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Samedi 8 décembre 1917

Paul Hess

Nuit du 8 au 9 décembre 1917 – Bombardement ininterrompu.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 8 – + 6°. Nuit tranquille sauf quelques obus qui sifflent, et s’en vont tomber au loin. Item pendant la messe. Mgr Neveux va à Villedommange avec M. Camu. Visite à l’Asile des Petites Sœurs des Pauvres avec M. Compant ; maison dévastée. Visite de M. Charles et de M. Mailfait pour Fourneau à installer, si utile et possible, à Clairmarais.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mercredi 14 novembre 1917

Louis Guédet

Mercredi 14 novembre 1917

1160ème et 1158ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps brumeux. Combat et quelques obus la nuit. Il fait froid, un froid de brouillard. Vu ce matin le sous-préfet et Beauvais qui m’ont remis un questionnaire à remplir avec entête de la Légion d’Honneur. Beauvais m’a confié qu’on allait décorer incessamment la Ville de Reims, et que je serai de la promotion avec le Docteur Hoël. Ce serait la promotion de la Décoration de la Ville de Reims. Cela me fera plaisir et ce sera pour moi un précieux souvenir et des notes à consigner ici sur la cérémonie de la remise de la Croix à la Ville de Reims. Vu Colson que j’ai félicité et qui parait très heureux de son ruban ! J’en suis aussi très content pour lui. Causé quelques instants avec M. Bailliez qui m’a remis un tas de dossiers d’appel ! et il m’a aussi causé des accès de mauvaise humeur de Charlier ! Voilà un malheureux garçon qui aurait dû être décoré s’il n’avait pas fait tant de bêtises avec son caractère fantasque. Mais rien à lui dire ni à faire pour lui ! Après-midi vu une seconde l’abbé Lecomte que j’ai quitté brusquement, arrêté que j’ai été par Charles notre Receveur Principal. Été à la Ville, causé avec le Maire et Raïssac. J’ai bien fait rire le Docteur Langlet avec la lettre dithyrambique de l’Intendant Général de Châlons sur le juge de Paix de Reims !! Rentré ensuite ici pour travailler d’arrache-pied… Le calme et le silence d’une tombe.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 14 – + 3°. Nuit tranquille ; brouillard épais et froid. Visite à Saint-André, avec Caves Chauvet*, à M. le Curé, aux Sœurs de Saint-Vin­cent de Paul (installées dans la maison de M. Mennesson (Henri).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
* les caves de la maison Chauvet étaient situées rue Coquebert


Mercredi 14 Novembre

Dans la région au nord-ouest et à l’est de Reims, les Allemands ont effectué, à la faveur de vifs bombardements, divers coups de main qui n’ont obtenu aucun résultat. Au cours d’un coup de main exécuté avec succès sur un poste ennemi au sud-est de Nieuport, les troupes belges ont tué un certain nombre d’Allemands et fait plusieurs prisonniers. Le détachement belge est rentré sans avoir subi de pertes.
Une attaque dirigée la nuit dernière contre un poste britannique, au nord-est d’Armentières, a été rejetée par les feux d’infanterie et de mitrailleuses de nos alliés.
Grande activité de l’artillerie allemande au nord-est d’Ypres.
En Macédoine, quelques escarmouches ont été signalées dans la vallée de la Strouma. Activité moyenne de l’artillerie dans la région du Vardar.
Sur le front roumain, activité modérée d’artillerie et actions de patrouilles dans divers secteurs. A Dealul-Palosu, à sept kilomètres de Brastursosa (Trotus), les Russes ont chassé à coups de fusil un groupe de soldats ennemis qui étaient sortis des tranchées pour fraterniser.
Sur le front italien, l’ennemi a, de nouveau, tenté l’attaque du front Gallio-mont Longara-Moletta-di-Gallio, sur le plateau d’Asiago. Après une lutte acharnée, au cours d’une contre-attaque définitive, l’ennemi a été repoussé en subissant des pertes élevées.
Des mouvements intenses austro-allemands, préludant à une nouvelle attaque, ont été battus avec efficacité.
A l’ouest d’Asiago, un détachement ennemi a été capturé. De la Brenta à la Piave inférieure, l’ennemi a occupé la zone que nos alliés avaient évacuée.
En amont de Saint-Dona di Piave, il a franchi le fleuve, mais n’a pu quitter la rive.
Les avions italiens mitraillent les troupes impériales en marche.
Mis en minorité à la Chambre, le cabinet Painlevé a démissionné.
La Chine proteste contre l’entente américano-japonaise qui la vise.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 19 mars 1917

Louis Guédet

Lundi 19 mars 1917

919ème et 917ème jours de bataille et de bombardement

6h1/4 soir  Temps moyen qui tourne à l’aigre ce soir, bise violente et glaciale. La nuit toujours du canon. Canon dans le lointain durant la journée vers Berry au Bac, avions sur lesquels les allemands ont tirés furieusement. Été le matin rue Dieu-Lumière pour la continuation de l’inventaire Gardeux. Personne. Est-ce que Landréat cuve encore son Champagne de samedi. Rentré en musant le long de la rue du Barbâtre, passé chez Chapuis pour un versement à l’Enregistrement. Greffe civil, ensuite rentré chez moi. Courrier, pas de lettre des miens. Après déjeuner signature d’une procuration. Causé avec M. l’abbé Compant, vicaire Général, été me faire couper les cheveux, pris un journal chez Michaud. Nous avons repris Chaulnes, Péronne, Noyon, etc…  Cela va-t-il continuer ? Devant chez Michaud, interpellé un motocycliste qui faisait claquer depuis 1/2 heure son moteur pour nous casser les oreilles. Reçu grossièrement bien entendu, par le voyou qui, comme je redescendais la rue du Cadran St Pierre, n’a trouvé rien de mieux que de me frôler et bousculer en passant près de moi à toute vapeur. Je lui ai allongé un de ces coups de canne dont on garde mémoire longtemps. Le pierrot n’était pas content, mais il a filé devant mon attitude décidée !! Et voilà comme nous sommes arrangés tous les jours par cette clique d’embusqués !! Quand donc serons-nous débarrassés de cette plaie !! Vu Mme Gaube et sa fille gracieuse au possible, causé de Jean et Robert très gentiment. Rentré chez moi. Je vais répondre à une longue lettre de mon ancien clerc Forzy, notaire à Fismes, actuellement capitaine au 289ème d’Infanterie, 4ème Compagnie, secteur 181. Un brave garçon très cocardier et un peu Tartarin.

Je suis fatigué et je sens mes forces m’abandonner par instants. Je suis si las et si découragé. Reçu mot de Bossu mon ami Procureur qui est convaincu que j’aurai mon ruban bientôt.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

19 mars 1917 – Les communiqués et les journaux nous annoncent, depuis deux jours, le recul des Allemands entre l’Avre et l’Oise.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 19 – Nuit tranquille, + 1°. De 8 h. 1/2 à 9 h., bombes sifflantes : 180 de 9 à 10 h. On dit que ce sont des obus sifflants sur Parc Pommery. Sifflements constants. Visite à la Maison des Petites Sœurs des Pauvres. Reçu visite du Colonel de Piré. Prise de Noyon, Crouy, Péronne(1).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Ces « prises » n’ont aucun caractère de victoire. Nous occupons le terrain volontairement abandonné par la Allemands pour raccourcir leur front et faire d’importantes économies de personnel. Tout ce terrain « reconquis » a été sauvagement détruit, miné, défiguré par l’ennemi qui a coupé tous les arbres, fait sauter les habitations, empoisonné les puits, etc.


Lundi 19 mars

La progression des troupes françaises a continué sur un front de 60 kilomètres, de l’Avre à l’Aisne. Au nord de l’Avre, la cavalerie est entrée dans Nesle. Nos patrouilles, lancées vers la Somme, ont livré des engagements aux arrière-gardes ennemies, qui ont faiblement résisté. Au nord-est de Lassigny, nous avons avancé de 20 kilomètres vers Ham. Plus au sud, notre cavalerie et nos détachements légers ont occupé Noyon.

Entre l’Oise et Soissons, la première ligne allemande, avec Carlepont, Morsain, Nouvron, Vingré est en notre pouvoir. Au nord de Soissons, nous sommes à Crouy.

Nous avons rejeté une attaque à la Pompelle, près de Reims. Canonnade en Champagne, à la butte du Mesnil et à Massiges; violent bombardement de nos positions sur la rive gauche de la Meuse, du bois d’Avocourt au Mort-Homme.

Echec d’une tentative allemande sur la rive droite de la Meuse, aux Chambrettes.

Deux avions ont été abattus par nos canons spéciaux.

M. Milioukof, au nom du gouvernement provisoire, a lancé une circulaire aux agents diplomatiques russes pour préciser les vues du nouveau régime.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 31 janvier 1917

Louis Guédet

Mercredi 31 janvier 1917

872ème et 870ème jours de bataille et de bombardement

4h1/2 soir  Toujours le même froid dur et glacial, des papillons de neige, beau soleil mais un peu embrumé. Je souffre vraiment du froid tant que ma chambre et mon bureau ne sont pas réchauffés. Travaillé ce matin, pas sorti. Reçu lettre de mon Robert qui me dit qu’il fit aussi froid à St Brieuc, et enfin que Rousseau de Taissy, dont j’ai obtenu l’allocation militaire pour ses parents, son maréchal des logis, est plus gentil avec lui et surtout au moins il le laisse tranquille. Il me dit qu’il ne pense pas partir au front avant mai. Dieu soit loué !! Si c’était fini seulement, malheureusement c’est peu probable. Je vais lui répondre.

…Après-midi sorti pour aller au Greffe civil et à l’Hôtel de Ville. Vu Houlon et Raïssac, causé entre autres choses de la brave femme rue de Strasbourg  82, chez qui on a trouvé 11 280 F d’or dans un fourneau, qui n’est pas encore enterrée. Elle est morte depuis 7/8 jours. Un chien ne la quitte pas et je viens de donner l’ordre qu’on l’abatte pour arriver au cadavre. A ce sujet je signalais à ces messieurs la conduite et les procédés peu…  corrects des employés des Pompes funèbres de la Ville qui poussent l’audace à venir vous demander qu’on leur paie les frais d’inhumation avant les obsèques !! C’est scandaleux !! si cette femme n’est pas encore enterrée, c’est que Adam est venu me voir et voulait que comme Juge de Paix, je lui assure le paiement des frais funéraires. Je l’ai envoyé coucher de la belle manière. J’ai dit à Raïssac qu’il fasse des observations bien senties à ce sujet. Rentré en pleurant, rencontré Guichard qui m’a entretenu de ma demande de domestique pour St Martin. Il me conseillait presque, à défaut de jeune homme, de prendre une forte jeune fille de la campagne qui serait plus facile à trouver et qui ferait facilement les travaux à faire chez mon Père. Je vais le proposer à ma pauvre chère femme. Cette fille pourrait ainsi rester chez mon Père après la Guerre. Comme je quittais ce brave Guichard, le canon se mit à tonner très fort vers Cormontreuil – St Léonard – La Pompelle, il était 4h1/4 juste et le combat continue avec une réelle intensité. Tout tremble dans la maison. C’est une attaque des allemands assurément. Nous, nous attaquons toujours le matin en général. Pourvu que nous n’en recevions pas les éclaboussures. Mais cela tonne fort et il est 5h moins 10 et cela ne semble pas vouloir cesser. Mon Dieu que nous ayons la nuit tranquille !! Voilà où nous en sommes arrivés, à mendier une nuit de tranquillité. Quelle vie misérable ! que la nôtre. Gare ! hélas la contre-attaque de la nuit…  Je résiste si peu à ces émotions maintenant, surtout la nuit !!

8h1/2 soir  Oui ! la nuit ! Personne autre que ceux qui y auront passé sauront ce que c’est qu’une nuit de bataille ! d’alerte ! d’attente ! de Bombardement !! La nuit avec tous ces inconnus ! ses frayeurs ! ses transes ! A demi-endormis, somnolent, réveillés en sursaut ! Entendu les cris d’effroi au milieu du tonnerre du canon, des arrivées, des éclatements ! S’habiller à demi ! emporter ce qu’on a de plus précieux à sauver, allumer une lumière (un siècle !!) s’appeler ! tout le monde est-il descendu ! où êtes-vous ? que faites-vous ? Allons ! descendez ! vous êtes ridicule de vous exposer ainsi pour un rien, un colifichet !! vous habiller ? Descendez, vous vous habillerez ici.

Tous ces bruits, voix, cris ! réclamations ! appels, tout cela au milieu du fracas du canon, des obus qui sifflent ! éclatent, mitraillent ! défoncent !! démolissent ! broient ! incendient !!!!…  Et voilà ma vie depuis 30 mois !! C’est long ! C’est dur ! C’est affolant ! et l’on vit tout de même !…  Souffrir ! souffrir ! toujours, toujours ! Quand on pense que d’autres ne pensent qu’à se défiler, s’embusquer, jouir de la vie !…  Non ! c’est dur !! Et qu’est-ce cela auprès de ce qu’endurent et souffrent nos soldats, ceux qui se battent. Je ne parle pas des autres, qui ne songent qu’à se défiler (s’embusquer). Vraiment, Vaillamment…  dans la neige comme maintenant, par un froid épouvantable que je n’ai pas ressenti depuis 1895, 1888/1889 et 1870/1871. Non ! ces vaillants n’auront pas leur heure de réparation et ces freluquets, ces embusqués, ces lâches qui se réchauffent tout guilleret loin de toutes bombes et balles, ruines, etc…  dans des hôpitaux, des bureaux, des administrations de gestion de tout…  repos, ne reprenaient pas à leur tour et ne souffriraient pas aussi et pour leur lâche passé et pour l’avenir ?? Allons donc !!

Absence du feuillet 421, la première phrase a été recopiée par Madeleine.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

31 janvier 1917 – Très forte canonnade, vers la Pompelle, au cours de l’après-midi

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Mercredi 31 – Nuit tranquille. – 7°. Neige nouvelle peu abondante. Visite de M. Chapey, avocat à Bourg-en-Bresse et gendre de M. Dupin. 4 h. violent combat à l’Est de Reims qui fait tomber mes vitres. Bombes sifflantes. Dans la nuit du 30 au 31 des bombes atteignent l’Asile des Petites Sœurs des Pauvres. Attaques avec gaz asphyxiants aux Marquises par les Allemands.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 31 janvier

Entre Soissons et Reims, nous avons arrêté net par nos feux deux tentatives de coups de main ennemis, l’une dans le secteur de Soupir, l’autre dans la région de Beaulne.
Actions d’artillerie assez vives en Lorraine et sur quelques secteurs des Vosges.
Sur la rive gauche de la Meuse, une attaque à la grenade, dirigée sur une de nos tranchées dans la région de la cote 304 a été brisée par nos feux sans autre résultat que des pertes pour l’ennemi.
En Haute-Alsace, nos batteries se sont montrées actives dans la région à l’est de Seppois.
Les Anglais ont effectué un coup de main au nord-est de Vermelles ; ils ont infligé de nombreuses pertes aux Allemands. Un autre raid dans la même région a également abouti à un succès complet.
Activité de l’artillerie de nos alliés au nord de la Somme et dans le secteur d’Ypres où ils ont provoqué un incendie.
Canonnade sur le front italien du Trentin.
Échec de plusieurs coups de main autrichiens en Giulie, au sud-est de Gorizia et sur le Carso. Nos alliés ont fait des prisonniers.
Simples fusillades sur le front russe de Courlande.
Le chiffre des prisonniers capturés au nord-est de Jacobeni par les troupes de Broussiloff est de 32 officiers et de 1126 soldats; 12 mitrailleuses et 4 lance-bombes ont également été ramenés.
On annonce la mort de lord Cromer, ancien agent britannique au Caire.
Des troubles graves, causés par la disette, ont éclaté à Patras, en Grèce.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 21 juin 1916

Louis Guédet

Mercredi 21 juin 1916

648ème et 646ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Beau temps, lourd en fin de journée. Calme à part quelques coups de canon. Allocations militaires ce matin et Caisse d’Épargne. Vu le Général baron Berge pour toucher un mandat poste par son petit-fils engagé aux tirailleurs algériens. Rien à faire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

21 juin 1916 – Depuis le 6 courant, les journaux nous ont annoncé un mou­vement offensif des Russes en Galicie.

Aujourd’hui, ils disent que l’avance continue et que le nom­bre de leurs prisonniers autrichiens atteint près de 180 000.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 21 – + 10°. Nuit tranquille ; très belle journée tranquille. Aé­roplanes français, matinée et après-midi, sans tirs contre eux. Visite aux Petites Sœurs des Pauvres.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mercredi 21 juin

Au sud de la Somme, un coup de main de l’ennemi dans la région de Lihons a complètement échoué.
Sur la rive gauche de la Meuse, l’ennemi a bombardé activement les pentes sud du Mort-Homme et la région de Chattancourt. Notre artillerie a partout répondu par des tirs de barrage et des contre-préparations efficaces.
Sur la rive droite, une attaque allemande prononcée contre nos positions au nord de la cote 321 a été repoussée par nos feux.
Les Russes ont attaqué les Autrichiens dans la région de Pinsk ; la situation de l’ennemi apparaît très difficile. L’armée austro-hongroise de Pflanzer est complètement isolée depuis la prise de Czernowitz. Elle serait même coupée en plusieurs tronçons.
Les Russes ont repoussé une offensive turque sur le front du Caucase.
Les Italiens avancent lentement mais sûrement sur le plateau d’Asiago. Ils se sont emparés d’une cote dominante, en capturant des prisonniers.
Vingt-sept combats aériens ont eu lieu en une seule journée sur le front britannique. Un sous-marin anglais a abattu un hydravion allemand.
Des troubles ont éclaté à Aix-la-Chapelle. Le bourgmestre de Leipzig engage ses concitoyens à subir en silence les privations. La Saxe proteste contre le régime des douanes intérieures qui contribue à l’affamer.
Des bruits de crise ministérielle circulent à Athènes où M. Skouloudis déclare cependant de ne pas vouloir quitter le pouvoir.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 17 mai 1916

Louise Dény Pierson

17 mai 1916

L’image contient peut-être : ciel et plein air

Des émotions j’en eus encore, mais jamais aussi fortes, les courses vers l’abri furent nombreuses. J’ai eu la peau des mollets griffée par des barbelés sans me rappeler où j’avais pu en trouver.
Plus tard, j’ai souffert de brûlures à la cuisse, je dus aller consulter un major qui opérait dans une ambulance installée dans un bâtiment du cours Saint-Michel, en haut de la rue Martin Peller. C’était une brûlure par les gaz, j’avais dû me réfugier dans un trou d’obus contaminé suite à un bombardement par les gaz ypérite.

Ce texte a été publié par L'Union L'Ardennais, en accord avec la petite fille de Louise Dény Pierson ainsi que sur une page Facebook dédiée :https://www.facebook.com/louisedenypierson/

 Louis Guédet

Mercredi 17 mai 1916

613ème et 611ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Très beau temps, réveillé à 3h du matin par une violente canonnade, impossible de me rendormir. Été le matin à 9h1/2 au Crédit Lyonnais pour vider le coffre de Mme Thaon, de Rouen 38, rue de Crosne, remis tout ce qu’il contenait (argenterie) à l’employé de Walbaum pour emballer et envoyer. Rentré travailler. Cet après-midi vu le Procureur de la République pour m’entendre la réponse à faire dans l’affaire de l’engagement de mon greffier de Paix de mes 2ème et 4ème cantons de Reims, contrairement aux circulaires gouvernementales. Causé longuement avec lui de diverses choses, conversations fort agréable. Pendant que j’étais là arrivait la note des bombardements d’hier et d’aujourd’hui. 4 victimes hier et 9 ce matin, dont 2 ou 3 chez mon pauvre ami Charles Heidsieck qui est bien flagellé en canonnades…  serait-il donc en plein dans la zone actuellement dangereuse (rue de la Justice, 46, il n’y a que des hommes mûrs, vieillards, enfants…  jeunes filles). Quelle gloire pour les allemands !!

Lettre de Madeleine. Jean va assez bien, et Robert va pour la Révision à Écury-sur-Coole le 23. Pauvre enfant, il n’est guère robuste ! Les épreuves s’acharnent sur nous ! En verrai-je jamais la fin ? Je ne le crois pas.

Voilà toute ma pensée, je ne parle pas des avions, des bombes, etc…  c’est tous les jours la même chose, plus ou moins. Quelle vie !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

17 mai 1916 – Bombardement assez violent, encore du côté de la rue du Champ-de-mars, comme hier et les jours précédents.

A la maison Heidsieck Monopole, MM. Casseleux, 57 ans et Foncier, 55 ans, faisant fonctions de chefs de caves, sont tués, ce dernier en même temps que sa fillette Denise, âgée de 6 ans.

M. Casseleux avait eu la douleur de voir sa femme, née Eloi, 55 ans, tuée hier dans des conditions identiques, au même endroit.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 17 – Nuit tranquille pour la ville. Terrible canonnade lourde de 2 h. à 4h. + 11°. Beau soleil. A 10 h. violent bombardement sur batteries et même, je pense, sur la ville. Nous apprenons qu’il y a des victimes. Ca­ves Heidsieck. Bombes sifflent. Visite au Fourneau Économique rue des Moulins Brûlés à l’heure du repas. Bombes sifflent sur batteries à 1 h. et à 4 h. ; aéroplanes et tirs contre eux de 4 à 7 h. Vers 4 h. bombes dévastent Maison des Petites Sœurs des Pauvres.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 17 mai

En Champagne, un détachement ennemi qui tentait de surprendre un de nos petits postes dans la région de la butte du Mesnil a été repoussé à coups de grenades.
En Argonne, lutte d’artillerie assez active dans les secteurs du Four-de-Paris, des Courtes-Chausses et de Vauquois.
Sur la rive gauche de la Meuse, bombardement assez vif de la région du bois d’Avocourt, cote 304, le Mort-Homme. Une tentative d’attaque sur nos positions à l’ouest de la cote 304 a été arrêtée par nos tirs de barrage.
A l’est de la Meuse et en Woëvre, quelques rafales d’artillerie.
Lutte d’artillerie très vive sur le front belge, où des tirs de concentration ont été exécutés par nos batteries de gros calibre contre les organisations défensives allemandes de la rive droite de l’Yser, dans la région de Dixmude.
Combats d’artillerie en Artois sur le front anglais.
Des avions britanniques ont bombardé Porto-Lagos, en Bulgarie.
Des avions autrichiens ont survolé Venise et Mestre en lançant quelques bombes.
Les Anglais ont conquis 250 mètres de tranchées près de Vimy en Artois.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Samedi 13 mai 1916

Cardinal Luçon

Samedi 13 – Visite à la permanence de l’Union Remo-Ardennaise. Réu­nion de plusieurs centaines de mes diocésains réfugiés à Paris dans la crypte de l’église S. Augustin qu’ils remplissaient, avec Mr le Curé de S. Augus­tin. Allocution. Tous défilent devant moi, beaucoup pleurent. A 9 h. matin retour à Reims. Reçu réponse du Cardinal Forlay, à qui comme à Mgr Ireland et Mgr Bruchetti j’avais écrit en faveur des malheureux et des œuvres rui­nées du diocèse. Mgr Ireland m’envoie 1000 f. ; Card. Forlay 5000 pour 1000 messes. Mgr Bruchetti m’envoya plus tard 15.000 f…. aux Évêques d’Arras et de Verdun. Les derniers vieillards des Petites Sœurs des Pauvres quittent l’Asile devenu trop périlleux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Samedi 13 mai

Sur la rive gauche de la Meuse, des combats partiels nous ont permis d’élargir sensiblement nos positions au sud-est d’Hautcourt.
Au Mort-Homme, les Allemands ont tenté vainement de nous déloger des positions conquises par nous le 10 mai sur les pentes ouest. Deux attaques successives ont été repoussées par nos feux.
Sur la rive droite, bombardement violent de nos premières et de nos deuxièmes lignes entre le bois d’Haudromont et Vaux. Une attaque allemande dirigée contre nos tranchées au sud-est du fort de Douaumont, a été complètement repoussée.
Sur le front belge, les Allemands, après un violent bombardement des environs de Dixmude, ont tenté d’occuper un élément de tranchée au bord de l’Yser. Ils ont été deux fois repoussés. L’artillerie belge a bouleversé les retranchements ennemis.
Les Russes ont repoussé une tentative d’offensive turque dans la direction d’Erzindjan. Ils ont progressé le long de la côte de la mer Noire.
Les Italiens ont obtenu un succès dans le bassin de Plezzo, au nord de Gorizia. Ils ont fait 123 prisonniers.
Le Reichstag a refusé la mise en liberté de M. Liebknecht.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Mardi 2 mai 1916

Louis Guédet

Mardi 2 mai 1916

598ème et 596ème jours de bataille et de bombardement

6h  Temps lourd et orageux. Le calme hier entre 7h-8h, bombardement vers Pommery, ces obus passaient très haut au-dessus de la maison. C’est fort désagréable. Journée occupée. Pas de nouvelles des miens, mon pauvre enfant partait sans doute et sa pauvre Mère n’a pas pu m’écrire sans doute.

Vers 9h1/2 été au Palais de Justice pour voir le Procureur de la République. Rencontré dans la salle des pas perdus le Procureur, M. Creté juge et Dupont-Nouvion, avocat, qui accompagnaient M. Eugène Leroux, directeur du Personnel au Ministère de la Justice (Conseiller d’État, directeur de l’administration pénitentiaire en 1922), auquel M. Bossu a tenu à me présenter. Le Procureur, Creté et Dupont-Nouvion faisaient mon éloge, mais il paraissait très renseigné sur mon humble individu. Ils ont fait le tour du Palais et avant de partir M. Leroux a tenu encore à me serrer la main. Vu ensuite le Procureur avec lequel j’ai causé quelques minutes, et je suis ensuite rentré chez moi. Je vais lire un bouquin que le brave procureur m’a prêté parce qu’il me trouvait des idées belliqueuses, c’est « Le Sabre du Notaire » de Louis d’Hurcourt (Le Sabre du Notaire, mémoire d’un poltron, est un roman humoristique de Louis d’Hurcourt (1853-1920)). Je le relirai volontiers, mais je suis tout de même moins peureux qu’Onézime Prudent Nicolas Bourdonnais, notaire à Noisy-le-Bar !! En tout cas cela me changera un peu mes tristes pensées pendant quelques heures…  Je suis fort triste, découragé…  Et puis rien pour me consoler, rien pour m’encourager.

8h soir  J’ai fini de lire le « Sabre du Notaire », cela m’a amusé mais je ne puis n’exprimer qu’un regret, c’est que lui, « l’Infernal Tabellion » au moins se battait, tandis que moi je suis ici à recevoir les coups sans pouvoir les rendre, et que je ne puis même pas me défendre et tuer quelques prussiens…  Tout en ayant peur il était brave et moi j’ai du courage sans peine, mais…  sans gloire. Il a été décoré par l’Empereur sur le Champ de Bataille, tandis que moi je ne le serai jamais, et…  me dira-t-on merci, seulement, je ne le crois pas. En tout cas j’aurais fait ce que j’aurais pu pour rendre service à mes concitoyens. Peu importe le reste.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 2 – Nuit tranquille. Matinée silencieuse, jusqu’à 4 h. Décision. Visite aux Petites Sœurs des Pauvres pour leur communiquer décision écrite à la Supérieure Générale, faisant connaître qu’il n’était pas prudent de lais­ser les Sœurs là où elles sont, tout près des batteries françaises, que visent les batteries allemandes, dont les bombes tombent sur les maisons de l’Asile ou dans le jardin.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 2 mai

En Belgique, notre artillerie a bouleversé les tranchées allemandes, en face de Boesinghe et de Steenstraete.
En Argonne, lutte de mines à la Fille-Morte. Nous avons occupé la lèvre sud d’un entonnoir provoqué par une explosion. Nous concentrons nos feux sur les organisations ennemies des Courtes-Chausses et du bois de Cheppy.
Les Allemands ont tenté une série d’attaques dans la région du Mort-Homme. Ils ont été chaque fois repoussés. Dans l’ensemble, leur pertes ont été énormes.
Sur la rive droite de la Meuse, ils ont canonné violemment la côte du Poivre et la région de Douaumont.
D’après un communiqué officiel, notre aviation de combat, durant le mois d’avril, a abattu 31 avions ennemis : 9 de ces derniers sont tombés dans nos lignes; les autres ont été vus en flammes. Nous n’avons, de notre côté, perdu que 6 avions.
La situation n’a pas changé sur le front de Macédoine, dans la deuxième quinzaine d’avril. Il n’y a eu que des escarmouches sans importance, bien que relativement fréquentes.
M. Venizelos a publié, dans son journal, le Kyrix, un article pour soutenir la demande des alliés que les Serbes puissent traverser le territoire hellénique.
La révolte irlandaise touche à sa fin. Les insurgés de Dublin ont invité ceux de province à capituler; 800 prisonniers ont été faits; les principaux chefs ont été capturés. Une partie de la presse réclame la démission de lord Winborne, le vice-roi d’Irlande, qui, d’après elle, aurait été inférieur à sa tâche.
L’enquête faite en Allemagne avec la collaboration des autorités hollandaises, a montré que le Tubantia avait bien été coulé par un sous-marin.
Un raid, tenté par les Allemands sur le front britannique, près de Fricourt, a échoué. L’ennemi n’a pas été plus heureux dans le secteur Messine-Wulverghem, où il avait recouru aux gaz asphyxiants. Guerre de mines plus active dans le secteur de Loos. Canonnade violente sur le front belge, dans la région de l’Yser.
Violent bombardement par les Allemands du secteur de Riga, comme aussi sur les positions de Dwinsk.
Au nord de Mourovitza, sur l’Iksa, les Autrichiens ont attaqué en force les tranchées russes. Après un violent combat, nos alliés ont capturé ce qui restait de deux bataillons hongrois, environ 600 hommes, les deux bataillons ayant subi, durant l’affaire, de très lourdes pertes.
Dans la région de Diarbékir (Asie Mineure), les Russes ont repoussé des attaques des avant-postes turcs. Les troupes ottomanes ont évacué deux localités à 100 kilomètres à l’ouest de Trébizonde.
L’ambassadeur américain Gérard a quitté le quartier général allemand pour rentrer à Berlin. Mais l’envoi de la note allemande à l’Amérique tarderait encore.
La Russie et l’Angleterre ont conclu un accord avec la Perse.
Une mutinerie a éclaté en Belgique parmi les soldats allemands cantonnés à Bruxelles.
Le gouvernement suisse se déclare satisfait à la suite de la démarche que notre ambassadeur, M. Beau, a faite à propos d’un raid de deux avions français sur le territoire helvétique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Le Mont-de-piété

Le Mont-de-piété

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Samedi 29 avril 1916

Louis Guédet

Voyage à Paris – St Martin

4h soir  Rentré ce soir 29 vers 3h fort désemparé…  mon Jean vient de s’engager au 25ème d’artillerie à Pacé près de Rennes (Ille et Vilaine) (rayé)!!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Samedi 29 – Nuit tranquille. Bordées à peu près toutes les heures. A 9 h. violent, très violent combat à l’est, à la Pompelle, jusqu’à 5 h. A 6 h., aéro­planes ; + 11°. Visite à l’Espérance, à l’Assomption, rue du Jard, aux Peti­tes Sœurs des Pauvres. A 6 h., aéroplanes ; de 10 à 11 h. violente canon­nade à l’est de Reims.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Samedi 29 avril

Au nord de l’Aisne, canonnade dans la région du bois des Buttes.
A l’ouest de la Meuse, lutte d’artillerie dans le secteur du bois de Malancourt.
A l’est, bombardement violent de nos positions entre la côte du Poivre et Douaumont.
Journée calme en Woëvre. Dans les Vosges, nous prenons sous notre feu un convoi ennemi aux abords de Moussey, au sud-est de Celles.
Nos avions ont bombardé la gare d’Audun-le-Roman, des baraquements près de Spincourt, les gares de Grandpré et de Challerange.
Canonnade sur le front belge, spécialement près de Ramscapelle.
Les Anglais ont envahi des tranchées ennemies près de Carnoy, ils ont repoussé des attaques au sud de Frelinghien, à la cote 60, à Saint-Eloi, dans la région Hohenzollern, à l’est et au nord-est de Loos.
Le croiseur anglais Russel a sauté sur une mine en Méditerranée. Il y a 124 manquants.
Un sous-marin allemand a été coulé en mer du Nord.
La situation s’améliore en Irlande. L’ambassadeur américain à Berlin, M. Gérard, est parti pour le quartier général du kaiser afin d’y conférer avec ce dernier et avec le chancelier.

Source : la Grande Guerre au jour le jour.

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Jeudi 16 mars 1916

Cardinal Luçon

Jeudi 16 – Nuit tranquille sur la ville, sauf quelques bordées de torpilles ou grenades. Comme les autres nuits. A 5 h. grosses bombes sifflantes qui ont dû tomber pas loin de nous. Brasserie Veith. Température + 4. J’apprends qu’un vieillard des Petites Sœurs a été blessé ; il a fallu lui couper le bras. Il est à l’hôpital. Quinze d’entre eux et deux sœurs vont quitter Reims. Visite du Capitaine Gay, du diocèse de Besançon (abbé ?) homme d’œuvres, fils d’un Proviseur du lycée de Reims du temps du Cardinal Gousset. Visite à M. le Doyen de S- Remi, à Ste Clotilde, et au dispensaire (…).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 


La brasserie Veith

La brasserie Veith

Jeudi 16 mars

Tirs efficaces sur les tranchées ennemies de la région d’Het-Sas et de Langemark, en Belgique. Au nord de l’Aisne, nous bombardons les abords de la Ville-aux-Bois. En Champagne, nous attaquons les positions allemandes au sud de Saint-Souplet, en occupant une tranchée et en faisant des prisonniers. A l’ouest de la Meuse, le bombardement s’est ralenti entre Bethincourt et Cumières. Nous avons repris par des contre-offensives une partie des éléments de tranchées perdus au Mort-Homme; notre ligne comprend Bethincourt, le Mort-Homme, Cumières. Sur la rive droite, activité d’artillerie, dans la région de Vaux-Damloup. Quelques escarmouches à la grenade sur les pentes du fort de Vaux. Canonnade en Woëvre, au pied des Côtes de Meuse. Activité de notre artillerie à l’est du bois de la Wawrille et au nord de Fresnes-en-Woëvre, où nous provoquons une explosion.

 

 

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Samedi 4 mars 1916

Louis Guédet

Samedi 4 mars 1916

539ème et 537ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Nuit de bataille et de canon. Il parait qu’on a bombardé toute la nuit, mais je n’ai rien entendu, j’étais trop fatigué et ai dormi quand même. Journée de pluie, de neige fondue, froide, glaciale, avec vent. Fait des courses, appris peu de choses, il y a eu hier soir quelques victimes.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

4 mars 1916 – Quelques sifflements dès le matin, à 5 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 4 – Nuit tranquille, sauf quelques bordées a divers intervalles. + 3 ; pluie toute la nuit. Écrit et expédié lettre à New York et à M. le Cardinal Fortez et à Mgr Ireland au Minnesota. Item écrit à Bordeaux. Item à Montréal. Bombes abondantes autour des batteries près des Petites Sœurs des Pauvres, blessant un vieillard qui avait refusé de descendre et était resté au grenier.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Pompiers 1917

Samedi 4 mars

Nous avons bombardé les cantonnements ennemis de Langemarck. Au nord de l’Aisne, une forte patrouille a été repoussée par nous avec des pertes. Nous avons opéré des tirs de destruction sur les ouvrages allemands à l’est de la Neuville. En Argonne, notre artillerie a bombardé les lignes de la Fille-Morte et du bois de Cheppy. Au nord de Verdun, lutte très chaude près du village de Douaumont, près de Vaux. Bombardement violent à l’ouest de la Meuse ainsi qu’en Woëvre. Nous avons concentré des feux sur des rassemblements allemands, spécialement près de Beaumont. En Haute-Alsace, nous enlevons des tranchées ennemies près de Seppois. L’adjudant Navarre a abattu son sixième avion allemand près de Douaumont. Les Anglais ont gagné du terrain près d’Ypres et fait 230 prisonniers. Le congrès américain a engagé le débat sur la politique navale allemande.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Lundi 14 février 1916

Louis Guédet

Lundi 14 février 1916

520ème et 518ème jours de bataille et de bombardement

6h3/4  Tempête la nuit. Bataille et canonnade violente vers Souain. Bombardement intense sur Reims, Cérès, Laon. Porte de Paris de midi à 1h…  Hier les 4 obus lancés ont fait 5 victimes Porte de Paris. Journée pluvieuse, chaude, du vent, brumeuse triste, comme nos cœurs, on est si las. Reçu lettre fort triste de ma chère pauvre femme. Quelle souffrance ajoutée pour moi à toutes les autres. Vais-je succomber, si ce n’était nos aimés. La mort serait une délivrance.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

l4 février 1916 – Canonnade violente et ininterrompue le matin, dans la direction de Berry-au-Bac. De midi à 14 h, bombardement serré sur le Port-Sec.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi l4 – Nuit bruyante un peu au loin. 4 h. 1/2 du matin, très violente canonnade ou combat et duel violent. 7 h. 1/2 item. + 8. Bombardement continu de 11 h. 1/2 à 2 h. Visite aux Petites Sœurs des Pauvres ; des éclats sont tombés chez elles aujourd’hui ; elles sont bien inquiètes, et avaient besoin de réconfort. Tempête de pluie et de vent.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 14 février

Les Allemands ont opéré une série d’attaques en Artois, de la cote 140 au chemin de Neuville-la Folie. Une première attaque a échoué à l’ouest de la cote 140. Trois autres, survenues après un violent bombardement, ont été arrêtées par notre feu. Au cours d’une cinquième, les Allemands avaient réussi à pénétrer dans une de nos tranchées de première ligne, mais ils en ont été chassés immédiatement, en subissant des pertes sensibles.
Nos batteries ont abattu un avion près de Givenchy.
Une attaque allemande a échoué au sud de Frise.
A l’est de l’Oise, nous avons bombardé les positions ennemies.
Artillerie allemande active de Soissons à Reims. Nous brisons des attaques d’infanterie en préparation.
Nous avons capturé des soldats ennemis en Champagne ; l’ennemi a toutefois pris pied dans quelques tranchées avancées à l’est de la route Tahure-Somme-py.
En Haute-Alsace, à l’est de Seppois, nous enrayons une attaque.
Les aviateurs belges ont attaqué avec succès l’aérodrome de Ghistelle.
Le croiseur français Amiral-Charner a été coulé sur la côte de Syrie.
L’Italie prohibe tout commerce avec l’Allemagne.
M. Briand a visité le front de l’Isonzo, puis est reparti pour Paris.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


La gare de Reims

 

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Dimanche 6 février 1916

Cardinal Luçon

Dimanche 6 – Nuit silencieuse ; + 2. Quelques coups de canon pendant le jour. Cinq on six bombes chez les Petites Sœurs des Pauvres. Des aéroplanes allemands ayant vu les soldats venir au vaccin et a la messe les ont signalés, et aussitôt les obus sont tombés.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Dimanche 6 février

Entre Soissons et Reims, tir de notre artillerie sur la tête de pont de Venizel et les ouvrages ennemis de Vendresse et de Cernay. Une colonne en marche a été prise sous notre feu, à l’est de Saint-Souplet.
En Champagne, nos batteries ont endommagé les organisations allemandes du plateau de Navarin.
Entre Aisne et Argonne, nous avons bombardé les abris et les tranchées de Saint-Thomas. A la Haute-Chevauchée, nous avons occupé une portion d’entonnoir.
Le sergent pilote Guynemer a abattu un avion allemand dans la région de Frise. C’est le cinquième appareil qu’il détruit.
M. Zimmermann, sous-secrétaire d’État allemand aux Affaires étrangères, parlant au correspondant d’une agence américaine de l’affaire du Lusitania, a déclaré que le cabinet de Berlin était arrivé à l’extrême limite des concessions.
A la suite de la découverte des faits délictueux reprochés aux colonels Egli et de Wattenwyl, le Conseil fédéral suisse a décidé de transférer l’état-major de Berne à Lucerne.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 28 novembre 1915

Le Miroir

Louis Guédet

Dimanche 28 novembre 1915

442ème et 440ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Soleil. Gelée et vent d’est froid et cinglant. Messe de paroisse rue du Couchant. L’abbé Landrieux dit en quelques mots à ses paroissiens qu’il va les quitter pour la Mitre à Dijon. Travaillé, fait mon courrier. Vu Charles Heidsieck, les Abelé, rentré chez moi et mis à jour ma correspondance jusqu’à présent. Écris aux Schulz à qui je n’avais pas écrit depuis longtemps à cause d’un imbécile de policier qui croyait que nous faisions de l’espionnage !!!…  c’est à gifler. Je suis fatigué. Il est 10h du soir.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Très forte gelée, qui a pris subitement et va jusqu’à – 8 à – 10°.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche 28 – Nuit tranquille, sauf gros coups de canon de temps en temps. Visite aux soldats chez les Petites Sœurs des Pauvres, 9 hl/2, Géné­ral et Colonel présents ; chapelle et tribunes pleines. Retraite du mois. Très froid, à 9 h. soir, 5 degrés au-dessous de zéro.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 28 novembre

Vives actions d’artillerie en Belgique (régions de Lombaertzyde et de Boesinghe, et au sud de la Somme (secteur de Fouquescourt).
Au nord de Saint-Mihiel, nous avons démoli une batterie ennemie à la cote Sainte-Marie. A Billy-sous-Mangiennes, nous avons dispersé un fort détachement par un feu à longue distance.
Les ennemis ont fait une triple tentative par gaz suffocants dans le secteur Forges-Bethincourt, à l’ouest de Verdun. Ces trois émissions ont abouti à un échec total.
Dans le secteur français de Macédoine, nos avions ont bombardé les environs de Stroumitza et la ville d’Istip.
Nos troupes, à raison du repli des Serbes, sont revenues de la rive gauche sur la rive droite de la Cerna.
Aux Dardanelles, notre artillerie a détruit des pièces turques de gros calibre, et notre travail de mines a heureusement progressé.
Les ministres alliés à Athènes ont remis un aide-mémoire à M. Skouloudis pour préciser leurs desiderata.
Une mission militaire russe est arrivée à Londres. Le général russe Gilinsky est venu également
en mission à Paris.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Lundi 15 novembre 1915

Mareuil-sur-Ay

Cardinal Luçon

Visite reçue de M. Camille Bellaigue et de Madame de Montebello de Mareuil-sur-Ay. Visite aux soldats du midi chez les Petites Sœurs des Pauvres. Flocons de neige dans la matinée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 15 novembre

En Artois, au Labyrinthe, les Allemands ont réussi à pénétrer dans une tranchée de première ligne, mais ils ont été aussitôt rejetés par une contre-attaque et ont dû laisser tous leurs blessés sur place.
Canonnade à Loos et à Souchez.
Au nord de l’Aisne, sur le plateau de Nouvron, nous pratiquons une canonnade efficace.
Lutte d’artillerie en Champagne (butte du Mesnil) et sur les Hauts-de-Meuse (bois des Chevaliers).
Les Russes progressent vers Mitau, que les Allemands ont partiellement évacué.
Les Serbes tiennent bon vers Tetovo et se concentrent au sud de la Marava. Les troupes franco-anglaises menacent de plus en plus Velès. Les Monténégrins ont fait plusieurs centaines de prisonniers.
Goritz semble sur le point de tomber aux mains des Italiens.
Trois avions autrichiens ont bombardé Vérone : leurs bombes ont fait 28 morts et 31 blessés.
Un sous-marin autrichien a torpillé le vapeur italien Bosnia.
Une mission austro-allemande, arrivée à Athènes, a demandé au roi de Grèce d’arrêter désormais le débarquement des Franco-Anglais. Le roi a répondu que l’indépendance du pays n’était pas menacée par cette opération.
Le cabinet roumain a été remanié.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mercredi 3 novembre 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille. Visite aux Petites Sœurs des Pauvres : vieillards ; ambulance ; musique. Visite aux Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul de Saint-André, 62 rue de Betheny ; et 31 rue Jacquart, à qui j’ai porté des effets pour soldats. 54 aéroplanes français contre lequel tirent les Allemands(1). Nuit tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Ces 54 avions français constituent une des premières escadres de bombardement s’attaquant sur les arrières du front aux gares, aux carrefours et aux usines.

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Mercredi 3 novembre

Violente canonnade réciproque à l’ouest de Liévin, autour de la fosse Calonne.
Vifs combats rapprochés dans les boyaux avancés du secteur de Neuville-Saint-Vaast.
Au sud de la Somme (Chaulnes, Fouquescourt), notre artillerie concentre efficacement ses feux sur les tranchées allemandes et atteint des rassemblements ennemis.
En Argonne, plusieurs mines allemandes ont explosé sans résultat. Nos feux d’infanterie ont empêché l’ennemi d’occuper les entonnoirs.
En Belgique, bombardement à Saint-Jacques-Capelle et à la Maison du Passeur.
L’armée russe, en divers combats sur l’ensemble du front a capturé 4500 Allemands et Austro-Hongrois. Elle continue à progresser en Galicie.
En Serbie, les Austro-allemands ont progressé sur la Morava et la Lepenitza. Combats près de Pirot et à l’ouest de Zayetchar. Les Monténégrins ont pris des canons aux Autrichiens, près de zayetchar.
Un torpilleur anglais a coulé, à la suite d’une collision, dans le détroit de Gibraltar.
M. Asquith, premier ministre britannique, a exposé, dans un grand discours aux Communes, la situation diplomatique et militaire.
Les socialistes allemands réclament la convocation du Reichstag pour que cette assemblée examine le problème du renchéris
sement de la vie.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

Autre lien : 3 octobre 1915 : la balkanisation du premier conflit mondial

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