Louis Guédet

Mardi 1er janvier 1918                                                  St Martin

1208ème et 1206ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Neige toute la nuit. Il fait très froid. On glace dans les chambres. Je ne sais comment ma pauvre femme et les enfants peuvent résister. Messe du 1er de l’An. Rien de saillant. Quelques soldats du 91ème qui cantonnent ici. Journée triste avec cette neige. Un peu de soleil, mais quel froid ! Courrier formidable. J’ai écrit 15 lettres. Quelques lettres d’amis, mais rien de bien saillant. Robert Heidsieck se marie vers le 28 janvier. Dans ces conditions il me faudra aller à Paris vers cette époque… Voilà un mois de janvier qui va être bien chargé pour moi, et par cette température !! Pas de nouvelles de Jean et de Robert. Pauvres enfants… ! Quel triste jour de l’an aussi pour eux… Quand je songe aux lâches et embusqués qui sont à l’abri et tous en famille, réunis !! Il n’y aura donc pas de châtiment pour eux. Je suis bien las et découragé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 1″ – – 3°. Nouvelle chute de neige. Nuit agitée auprès de Reims. Violentes détonations entre 10 et 11 h. soir. Visite du Général Nudant et d’un lieutenant. Il me dit qu’on vient d’abattre un avion allemand ; « pan ! pan !» ; il l’avait vu.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

© DPA – Picture-Alliance / AFP


Mardi 1er janvier

Actions d’artillerie au nord-ouest de Reims. Rencontres de patrouilles au nord du Chemin des Dames et vers Bezonvaux.
Sur le front belge, faible activité d’artillerie. Bombardement au sud de Dixmude. Une reconnaissance ennemie qui cherchait à surprendre des postes avancés, a été repoussée par le feu.
Sur le front de Macédoine, action d’artillerie dans la région du lac de Doiran où les batteries anglaises ont exécuté des tirs de destruction sur les positions ennemies et au nord-ouest de Monastir où l’ennemi a bombardé nos tranchées sur six kilomètres de front.
L’aviation anglaise a jeté des bombes sur la gare de Arzenci, à trois kilomètres au nord de Guevguéli.
Près de Cambrai, les Anglais ont été attaqués sur un front de trois kilomètres dans la région de la crête Welsh. Après avoir perdu deux saillants, ils ont lutté énergiquement pour les reprendre et ont ressaisi la majeure partie de leurs tranchées, en capturant des mitrailleuses et des prisonniers. Les Allemands ne tiennent plus qu’un petit coin de la première ligne vers la Vacquerie et au sud de Marcoing.
Nos alliés ont avancé légèrement leur ligne des deux côtés de la voie ferrée d’Ypres-Staden.
Les troupes françaises du front italien ont remporté un brillant succès. Elles ont enlevé le mont Tomba aux Autrichiens, en s’emparant de 48 officiers, de 1400 hommes et 7 canons.
Padoue a été encore bombardée par avions.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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