ob_dd8317_amicarte51-100Deux cartes qui se suivent, à 11 jours d’intervalle.

Le 23 mai 1918
Bien Chère Marraine,
je suis sortie de l’ambulance depuis avant-hier, mais sans avoir une perme.
Pour la malchance, je l’ai toujours.
Maintenant, je suis au dépôt divisionnaire mais pas pour longtemps, d’ici quelques jours, j’aurai rejoint mon ancienne compagnie.
Autre chose de guerre intéressante, ce soir, nous embarquons pour une direction inconnue, probablement la Somme.
Voilà deux jours que le régiment est parti, donc, on va aller les rejoindre.
Je n’ai pas eu de lettres depuis dix jours, mais quand j’aurai rejoint ma compagnie, j’aurai de quoi faire la lecture.
Je termine chère Marraine, en vous envoyant un affectueux bonjour.
Votre filleul.
(à présent, vous pouvez m’écrire)

Le 4 juin 1918
Bien Chère Marraine,
avec un grand plaisir, j’ai reçu votre lettre du 30 mai, mais les cartes que vous m’annonçaient, je n’en ai reçu aucune.
J’ai reçu celle du 10 mai le 14, c’est-à-dire avant que je sois évacué.
Votre lettre, c’est la seule depuis trois semaines, il en viendra encore de ces retardataires, je l’espère.
Je vous dirai, chère Marraine, que nous sommes partis à temps de Berry-au-Bac.
Je crois que si on y était restés encore quelques temps, on serait peut-être à Berlin à présent.
Jamais on aurait cru qu’ils seraient venus nous attaquer dans ce secteur.
Si seulement ça pouvait amener la fin tant désirée. Il n’y a plus rien à faire avec ces boches, et puis, si on pouvait compter sur nos alliés, mais non, ils sont tous à l’arrière !
Voilà tout, nous sommes toujours à côté de Dunkerque.
Hier, nous sommes allés voir la mer, c’est très chic, mais il faudrait que ce soit en temps de paix.
Je termine mon entretien en souhaitant que la présente vous trouve, comme elle me quitte, en bonne santé.
Amitiés et bons souvenirs de votre filleul.
Emile.

Remercions Émile pour ces deux courriers forts intéressant.
Comme toujours, on court après les correspondances et les nouvelles… mais toutes n’arrivent pas.
Émile pense être envoyé dans la Somme, il se retrouve dans le Nord, à Dunkerque, en plein dans la fameuse offensive du printemps 1918, sur le front occidental.
Bien sûr, il n’y a pas d’informations sur les combats et les horreurs… comme souvent, le soldat se veut rassurant, mais aussi, il ne faut pas donner de détails trop précis dans ses courriers, et risquer de divulguer des renseignements capitaux.
Une petite note assez drôle, la découverte de la mer… »très chic »… évidemment, nous sommes loin d’une visite touristique.

Deux cartes rémoises d’un même quartier, et qui se suivent, 288 et 289 éditées par Georges Dubois

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288. Faubourg Cérès, entre St-André et le Boulevard Jamin.

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289. Faubourg Cérès – Le Commissariat et la Bibliothèque municipale.

On reconnaît la bibliothèque Holden, en bien triste état. Mais qui a été bien heureusement reconstruite à l’identique, et que nous pouvons toujours apprécier aujourd’hui.
C’est la première bibliothèque construite à Reims. Grâce à l’initiative de Jonathan Holden, négociant en laine à Reims, elle a été construite par l’architecte rémois Ernest Brunette, fils du célèbre architecte Narcisse Brunette (ils construisirent tous deux de 1863 à 1880 la façade de l’Hôtel de Ville de Reims, rue de la Grosse Écritoire).

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Intégration de la bibliothèque détruite, dans l’environnement d’aujourd’hui.

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La Bibliothèque municipale du Faubourg Cérès, avant guerre.

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Façade de la bibliothèque Holden de Reims, en 2014.

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