Louis Guédet

Mercredi 19 juin 1918

1377ème et 1375ème jours de bataille et de bombardement

11h soir  Temps nuageux, beau et lourd. Les journaux annoncent l’attaque sur Reims repoussée. Fais toutes mes courses. Vu le matin M. Leroux, chef du cabinet du Ministère de la Justice. Fait mon rapport sur le sauvetage des archives des notaires de l’arrondissement de Reims, et je lui ai demandé, pour m’occuper, de me donner à l’occasion des missions à remplir. Il a accepté volontiers et m’a promis de ne pas m’oublier.

Déjeuné chez M. Lefèvre-Pontalis, 13 rue de Phalsbourg avec son gendre, directeur au ministère des Finances. (Rayé) conversation fort intéressante.

Passé à la Mairie de Reims, 191, avenue de l’Opéra pour prendre un partage Keller tué à Reims avant l’évacuation.

De là rendu visite à M. Lescouvé, Procureur Général de Paris, réception affectueuse. Fait mon rapport sur les archives, et j’ai fait la même demande de mission pour m’occuper, me dévouer. Cela a paru lui faire plaisir et le toucher. Il a promis d’en parler avec M. Leroux. Rentré à l’Hôtel pour divers rendez-vous, et après dîner vu Duval, avocat, toujours effondré et (rayé) faire (rayé) un délai de (rayé).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 19 – 6 h. Bombes sur Épernay, un tué, rémois ; plusieurs bles­ses près du pharmacien. Visite de 3 officiers, dont un commandant attaché au Corps d’Armée italienne (sic).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mercredi 19 juin

Au sud de l’Aisne, nous avons réussi une opération locale.
Au sud d’Ambleny et à l’est de Montgobert, nous avons fait une centaine de prisonniers, dont deux officiers. Une autre opération heureuse, au sud de Valsery, nous a valu encore 100 prisonniers.
Entre l’Ourcq et la Marne, nos patrouilles ont capturé quelques Allemands.
Canonnade sur le front de la Somme.
Les Anglais ont repoussé un coup de main au sud-est de Villers-Bretonneux et fait des prisonniers.
Ils ont également fait des prisonniers et capturé une mitrailleuse au cours de coups de main heureux au sud-ouest d’Albert et dans le voisinage de Moyenneville, ainsi que dans des rencontres de patrouilles à l’est de la forêt de Nieppe.
L’artillerie ennemie a été plus active que d’habitude dans la vallée de l’Ancre, au sud d’Albert. Elle a montré également quelque activité à l’ouest de Serre.
Sur le front belge, lutte d’artillerie en face de Dixmude et au sud de Bixschoote.
Les Italiens continuent à briser l’offensive autrichienne sur tout le front. Ils ont fait plus de 2000 prisonniers nouveaux.
La violence de la bataille s’est atténuée légèrement dans la région montagneuse, mais s’est accrue graduellement sur la Piave. La 3eme armée a arrêté de puissantes forces ennemies devant Maserada et Candelu.
De Fossalta à Capo Sile, la lutte s’est déployée sans arrêt. Des contre-offensives italiennes ont paralysé toutes les attaques.
Les aviateurs ont partout participé au combat.
Sur le bord septentrional du Montello, nos alliés ont renforcé leurs positions sur le fleuve jusqu’à Cosa Serena. Deux attaques autrichiennes ont été contenues. Dans la région de Mont Grappa, nos alliés ont repoussé deux attaques partielles. D’autres ont été réprimées dans le val Brenta et à l’est du val Frenzela.
Des détachements français et italiens ont progressé dans la direction du versant de Costalonzo et ont fait des prisonniers.
Le cabinet bulgare, après la démission de M. Radoslavof, serait reconstitué par M. Malinof, chef du parti démocrate.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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