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Apollinaire à Reims

Apollinaire est engagé volontaire depuis octobre 1914.

Le 2 janvier 1915 Apollinaire croise dans le train Madeleine Pagès. Ils se plaisent, trois mois après il lui envoie du Front de Champagne une carte postale qui débutera entre eux une correspondance riche et d’une grande liberté de ton.

Voici des extraits de cette correspondance concernant la ville de Reims :

Le 5 mai 1915

«… Je suis plus près de la Cathédrale, le sol est marneux… »

Le 25 août 1915 Poème à l’Italie :

« Ô frères d’Italie Vos plumes sur la tête Italie Entends crier Louvain Vois Reims tordre ses bras… »

Le 25 octobre 1915

« Le lit est en planches, le fond en treillage de fil de fer, les clous sont fabriqués de bouts de fil d’acier, sur le treillage il y a la paille sur la paille un sac puis un isolateur que j’ai trouvé du côté de Reims puis ma toile de tente pliée en 2 je me couche dedans et sur moi couverture de cheval couvre pied, manteau, au pied du lit devant la porte il y a ma table…. »

Le 10 mars 1916 en permission à Reims il écrit à Madeleine :

«  …J’ai vu la ville royale, sa cathédrale, et j’ai ramassé des fragments de vitraux. J’ai vécu deux jours de cette vie singulière de la ville sous les obus. J’ai visité la cathédrale avec M. Huart l’architecte et M. Gulden, un Anglais propriétaire de la marque Heidsieck. J’ai déjeuné au Lion d’Or en face*, à l’intérieur la cathédrale a peu souffert au dehors tout ce qui était en bois à brûlé. Un seul obus de 77 a troué la voûte d’un très petit trou qu’on ne voit qu’à peine près d’un pilier. A l’intérieur la boiserie Louis XV près du porche ont brûlé (incendie par obus) et ont découvert des statues que le feu a malheureusement très  endommagées, la rose de vitrail qui était si belle a été en partie détruite du fait de l’incendie, les vitraux du chœur, dits de St Louis (1227) sont quasi intacts ainsi que l’ecclesia remensis…. »

*Comme Pierre Loti lors de son premier voyage à Reims, Guillaume Apollinaire a dormi dans le Grand Hôtel du Lion d’Or avant sa destruction (voir l’article sur Loti)

Le 13 mars 1916 il lui écrit :

« …En te parlant de Reims, j’ai oublié de te dire une des choses qui m’a le plus frappé dans cette ville maintenant déserte. C’est sur l’infiniment déserte place d’Erlon où débouchent des rues marmitées comme la rue de l’Arquebuse sur cette grande place donc une douzaine de fiacres stationnent stoïques attendant l’improbable client, les cochers classiquement coiffés du chapeau haut de forme blanc vivent sans doute d’amour et d’eau fraîche. »

Donc en mars 1916 Apollinaire est de passage à Reims, il évoque la place d’Erlon qu’il trouve infiniment déserte en dehors des fiacres.

Il est probable que ces deux photos reflètent ce qu’il a vu.
Nous devons ces photographies au collectionneur rémois Michel Thibault

Le 12 avril 1916

« …Je ne t’avais pas écrit que j’avais été à Reims. J’ai été blessé au Bois des Buttes à l’ouest du Choléra et de Berry au Bac… »

Sur le site de Béatrice Keller : en savoir plus sur Apollinaire et la Grande Guerre

Crédit photo : Michel Thibault
Réalisation de l’article : Eric Brunessaux

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Mardi 12 février 1918

Louis Guédet

Mardi 12 février 1918                                                   Mardi gras

1250ème et 1248ème jours de bataille et de bombardement

10h matin  Trouvé ici tout mon monde à peu près bien portant. Eté à Châlons samedi, déjeuné chez Hémard avec Montagne. Nous nous retrouvions tous les 3 les seuls survivants de notre classe de seconde latine ! Que tout cela est loin, et que de disparus !! Visite au Préfet de la Marne Chapron, Pizot secrétaire Général, pas trouvé, pas plus que le Commandant Barot qui a été toujours si aimable pour moi. Vu l’Intendant général (2 étoiles) duquel relève les réquisitions militaires de Reims. Causé longuement avec lui. Il a paru enchanté de me connaitre. J’aime mieux cela, je pourrai encore faire du bon travail pour notre malheureuse Ville.

Vu rapidement l’abbé Étienne, supérieur de St Étienne. Vu M. Bauny (à vérifier), Directeur de l’Enregistrement, toujours d’une courtoisie exquise, tout à fait vieux style. Vu mon bon papa Thomas, mon Receveur des successions. Nous nous entendons parfaitement et je crois qu’il m’aime bien. Rentré le soir à 5h, fatigué. Le matin j’étais parti à pied de St Martin à nuit encore serrée par la pluie. Dieu ! ce que j’ai pataugé dans l’eau et la boue jusqu’à Vitry-la-Ville.

Eté hier à Togny-aux-Bœufs rendre visite au Docteur Lévêque, toujours très bon avec moi. Causé du Docteur Langlet son beau-frère, et des soucis de celui-ci au sujet du petit enfant de sa fille, Madame Morlière, dont le mari vient d’être tué, un orphelin de père et de mère. Les grands parents paternels voudraient reprendre l’enfant qui est en ce moment chéri par une nièce du Maire de Reims et qui l’élève admirablement ! Toujours cette lutte si pénible de se disputer un pauvre petit être de 2 ans qui n’en peut mais !! (Jacques Morlière (1915-1946)) Que d’exemples de ce genre ai-je déjà vu !! Et c’est toujours l’Enfant qui en pâtit.

J’espère obtenir le statu quo cependant par le conseil de famille que je présiderai. Rentré par un temps magnifique et pris André à la gare à son arrivée en congé de Mardi-Gras.

Rencontré à mon retour un pauvre petit gendarme de Vitry-la-Ville, Lavallée, qui part aujourd’hui pour Reims comme affecté à la Brigade de Reims. Il me demandait quelques renseignements sur notre vie et paraissait assez effrayé d’aller là-bas ! Je l’ai remonté de mon mieux… Reçu hier lettre de Jean nous annonçant que son commandant qui l’aime avait fait nommer Robert maréchal des logis et pris dans sa batterie, voilà donc les 2 frères réunis ! Dieu que le pauvre Roby doit être content, lui qui se désolait tant de ne pas arriver… J’en suis heureux pour lui car protégé par son frère et son commandant il a l’espoir d’aller bientôt à Fontainebleau. Du reste le commandant aime beaucoup Jean qu’il a attaché comme sous-lieutenant à la direction des observatoires, téléphones et T.S.F. de leur secteur. Ce commandant s’est attaché à Jean lorsque le pauvre garçon lui a été enlevé des tranchées intoxiqué. Il parait qu’il avait été très ému de voir cet enfant si brave et si courageux !

Aujourd’hui brouillard, mais temps sec. Nous avons des sanitaires : nous logeons un Major 2 galons, le Docteur Delion de Paris (Docteur Marcel Delion (1874-1941)), qui parait fort intelligent, il est très aimable. Il m’a félicité très gentiment de mon ruban. Il était au courant de mon attitude à Reims.

Cet après-midi j’irai peut-être me promener jusqu’à Songy.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 12 – Nuit tranquille. + 6°. Beau temps. Visite au Colonel (Lieutenant Col.) Deleuze, Commandant le 120e (1), rue Jeanne d’Arc, non-trouvé. Visite de deux aumôniers de la 45e Division.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Le 120e R.I. est le régiment de Stenay et de Péronne


Mardi 12 février

Une tentative de coup de main dans la région de Juvincourt a été arrêtée par nos feux.
Sur la rive droite de la Meuse, après un violent bombardement, les Allemands ont lancé sur le front du bois des Caurières un coup de main qui a donné lieu à un vif combat. L’ennemi a été repoussé et a laissé des morts entre nos mains.
Grande activité d’artillerie en Alsace, dans la région de Viole et du Bonhomme.
Au cours d’un raid au sud-est de Messines (front britannique), les Australiens ont fait 37 prisonniers et rapporté 3 mitrailleuses et mortier de tranchée. L’ennemi a subi de lourdes pertes.
En dehors des morts causés par le bombardement préparatoire, le nombre des Allemands tués est estimé à une centaine.
L’ennemi a prononcé une contre-attaque qui a été aussitôt repoussée.
Au sud-ouest et à l’ouest de Cambrai, l’activité de l’artillerie a été intense. Des groupes ennemis travaillant dans cette région ont été dispersés.
Sur le front de Macédoine, activité d’artillerie sur la rive ouest du Vardar et dans la boucle de la Cerna.
Au front italien, activité d’artillerie à l’ouest et à l’est du val Frenzela.
Sur les pentes du Sasso Rosso, des détachements autrichiens ont tenté d’occuper des tranchées d’observation. Ils en ont été empêchés.
Deux avions ennemis ont été abattus.
A Brest-Litowsk, Trotski a déclaré qu’il ne signerait pas la paix, mais qu’il regardait la guerre comme close.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 11 février 1918

Louise Dény Pierson

11 février 1918

A cette époque, un différent s’élève entre mes parents et le propriétaire de la maison au sujet d’une de nos poules s’échappant trop souvent de son enclos pour aller grappiller les ceps les plus bas. Comme cette maison ne nous convient plus qu’à moitié, trop près de la ligne du chemin de fer, souvent bombardée depuis l’apparition du train blindé, nous réintégrons notre maison de la rue de Villedommange, zone qui nous semble moins exposée.

L’hiver 1917-1918 fut sans événements notables, mais début mars, un ordre de l’armée exigea que tous les enfants de moins de 16 ans soient évacués vers l’intérieur, j’en étais.
Avec l’aide et sous la direction de deux institutrices dévouées : Mmes Foutriaux et Cavarrot, un convoi d’une centaine d’enfants de Reims, de Ludes et de Mailly fut formé et acheminé jusqu’à Cancale où nous fûmes logés dans un grand hôtel de la plage appartenant à des Autrichiens et réquisitionné pour nous recevoir. Mais ce ne fut pas, pour moi et pour celles de mon âge, un séjour de vacances. Il y avait dans le convoi beaucoup de petits de 6 à 10 ans et c’est nous, les grandes, qui devions nous occuper d’eux. Faire les lits, monter les paillasses mouillées sur la terrasse pour les faire sécher au soleil, quand il y en avait, participer aussi au travail des cuisinières, éplucher les légumes, servir les diverses tables et manger froid quand tout le monde avait fini.
Les promenades sur la plage, à marée basse furent rares, pas question de patauger, l’eau était trop froide, pourtant on voyait des mimosas en fleurs dans les jardins de la côte… Je ne pensais pas que cette fleur puisse s’épanouir en Bretagne.

En savoir plus sur les services de santé rémois pendant la guerre et l’évacuation des enfants

Des enfants en attente d’être évacués, rassemblés devant l’hôtel de ville de Reims

Ce texte a été publié par L'Union L'Ardennais, en accord avec la petite fille de Louise Dény Pierson ainsi que sur une page Facebook dédiée :https://www.facebook.com/louisedenypierson/

 Cardinal Luçon

Lundi 11 – Nuit tranquille. + 5°. Beau temps. Dîner chez le Général Commandant la Place de Reims (Naulin4). Visite du P. Heidsieck (dit la messe à 7 h. sans avoir besoin de bougie, dès le  commencement).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 11 février

Lutte d’artillerie assez violente dans les régions de Nieuport et de Juvincourt et en Champagne, au sud de Moronvillers.
Au nord de Craonne, vers les bois de Cheppy (Argonne) et sur trois points des Vosges, les Allemands ont lancé des coups de main contre nos petits postes. Partout nos feux ont arrêté les assaillants.
De notre côté, nous avons pénétré dans les tranchées ennemies en Champagne, à l’est du Téton et exécuté heureusement diverses patrouilles, notamment vers Badonvillers. Nous avons fait, au cours de ces expéditions, un certain nombre de prisonniers.
Sur le front britannique, un coup de main a été effectué par l’ennemi, à la faveur d’un bombardement par mortiers de tranchées, à l’ouest de Gonnelieu.
Recrudescence de l’activité de l’artillerie allemande dans la région de la forêt d’Houthulst.
Sur le front italien, activité limitée; actions d’artillerie dans le secteur est du plateau d’Asiago, et dans la zone à l’ouest du mont Grappa.
Deux coups de main tentés par l’ennemi au sud de Daone (Chiese) ont échoué sous les fusillades des avant-postes. A Redevoli (embouchure de la Piave), des hydravions italiens ont bombardé les baraquements autrichiens.
Le général Averesco a été chargé de former le nouveau cabinet à Jassy.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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Dimanche 10 février 1918

Cardinal Luçon

Dimanche 10 – Nuit tranquille. + 8°. Temps couvert. Conversation entre les deux artilleries vers 2 h. – 4 h. 30. Un coup violent, sourd, lointain : qu’était-ce ? Une explosion ? 4 h. 30 un second plus prolongé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 10 février

Nos patrouilles, opérant au nord du Chemin des Dames et en Champagne, ont ramené des prisonniers.
En Lorraine, un de nos détachements a pénétré dans la position allemande au nord-ouest de Blascourt. Après avoir détruit de nombreux abris, nos troupes sont rentrées dans leurs lignes, en ramenant une trentaine de prisonniers et une mitrailleuse.
Canonnade intermittente sur le reste du front.
Sur le front britannique, activité de patrouilles ennemies dans le secteur nord de Lens.
Sur le front italien, duels très vifs et concentration de feux des deux artilleries dans le fond du val Brenta et dans la zone du mont Melago et du mont Asolone.
Au nord de Prezzo (Giudicarie), des patrouilles ennemies, qui tentaient de surprendre un poste avancé, ont été mises en fuite à coups de grenades.
Entre Posina et Astico, le long du littoral, les groupes explorateurs italiens ont harcelé efficacement les avant-postes adverses.
Les Allemands et les Autrichiens annoncent qu’ils ont signé la paix avec la république ukrainienne.
Le maréchal Mackensen a lancé un ultimatum à la Roumanie pour la presser d’ouvrir des négociations de paix. Le cabinet Bratiano a démissionné.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


August von Mackensen

 

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Samedi 9 février 1918

Cardinal Luçon

Samedi 9 – Nuit tranquille. 8 h. avions, tir contre eux. + 7°. Beau temps. Mgr Neveux va à Villedommange. Visite de M. le Marquis de Tressemance-Simian, petit-neveu du Cardinal de Latil. Journée tranquille. On déplace les batteries du Jardin Luzzani écrasées par les Allemands.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 9 février

Au nord du Chemin des Dames et en Woëvre, dans la région de Flirey, nous avons aisément repoussé des tentatives ennemies sur nos petits postes et infligé des pertes aux assaillants.
Nous avons exécuté un coup de main sur un petit poste allemand à l’ouest de Forges (rive gauche de la Meuse).
Le bombardement a été vif de part et d’autre, sur la rive droite de la Meuse et en quelques points des Vosges.
Les troupes anglaises ont exécuté un raid sur un poste allemand au sud-est de Quéant et ont tué ou capturé une partie de la garnison. Un détachement ennemi a été rejeté dans la région de La Bassée.
Activité de l’artillerie ennemie aux environs de Le Verguier (nord-ouest de Saint-Quentin) et à l’est de Monchy-le-Preux. Les pilotes britanniques ont jeté plus d’une tonne de projectiles sur divers objectifs en arrière des lignes allemandes. Deux aéroplanes allemands ont été abattus en combats aériens.
En macédoine, action d’artillerie sur le front Vardar-Doiran et à l’ouest de Monastir. Les troupes serbes ont repoussé une reconnaissance ennemie sur la Dobropolje.
Sur le front italien, développement de l’activité aérienne.
A Vienne, le président du Conseil Seidler donne puis reprend sa démission.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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Vendredi 8 février 1918

Cardinal Luçon

Vendredi 8 – Nuit tranquille. + 9°. 30ème anniversaire de ma Consécration épiscopale. Via Crucis in Cathedrali à 8 h. Visite d’une Mission Canadienne, annoncée par le Ministère des Affaires Étrangères, conduite par le Lieutenant de Jouvenel, et présentée par un Officier de l’État-major de la 5e Armée. Visite au général, absent. Visite à Courlancy (aux Frères). Vu les batteries qui encadrent la maison et inquiètent tous les gens du quartier.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Voir d’autres photographies de la mission canadienne du 8 février 1918


Vendredi 8 février

Activité des deux artilleries, particulièrement vive sur le front au nord de l’Aisne, dans la région Chavignon-Pargny-Filain, sur la rive droite de la Meuse, dans le secteur Samogneux, cote 344 et sur l’Hartmannswillerkopf.
Des détachements ennemis qui tentaient d’aborder nos petits postes au nord-est de Braye-en-Laonnois et dans la région du bois Mortier ont été repoussés.
En Champagne, nous avons exécuté un coup de main heureux sur les tranchées ennemies à l’est du Téton.
En Alsace, après une violente préparation d’artillerie, les Allemands ont tenté sans résultat de pénétrer en deux points dans nos lignes, au Bannholz.
Un appareil ennemi a été abattu par le tir de notre artillerie antiaérienne.
Les Anglais ont exécuté avec succès un coup de main à l’est d’Armentières. Ils ont ramené un certain nombre de prisonniers et une mitrailleuse, en ne subissant que des pertes légères.
Sur le front italien, du Stelvio à la mer, tirs modérés d’artillerie.
Action de patrouilles de l’Adige à la Brenta. Calvisano (sud-est de Brescia), Bassano, Trévise et Mestre ont été l’objet d’attaques aériennes avec lancement de bombes.
Un dirigeable italien a jeté une tonne de projectiles au sud de Vittorio, sur un champ d’aviation.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Le 8 février 1918, mission canadienne

Fonds Valois
Bibliothèque de documentation internationale contemporaine – BDIC

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Le 8 février 1918, mission canadienne

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Jeudi 7 février 1918

Cardinal Luçon

Jeudi 7 – Dernier jour de ma 30eme année d’Épiscopat. Nuit tranquille. + 8°. Petite pluie, temps couvert.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 7 février

Lutte d’artillerie dans la région du bois des Fosses.
En Woëvre, nos patrouilles ont ramené des prisonniers.
Une de nos escadrilles de bombardement a survolé Sarrebrück lançant avec un plein succès sur cet important nœud de voies ferrées, 3610 kilos de projectiles. Attaqués par plusieurs groupes d’avions ennemis, nos équipages, acceptant le combat, ont abattu trois appareils allemands et sont rentrés complet dans leurs lignes.
Sur le front britannique, des tentatives de coups de main ennemis ont échoué vers Mericourt et Avion. Nos alliés ont fait des prisonniers.
Activité des deux artilleries vers Hargicourt et au sud de Lens.
En Macédoine, rencontre de patrouilles sur la basse Strouma.
Dans la région de Doiran et à l’ouest du Vardar, actions d’artillerie intermittentes.
A l’ouest du lac de Presba, l’ennemi a échoué dans une tentative de coup de main sur nos tranchées au nord de Leskovac.
Sur le front italien, activité d’artillerie. Des escadrilles de bombardement italiennes et anglaises ont battu efficacement des troupes ennemies près de Primolano. Cinq avions ennemis ont été abattus.
Venise, Mestre et Trévise ont été bombardés. Ni victimes, ni dégâts.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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Mercredi 6 février 1918

Louis Guédet

Mercredi 6 février 1918

1244ème et 1242ème jours de bataille et de bombardement

7h1/2 matin  Temps doux et fort nuageux. Hier soir Sainsaulieu est venu m’apporter quelques larmes de plomb en fusion, provenant de la toiture de la Cathédrale lors de l’incendie du 19 septembre 1914. On croirait des feuillages d’herbes marines ou de fougères. Voilà encore un souvenir à mettre dans mon petit musée de Guerre. Aurais-je la joie de le voir installé dans une vitrine ou dans un meuble vitré après la Guerre. Je me sens si las et j’ai une angoisse dont je puis me défaire. Je pars à 9h. Pourvu qu’il n’arrive rien ici durant mon absence.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 6 – + 6°. Nuit tranquille. Visite du Général Naulin qui m’invite à déjeuner pour lundi à midi, et m’enverra son automobile.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 6 février

Canonnade assez vive en certains points, au nord du Chemin des Dames. Un détachement ennemi, dans la même région, a été repoussé avant d’avoir atteint nos lignes.
En Argonne, à la Fille-Morte, nous avons réussi un coup de main et ramené des prisonniers.
La lutte d’artillerie s’est développée dans région de la cote 344, rive droite de la Meuse. Canonnade intermittente sur le reste du front.
Des coups de main ont été effectués avec succès par les troupes britanniques, au sud de Fleurbaix et vers la voie ferrée d’Ypres à Staden. Nos alliés ont fait subir de sérieuses pertes à l’ennemi et ramené des prisonniers et une mitrailleuse.
En Macédoine, les troupes bulgares ont tenté, sur les positions britanniques, au sud-ouest de Doiran, un coup de main qui a complètement échoué; une de leurs reconnaissances a été dispersée vers l’embouchure de la Strouma.
Sur l’ensemble du front italien, actions d’artillerie éparpillées et activité aérienne très vive.
Treize avions ennemis ont été abattus, cinq par les aviateurs italiens sur le val Stagna, et huit par les aviateurs anglais, à l’est de Montello.
Les dirigeables italiens ont bombardé des convois militaires.
Padoue a été de nouveau bombardée avant l’aube. Des édifices ont été endommagés et des personnes blessés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Fleurbaix, groupe de prisonniers allemands

 

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Mardi 5 février 1918

Louis Guédet

Mardi 5 février 1918

1243ème et 1241ème jours de bataille et de bombardement

4h1/2 soir  Temps adouci, couvert. Des bombes asphyxiantes ce matin vers 6h sur faubourg de Laon. Je finis ma valise. Courrier plutôt mince, tant mieux. A 2h je file voir ces pauvres Melle Payard et Melle Colin, au 40 de ma rue qui sont un peu remuées. Causé puis à l’Hôtel de Ville où je ne rencontre personne. Je laisse un acte à signer par Houlon, puis de là pousse aux Hospices place St Maurice voir Raïssac. En arrivant j’y trouve Guichard et Gustave Houlon. Je vois Raïssac assez affaibli, puis Guichard me propose de nous ramener à la Ville où Houlon signera ma pièce. Les schrapnels sifflent, tonnent, éclatent en route sur 2 avions. Pourvu que nous ne recevions pas d’éclaboussures.

A la Ville le Capitaine La Montagne me saute dessus en me disant : « Mon auto vous prend pour donner une signature où on vous attend. » Le temps de prendre la signature de Gustave Houlon, serrer la main du Docteur Langlet et je saute dans l’auto de la Place qui me dépose ici où ou les Contributions indirectes m’attendent pour signer une ordonnance de perquisition, requête de la Place chez un nommé Jacques, débitant, rue des Ecrevées, pour dépôt d’alcool frauduleux. Et voilà ma vie de 2h1/2 à 4h1/2. Rien d’autre de saillant. Je classe, range ce qui me reste à ranger ici et je serai paré pour demain matin. Dieu garde cette maison-ci durant mon absence et mes 2 bonnes, et Dieu me protège ainsi que mes chers aimés, femme et enfants, que je vais voir en partie demain.

6h1/2  Jacques Simon, fils de Pol Simon, Maître peintre verrier de la Cathédrale de Reims, vient de m’apporter deux petits losanges des vieux vitraux de la Cathédrale de Reims avec leurs plombs du XIIIe siècle authentiques. Ils proviennent de la Grande Nef de la 2e ou 3e travée Nord, près du chœur. Il m’a assuré que ces plombs et vitraux n’avaient certainement jamais été touchés depuis qu’ils avaient été posés par l’ouvrier du Moyen-âge qui les avait sertis dans les plombs qui les enserraient. Il y en a un bleu et un rouge. Ce dernier, me dit-il très gentiment, en l’honneur de mon ruban rouge. C’est charmant de délicate attention… Je dois taire de qui je les tiens.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

5 février 1918 – Réveil par un violent bombardement, commencé à 6 h et qui ne dure que sept ou huit minutes, pendant lesquelles arrivent une cinquantaine d’obus sur le quartier du faubourg de Laon, depuis le dépôt, rue de Brimontel jusque de l’autre côté de l’avenue.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Mardi 5 – + 8°. Beau temps. Nuit tranquille. A 6 h. du matin, bombes aux Trois Fontaines et Faubourg de Laon. M. Camu et M. Compant rentrent de Paris où ils ont été s’entretenir avec le… du ravitaillement des Ardennes qui allait dans les Ardennes et pouvait donner de nos nouvelles, et nous en apporter de ce pays.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 5 février

La lutte d’artillerie a pris une certaine intensité sur le front au nord de l’Aisne, dans la région du Cornillet, en Argonne et en Haute-Alsace.
Les Allemands ont tenté sur le secteur de Fresnes (nord-est de Coucy-le-Château), un coup de main que nous avons aisément repoussé.
Du 21 au 31 janvier, vingt-huit avions ont été abattus par nos pilotes.
Les Anglais ont repoussé, en infligeant des pertes à l’ennemi, un coup de main exécuté sur un de leurs petits postes, à l’est du bois du Polygone.
Leurs pilotes ont jeté quatre tonnes d’explosifs sur divers objectifs, y compris la gare et les voies de garage de Valenciennes. Ils ont, en outre, tiré plusieurs milliers de cartouches de mitrailleuses sur des formations ennemies dans les tranchées et zones arrière.
Cinq avions ennemis ont été abattus en combats aériens, et cinq autres forcés d’atterrir.
En Macédoine, les troupes britanniques ont exécuté avec succès un raid sur les tranchées bulgares, près de Sugavo.
A l’ouest du lac d’Okrida, un détachement ennemi, qui tentait d’enlever un de nos postes, a été repoussé.
L’aviation hellénique a bombardé la gare de Milepkovo, dans la vallée du Vardar.
Sur le front italien, on ne signale que des opérations secondaires.
Trévise, Padoue et Mestre, ainsi que Venise ont été bombardées par avions. On annonce des victimes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 4 février 1918

Louis Guédet

Lundi 4 février 1918

1242ème et 1240ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 matin  Le camion militaire sort d’ici et vient d’enlever mes 8 cartons et une valise d’archives !! Pour moi c’est encore un déchirement ! Est-ce le dernier de cette épouvantable vie que je mène !! Me voilà encore plus seul, plus de papiers, plus de documents ou si peu qu’en cas de départ précipité je pourrais enlever ce qui me reste dans un sac de voyage !! me voilà donc avec quelques notes, quelques papiers indispensables, une plume et un peu d’encre !! Rien ne m’aura été épargné durant cette Guerre. Mon Dieu ! avez-vous pitié de moi !! et de ma misère !

6h soir  4/5 obus à 11h55 dans notre quartier, au-dessus de la maison, vers Clovis, 1 chez Melle Payard 40, rue des Capucins, 1 au 75, et un sur le théâtre en face du greffe Villain.

Audience Réquisitions à 2h, peu de monde. Rentré ici à 5h. On dit dans les rues que le Général Pétain serait ici. Que vient-il y faire ? nous amener des pillards, cela ne m’étonnerait qu’à demi, car en ce moment les sauterelles marocaines encombrent nos rues et nos ruines…  plus ou moins abandonnées ! (Rayé). En rentrant je passe chez Melle Payard, très émotionnée ainsi que Melle Colin. La pauvre fille, la seule commode à laquelle elle tenait a été pulvérisée ! C’est la veine !! Je connais cela.

Rien d’autre de saillant. Je pars toujours mercredi 9h (6ct (courant)), inquiet de laisser mon abri, sans savoir ce qu’il y adviendra durant mon absence. Quelle triste vie, sans suite, sans consistance, sans pouvoir être sûr du lendemain. Je pars, je sors d’ici et ne sais si quelques jours après, quelques heures, quelques instants après je retrouverai mon refuge intact.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

4 février 1918 – Sifflements et arrivées, dans le centre, à 12 h 1/2. Le premier obus tombe rue des Capucins ; le second rue Tronsson-Ducoudray, etc.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Lundi 4 – Nuit tranquille. + 4°. Temps semi-couvert. Midi bombes sifflent. Sur batteries ? Rue des Capucins, sur la maison de Mlle Collin. Après midi, tir contre avions ou sur batteries. Visite à M. Biaise.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 4 février

Activité marquée des deux artilleries sur le front au nord de l’Aisne et dans la région du Four-de-Paris.
Un de nos détachements a exécuté dans le secteur nord-ouest de Courtecon (région de l’Ailette) un coup de main sur un petit poste allemand qu’il a ramené tout entier dans nos lignes, faisant ainsi 13 prisonniers et capturant du matériel.
Des coups de main tentés par l’ennemi sur un de nos petits postes au sud de Lombaertzyde, sur la rive droite de la Meuse, au nord de la cote 344, en Lorraine, au nord de Bures et en Alsace, dans la région du canal du Rhône au Rhin, ont échoué.
Une tentative allemande dans le secteur de Poelcapelle a échoué sous le feu des mitrailleuses anglaises.
Des rencontres de patrouilles ont tourné à l’avantage de nos alliés dans la région de Méricourt, au sud de Lens.
Activité de l’artillerie allemande vers la Vacquerie et au sud de Lens.
Sur le front italien, action d’artillerie et activité aérienne.
En Macédoine, activité réciproque d’artillerie dans la région de Doiran et a l’ouest du Vardar.
Les avions navals britanniques ont bombardé l’aérodrome de Varssenaere, en Belgique. Un projectile a allumé un incendie.
La conférence interalliée de Versailles a clôturé ses travaux.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 3 février 1918

Louis Guédet

Dimanche 3 février 1918

1242ème et 1240ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Il a gelé très fort, nous allons avoir encore une journée magnifique. Hier rafale d’obus vers 6h pendant un quart d’heure. A 6h1/4 je vais au 72, rue de Vesle retrouver les joueurs enragés de la Manille chez l’Homme d’osier : Lenoir, Rousseau, Guichard, Condreux, Beauvais, Happillon, Capitaine Giraud, Dor et Charles receveur municipal, très gais tous. Singulière physionomie que cette petite réunion de gens modestes et politiciens ! On chante, on joue ferme et on boit encore plus sec. Tous très bons enfants entre eux. Lenoir avait visité dans l’après-midi toutes les écoles. En sortant Beauvais m’a parlé qu’on voudrait bien décorer Melle Grandet, quoique cléricale, mais le moyen serait qu’il faudrait qu’elle fut présentée par l’abbé Camu ou même genre. Nous devons en recauser.

Nous parlons avec Lenoir du bombardement de Paris qui a été bien arrosé, et un peu partout. Lenoir lui-même disait que ce n’était pas une mauvaise chose pour les Parisiens qui savent un peu par là ce qu’est la Guerre. Cela les fouette et ils penseront un peu moins à leurs amis et à leurs plaisirs durant quelques jours.

Ils ont trouvé mon Champagne délicieux, je leur devais bien cela. Tous ont encore eu pour moi des mots charmants. Nous nous sommes quittés à 8h3/4 du soir. En rentrant chez moi 3 obus vers Fléchambault dont j’ai vu (place Clovis (place Gaston-Poittevin depuis 1946)) les éclatements. Hélas ! toujours la Guerre ! Quand en verrons-nous la fin. Quand donc aurais-je près de moi ma pauvre chère femme, pauvre martyre et mes chers enfants.

5h soir  Déjeuné chez Houlon et sa fille. Causé de bien des choses, des gens qui nous entourent et qui s’agitent. Comme je lui disais que Beauvais m’avait appris que Lenoir était brouillé avec Mignot, Houlon me conta la source de l’article du Petit Rémois lancé contre Emile Charbonneaux et qui confirme la brouille Mignot – Lenoir. Le Petit Rémois accuse Charbonneaux d’avoir enlevé de la houille des soutes de la Compagnie du Gaz à Reims pour son usine du centre. Alors charge à fond contre Emile Charbonneaux. Et qui mieux est le contremaitre de Mignot a vendu ce dernier en menaçant de cet article Grandin qui est le bras droit de Charbonneaux pour le ravitaillement. En résumé la houille industrielle du Gaz a été réquisitionnée et expédiée à Châlons sur ordre du Préfet qui en a disposé pour les usines du centre mais par contre le Préfet a vendu la même quantité à la Ville mais en houille ménagère. Voilà la grande affaire, mais ce n’est pas cela qui remettra du lubrifiant dans les relations de Mignot avec Lenoir, Charbonneaux et le Maire. (Rayé).

Après avoir quitté Houlon, je suis allé à Courlancy voir mon expéditionnaire et revenu ensuite travailler à mon courrier assez chargé en pièces et actes à classer, compléter et mettre au point. Le calme.

8h1/4 soir  Je lis ce soir un article d’Ernest Daudet (Écrivain et journaliste (1837-1921) frère ainé d’Alphonse Daudet) dans l’Écho de Paris sur une scène du Duc d’Aumale à propos des mémoires du Duc d’Orléans, devenu Louis-Philippe, où il scrute la conscience de ce dernier quand il a accepté la royauté. Et Daudet termine son article en disant l’intérêt que ces souvenirs du passé, venant progressivement à maturité pour l’Histoire, apporte à notre époque si tourmentée, et il ajoute, tous ces vieux papiers se révélant tragiques ou héroïques, grandioses ou courageux, sont toujours un trésor historique pour la Gloire et la Grandeur de la France. Bonnes ou mauvaises, je serais heureux que mes notes deviennent ce trésor pour l’Histoire et la Gloire de ma chère Cité Rémoise.

Le petit-fils aura payé sa dette à ses aïeux Champenois (Et ton petit-fils aussi).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 3 février 1918 – Belle journée calme ; bombardement le soir, à 20 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche 3 – – 2°. Beau temps, nuit tranquille. Visite de Miss Brandes, Henrietta Brandes Ely et du Rév. William Moodfin – laquelle a établi une cantine à Epemay. Rencontré sur le parvis en revenant des Vêpres une Mission de Professeurs d’Histoire conduits par le Lieutenant de Jouvenel. Journée tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 3 février

Activité d’artillerie dans la région de Bunhaupt-le-Haut.
Un coup de main effectué par nous au nord du bois Mortier nous a permis de ramener quelques prisonniers.
Sur le front du bois des Caurières nous avons repoussé un détachement ennemi qui tentait d’aborder nos lignes.
Sur le front britannique, un détachement des troupes de Liverpool a exécuté avec succès un coup de main sur les tranchées allemandes au sud-est d’Armentières et ramené des prisonniers.
Un raid ennemi a été repoussé au nord de Passchendaele.
Sur le front italien, action d’artillerie, spécialement dans le secteur du plateau d’Asiago.
Des échanges de fusillades entre avant-postes se sont également produits.
Les vols de croisière des aviateurs italiens ont donné lieu à des combats aériens au cours desquels deux appareils ennemis ont été abattus et sont tombés près de Turteo, au sud d’Asiago et dans la vallée de la Brenta.
Des avions autrichiens ont attaqué Trévise et plusieurs centres habités dans la zone montagneuse sur la Brenta et sur la Piave, lançant de nombreuses bombes qui ont fait quelques blessés et causé de légers dommages à quelques édifices.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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Samedi 2 février 1918

Louis Guédet

Samedi 2 février 1918

1240ème et 1238ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  La Chandeleur !! Que de charmants souvenirs d’enfance pour moi. On fêtait naguère ce jour chez moi, on assistait à la messe et l’on rapportait son cierge bénit. Tout cela est passé. Cela me semble d’une telle fraîcheur. On ne reverra jamais plus cela avec cette époque d’incroyance et d’indifférence. La Chandeleur !! souvenirs de ma première jeunesse. Adieu ! Je suis sous les bombes par ce soleil magnifique. Il fait froid.

Rien de saillant depuis hier soir, calme relatif. Ce soir je paie mon pari avec Beauvais, dans le « Condreux-club » à L’Homme d’osier, 72 rue de Vesle, où se réunit ce singulier petit clan…  de purs ! et où se décident bien des rubans. Lenoir et Guichard y seront avec les habitués, Happillon, Dor, lieutenant Migny, Condreux le propriétaire de céans, Beauvais.

Demain je déjeune chez Houlon qui est heureux, à ne pas décevoir de la certitude de son ruban.

On doit prendre des Hospices quelques uns de mes cartons d’archives à mettre en consigne à la Gare d’Épernay d’où je les ferai suivre avec moi mercredi. Pourvu que le service de l’Évacuation de Migny me prenne le reste !! À la Grâce de Dieu !

Temps magnifique ! Trop beau ! Hélas ! car par ce soleil radieux, gare les bombes, etc…  etc… Pour nous, pauvres Rémois, nous préférons la pluie, les temps maussades. Nous sommes moins bombardés.

5h soir  Rien de nouveau. Avions, bombardement après-midi par salves. Lettre de ma chère femme souffrant toujours de douleurs, la malheureuse. J’organise mon départ pour le 6. J’ai hâte de partir. Ce soir, réunion avec Beauvais, Condreux. Demain je noterai ce qu’il en est et aura été.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

2 février 1918 – L’Eclaireur de l’Est donne le compte-rendu d’une séance du conseil municipal qui a eu lieu le 30 janvier.

A cette réunion, présidée par le maire, M. le Dr Langlet, dans le local actuel de la mairie, étaient présents : MM. Emile Charbonneaux et de Bruignac, adjoints ; Chezel, Demaison, Charles Heid- sieck, Gustave Houlon, Jallade, Pierre Lelarge et Mennesson-Dupont.

Dans l’ordre du jour, figurait l’examen du compte administratif communal de l’exercice 1916. Le rapporteur était M. Demaison.

Le journal dit :

Mennesson-Dupont qui préside à ce moment la séance, fait part au maire de l’approbation de ce compte par le conseil et rend hommage au zèle et à la compétence du maire et de ses adjoints, ainsi qu’au dévouement du personnel resté fidèle à son poste.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Samedi 2 février – Purification. – 2°. Beau temps. Visite du Colonel Coignard du 108e, et du Docteur du régiment. Après-midi rendu visite. Visite à M. Houlon. Visite du Capitaine de Beaumont de Brie ? Breton, connaissant les Colbert, les Chabot, les La Bretèche, les De Nonas (?). Avions, tir contre eux. 5 bombes sifflent.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 2 février

Nos détachements on réussi divers coups de main dans la région de Nieuport et au nord-ouest de Reims. Nous avons fait des prisonniers et ramené une mitrailleuse.
Dans la région nord-est de Flirey, un fort parti ennemi, qui tentait d’aborder nos lignes a été dispersé par nos feux.
Les Anglais ont brisé sur leur front, une tentative de coup de main effectuée par l’ennemi, à l’ouest d’Arleux-en-Gohelle. Ils ont fait un certain nombre de prisonniers.
Activité de l’artillerie allemande vers Lens et Gouzeaucourt.
Sur le front italien, après de nombreuses et vaines tentatives pour enlever à nos alliés les gains obtenus dans la région de Sasso Rosso, l’ennemi a commencé une action plus intense sur le mont Val Bella.
Les assaillants, par un feu de barrage foudroyant et rapide, ont été obligés de se replier sur leurs positions de départ avant d’avoir pu prendre contact avec la ligne italienne.
Tirs d’artillerie sur le reste du front. Echec d’un groupe autrichien dans le val Giudicarie.
Activité de patrouilles entre Posina et l’Astico.
L’ennemi a jeté des bombes sur Bassano où l’on signale quelques blessés.
Le bilan rectifié du raid des gothas sur Paris est de quarante-neuf morts et deux cent sept blessés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

 

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Vendredi 1 février 1918

Louis Guédet

Vendredi 1er février 1918

1239ème et 1237ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Hier soir de 7h à 10h bombardement avec des 105 vers Libergier, pont de Vesle, etc… Bref mauvais moment à passer, les éclats venaient jusqu’ici. Ce matin temps brumeux glacial pénétrant. Courrier assez chargé, j’y ai répondu. Lettre de Dagonet, à qui je réponds, Abbé Andrieux, ancien aumônier des fusiliers marins du régiment n°2, actuellement aumônier sur le « Jean Bart » de la 1ère Division navale, cinglant dans la Mer ionienne… Visite de Houlon qui me fera prendre par la Croix-Rouge quelques uns de mes cartons de dossiers que j’évacue, pour tranquilliser ma chère femme… Il est enchanté de son espoir pour le ruban et moi encore plus que lui, car vraiment j’étais presque honteux du mien auprès de lui, quoique nous ne l’ayons volé ni l’un ni l’autre ! Il m’a invité à déjeuner dimanche, j’ai accepté, car vraiment c’est un bon ami que je me suis fait.

Après-midi visite de mes voisins les anglais de la Croix-Rouge qui sont chez Houbart et cherchent un abri pour leurs bonnes. Je crois avoir trouvé avec eux, au coin de la rue Marlot et de la rue Boulard. Passé rue de Chativesle donner un coup d’œil à ma cave qui est bien gardée. De là passé jusqu’au cimetière du Nord. On couvre de fils barbelés les Promenades. Le cimetière du Nord fort abîmé depuis 3 semaines. Prié sur la tombe de Maurice et sur celle de ma belle-mère (rayé).

Il fait un soleil splendide. Les jours allongent. Je rentre à 5h, j’écris quelques lettres à Mme Schoen qui m’a envoyé un petit « Musset », charmant volume. Je la remercie et je joins à ma lettre un bout de mon ruban rouge en la priant d’en envoyer un fil à son mari exilé à Mulhouse. Ce sera la Goutte de sang du français de champagne au frère d’Alsace.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

1er février 1918 – Certaines marchandises deviennent difficiles à se procurer. En regagnant la mairie, à 14 h, je remarquais une dizaine de person­nes qui stationnaient avec leurs récipients, en attendant l’ouverture du magasin de quincaillerie tenu par A. Betsch, 4, rue Colbert (maison Camus), pour acheter un litre de pétrole chacune — car c’est tout ce qui leur sera délivré.

— Bombardement par rafales, sur le boulevard de Saint-Marceaux, de 17 h 3/4 à 18 h, puis le soir, sur le quartier Fléchambault — une trentaine d’obus — et reprise du bombardement la nuit.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Vendredi 1er – 0°. Temps couvert. Via Crucis in Cathedrali. Vu une belle tête de roi décapité, du transept sud, placée sur un chariot. Canonnade allemande, vers 8 h. à 9 h. 1/2 soir. Reste de la nuit tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 1er février

Lutte d’artillerie assez violente dans la région de Flirey.
Un avion allemand a été abattu par nos pilotes et trois autres sont tombés dans leurs lignes à la suite de combats.
Sur le front de Macédoine, près du lac Doiran, les troupes britanniques ont exécuté avec succès un raid qui leur a permis de ramener des prisonniers.
Actions d’artillerie réciproques dans la région de Monastir.
Un avion ennemi a été abattu dans la région de Doiran.
Sur le front de France et de Flandre, les troupes anglaises ont fait un certain nombre de prisonniers.
Nos alliés ont bombardé un aérodrome au sud de Gand, un important dépôt de munitions à l’est de Roulers et les voies de garage de Courtrai. Des troupes ont été prises sous leur feu. Quatre avions allemands ont été abattus.
Les Italiens ont continué des poussées énergiques au sud d’Asiago et à l’ouest du val Frenzela. Leurs batteries ont tenu sous leur tir les arrières de l’ennemi, battant sans arrêt les passages forcés. Activité d’artillerie dans le val Lagarina et entre l’Adige et l’Astico. Sept avions ennemis ont été abattus.
Les gothas ont accompli sur Paris et sa banlieue un raid qui a duré près de deux heures. Il y a eu trente-sept morts et cent quatre-vingt-dix blessés. Un gotha a été abattu près de Chelles.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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