• Daily Archives: 8 mai 2015

Samedi 8 mai 1915

Paul Hess

Bombardement sur le centre, dans la matinée ; éclatement dans le quartier de l’hôtel de ville.

A 17 heures, reprise du bombardement.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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 Cardinal Luçon

Samedi 8 – Matinée un peu bruyante. Aéroplane français ; tir de canons allemands sur lui ; tir des canons français sur les canons allemands. Bombes vers 10 h matin.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Hortense Juliette Breyer

Samedi 8 Mai 1915.

Nous avons reçu une carte de Charlotte. Elle est arrivée à bon port. Elle dit que son voyage a été triste car tout le long du parcours elles n’a vu que des tombes de soldats. C’est navrant. Ton papa n’est plus chez M. Boulanger ; sa dame est très malade, alors ça le gêne. Tu vois que j’ai bien fait de ne pas y aller. Ils ont loué une maison à côté dont les gens sont partis. Ton papa me réclame pour que j’aille avec eux. Il y a du danger aussi puisque ta maman est descendue plusieurs fois à la cave car ça bombardait par là. Ils voudraient qu’André soit avec eux. Mais avec deux enfants et ta maman qui ne peut rien faire, je ne veux pas les gêner.

Je m’ennuie encore aujourd’hui. Tu me manques mon Charles de plus en plus. Je voudrais être plus vieille. Je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) – Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Samedi 8 mai

Quelques attaques secondaires, le temps étant généralement mauvais, à l’ouest de Péronne, à Beauséjour et à Bagatelle. Combats d’artillerie à Vauquois et sur les Hauts-de-Meuse.
Un nouveau forfait, plus odieux que les précédents, a été commis par la marine allemande. Le grand paquebot anglais Lusitania, de la Cunard Line, qui contenait 1978 personnes, a été torpillé au large de la côte d’Irlande.
Les Russes ont livré des combats favorables à leurs armes en Courlande. Ils ont remporté un succès important en Pologne; en Galicie, autour de Tarnow, ils ont subi de lourdes pertes, mais autour de Stryj, ils ont fait 2000 prisonniers.
Les Chambres italiennes ne se réuniront que le 20 mai, au lieu du 12, comme il avait été préalablement arrêté. Le prince de Bülow a fait au roi et au pape deux visites qui ressemblent à des visites de congé.
Le japon a réellement lancé à la Chine un ultimatum qui expire le 9, à six heures du soir.
Il est avéré que ce sont des spéculateurs sans scrupules qui avaient fait courir à Berlin le bruit d’une énorme victoire allemande dans les Carpates.
M. Ribot a prononcé à la Chambre un magnifique discours pour justifier le projet financier qu’il a fait voter, et qui élève à 6 milliards la limite d’émission des bons du Trésor.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Le général Patton par lui-même :

ob_b0939f_pattonDe Saint-Mihiel en 1918 au 8 mai 45 en Autriche en passant par la Libération de Reims en août 44.

(JJ Valette – Rha)

À lire : les Carnets secrets du général Patton, édition présentée et annotée par Boris Laurent, 2015, aux Éditions Nouveau Monde, en format de poche (première édition en 2011)(voir la couverture du poche avec un portrait en fin de l’article).

Pour le plaisir et pour l’intérêt de lire des sources directes de l’Histoire contemporaine, un peu éloignées des fêtes de Mémoire à Reims ou ailleurs.

  1. A la fin de la guerre de 1914-1918, le jeune lieutenant-colonel George Patton commandait déjà des chars américains en septembre 1918, pour réduire le « saillant de Saint-Mihiel » en Lorraine. Lire non pas encore ses mémoires mais un récit détaillé de ces opérations sous le commandement de Pershing, voir p. 29 à 41, jusqu’à l’offensive décisive des alliés « Meuse –Argonne » où Patton est blessé.
  2. Début mai 1945, au moment de la reddition de l’Allemagne à Reims, Patton est en Autriche, il aimerait faire une guerre-éclair contre Staline jusqu’à Moscou… ou partir commander en Chine… Ses lettres, en particulier à sa femme et son journal personnel sont remarquables de concision, de sincérité mais aussi de précision et d’esprit critique : voir p. 411 à 418.
  3. Pour le contexte de la Libération de Reims le 30 août 1944 et l’avancée rapide de la 3ème Armée américaine par le sud de Paris, lire p. 308-313.
    Patton se bat plus pour obtenir l’essence indispensable pour faire progresser ses chars jusqu’à la Meuse et pourquoi pas jusqu’au Rhin… que contre les troupes allemandes en repli autour de Metz. Il en veut à Eisenhower qui donne la priorité à Montgomery dont les Anglais n’avancent que bien trop lentement à son goût et selon sa propre conception d’une guerre rapide et sans pause, déstabilisant l’ennemi en retraite et finalement économisant des moyens et des hommes.

Une belle phrase de Patton sur la cathédrale de Reims : « …28 août : nous [ses troupes avancées] seront à la nuit à la ville où se trouve la grande cathédrale ». Au sujet de l’essence, il fait une allusion à sa guerre de 1918 « Dans la dernière guerre, j’ai siphonné les trois quarts de mes chars pour faire marcher le dernier quart, Eddy n’a qu’à faire de même » [!]

Voir, ci-dessous, la copie de ces pages 310-311, bon exemple de ses lettres et de son journal.

Merci aux éditions Nouveau Monde pour nous autoriser à les mettre en ligne.

Lire les mémoires de Patton (1885-1945), c’est entrer dans des sources écrites concrètes et d’un abord facile, c’est rencontrer un « maitre de guerre » comme le dénomme B. Laurent [expression d’origine latine « magister armorum » et qui a désigné le général Jovin, célèbre à Reims en 360-380…] c’est côtoyer un mythe militaire plus complexe que sa réputation, avec ses qualités, sa culture, son humour, son égo, ses préjugés…

Voir aussi un long article sur wikipedia dont la photo de titre est tirée. Ci-dessous, après le texte vous trouverez deux autres photographies de Patton qui sont exposées au Musée de la Reddition de Reims, Lycée Roosevelt.

Cliquer sur l’image du texte pour l’agrandir :

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Portrait avec autographe mais sans date ni lieu

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« 24 mai 1945, les généraux Bradley et Patton en visite à Reims au QG d’Eisenhower »

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Voir un montage : La LIbération sur ReimsAvant

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