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Samedi 1er janvier 1916

Paul Hess

En 1916, le bureau de la comptabilité, à l’hôtel de ville, fonc­tionne avec MM. Cullier, Vigogne, Guérin, Hess et Joly. Ce dernier, devenu malade, doit partir dans sa famille en cours de mai. Reve­nu trois mois plus tard, il ne peut rester à son poste que quelques jours ; obligé de retourner se faire soigner, il revient reprendre son emploi en novembre.

Après le départ de M. Joly, un jeune homme, Chardon, dont le père est à la disposition du service du « ravitaillement », entre comme auxiliaire au bureau, pour aider à la mise sur pied de la partie spéciale du travail relative aux logements et cantonnements des troupes, qui prend chaque jour de plus en plus d’importance.

Malgré des bombardements pour ainsi dire journaliers, la fin de l’année 1915 avait été trouvée assez calme, c’est-à-dire que ces bombardements — devenus des ripostes aux tirs de nos batteries — tout en s’étendant encore trop souvent sur les quartiers les avoi­sinant, n’étaient plus aussi fréquemment des arrosages sans autre but que la destruction de la ville.

L’année 1916, pour son début, a également d’assez longues périodes de calme, coupées quelquefois par des tirs sur les routes, des démonstrations de notre artillerie, des canonnades au loin. Il arrive même que la tranquillité se prolonge au point que chacun s’en montre surpris ; par moments, on se demande ce que cela peut bien signifier.

Dans l’ensemble, les Rémois n’oubliant pas ce que les Alle­mands leur ont déjà ménagé de surprises terribles, mettent ce répit à profit sans trop se réjouir ; ils ont l’intuition que la menace reste la même, malgré les déductions très rassurantes des « tuyautés ».

L’amélioration passagère de la situation est souvent l’unique sujet des conversations. On plaisante et il n’est pas rare qu’afin de provoquer les réflexes d’un ami, quelqu’un lui dise : « Ils doivent être partis », sans en rien penser. Pendant ces jours de quasi- sérénité, on vit tout de même moins tristement et l’on reprendrait vite les anciennes habitudes. Des réparations aux immeubles sont faites de-ci de-là ; quelques maisons très fortement endommagées par les obus sont remises entièrement en état.

C’est que l’ennemi, occupé sur d’autres points du front n’a sans doute pas le temps de penser à nous et doit nous négliger. La préparation du coup formidable qu’il voulait porter sur Verdun, où son offensive se déclenche le 21 février, a pu lui faire dégarnir provisoirement les positions qu’il tient depuis si longtemps devant Reims. La résistance glorieuse que nos troupes doivent lui opposer a, du reste, très probablement obligé le commandement à procéder de même, de notre côté. Mais ses attaques furieuses sur cette place sont renouvelées sans cesse pendant cinq mois… aussi, avant qu’il soit contraint de reconnaître que son effort a été brisé, il affirme sa présence, en rendant à nouveau l’existence très pénible dans notre ville.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cath-Allemands


 Cardinal Luçon

Samedi IerNuit tranquille. Journée tranquille, sauf quelques coups de canon.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Samedi 1er Janvier 1916. À toi le premier, mes pensées mon Charles. Si tu existes encore, ce que tu dois souffrir, encore plus que nous. Ce matin je suis allée souhaiter la bonne année à tes parents et en même temps à Juliette Couronne puisqu’ils sont ensemble. Ta maman m’avait dit que j’aille dîner avec eux pour me changer un peu les idées mais j’ai refusé. Les réunions me font mal sans toi, surtout un jour comme ça, et je veux vivre en recluse tant que tu ne seras pas revenu. Juliette était plutôt triste. La veille au soir ton parrain avait reçu l’ordre de partir soldat dans huit jours pour Verdun. Tu penses qu’ils n’étaient pas gais non plus.

En repartant je suis passée par la Poste pour voir s’il y avait quelque chose pour moi, mais rien. Je suis rentrée aux caves à midi. Les ouvriers sortaient de la réception car M. Cochet avait tenu à ce qu’il y en ait une afin de distribuer une prime à chaque ouvrier ayant travaillé sous le bombardement, et tous ont été contents. Ils ont reçu une centaine de francs chacun. M. Cochet a parlé des disparus et des tués ; c’était émouvant. Les ouvriers t’ayant connu m’ont tous souhaité que tu me sois rendu. Ils t’aimaient bien.

Enfin encore un jour de passé, le premier de l’année. Comment seront les autres ? Tout mon cœur à toi. Je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Samedi 1er janvier

Nos batteries ont bombardé avec succès des tranchées ennemies et la voie ferrée en face de Boesinghe (Belgique).
Près de Roye, notre artillerie a endommagé un dépôt de matériel à Verpillières.
A l’ouest de Soupir (nord de l’Aisne), nous avons bouleversé un ouvrage allemand.
Canonnade efficace de notre part au bois des Chevaliers (Hauts-de-Meuse).
Dans les Vosges, après une préparation d’artillerie, les Allemands ont attaqué nos positions du Hirzstein, ils ont été repoussés.
Des aviatiks ont jeté des bombes sur Salonique. Une bombe, lancée sur un escadron grec qui manoeuvrait sous les yeux du prince André, a tué un berger.
Aux Dardanelles, nous avons endommagé plusieurs pièces ennemies.
Le croiseur anglais Natal a été détruit par une explosion intérieure. Le sous-marin français Monge a coulé à Cattaro.
L’offensive russe s’accentue en Galicie.
La note que le cabinet de Vienne a envoyée à Washington, en réponse aux réclamations de M. Wilson concernant le torpillage de l’Ancona, élude le point essentiel.
Le cabinet britannique tient conseil sur conseil pour régler la question du service obligatoire

 

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Jeudi 22 avril 1915

Paul Hess

Nos collègues de bureau, Joly et Cochet, mûrissaient depuis quelque temps le projet d’organiser, à la « comptabilité » un petit repas en commun.

Ils avaient obtenu facilement avec l’assentiment de M. Cullier, l’adhésion de leurs camarades et l’approbation unanime pour faire quelques invitations dans les bureaux voisins et c’est ainsi que leur excellent idée a pu voir sa réalisation ce matin à 8 heures.

Dans le bureau de la caisse des incendiés, spécialement aménagé, a eu lieu un déjeuner auquel avaient accepté d’assister : Mlle Madeleine Lefèbre, dactylographe à la sous-préfecture ; MM. Lavergne, chef du 1er bureau et Landat, chef du 2e bureau du secrétariat ; Bruge, chef du bureau des écoles, avant la guerre, faisant fonctions actuellement de chef du bureau militaire et Franois, du même bueau puis toute la « comptabilité », c’est-à-dire MM. Cullier, chef de bureau, Vigogne, Joly, Cochet, Guérin et Hess.

Haution, appariteur, ayant joint, en sa qualité de cuistot de la popote municipale, ses talents culinaires à ceux de Joly, était aussi des convives à cette cordiale et sympathique réunion qui a procuré à tous une diversion très appréciée.

Après le café et pendant que les sifflements inévitables se faisaient entendre, chacun reprit son poste à 9 heures, alors que le bureau de la caisse des incendiés était rendu à sa destination normale.

– Dans la matinée, obus incendiaires à plusieurs reprises. Une jeune fille a été blessée mortellement devant le magasin « A la Poire d’Or »

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Paul Hess prenant ses notes, portrait réalisé d'après une photographie par Remi Hess, son petit-fils

Paul Hess prenant ses notes, portrait réalisé d’après une photographie par Remi Hess, son petit-fils


Cardinal Luçon

Jeudi 22 – Nuit tranquille pour nous. Aéroplanes à 6 h et à 9h. Bombes vers 10 h ½ matin. Après-midi tranquille.

Visite aux paroisses et aux Ambulances de Villedommange et de Sacy, Chalet Mennesson.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Renée Muller

le 22 jour d’adieux ; M VOGIER /

/ est venu. Constant – l’après-midi

LECLERC et DEVILLERS – Oscar LEPAON et SABALETTE ainsi que l’ordonnance du cap. ARNOULD – et toute la société à BADEL – lui s’en va a Montbré, il n’est pas très satisfait

L’état-major se trouve à Prunay, le repos à Mailly et la division à

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

Voir la suite sur le blog : Activités de Francette: 1915 : janvier à juillet : 2e carnet de guerre de Renée MULLER


Jeudi 22 avril

Les Allemands attaquent les tranchées conquises par les troupes britanniques à la cote 6o (Flandre). Ils sont repoussés; de ce côté, ils ont perdu, en quatre jours, de 3 à 4000 hommes. Canonnade dans la région d’Arras. En Champagne, à Ville-sur-Tourbe, et en Argonne, à Bagatelle, nous arrêtons net deux offensives ennemies. Entre Meuse et Moselle, combats d’importance seconde, au bois d’Ailly, au bois de Mortmare, au bois Le Prêtre. Nous enlevons une tranchée près de Flirey, où l’ennemi a laissé 300 morts sur le terrain. Canonnade en Lorraine. Nous repoussons un nouvel assaut à l’Hartmannswillerkopf.
Les Russes ont brisé une offensive autrichienne dans les Carpates, en infligeant de grandes pertes à leurs adversaires et en faisant de nouveaux prisonniers. Des avions allemands ont lancé une centaine de bombes sur Biélostok, entre Varsovie et Grodno.
La flotte franco-anglaise a bombardé Boulaïr dans la presqu’île de Gallipoli. Les torpilleurs russes ont coulé dix bateaux turcs chargés de munitions.
Le gouvernement allemand a pris la responsabilité de la note injurieuse remise par son ambassadeur Bernstorff au président Wilson. Ce dernier prépare une réponse qui sera, affirme-t-on, très énergique.

 

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Vendredi 9 avril 1915

L'Archevêché

Louis Guédet

Vendredi 9 avril 1915 

209ème et 207ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Nuit affreuse ! à 9h1/2 comme je venais de me coucher le bombardement intense a commencé et n’a fini que vers 4h du matin. Descendu à la cave où j’ai pu dormir. Vers 10h une bombe est tombée près de la maison, où ? nous ne savions. Ce matin, comme nous remontions vers 6h1/2 un coup de sonnette ! C’est Archambault qui venait nous demander les clefs de chez Monsieur Martinet au 50 de ma rue en face de notre maison. Une bombe traversant la maison du n°52 de mon beau-frère est venue éclater dans le vestibule du n°50 où devait coucher un cousin de M. Martinet arrivé de Paris hier soir. Le vestibule n’existe plus, les lits sont au fond de la cave et on ne voit pas le malheureux. Est-il tué ? ou fou de peur s’est-il évadé par un soupirail de la rue qui a été trouvé ouvert. Je fais prévenir Police et Pompiers.

Tout un quartier du faubourg de Laon vers la rue Danton est incendié, des maisons rue Gambetta et rue Chanzy depuis la rue de Venise jusqu’à l’ancien Grand Séminaire en face du Grand Hôtel, tout ce quartier serait incendié, démoli. Un partout. Du reste les obus ne cessaient de siffler et d’éclater. Quand notre martyr finira-t-il ?

10h1/2 matin  On vient de retrouver, en face de notre maison, le malheureux Henri Martinet, broyé, haché, dans le fond de la cave ou il a été projeté par la force de l’explosion de la bombe. Dès 8h du matin j’avais eu l’idée d’employer les 3 chiens de M. Martinet que je soigne pour les faire rechercher, mais les pompiers comme tous les hommes sûrs de leur supériorité m’avait envoyé promener, mais quand le capitaine des pompiers est arrivé je n’en fis qu’à ma tête et lâchait les chiens en les excitant un peu à chercher. Ils découvrirent les restes de ce malheureux affreusement broyé, sans tête. Cela n’avait pas duré 3 minutes ! Je ne m’étais pas trompé en me fiant sur l’instinct et le flair de ces pauvres bêtes. Je fais le nécessaire pour la mise en bière, et l’inhumation qui aura probablement lieu dimanche matin. J’ai prévenu par dépêche M. Martinet-Devraine du décès de son cousin en lui demandant des instructions s’il y avait lieu.

Nuit tragique, douloureuse, sans sommeil et matinée plus lugubre encore. Dieu ne m’aura rien épargné. En sortirai-je ? Y survivrai-je ? quel martyr !

5h1/2  l’enterrement de ce malheureux aura lieu demain samedi à 11h. Encore une journée triste pour moi.

Quand donc serai-je avec les miens et que le long martyr aura cessé !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

L’hôtel de ville offre, dans son ensemble, un aspect lamentable, à l’intérieur. Quand j’arrive, à 9 heures, fatigué de n’avoir pas dormi un instant, les hommes préposés au nettoyage travaillent activement à tout remettre en ordre, dans la mesure du possible, ainsi qu’après chaque explosion.

Au bureau, les plancher, les pupitres sont couverts de morceaux de vitres que l’on met en tas pour les ramasser. Dans l’impossibilité où nous nous trouvons, mon collègue cocher et moi de continuer à travailler à nos places, nous prenons le parti d’aller rejoindre à l’annexe de la « comptabilité », déjà installé dans le couloir fermé allant du vestibule d’entrée à la salle des appariteurs, MM. Cullier, Vigogne, Joly et Guérin, travaillant dans cet endroit sombre, depuis le 6 mars et obligés de s’y éclairer à la lampe à pétrole toute la journée.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 9 – Nuit épouvantable. À 9h soir, commence le bombardement, d’une violence extrême – les plus gros calibres – nous tremblons pour la Cathédrale. Plusieurs obus tombent chez nous, un dans le jardin. On ne sait s’il est éclaté. D’autres dans l’appartement des Sœurs (aile sur la rue de l’École de Médecine) dont la façade sur la rue du Cardinal de Lorraine est éventrée, toutes les vitres de mon cabinet de travail sont brisées, ainsi que celles de l’antichambre où je couche. Les vitres ont été projetées en morceaux sur mon lit. J’étais d’abord allé à la cave, puis j’étais remonté me coucher. À peinte couché, le bombardement recommence ; on vient me prier de redescendre. À peine étais-je descendu, que les vitres furent mises en pièces et projetées sur mon lit et par terre. Bombardement jusqu’à h du matin. On parle de 30 tués. Dans la matinée, bombes ; item dans la soirée. Le Patronage de Saint-Thomas – où se faisaient les offices – est incendié. Le culte se fera dans la Chapelle de l’Orphelinat des Trois-Fontaines.

Visite à 9 h ½ du matin, du Général Franchet d’Esperey qui me demande à voir les éclats d’obus qui avait démoli l’angle de la conciergerie.

Je lui en montre un très gros. Il le regarde, et admire la pureté de l’acier (1).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) On peut admirer le point de vue strictement professionnel du général sur la nature de l’acier de l’éclat d’obus. (Note du Colonel Marc Neuville)



Hortense Juliette Breyer

Vendredi 9 Avril 1915.

Mon Charles, hier soir quand je me suis couchée les boches bombardaient, mais tu parles, quelle nuit ! Jusqu’à quatre heures du matin ils ont envoyé tout prêt de 2000 obus sur tous les quartiers. Combien de morts ? Aussi aussitôt levée, je me suis empressée de courir chez vous, voir s’ils avaient eu peur. Ils n’avaient pas dormi ni l’un ni l’autre. Je suis allée jusque la rue de Beine. Chez nous il n’y a rien. Il y en a eu une chez Mme Mitouart mais ils n’étaient pas là heureusement.

L’après-midi cette fois-ci, je suis allée jusqu’aux caves car on ne trouve plus de lait pour faire la bouillie de la sœurette et je savais que maman en avait. Ils étaient contents de me voir ; ils ne vivent pas de me savoir en danger. Maman a pleuré toute la nuit. A six heures, en me reconduisant sur le pas de la porte, il y avait de nouveaux bombardements et on se battait ferme sur Brimont. Elle a voulu me retenir, mais je sais que tes parents ne sont pas contents quand je reste aux caves. Ils ont peur et ne comprennent pas que je cherche à mettre à l’abri ma sœurette. Tant pis, il arrivera ce qui doit arriver.

Je vais me coucher ; je dormirai peut-être mieux. Bonne nuit mon Charles et à toi toujours.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Vendredi 9 avril

Nouveaux succès pour nous entre Meuse et Moselle. Nouveau bond en avant aux Eparge,où nous repoussons préalablement trois violentes contre-attaques et où nous comptons sur le terrain plus de 1000 cadavres allemands. Au bois de la Morville, plus au sud, nous détruisons complètement une compagnie ennemie. Au bois d’Ailly, nous prenons quelques tranchées. Au bois de Mortmare, nous nous installons dans les organisations défensives de l’ennemi, qui ne peut, malgré ses efforts, parvenir à nous en chasser.
D’après un résumé officiel, nous avons réalisé, au cour des quatre derniers jours, les progrès suivants : à l’est et au nord-est de Verdun, gain de un à trois kilomètres en profondeur sur un front de vingt kilomètres en longueur, occupation des hauteurs qui dominent l’Orne; sur les Hauts-de-Meuse, conquête de la position allemande des Eparges; près de Saint-Mihiel, prise de la partie sud-ouest du bois d’Ailly; dans la Woëvre méridionale, occupation de 3 kilomètres en profondeur sur un front de 7 à 8 kilomètres.
Les Autrichiens ont, une fois de plus, bombardé Belgrade sans résultat.
Le croiseur allemand Eitel Friedrich se fait interner aux États-Unis.
M.Venizelos déclare que, mécontent de l’attitude du roi à son égard, il va se retirer de la vie publique. Ses amis s’efforcent de le faire revenir sur cette décision.
Une violente manifestation interventionniste a eu lieu à Gênes.
Les Turc ont vainement dirigé une attaque contre le canal de Suez.

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