasques comme celles d’aujourd’hui, qui nous rappellent les jours sombres de novembre et décembre 1914…  février et mars 1915…  Quand donc serons-nous délivrés… ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 1er avril 1917 – A 4 h, nous sommes brusquement réveillés par un arrosage sérieux, avec obus asphyxiants. Au bout d’une demi-heure, des 75 du voisinage se mettent à riposter ferme, et, le bruit des coups de canon se mêlant à celui des explosions d’obus, il devient impossi­ble, pendant une heure environ, de percevoir les sifflements ; à 5 h 1/2, les arrivées qui, jusque-là se suivaient de très près, com­mencent à s’espacer puis, insensiblement, le calme revient.

Vers 10 h 45, tandis que je regagne la place Amélie-Doublié — après être allé à la mairie où je tenais, par précaution, à descen­dre au sous-sol, à côté des registres qui s’y trouvent installés depuis le 8 septembre 1915, ce qui me reste d’autres documents concer­nant le mont-de-piété — la séance de bombardement recommence et au moment où j’arrive sur le pont de l’avenue de Laon, un obus éclate à ma droite, sur le troisième hangar de la Petite Vitesse.

Jugeant qu’il me faut éviter de m’engager dans la rue Lesage, comme d’habitude, je continue droit devant moi, pour rentrer par la rue Docteur-Thomas ; avant que je n’y sois parvenu, une rafale de trois autres obus éclate, coup sur coup, sur le ballast, coupant trois voies du chemin de fer, à hauteur du n° 15 de la rue Lesage.

Pendant midi, les sifflements s’entendent encore et après une courte accalmie, les rafales de projectiles recommencent à tomber de tous côtés, sans arrêt, jusqu’à 19 heures.

Deux hommes, le père et le fils, ont été asphyxiés rue Monlaurent, par les gaz ; leurs dangereux effets ont atteint, en outre, d’autres personnes. Il y a d’assez nombreux blessés et les dégâts, dans certains quartiers, ont encore lieu de surprendre par leur grande importance.

Reims a reçu, ce jour, de 2 800 à 3 000 obus et, sauf le matin, nos pièces n’ont pas tiré. On ne peut, sans colère et mépris, songer aux déclarations si manifestement contraires à la vérité, faites maintes fois par les journaux de l’ennemi, pour justifier, soi-disant, sa manière féroce de faire la guerre ; au cours de cette pénible et triste journée, sa mauvaise foi a été trop évidente.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Avenue de Laon

Avenue de Laon


Cardinal Luçon

Dimanche 1″ – + 4°. De 4 h. 1/2 à 5 h. 1/2, formidable bombardement, rue du Barbâtre, du Jard, de Venise, de l’Equerre (où elles ont tué les deux chevaux des femmes qui conduisaient une voiture publique. Un homme a été atteint par des gaz asphyxiants dans son lit, on dit qu’il ne s’en relè­vera pas. Bombes sifflantes encore au moment de la grand’messe. D’autres ont sifflé encore à 10 h. 1/2, au retour, (sur batteries ?). Bombardement toute la journée : ai couché à la cave. 29 obus au Petit Séminaire devenu inhabitable. Curé de Saint-André n’a plus ni fenêtres, ni portes, ni toiture. Chapelle rue d’Ormesson dévastée : un obus y tombe entre la messe qui était à 10 h. et les vêpres qui se chantèrent à 3 h. Mur de Saint Vincent-de- Paul renversé. 2048 obus. Chapelle détruite, monceau de décombres disent les journaux ; lncipit Passio Urbis Remorum.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 1er avril

Au nord et au sud de l’Oise, faible activité.

Au sud de l’Ailette, nous avons attaqué avec succès les positions ennemies en plusieurs points du front Neuville-sur-Margival-Vrégny. Nos troupes ont réalisé de sérieux progrès à l’est de cette ligne et enlevé brillamment plusieurs points d’appui importants malgré l’énergique défense des Allemands.

Plusieurs contre-attaques ennemies ont été refoulées.

En Champagne, les Allemands ont multiplié les tentatives sur les positions reconquises par nous à l’ouest de Maisons-de-Champagne. Ils ont dirigé successivement cinq contre-attaques violentes qui ont été brisées par nos feux de mitrailleuses et nos tirs de barrage. L’ennemi a subi des pertes très sérieuses. Le chiffre des prisonniers atteint 80 dont 2 officiers.

Échec d’un coup de main ennemi à Ammerstwiller, en Alsace. Nous dispersons des patrouilles près du Pfetterhausen.

Les Anglais ont pris les villages de Ruyaulcourt, de Sorel-le-Grand et de Fins et progressé vers Heudicourt où un certain nombre de prisonniers sont restés entre leurs mains. Ils ont rejeté une attaque au sud de Neuville-Bourgonval.

Le gouvernement provisoire russe a lancé une proclamation pour appeler à la vie une Pologne indépendante et unifiée.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

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Mercredi 25 août 1915

Louis Guédet

Du Mercredi 25 août 1915, 346ème et 344ème jours de bataille et de bombardement

Au Mercredi 8 septembre 1915, 361ème et 359ème jours de bataille et de bombardement

St Martin aux Champs

Et le Jeudi 9 septembre 1915, 362ème et 360ème jours de bataille et de bombardement

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Dans le courant de l’après-midi, vers 17 heures, un aéroplane jette trois bombes sur Reims et quelques instants après, deux rafales d’obus s’abattent encore sur le centre de la ville.

– A 18 h 1/2, une démonstration de notre artillerie, qui acquiert de suite la pleine intensité, avec le bruit dominant des gros calibre, commence. C’est un vacarme assourdissant un très court moment d’accalmie se produit, les Boches ripostent instantanément ; leur tir aussi est rapide et durant trois heures quart d’heure, ce ne sont que claquements des 75, détonations de départ des 120 ou des 155, sifflements et explosions d’arrivées. Il y aurait de quoi affoler absolument quiconque ne serait pas accoutumé à entendre pareille cacophonies de coups de canon.

Au cours de ce véritable duel, les obus sont tombés nombreux en bien des endroits du centre, notamment aux environs de la place Royale

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 25 – Nuit tranquille avec grosses canonnades à 9 h. 1/2. Visite de M. de Vogué, de l’Académie Française, accompagné de neuf ou dix per­sonnages. Je leur explique mes vues sur l’intérêt qu’il y aurait pour le bon renom de la France, devant les Étrangers qui viennent déjà visiter Reims, à rendre à l’archevêque après la guerre, la demeure traditionnelle des successeurs de S. Remi. Bombes à 5 h. 1/2. M. Fernand Laudet m’a apporté le titre de «Président d’Honneur de la Croix-Rouge», offert à moi par le Comité. Il était accompagné par M. le Marquis de Vogué, de MM. Delan, Houlon, Farre et un autre. Premier numéro de la Revue rémo-ardennaise, dont M. Camu fut l’initiateur et fut le rédacteur.

A 5 h. 3/4, visite du Colonel Colas m’avertissant d’une canonnade pour 4 h. 1/2-6 h. 1/2. Canonnade française très violente ; riposte des Allemands : tout fait à 7 h. 5 m.. Un homme est tué sur son bateau, au Canal.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Actions d’artillerie en Belgique (Boesinghe); en Artois (nord d’Arras), entre Somme et Oise.
L’ennemi a lancé quelques obus sur Montdidier, mais notre artillerie a fait cesser son tir.
En Champagne (Perthes-Beauséjour) et en Argonne, lutte continuelle à coups de grenades et de bombes avec intervention des artilleries de divers calibres.
Une escadrille de sept avions a bombardé, dans la nuit du 23 au 24, les gares de Tergnier et de Noyon, lançant plus de 80 projectiles. Plusieurs incendies ont éclaté dans la gare de Tergnier. Tous les avions sont rentrés.
Le nombre des navires que les Allemands ont perdus en Baltique monte maintenant à douze : à la liste précédente s’ajoute un croiseur auxiliaire.
Sur le front oriental, la bataille continue à faire rage.
Les Italiens ont repoussé une série d’attaques ennemies sur le Cordevole et autour de Tolinino.
Une flotte anglaise a bombardé Zeebrugge.
La Chambre serbe a décidé, après avoir délibéré en séance secrète, d’approuver la politique de M.Pachitch, en ce qui concerne les négociations avec la Quadruple Entente et les concessions à faire à la Bulgarie.
Le comte Bernstorf, ambassadeur d’Allemagne, demande aux États-Unis de surseoir à toute décision au sujet de l
‘Arabic.

Source : La guerre au jour le jour

Soldat à Perthes

Soldat à Perthes

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