Louis Guédet

Mardi 28 mai 1918                                                        

1355ème et 1353ème jours de bataille et de bombardement

9h1/2 matin  Temps magnifique. Nos troupes sont parties hier soir. Toute la Division de Cavalerie, les 23e et 27e Dragons, les 1er et 2e Cuirassiers sont tous passés dans le village, se dirigeant vers Bussy-Lettrée dit-on. Par contre on faisait courir le bruit que l’attaque allemande était déclenchée vers l’Aisne. Alors ces troupes se rapprochent certainement pour parer à toutes éventualités.

8h soir  Été à Vitry-la-Ville. Rendu visite aux de Riocour. Madame de Riocour (née Louise-Marie Boudet de Puymaigre (1856-1938)) et Melle de Puymaigre (Marie, infirmière, médaille des épidémies en 1917) étaient seules. M. de Riocour était à Paris. Causé d’une façon charmante. Été à la Poste pour le communiqué. Les allemands ont attaqué sur 40 kilomètres de front entre Berry-au-Bac et Soissons, avancés de 8 kilomètres sur différents endroits, Fismes serait évacué. Attendons pour voir si c’est la vraie attaque ou une simple feinte.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 28 – On nous dit que St-Thierry, puis Reims, est aux mains des Allemands(1). Visite d’un lieutenant de la formation sanitaire qui avait ha- bite ici avant nous et qui revient. Retour du Général Micholes à Cumières. On dit que Jonchery et Fismes sont en feu. Reprise du Chemin des Dames par les Allemands ; retour (?) de l’armée allemande à Château-Thierry, et invasion du Tardenois(2).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Les Allemands qui ont franchi l’Aisne, puis la Vesle, ont atteint l’Ourcq et Fère-en-Tardenois
(2) Tout le Massif de St-Thierry est entre les mains des Allemands, et Reims, encerclé de trois côtés, forme saillant dans le front.


Mardi 28 mai

Les Allemands ont déclenché un très violent bombardement sur toute la région comprise entre la forêt de Pinon et de Reims. Au matin, l’attaque ennemie s’est produite sur un très large front entre ces deux points.
Les troupes franco-anglaises de première ligne se sont repliées sous la poussée de l’ennemi, qui s’efforçait d’avancer vers l’Aisne, et qui l’a atteinte à Pont-Arcy. Elles ont reculé méthodiquement de façon à permettre aux réserves d’arriver.
En Champagne, sur la rive droite de la Meuse, en forêt d’Apremont et en Woëvre, l’activité de l’artillerie a été vive. Les Allemands ont prononcé plusieurs attaques locales. En forêt d’Apremont, l’attaque a été repoussée après un combat qui a coûté des pertes a l’ennemi. Deux autres tentatives ont échoué dans la région de Limey et au nord-est de Badonviller. Des prisonniers sont restés entre nos mains.
Sur le front britannique, l’ennemi a déchaîné une offensive entre Locre et Voormezeele.
Les Italiens ont remporté un succès dans la région du Tonale. Ils ont enlevé aux Autrichiens plusieurs points du massif de l’Adamello et capturé 870 prisonniers, dont 14 officiers. Ils ont pris également 12 canons, 14 bombardes et mortiers de tranchées, 28 mitrailleuses et plusieurs centaines de fusils.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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