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Jeudi 5 avril 1917

Louis Guédet

Jeudi 5 avril 1917

…pauvres petits. Que faire ? Que dire ? Que décider ?

Vu M. et Mme Becker qui m’ont dit grand bien de mon grand Jean, son capitaine en dit beaucoup de bien, et son collègue le capitaine Cornet. Il est très bien noté par ses chefs.

Ce soir audience de réquisitions militaires, à 2h1/2.

6h1/4 soir  Vu ce matin à l’Hôtel de Ville M. Charlier, le chef de bureau des allocations militaires, commission cantonale, qui m’apprend que sa maison rue de Courcy, 52, (rue Roger-Salengro depuis 1946) a été broyée hier par le bombardement, 3 ou 4 obus. Vu Camuzet qui me dit les ruines des terribles bombardements, rue St André (rue Raymond Guyot depuis 1946), rue Jacquart, place de Bétheny (place du Docteur Knoëri depuis 1927) qui n’est plus qu’une ruine, rue Coquebert, rue de Savoye, clinique Lardenois, clinique Lardenois, rue Werlé, maison Girardin fort abîmée (rayé). Enfin de tout cela des ruines, toujours des ruines. Beau champ d’expériences militaires, comme le disait avec tant…  d’humour nos galonnards. C’est tout ce que trouvent à dire ces soudards à qui il ne manque plus que l’uniforme allemand pour être complets.

Les Postes Muire et Vesle sont installées au Palais de Justice dans la Chambre civile. Là j’y rencontrais hier l’un des Directeurs (rayé) qui hier, blanc de peur  me dit : « oh ! mais si çà bombarde…

La demi-page suivante a été découpée.

Audience de réquisition militaire, 2 affaires, dont l’affaire Janin, entrepreneur de bois de construction. Son frère, clerc de notaire est venu pour lui. J’ai saisi l’occasion de dire à celui-ci que je n’admettais pas que son frère qui ne jugeait pas à propos de se présenter, accusant Payen d’avoir voulu se dérober au danger il y a un mois lorsqu’il avait été convoqué la première fois !! Payen n’était pas venu à cause du verglas, et parce que l’autorité militaire ne lui avait pas permis de venir à Reims… Non ces gens-là sont inconscients. Ce sont eux qui se défilent depuis 1914 et accusant les autres de se dérober !! C’est un comble !!! Janin a senti la leçon ! Il pourra la répéter à son pleutre de frère.

Je ne pars pas demain. Je n’ai pas de voiture. Dois-je partir samedi ou dimanche ??? Je ne sais !! Cette incertitude me fait réellement souffrir. Je suis pris entre le Devoir civique et le Devoir paternel, l’affection paternelle ! Celui-ci, celle-ci, il est vrai doit passer après celle-là ! C’est dur ! Mon Dieu, éclairez-moi. Et faites que je puisse aller à St Martin embrasser mon père et ma femme et mes Petits. Il n’y aura que mon Robert qui me manquera. Pauvre Petit. Aucune épreuve ne m’aura été épargnée, aucun sacrifice !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Le communiqué en date de Paris, 4 avril, 7 h, que nous lisons ce matin dans les journaux, annonce notamment ceci :

L’ennemi a violemment bombardé la ville de Reims, qui a reçu plus de 2 000 obus ; plusieurs personnes de la population civile ont été tuées.

— Aujourd’hui, au cours de l’après-midi, des obus tombent à proximité des voies du chemin de fer, impasse Paulin-Paris, rue Duquenelle et, la nuit, les sifflements se font entendre de nouveau

à plusieurs reprises, tandis que les projectiles éclatent vers la porte de Paris, l’avenue de Laon, les Promenades, la rue de Cormicy,

— Le Courrier donne les différentes communications ou formations suivantes :

Nouvel avis à la population.

En raison de la fréquence et de l’intensité des bon dements, le sous-préfet de Reims, au nom du gouvement par son ordre, engage les habitants de Reims qu’une obligation impérieuse ne retient pas, à quitter la ville pour quelques temps. Il insiste principalement sur le devoir absolu des chefs de famille de mettre sans retard en sécurité leur femme et leurs enfants.

Ainsi qu’il a été dit, toutes facilités seront donnée: le retour des personnes qui se trouvent actuellement à Reims, dès que les circonstances le permettront.

Le sous-préfet de Reims : Jacques Regnier

Ville de Reims.

Le service du ravitaillement dispose de deux mille de cassoulet (viande et haricots) qui peuvent être cédées immédiatement à la population aux prix de :

– 0,85 F la boite de 500gr.
– 1,55 F la boîte de 1 kg.
et d’une petite quantité de morue.

S’adresser à l’abattoir municipal et aux soupes populaires de Melle Foubiaux et de Mme Perottin.

Départs.

Les autos militaires qui conduisent à Epemay nos concitoyens n’étant pas toutes remplies par les vieillards et les jeunes enfants, les places restantes seront mises à la disposition des autres personnes désirant quitter Reims.

On devra s’inscrire, à partir de 5 h du soir au commissariat central.

Contre les gaz asphyxiants. Conseils.

Des personnes ayant été incommodées en portant secours à d’autres personnes victimes d’accident, il est rappelé que le premier soin à prendre est de revêtir son propre masque, et, si possible, d’appliquer celui du blessé.

Revêtir également son masque lorsqu’on pénètre dans une maison qui a reçu des obus asphyxiants.

L’adieu aux partants.

M. le maire de Reims était présent au premier convoi automobile emmenant des vieillards et des enfants.

Il les a salués en termes pleins d’émotion et avec un at­tendrissement visible.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi-Saint – Jeudi 5 – + 3°. Nuit assez agitée ; bombardement violent jusqu’à 10 h. soir. Ronflement lointain de la canonnade toute la nuit, Berry- au-Bac et la Neuvillette, attaque allemande. Le matin, silence jusqu’à l’heure de la messe à 8 h. Visite à Clairmarais ; autel et abside anéantis. Retrouvé sept hosties sur 10. Les personnes pieuses ont demandé d’être communiées avec ces 7 hosties retrouvées. Ciboire écrasé sous le piédestal de la statue du Sacré-Cœur. Bombardement à partir de 2 h. Visite à Saint-Remi : un obus est entré par une fenêtre du chœur (Nord-Est à peu près) ; est tombé près du tombeau de Saint Remi, y a projeté des débris de maçon­nerie d’une arcature du triforium, sans faire aucun mal au tombeau. Bom­bes toute la soirée. Canons français de 10 h. à minuit. Bombes allemandes jusqu’à 4 h., sur l’abattoir où elles font une brèche à la maison du con­cierge ; le Café du XXe siècle a sa devanture brisée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Jeudi 5 avril

Nos troupes ont continué à refouler l’ennemi sur le front de la Somme à l’Oise et l’ont rejeté au delà d’une position dominante très importante, jalonnée par les villages de Grugies, Urvillers, Moy, qui ont été enlevés brillamment par nos troupes.

Au nord de la ferme de la Folie, les Allemands, bousculés par une attaque irrésistible de nos soldats, ont lâché précipitamment trois lignes de tranchées précédées de réseaux de fils de fer en abandonnant des blessés, et un important matériel; trois obusiers de 150 et plusieurs camions d’escadrille sont tombés en notre possession.

Au sud de l’Ailette, aucun changement dans la situation.

Violente lutte d’artillerie dans la région de Margival et de Laffaux.

En Woëvre, nos pièces à longue portée ont pris sous leurs feux des détachements signalés en gare de Vigneulles.

Dans les Vosges, un avion allemand a été abattu par le tir de nos canons spéciaux.

Les Anglais ont infligé un échec aux Allemands à 1’ouest de Saint-Quentin.

Les Russes ont été refoulés sur le Stokhod par les Austro-Allemands.

Jusserand, ambassadeur de France, a été longuement acclamé par la foule à New-York.

Goremvkine, ancien premier ministre russe, qui avait été emprisonné, est devenu fou.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

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Jeudi 22 février 1917

Louis Guédet

Jeudi 22 février 1917

894ème et 892ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Brouillard intense avec brume et pluie de brouillard. Silence absolu, que se prépare-t-il ? Voilà la question que je me pose maintes fois. Ce silence m’effraie, plus que le canon. Pourvu que nous ne soyons pas trop bombardés durant cette attaque…  et dès les beaux jours. Enfin, à la Grâce de Dieu !…  mais je me sens si peu courageux maintenant. Pas sorti ce matin. Cet après-midi réquisitions militaires, où nous avons eu affaire à des bourriques notables et notamment cette fripouille d’ordure d’entrepreneur, qui à un moment donné devenait insolent envers le sous-Intendant Payen. Je l’ai rappelé vertement à l’ordre et l’ai calmé illico en lui lisant les articles 10 et 11 du Code de Procédure Civile. Çà été une douche pour lui.

Poussé jusqu’à l’Hôtel de Ville pour une signature et rentré chez moi faire mes lettres, répondu à M. Bossu mon cher Procureur Général pour le remercier de tout ce qu’il fait pour moi… Vraiment c’est charmant à lui d’avoir voulu que son dernier acte de Procureur de la République de Reims soit ma proposition au ruban, on ne peut être plus délicat.

Bouvier en me le disant hier, l’avait bien senti. Ce sera pour moi, si cela réussit, et surtout pour ma chère femme et nos chers enfants, un titre de fierté de plus, car une proposition dans ces conditions sort de l’ordinaire. C’est en un mot le complément d’une œuvre, de l’œuvre de mon aimable Procureur, qui dit ainsi : « Voilà le seul homme digne de mon attention durant le temps que j’ai été Procureur de la République à Reims, et pendant la Guerre… » Mais je ne l’ai pas encore, et puis en suis-je digne ?!! si je l’ai que Dieu me soutienne et m’éclaire, et me garde pour que je ne la ternisse jamais, au contraire !!… Et que surtout mon pauvre cher vieux Père le voie !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 22 – Nuit tranquille ; + 5°. Malade ; pas dit messe.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 22 février

Activité des deux artilleries dans la région de la Butte-du-Mesnil et sur la rive droite de la Meuse, vers le bois des Caurières et vers. Nos tirs d’artillerie ont allumé un incendie dans les lignes adverses, à la lisière du Grand-Chenais.

Un coup de main ennemi sur un de nos petits postes du secteur de la ferme des Chambrettes a échoué sous nos feux.

Les Anglais ont exécuté avec succès plusieurs opérations en différents points du front.

Sur la Somme, ils ont occupé des éléments de tranchées au nord-est de Gueudecourt, en faisant 21 prisonniers.

Un détachement est entré fort avant dans les lignes allemandes, au sud d’Armentières, sur un front d’environ 600 mètres, infligeant de nombreuses pertes à l’ennemi et ramenant 44 prisonniers. Un autre coup de main a permis à nos alliés de pénétrer dans les positions allemandes sur un front de 450 mètres. L’ennemi a subi de fortes pertes. 114 prisonniers, dont un officier, et 4 mitrailleuses ont été capturés.

Activité d’artillerie au nord de la Somme et en divers points entre Armentières et Ypres.

Par un ordre en Conseil, le gouvernement anglais a encore renforcé le blocus.

M. Wilson a reçu du Sénat de Washington des pouvoirs élargis.

Avance britannique en Mésopotamie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

bezonvaux-1916

 

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Dimanche 21 janvier 1917

Rue Lesage

Louis Guédet

Dimanche 21 janvier 1917

862ème et 860ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Toujours le même temps, froid mais paraissant fléchir, la neige fond un peu. Il fait froid quand même. Ciel gris, vole la neige, vole toujours au-dessus de nos têtes ! Silence sur toute la ligne, c’est vraiment impressionnant ! Que se prépare-t-il ? Ce n’est pas sans m’inquiéter ! On jase, ragote, rapporte un tas de nouvelles plus ou moins vraies ! à force on n’y prête plus attention, on annonçait la prise de Soissons ! Des troupes formidables se rassemblent autour de Reims, on va évacuer…  tout cela est énervant, quoique je n’y crois pas je ne suis pas sans être impressionné. Dans la rue je suis arrêté 20 fois pour me demander ce qui peut être exact sur ces faux bruits. Je rassurer le mieux que je puis…  mais beaucoup restent incrédules. Les faux bruits sont toujours plus crus que les vraies nouvelles.

On cause toujours beaucoup de l’affaire Goulden ! En général on dit qu’il a de la chance de s’en être tiré avec la seule amende ! En tout cas tout a été bien préparé, machiné et de Truchsess a servit de « tête de turc ». Il en sera quitte pour émarger d’un x % sur les bénéfices de la Maison Heidsieck-Monopole et tout le monde sera content.

Non. Auguste Goulden n’a pas ignoré la loi du 4 avril 1915 ! A telle enseigne qu’à ce moment-là il m’a causé de sa société et de Brinck (à vérifier) son associé allemand, me demandant s’il y avait un moyen de le supprimer, et je le vois encore sur le péristyle de l’escalier de l’Hôtel de Ville causant avec moi. Et comme ma réponse était négative, et que je lui conseillais d’aller voir le Procureur de la République pour lui exposer son affaire en toute simplicité, il me répondit avec sa morgue habituelle de riche négociant : « Je ne vais pas voir ces gens-là !! » Je lui répondis : « Vous avez tort, réfléchissez ! » Et quand Dondaine, nommé séquestre est allé au siège de la société rue de Sedan pour prendre les renseignements avec le Commissaire de Police du 2ème canton, j’étais encore là : « Réponse négative ! Refus ! » – « Nous n’avons pas d’ordres !! » Toujours la porte fermée…

Tout cela ne pouvait qu’indisposer le Parquet !! auprès duquel j’ai défendu de mon mieux Auguste Goulden qui ne le saura jamais, et si le rapport de M. Bossu a été moins violent et moins dur, c’est grâce à cela, et à mes instances. Le Procureur me l’a avoué après. J’avais tout de même ébranlé sa conviction que Goulden était un pro-Boches. Mais il était très remonté contre lui au début : Je le vois encore brandissant son ordre de saisie des vins achetés par Guillaume II à la Maison Heidsieck-Monopole, et me disant : « Je saisis Guillaume en attendant la torpille que je prépare à Goulden, qui, vous avez beau dire M. Guédet, est un allemand ! » Je protestais…  je défendais ce pauvre Auguste Goulden, j’allais même jusqu’à plaider du manque d’intelligence de sa part : « Soit de la bêtise si vous voulez, M. le Procureur, mais allemand non ! » Enfin l’avenir nous dira le reste. Tout le monde complote en Champagne. (Rayé) …intéressante.

Que voulez-vous donc aussi, que le Dr Langlet, Émile Charbonneaux, Raoul de Bary, Georget disent et déposent au sujet de Goulden !! Ils ne pouvaient pas le charger et mon Dieu dire le fond de leur vraie pensée !!…

Enfin l’affaire est jugée. Il échappe à la prison, tant mieux pour lui, et surtout pour sa charmante jeune femme et son enfant. Mais l’opinion restera toujours fort incrédule sur son innocence !…  et le premier verdict sera toujours pour beaucoup le seul reconnu juste, le vrai.

Une bien bonne que Croquet mon greffier militaire pour les réquisitions me comptait hier. Il me disait qu’il n’était pas sûr que le sous-Intendant Payen viendrait à l’audience de jeudi prochain, parce qu’on avait défendu aux automobiles militaires de circuler à cause de la neige, et donc la crainte d’accidents !! Alors Payen cherchait un civil ayant automobile qui pourrait l’amener ici jeudi !! C’est le comble !!…  et bien militaire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 21 janvier 1917 – Par un beau temps sec et un calme relatif assez engageant, l’idée me vient de tenter une promenade matinale en direction du Petit-Bétheny, sans savoir quel pourra en être le terminus, puisque c’est la première fois que j’essaierai de me rendre compte jusqu’où les habitants de Reims sont autorisés à circuler de ce côté. Je m’aperçois, en suivant la rue de Bétheny que la limite de circulation est fixée à hauteur de l’établissement des Petites Sœurs des Pauvres, la zone militaire commençant à cet endroit.

Ne pouvant aller au-delà, j’effectue mon retour par la rue de Sébastopol, le faubourg Cérès et la rue Jacquart que je n’ai qu’à longer jusqu’au bout pour rentrer place Amélie-Doublié par la rue Lesage.

Tandis que je m’approche du pont Huet et que les sifflements se font entendre maintenant et de mieux en mieux, je vois parfaitement les explosions des obus se succédant les uns aux autres, rue de Brimontel, à droite, vers le dépôt des machines de la Cie de l’Est. C’est là, que « ça » tombe aujourd’hui sans arrêt.

La pensée me vient seulement, en apercevant nos pièces en batterie à la gare du CBR, puisqu’elles se sont mises à claquer au moment de mon passage devant elles — ce qui m’a fait comprendre une fois de plus, qu’à si peu de distance et lorsqu’on ne s’y attend pas, il faut bien se tenir au départ d’un 75 — que je me trouve peut-être par ici, dans une zone interdite. Je l’ignore totalement, n’ayant vu personne depuis le faubourg Cérès, et, d’ailleurs, je suis trop près du but maintenant ; je continue donc en traversant les voies du chemin de fer sur le pont Huet, pour regagner mon domicile provisoire, dans le quartier, par la partie haute de la rue Lesage, où il n’y a plus guère que des cantonnements.

Et tout en terminant ma tournée, je pense que les canonniers qui m’ont révélé leur présence doivent s’amuser, de temps en temps, quand ils voient venir quelque passant à qui ils ne peuvent faire une surprise ; il est vrai que l’occasion doit être très rare dans ces parages.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Rue Lesage


Cardinal Luçon

Dimanche 21 – – 2°. Nuit tranquille ; journée tranquille en ville ; au loin canonnade.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 21 janvier

Dans la région du sud de Lassigny, la lutte d’artillerie a continué avec une certaine violence. Un coup de main ennemi, dirigé sur une de nos tranchées, a échoué.
Au nord-ouest de Soissons, une incursion dans les lignes adverses du secteur de Vingré, nous a permis de ramener des prisonniers.
En Alsace, rencontre de patrouilles dans le secteur de Burnhaupt. Une forte reconnaissance allemande qui tentait d’aborder nos lignes dans la région au sud-ouest d’Altkirch a été repoussée par nos feux. Canonnade intermittente sur le reste du front.
Sur le front belge, bombardement réciproque dans le secteur de Ramscapelle. Les pièces belges ont contre-battu les batteries allemandes dans la région de Dixmude, où de violents duels d’artillerie out eu lieu au cours de la journée. Vives actions d’artillerie de campagne et de tranchée vers Steenstraete et Hetsas.
Sur le front d’Orient, canonnade dans la région de Magarevo-Tirnova, sur le Vardar et vers Djoran.
Les Russes ont exécuté un raid heureux dans la zone de Sparavina. Rencontres de patrouilles au sud de Vetrenik et sur la Strouma, vers Hornoudos.
Les Russo-Roumains ont cédé du terrain aux Austro-Allemands à l’un des passages du Sereth.
Canonnade sur le front italien.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 11 janvier 1917

Louis Guédet

Jeudi 11 janvier 1917

852ème et 850ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Assez beau temps, de la neige la nuit mais qui a fondu dans la matinée. Temps humide, froid.

Le matin fait quelques courses, abbé Camu pour un renseignement notarial, Hôtel de Ville, Houlon pour un domestique pour mon Père. Après-midi audience de réquisitions militaires. Rien de saillant à ce sujet. Toujours la même banalité. Sauf M. Prudhomme (Maison Raymond Aubert) qui ne se cachait pas pour me dire combien on m’aimait à Paris (les rémois), et que l’on ne se cachait pas pour dire : Ah! Notre Guédet, voici l’homme qu’il nous faut ! » – Merci – du compliment, mais çà ne prend pas, car je ne ferais pas de mon plein gré de la Politique. Il faudrait nécessité absolue pour le bien de la Ville pour que je me laisse fléchir.

Durant l’audience on m’apprend la nomination du Procureur de la République de Reims M. Bossu comme Procureur Général à Bastia. J’en suis enchanté pour lui, mais pas pour moi, car il me connaissait et j’avais un appui en lui et un défenseur qui m’aimait. Qu’allons-nous, que vais-je avoir pour nouveau Procureur de la République ?…  Là est la question. Je suis attristé de cette séparation, j’aurais aimé me retrouver avec mon cher Procureur, qui m’appelait toujours son Infernal Tabellion, lors de la délivrance de Reims et de la reprise de toute la justice. J’aurais aimé qu’il fût là quand j’aurais déposé ma toge et rendu tous mes services aux juges de Paix de Reims nos messieurs. Enfin il sera dit que tous ceux auxquels je m’étais attaché…  me laisseraient seul.

Rentré ici travailler… !…  toujours toujours. Je suis fatigué.

Une bien bonne que Payen, mon sous-Intendant nous contait tout à l’heure…  il était allé dernièrement à Trigny pour vérifier la sincérité d’une réclamation d’indemnité de réquisition d’un chariot de culture à 4 roues. On se mit d’accord sur le chiffre à payer au propriétaire, soit 1 000 F. Vous croyez que la Commission de vérification de Châlons acceptât ce chiffre sans observation, quoiqu’Intendant et Prestataire fussent d’accord sur ce prix ? Du tout…  La Commission, dans sa haute sagesse, déclara ceci :

Nous acceptons de payer le chiffre de 1 000 F pour cette réquisition, mais comme le beau-père du prestataire nous a réclamé indûment 900 F pour une lorgnette, une lunette de précision, et que ce genre d’instrument ne valent que 450 F, nous n’allouerons donc audit propriétaire du charriot que 550 F, et ainsi nous rentrerons dans nos fonds !!…  Et allez donc !! Celle-là n’est pas dans une musette. Payen n’a pas pu me dire si l’affaire a été définitivement réglée ainsi !! C’est grotesque. Payen tout le premier en hausse les épaules. C’est non seulement à en devenir antimilitariste, disait-il, mais encore anarchiste !…  Je suis de son avis.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 11 – Nuit tranquille ; + 2°. Visite de M. de Sylain, de M. Fendler.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 11 janvier

Lutte d’artillerie intermittente sur la plus grande partie du front, plus active au nord de la Somme, dans les régions de Bouchavesnes et de Cléry et en Argonne dans le secteur du Four-de-Paris.
Sur le front belge, violent duel d’artillerie dans la région de Dixmude. Vers Hetsas, lutte à coups de bombes. L’artillerie belge a réduit au silence les minenwerfer ennemis.
Canonnade habituelle sur le Carso.
Sur le front russe du nord, la lutte continue à l’ouest de Riga (région du lac de Babit). Nos alliés, après un combat acharné, se sont emparés des positions ennemies entre les marais de Tiroul et la rivière Aa : ils se sont avancés de 2 kilomètres vers le sud et ont capturé des prisonniers.
Des contre-offensives ennemies ont été repoussées. Nos alliés, dans les quatre derniers jours, ont pris 21 canons lourds, 11 canons légers, 11 caisses à munitions.
En Valachie, les troupes russo-roumaines ont brisé une série d’attaques. Elles ont fait 335 prisonniers.
M. Briand a remis à M. Sharp, ambassadeur des Etats-Unis la réponse à la récente note de M. Wilson. Cette remise a été effectuée en présence de M. de Beyens, ministre des Affaires étrangères de Belgique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Bouchavesnes 2

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Jeudi 21 décembre 1916

Louis Guédet

Jeudi 21 décembre 1916 

831ème et 829ème jours de bataille et de bombardement

7h1/2 soir  Journée très froide, tournant au dégel, pluie battante après-midi, mais il ne fait pas chaud et cependant je ne suis pas sorti. J’ai encore eu de la fièvre la nuit dernière en sorte que j’ai encore les idées vagues, cependant la journée s’est bien passée. Je ne suis pas sorti et me suis excusé auprès de Payen pour l’audience de conciliations militaires pour les réquisitions, elle a eu lieu quand même. J’en serai quitte pour signer demain matin les procès-verbaux quand Landréat m’amènera mes justiciables pour tenir ici mon audience de conciliations civiles ! Un peu plus je tiendrais justice dans mon lit, ce serait le cas de dire que je tiens lit de justice !! J’ai travaillé comme un nègre, et abattu de la besogne. Demain je serai à jour. Rien appris, rien vu. Je suis resté enfermé, ce n’est plutôt pas gai. Lesage est venu me voir et m’a dit que je pourrais sortir samedi ou dimanche. Je pourrai donc aller à St Martin bientôt. J’en serai heureux, car je suis bien las, mais quelle triste réunion. Quelles tristes fêtes de Noël et du Jour de l’An…  séparés, disséminés, sans savoir si on se reverra ! Pauvre femme, pauvres petits.

Les journaux usent beaucoup d’encres au sujet des propositions de Paix de la part de l’Allemagne. C’est de l’encre bien inutilement perdue. La réponse est bien simple : vous êtes des Bandits et nous ne parlerons de Paix que lorsqu’on vous aura étranglés, et la Paix sera la nôtre et non la vôtre.

Rajouté à ce feuillet, un quart de page daté du 21 novembre 1916, écrit par Madeleine.

21 décembre 1916

Été à l’Hôtel de Ville. Vu le Dr Langlet qui m’a donné des nouvelles du Dr Lévêque (beau-frère du docteur Langlet, médecin à Tony-aux-Bœufs, village voisin de St Martin-aux-Champs), assez mal en point avec un anthrax. Causé avec Gustave Houlon et Martin d’un tas de choses. Quand je suis avec eux c’est un tas de conversations sur un tas de questions. Il faudrait que je fasse une encyclopédie avec eux. Quand j’arrive, c’est un vrai assaut, même des employés de la Ville. Je suis heureux de rendre service à de bien brave gens touchants. Oh ! si la classe dite dirigeante voulait ! Ce qu’elle obtiendrait de tous ces humbles, on remontrerait la France entière, le Monde même, ces gens-là boivent vos paroles.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 21 – Nuit tranquille. + 2°. De 9 à 10 h. gros canons français, bombes allemandes. Expédié lettre au Cardinal de Paris pour lui recommander la situation des séminaristes, trop abandonnés. A 2 h. grosses bombes allemandes et gros canons français. Duel entre batteries. Visite au Fourneau Porte Paris. Le soir à 9 h. fusées éclairantes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 21 décembre

Au sud de la Somme, l’ennemi a violemment bombardé nos lignes, notamment les secteurs de Belloy-en-Santerre, Borny, Pressoir et Ablaincourt. Notre artillerie a énergiquement riposté par des tirs de contre-batterie.

Actions d’artillerie intermittentes sur le reste du front.

Sur le front belge, après une matinée relativement calme, l’ennemi a ouvert, au cours de l’après-midi, un feu violent d’artillerie de tranchée dans la région de Hetsas. L’artillerie belge de tous calibres a réduit les engins ennemis au silence.

Les Italiens, dans le Vallarsa (Adige), ont dispersé par leur tir des groupes ennemis et réduit au silence l’artillerie de l’adversaire. Canonnade sur le haut Astico et le plateau d’Asiago. Sur le Carso, l’artillerie ennemie montre de l’activité. Quelques tentatives de l’infanterie autrichienne ont été aussitôt arrêtées.

Dans l’Est Africain, les Anglais ont repoussé de fortes attaques de l’ennemi. Ils ont capturé une crête importante.

La presse de Berlin exprime la déception que lui suggèrent les discours des gouvernements alliés.

M. Sasonof, ancien ministre des Affaires étrangères de Russie, a été mandé au quartier général du tsar.

Source : La guerre au jour le jour

belloy-en-santerre

Belloy-en-Santerre

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Jeudi 16 novembre 1916

Louis Guédet

Jeudi 16 novembre 1916

796ème et 794ème jours de bataille et de bombardement

6h3/4 soir  Temps de gelée splendide. Il fait vraiment froid. Voilà l’Hiver. Nos pauvres soldats dans les tranchées !!!!… Rien de saillant. Pas sorti le matin, fort occupé. Reçu lettre de Madeleine m’annonçant que Jean est arrivé à St Martin en permission jusqu’au 22 novembre, il doit être à Fontainebleau le 27.

Après-midi audience de conciliation pour les réquisitions militaires. Tout cela suit son cours, mon service étant parfaitement organisé et y veillant. Rentré à 5h, travaillé. Le calme, pas de bombardement sérieux. Le sous-intendant Payen me disait qu’un officier du 403ème (403ème RI, affecté à la défense de Reims depuis le 25 août 1916) lui aurait rapporté qu’un prisonnier allemand se serait vanté qu’ils allaient bombarder Reims pendant 48h sans désemparer ! Attendons, c’est tout ce qu’on peut dire dans notre malheureuse situation.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

16 novembre 1916 – De divers côtés, nous apprenons que les Allemands ont en effet mené, hier, une attaque avec gaz asphyxiants aux Cavaliers de Courcy. Notre artillerie l’aurait brisée.

— Canonnade et sifflements vers 17 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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 Cardinal Luçon

Jeudi 16 – Nuit tranquille à Reims ; mais tir de nos gros canons toute la nuit de temps en temps à longs intervalles. Pas de riposte allemande. – 1° ; beau temps. Matinée bruyante de 9 h. à 11 h. A 5 h. bombes sifflent sur batteries. Plusieurs tombent pas loin d’ici. Puis lecture Wisennmann (Fabiola). Commencé Lagrange (Epître aux Romains).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 16 novembre

Violents combats sur le front de la Somme. L’ennemi a tenté un puissant effort au nord et au sud de la rivière. Il n’a obtenu que des avantages très restreints au prix de pertes très élevées. Au nord, il a attaqué, après un bombardement intense de nos positions, depuis Lesboeufs jusqu’à Bouchavesnes et au-delà. Il a pris pied seulement dans nos éléments avancés, à la corne nord et à la lisière ouest du bois de Saint-Pierre-Vaast. Au sud, il a porté ses assauts sur le front Ablaincourt-bois de Chaulnes. La lutte s’est terminée par l’échec des Allemands, qui ont dû rentrer dans leurs tranchées de départ, sauf dans la partie est du village de Pressoir où ils ont pu progresser. Les Anglais ont gagné du terrain au nord de l’Ancre. Leur chiffre de prisonniers monte exactement à 5.678. Leurs pertes sont peu importantes. Au sud de l’Ancre, ils ont fortifié leurs positions à l’est de la butte de Warlencourt. Nouveau succès serbe dans la région de la Cerna. Nos alliés prennent le village de Cegel. De concert avec nous, ils progressent au nord de Veleselo vers Tepavoi. Le chiffre de leurs prisonniers est, au total, de 3,200. Les Roumains reculent en Valachie et réalisent des avantages en Dobroudja. Succès russe sur la Narajovka. L’Amérique fait une démarche à Berlin en condamnant les déportations belges. La Russie proteste contre l’appel austro-allemand aux Polonais.

Source : La guerre au jour le jour

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Jeudi 19 octobre 1916

Louis Guédet

Jeudi 19 octobre 1916

768ème et 766ème jours de bataille et de bombardement

9h3/4 soir  Pluie diluvienne toute la journée, couru en ville. Reçu une souscription à l’Emprunt, la seule sans doute que je recevrai moi-même. Réquisitions militaires, toujours aussi camarade avec mon sous-intendant Payen. Peu d’affaires. Mais très occupé par une lettre plus qu’amicale de mon cher Procureur Bossu au sujet de mon affaire de simple police. Que d’encre ! que d’encre !! Vu le Président qui tonne contre les soudards et contre tout le monde, n’admettant pas qu’on me touche. Texier affectueux et bon ami. Cela m’encourage, car je vois que tous m’aiment !! bien et fort et fidèlement. M. Mathieu très affectueux et navré avec moi de toute cette histoire, tout en lui occasionnant un travail formidable. Je viens d’écrire 10 pages de lettres à mon vénéré Procureur, pour lui faire la Genèse de toute cette histoire. Enfin je vais me reposer ! Je suis éreinté ! Pas écrit à ma Pauvre femme ! Je n’en n’ai pas le temps. Je n’en puis plus.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 19 – + 10°. Nuit tranquille. Pluie. Vers 3 h. gros canons français. Pluie toute la journée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 19 octobre

Au nord de la Somme, nous avons achevé la conquête du village de Sailly-Saillisel et occupé les croupes qui se trouvent au nord-ouest et au nord-est du village.
Au sud de la Somme, la première ligne allemande a été enlevée d’un bond sur tout le front entre la Maisonnette et Biaches. Nous avons fait 250 prisonniers dont 5 officiers et capturé plusieurs mitrailleuses.
Notre aviation de chasse s’est montrée très active: 3 avions ennemis ont été abattus sur le front de la Somme.
Sur la rive droite du Vardar, nous avons enlevé les tranchées ennemies sur une profondeur de 400 mètres. Les troupes serbes ont progressé sur les pentes nord-ouest du Dobropolie. Fusillade et canonnade dans la plaine de Monastir. Des contingents turcs sont signalés sur la basse Strouma.
Les Italiens ont détruit deux colonnes autrichiennes au Pasubio.
Les Roumains, qui tiennent bon sur tous les cols des Alpes transylvaines, ont fait 440 prisonniers
.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 8 octobre 1916

Louis Guédet

Dimanche 8 octobre 1916

757ème et 755ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps couvert, brume s’élevant un peu l’après-midi, lourd. Nuit pluie battante. Messe de 8h1/2, écrit des lettres. Après-midi porté à la Poste ces lettres et poussé jusqu’à l’ancien bureau télégraphique pour réclamer une dépêche de l’Intendant de Châlons qui me l’avait envoyée hier matin, et qui ne me l’avait pas transmise. De là été à St Remy en passant par les Tilleuls, remonté la rue de Fléchambault, rues tristes et désertes. Cette place de St Remy à pareil jour si animée et bruyante, morne et lugubre. Je suis arrivé juste pour la bénédiction du St Sacrement, il y avait tout de même quelques fidèles. Repassé par le commissariat du 3ème canton place Suzanne pour communiquer à M. Speneux une plainte faite contre lui par une de nos justiciables de mardi dernier, à qui il a fait une réflexion qu’il n’aurait pas dû faire, car c’est une très honnête femme. Je ne l’ai pas trouvé mais lui ai demandé de venir me voir demain matin pour arranger cela. J’en ai déjà causé avec le Procureur M. Mathieu, substitut, que j’ai rencontré avant et qui est de cet avis. Repassé voir Croquet, mon greffier militaire, au 161 de la rue du Barbâtre, pour lui faire contremander (avertir quelqu’un de ne pas se rendre à l’invitation qui lui a été faite) mes convocations du 17 pour le 19 ainsi que Payen me le demandait dans sa dépêche. Pas trouvé, mais il sort d’ici, je lui ai donné mes ordres et une dépêche pour l’Intendant de Châlons. Je suis rentré à 4h1/2 éreinté. Je ne suis plus fort ! et comme toujours fort impressionné des ruines que j’ai revues et du morne de notre ville.

Voilà ma journée de dimanche ainsi « traînée », que c’est dur et triste. Quand je pense qu’il va falloir passer encore un hiver comme cela, j’en frissonne d’angoisse.

8h1/2 soir  Pendant que je dinais, grand débat entre nos 3 braves gardiens, Jacques, Lise et Adèle. Ceux-ci discutant gravement, voire âprement sur leur juge de Paix, sa compétence, sa justice, etc… C’était fort amusant : on arriva à parler du départ du Tribunal Civil à Épernay.

Adèle de dire : Monsieur reste et restera.

Jacques : Croyez-vous ?

Lise : …………….. ???

Adèle : Je vous dis que si ! à preuve que j’ai vu dans le Petit Rémois que Monsieur resterait et que de plus il aurait bien plus d’ouvrage là !!

Jacques : Comment çà ?…

Lise : ……………….. (silence)…………….

Adèle : Pardi, puisque le Tribunal s’en va, Monsieur restera, vous le savez bien, et puis j’ai lu dans le Petit Rémois, et j’ai lu attentivement, que pour ne pas déranger les gens de Reims M. le juge restera et sera chargé d’instruire les ceux qui ne voudront pas aller à Épernay : comprenez-vous ??…

Jacques : Ah !…

Lise : …… (silence)…

Adèle : Vous voyez bien que Monsieur aura bien plus à faire. Quand je vous le disais !!

Silence général.

Adèle triomphe !!

Mais, il y a un mois, c’est que mon brave chien de garde qui prend tour pour alentour.

Dans l’article du Petit Rémois (l’Évangile d’Adèle) on parle du transfert, de départ du Tribunal à Épernay où il est ajouté que pour l’instruction des affaires correctionnelles les habitants n’auront pas à se déranger : « M. le Juge devant se tenir à la disposition des habitants de Reims et instruire comme par le passé les affaires relatives à Reims ». Or, pour la brave Fille, « M. le Juge », c’est « Monsieur ». Donc me voilà de par elle passé « Juge d’instruction !!!… » Et elle n’en démordre pas croyez m’en. Du reste Jacques et Lise n’ont pas protesté…  Voilà comme on écrit l’histoire !!

Je me suis bien amusé, in-petto en tout cas !!…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 8 – Nuit tranquille. + 12° ; pluie. Voyage à Bouzy où Mgr Neveux confirme. Je donne confirmation à Ambonnay. Enchanté de la cérémonie, de l’assistance. Le Général Debet envoie ex officio le Colonel Mallet pour me présenter ses hommages. Très belle cérémonie par l’affluence et des fidèles et des soldats. Rencontré à Ambonnay l’Abbé Desgranges. Temps pluvieux la matinée ; passable l’après-midi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Dimanche 8 octobre

Au nord de la Somme, notre infanterie a attaqué, en liaison avec l’armée britannique, en partant du front Morval-Bouchavesnes, et a brillamment atteint tout ses objectifs. Notre ligne a été portée à 1200 mètres au nord-est de Morval. Elle couronne les pentes ouest de la croupe de Sailly-Saillisel, toute la route de Bapaume à 200 mètres environ de l’entrée de Sailly et borde les lisières ouest et sud-ouest du bois de Saint-Pierre-Vaast, d’où elle se dirige sur la cote 130. On compte 400 prisonniers, dont 10 officiers et une quinzaine de mitrailleuses. De gros rassemblements ennemis ont été pris sous le feu concentrique de nos batteries.

Sur le front de Macédoine, succés alliés. Les Anglais ont enlevé six villages à la droite de la Strouma. Les Italiens ont pris l’offensive. Les Serbes ont escaladé le plateau de Dobro-Polié. Nos troupes ont occupé German. C’est l’investissement de Monastir.

Les Italiens sont maîtres de la cote 2456, dans le massif de la Dusa Alta (Haut-Avisio). La garnison a été détruite.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 18 août 1916

Louis Guédet

Vendredi 18 août 1916

706ème et 704ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Temps couvert gris, temps d’automne, déjà !…  Hier soir vers 9h alerte, des obus sifflent, je fais descendre mes livres, dossiers courants…  J’attends à moitié habillé jusqu’à 10h du soir. Ce n’a été qu’une alerte. Ce matin le calme. Cet après-midi audience de réquisitions militaires à 2h.

6h soir  Réquisitions militaires au Palais de 2h à 6h du soir. Il y avait beaucoup de prestataires qui cette fois sont venus. Pas mal de conciliations, mais toujours des non-conciliations pour de gros chiffres. Les prestataires refusent par principe et ne réfléchissent pas que c’est une conciliation, par conséquent le chiffre offert leur paraissant trop minime, peut être modifié en causant avec le sous-intendant militaire Payen, qui certes fait tout ce qu’il peut pour satisfaire de justes réclamations. Mais ces Messieurs les gros prestataires ne daignent pas se déranger et envoient des mandataires qui ont peu ou point d’instructions…  conciliatrices… !! C’est se moquer du monde de la Belle façon !! Payen en est révolté !! Quant à moi cela me laisse indifférent…  je les connais tellement bien. Lettre à ma pauvre femme qui s’inquiète sur Jean qui se plaint de son foie, pourvu qu’il ne lui arrive rien ! J’ai déjà bien assez de soucis et d’épreuves.

Payen pense m’envoyer mon adjoint militaire d’ici lundi. Je le souhaite, je le désire. Cela devient trop écrasant pour mon dévoué Landréat. Ensuite j’entamerai la question appointements à la Ville pour lui. Il ne les aura pas volés.

Lettre de M. Jadart, secrétaire de l’Académie, qui me remercie de mes renseignements sur l’incendie de l’Hôtel-Dieu. Je vais lui envoyer des photographies que Lesage m’a données pour l’Académie. De plus il me demande de mettre de côté ma communication sur le pillage du château de St Thierry. Enfin ils se rendent à l’évidence !! Ce n’est pas trop tôt ! Je lui en enverrai une copie.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 18 – Nuit et journée tranquilles. Visite du Lieutenant Colonel Clanat… Expédié Mandement sur vœu. Via Crucis in cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Vendredi 18 août

Sur le front de la Somme, après une intense préparation d’artillerie, nous avons prononcé des actions offensives qui nous ont valu des gains importants.
Au nord de Maurepas, nos troupes, en liaison avec l’armée britannique, ont enlevé toute une ligne de tranchées allemandes sur un front de 1500 mètres environ et ont atteint, sur certains points, la route de Guillemont à Maurepas. Au sud de ce village, sur un front de 300 à 500 mètres, toutes les positions de l’ennemi à l’est de la route de Maurepas à Cléry ont été également occupées par notre infanterie après un vif combat qui a coûté des pertes importantes à l’ennemi.
Au sud de la Somme, nos troupes se sont emparées d’un seul élan d’un système de tranchées allemandes sur une longueur de 1200 mètres au sud de Belloy-en-Santerre : 60 prisonniers ont été capturés.
Le passage des troupes russes a continué sur la Zlota-Lipa, sous le feu de l’ennemi qui s’efforce d’empêcher la construction des ponts. Nos alliés ont capturé 7 officiers, 413 soldats et 3 mitrailleuses. Ils ont occupé dans les Carpathes Jablonika que l’ennemi avait dû évacuer. Au sud de ce point, sur le Pruth, à Vovokla-Argoliouj, ils ont pris 32 officiers et 1006 soldats en poursuivant leur offensive.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 12 août 1916

Louis Guédet

Samedi 12 août 1916

700ème et 698ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps, chaud et lourd. Quelques obus cet après-midi. Payen, le sous-intendant militaire était étonné de ce que nous les entendions venir de très loin durant notre audience de réquisitions militaires au Palais de Justice. Cela s’organise et cela marchera. Nouvelles des miens, bonnes nouvelles de Robert, lettre de Maurice le pauvre petit, je lui répondrai demain. Voilà toute ma journée, quand même fatigante. Vu ce matin M. et Mme Eugène Becker, celle-ci bien courageuse. (Leur Fils Maurice, lieutenant d’artillerie au 40ème RA, a été tué le 22 août 1914 à Pierrepont (54), sa fille posthume Élisabeth épousera un polytechnicien, aura 8 enfants et décèdera à l’âge de 101 ans).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 12 – Nuit et journée tranquilles. Visite de M. Faire pour Prisonniers (Œuvre de secours). A 4 h. 1/2 aéroplane allemand ; tir contre lui des canons français ; tir des canons allemands ; bombes sifflantes contre nos batteries. Un éclat d’obus allemand tombe dans la cour. Aéroplanes français entrent en scène. Un éclat tombe dans le jardin, à 1 mètre du banc, le long de la bordure, devant mon bureau. Un soldat tué boulevard de la Paix ; un autre blessé très gravement rue du Barbâtre, je crois fils d’un boulanger. A 11 h. un aéroplane allemand laisse tomber des bombes près de la gare de la Haubette.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 12 août

Au nord de la Somme, nous avons, au cours de la nuit, accompli des progrès dans la région du bois de Hem et porté à une centaine le nombre de nos prisonniers. Nous avons capturé 6 mitrailleuses.
Au sud de la Somme, une reconnaissance allemande, qui tentait d’aborder nos lignes en faisant usage de liquides enflammés, a été dispersée à l’ouest de Vermandovillers.
Sur la rive droite de la Meuse, bombardement intermittent de la région de Fleury et de Vaux-Chapitre.
Dans les Vosges, un coup de main ennemi, précédé d’un bombardement, sur un saillant de nos lignes au nord-ouest d’Altkirch, n’a eu aucun succès et a causé des pertes aux assaillants.
Nous avons abattu un avion allemand sur le front de la Somme; deux autres ont été contraints d’atterrir. Nos escadrilles ont jeté des obus sur le front de Lassigny-Combles, sur les gares de Digny, d’Apilly, de Bazincourt et de Spincourt.
Les Anglais ont poursuivi leur progression au nord-ouest de Pozières, exécuté un coup de main heureux au sud d’Arras et repoussé une tentative analogue de l’ennemi près d’Hulluch.
Les Russes, après leur grand succès de Tysmenitza, ont continué d’avancer vers Stanislau en faisant des prisonniers.
Les Italiens, maitres de toute la rive gauche de l’Isonzo, de Tolmino jusqu’à la mer, ont dirigé des raids de cavalerie sur les lignes ennemies. Les prisonniers continuent à affluer dans leurs centres de concentration; on en compte plus de 12.500.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Jeudi 10 août 1916

Louis Guédet

Jeudi 10 août 1916

698ème et 696ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Pluie le matin et temps lourd et orageux ensuite. Calme. Déjeuné chez le Président Hù, 79, avenue de Paris. Il y avait Payen, sous-intendant militaire, Mathieu, substitut du Procureur de la République, Dupont-Nouvion avocat, Robert Lewthwaite et Léon de Tassigny. Conversation quelconque, émaillée d’histoires plus ou moins graves.

A 2h, Audience de conciliations de réquisitions militaires, nous marchons. Je vais avoir un soldat affecté spécialement à ce service, au courant des réquisitions. Été à la Ville pour faire passer une note dans les journaux pour prévenir les prestataires de se pointer exactement sinon le dossier sera classé pour après la Guerre. Causé avec le Maire, de Bruignac et Raïssac, secrétaire en chef. Rentré chez moi fort fatigué. Demain audience civile le matin.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 10 – Nuit et journée tranquilles. Écrit au Cardinal Gasparri : Prisonniers transférés.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Photo : Louis Corré, Collection Gérard Corré


Jeudi 10 août

Nous avons réalisé quelques gains au nord de la Somme où nous nous sommes emparés d’un petit bois et d’une tranchée fortement organisée par l’ennemi au nord du bois de Hem. Nous avons conquis, dans cette région, depuis le 7, toute une ligne de tranchées sur un front de 5 kilomètres.
Des détachements ennemis ont été dispersés par notre feu en Champagne.
Violent combat sur la rive droite de la Meuse dans le secteur Fleury-Thiaumont. L’ennemi avait pris pied dans quelques tranchées et dans l’ouvrage de Thiaumont. Nos contre-attaques nous ont permis de reprendre les tranchées et de rentrer dans l’ouvrage.
De même, nous avons enlevé des tranchées allemandes dans le secteur le Chapitre-le-Chenois, faisant 200 prisonniers.
Un taube a bombardé Nancy : 5 blessés.
Les Russes, avançant sur le Sereth, ont porté à 8500 le nombre de leurs prisonniers.
Au sud du Dniester, ils ont progressé sur un large front, enlevant la ville de Thonacz. De ce côté, ils ont capturé 2000 Allemands et plusieurs canons lourds.
Les Italiens, qui ont pris l’offensive dans le Carso, près de Monfalcone, ont remporté un brillant succès. Ils ont capturé la tête de pont de Goritz dans la même région, faisant 8000 prisonniers, dont 200 officiers : 11 canons sont tombés entre leurs mains.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Jeudi 20 juillet 1916

Louis Guédet

Jeudi 20 juillet 1916

677ème et 675ème jours de bataille et de bombardement

7h1/2 soir  Beau temps. Va-t-il enfin y rester. Cette nuit à 3h du matin une escadrille d’avions est passée au-dessus de Reims jusqu’à 4h. Pourvu que nous n’en subissions pas le contrecoup ! Audience de réquisitions militaires avec Payen (à vérifier). Je crois que nous pourrons liquider rapidement nos 287 dossiers. Nous en avons nettoyés 64 aujourd’hui. Nous avons pris rendez-vous pour les 8 – 10 – 12 août, ensuite nous verrons. Le Président est venu nous voir et nous a annoncé triomphalement qu’il avait loué un appartement à Épernay et que le Tribunal serait installé pour le commencement d’août…  et puis…  ce sera les vacances ! Belle occasion de ne rien faire !! encore pendant 3 mois !! C’est triste ! Vu le Père Virion (au Collège St Joseph, rue de Venise) qui m’a dit que le Père Pottié était revenu exténué de Verdun où son régiment le 291ème avait perdu 80% de son effectif, ils l’ont refondu dans le 348ème Régiment d’Infanterie. (Le 291ème RI a été effectivement dissous en juin 1916, un monument à sa mémoire se trouve à la nécropole de Sillery(51)).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

20 juillet 1916 – A 22 h 1/2, au moment où je commence à sommeiller, les doubles détonations bien connues de certaines pièces ennemies se font entendre. Ces pièces, qu’à tort ou à raison on a dit être montées sur tracteurs, nous ont toujours paru tirer tout près de la ville, car les explosions des arrivées suivent presque immédiatement les coups des départs.

Cette nuit, elles tirent précipitamment et je crois à un bombardement en ville, que je cherche à m’expliquer à cause du passage, le matin, d’une escadrille d’avions partie pour un raid dans les lignes allemandes. Mais nos 95 du Port-sec se mettent bientôt à riposter énergiquement ; peu après, les 75 qui claquent si bien qu’on les croirait parfois en batterie sur la place même, devant nos fenêtres, se mettent, eux aussi de la partie.

Pendant quelques minutes, on tire de part et d’autre ; pour celui qui aime ce bruit, c’est un beau vacarme.

Finalement, les Boches se taisent et je puis faire une bonne nuit. Le lendemain, nous apprenons qu’il s’agissait encore d’un bombardement des tranchées.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Jeudi 20 – Paris. Soigné, électricité par Dr Fiessuiger.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 20 juillet

Deux coups de main dirigés par l’ennemi sur nos petits postes, l’un dans la région de Paschendaele (Belgique), l’autre au nord de l’Aisne, vers Paissy, ont totalement échoué.
Au sud de la Somme, une petite opération effectuée par nous au sud d’Estrées, nous a permis d’enlever quelques tranchées et de faire une soixantaine de prisonniers.
Sur le front de Verdun, bombardement de nos premières et de nos deuxièmes lignes dans la région de la cote 304. Activité intense de l’artillerie dans le secteur de Fleury sans action d’infanterie.
Aux Eparges, une tentative d’attaque sur un de nos petits postes a été repoussée.
Les Allemands ont donné un violent assaut aux nouvelles positions anglaises à l’est de Bazentin. Ils avaient concentré là des forces importantes. Après une violente préparation d’artillerie, ils s’élancèrent en masses profondes. Ils pénétrèrent dans le bois Delville et prirent pied sur la lisière nord de Longueval. Toutes leurs attaques contre la ferme Waterlot étaient arrêtées. Un peu plus tard, les Anglais reprenaient à Longueval et au bois Delville la majeure partie du terrain perdu. Ils dispersaient un gros rassemblement ennemi qui préparait une nouvelle attaque contre Waterlot.
Les Russes ont accentué leur avance sur la Lipa, en Wolhynie, et fait pénétrer d’importants contingents en Hongrie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Paschendaele

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