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Reims 14-18… Ces hideux barbares…

ob_dd8317_amicarte51-10029 juillet 1916
Chère belle-sœur
Je t’envoie la présente pour te prouver que je ne t’oublie pas malgré mon silence.
Cette carte représente l’œuvre destructrice de ces hideux barbares, et cela n’est rien à côté de certaines autres villes dont il ne reste que des débris.
Je suis en bonne santé et désire que la présente te trouve de même, ainsi que Jeanne et Adèle qui me sont chères. Je n’oublie pas non plus nos bons parents.
Affectueuses amitiés de ton
beau-frère.
E. Monnot

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Ce courrier témoigne encore qu’il faut rassurer, et du rôle capital de donner des nouvelles, même si ce n’est pas toujours aisé en temps de guerre.
L’envahisseur a définitivement acquis son titre de « barbare »… titre qui ne semble pas usurpé si l’on s’en tient à la carte ci-dessous, représentant Guillaume II, en Hussard de la Mort comme étant « Le chef des Barbares ».

Reims 14-18... Ces hideux barbares...

Conflit Européen
Une Vieille Prédic
tion
Aux pages 521 et 522 de l’Echo du Merveilleux de 1911, on peut lire l’horoscope de Guillaume II examiné par M. R. Larmier. En voici les passages principaux :

  • Guillaume II, né à Berlin le jeudi 27 janvier 1859.
  • La conjonction de Saturne, de Mars et du Taureau présage : perte des biens, c’est-à-dire pour le cas qui nous occupe : chute de la maison Hohenzollern et de l’empire d’Allemagne en 1913 et 1914.
  • Jupiter présage que Guillaume II est le dernier empereur d’Allemagne de la maison des Hohenzollern.
  • Le Bélier : coup de tête, violence.
  • Enfin, s’il y a la guerre en 1914 entre la France et l’Allemagne, la France sera victorieuse.

Répétons-le : les liens ci-dessus datent d’il y a trois ans, c’est-à-dire d’une époque où l’on ne pouvait penser qu’août 1914 verrait éclater la guerre franco-allemande.

Cette carte date de fin 1914, et on ne doute pas encore que la guerre sera de courte durée, assurant ainsi une rapide victoire de la France… il en sera hélas, un peu autrement, avec un dénouement qui s’est fait attendre, et surtout, au prix de millions de morts !

Les cartes satiriques s’en prenant à Guillaume II (et aux autres), éditées pendant le conflit, ont été très nombreuses, un autre témoignage, haut en couleur :

Un empereur des barbares "crucifié", sous le coq gaulois !!! ...la victoire du gallinacé sur le rapace.

Un empereur des barbares « crucifié », sous le coq gaulois !!! …la victoire du gallinacé sur le rapace.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à la carte postale rémoise envoyée par M. Monnot… il note dans son texte que ces destructions ne sont rien comparées à d’autres villes, on peut donc se poser la question, à savoir, par où est-il passé avant de venir à Reims ?

La légende de la photo est quant à elle, pour le moins imprécise : « Reims, une rue après le bombardement ».
Il s’agit en fait de la Rue de l’Université, avec sur la gauche le Lycée de Jeunes Filles, visible sur la carte postale ci-dessous, dans son état d’avant-guerre.

Reims 14-18... Ces hideux barbares...
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Samedi 29 juillet 1916

Louis Guédet

Samedi 29 juillet 1916

686ème et 684ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps magnifique, chaleur très forte avec brise, et vents assez forts, heureusement ! Course un peu par toute la ville. Été chercher mon laissez-passer rue Dallier, car il faut maintenant se présenter soi-même et signer sur un registre, non, un cahier plus ou moins propre, une mesure nouvelle qui sauvera la France !! mais ne nous délivrera pas des allemands et encore moins des embusqués galonnés.

Après-midi courses. Lettre de Madeleine m’annonçant dans le village de St Martin deux accidents provoqués par des grenades : le premier, un enfant s’amusa à taper sur une grenade qui lui emporta une jambe, et le second, le Maire Jules Maugin, du même âge que moi, un mois plus âgé, qui prit les 2 autres exprès pour les jeter dans la rivière proche, quand malheureusement il en laissa tomber une qui éclata et le blessa grièvement au ventre. On craint pour la vie des deux.

Je ne sais si j’ai parlé de l’ouverture du Casino pour ces Messieurs !! Les officiers ! éclairé à l’électricité où ils donnent des soirées le samedi et le dimanche pour eux, pour se distraire, et pour leurs…  femelles. On en sort à des 1h du matin. Quand nous pauvres civils nous devons être couchés avec les poules, toutes lumières éteintes à 9h du soir, et surtout ne plus errer dans les rues ! Ce n’est permis qu’ici aux galonnés et à leurs valets ! C’est honteux. Scandaleux !

Demain présentation au Procureur Général à 2h au Parquet.

Il y a 2 ans à pareille date je commençais ces notes ! J’étais convaincu que la Guerre était inévitable, mais je croyais bien qu’elle n’aurait jamais été aussi longue ! Hélas ! Quand finira-t-elle ? Je n’ose y penser ! Si seulement nous étions délivrés, nous avons déjà tellement souffert ! Dans un mois il y aura 2 ans que j’ai commencé ce calvaire ! En verrai-je la fin ??

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 29 – Visite de Mgr Le Roy. Visite des demoiselles Maubeuge.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 29 juillet

Au nord de Chaulnes, une tentative de l’ennemi sur une de nos tranchées, près de Lihons, a été repoussé à coups de fusil.
En Champagne dans la région d’Auberive, une reconnaissance russe a pénétré dans la tranchée adverse qu’elle a nettoyée à coups de grenades et a ramené des prisonniers.
En Argonne, lutte de mines. Nous avons occupé les rebords de deux entonnoirs après une lutte à la grenade, à la Fille-Morte.
Sur la rive droite de la Meuse, nous avons fait quelques progrès à l’ouest de l’ouvrage de Thiaumont.
Dans les Vosges, après un vif bombardement, l’ennemi a attaqué, par deux fois, nos positions au sud du col de Sainte-Marie : la première attaque, qui avait réussi à prendre pied dans nos éléments avancés, a été refoulée a la baïonnette; la deuxième, déclenchée peu après, n’a pu aborder nos lignes et s’est dispersée sous nos tirs. Les pertes de l’ennemi ont été importantes.
Nous avons abattu deux avions ennemis dans la région de la Somme; nous avons contraint un aviatik à l’atterrissage, dans les Vosges : il a capoté. Nos escadrilles ont bombardé la gare de Charny et des convois en marche, près de Charny, plusieurs établissements militaires entre Menneville et Lavannes-Caurel.
Les Anglais ont pris tout le bois Delville, faisant 161 prisonniers, réalisé des progrès dans Longueval et près de Pozières. Ils ont canonné les tranchées ennemies au nord de Souchez.
Les Russes ont, à nouveau, avancé vers Brody, refoulant les Autrichiens.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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