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Jeudi 3 février 1916

Cardinal Luçon

Jeudi 3 – Messe et allocution aux réfugiés, église de S. Michel. 11 y avait 3000 réfugiés rémois ou ardennais à Dijon; et 5000 dans la Côte d’Or. Retour a Paris.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 3 février

En Artois, lutte de mines aux abords de la route de Lille. Nous provoquons trois explosions dans les batteries ennemies de la région de Vimy.
Entre Avre at Aisne, notre artillerie disperse des convois (la ferme Sous-Touvent), et atteint un train (Lassigny).
Au nord-ouest de Berry-au-Bac, des troupes allemandes en mouvement ont été surprises par le feu de nos canons.
En Champagne, nous bombardons les ouvrages adverses au nord de Souain.
En Alsace, nous faisons exploser un dépôt de munition aux abords d’Orbey (sud-est du Bonhomme). Dans la région de Sondernach (sud de Munster), les Allemands ont enlevé un de nos postes d’écoute, qui leur a été repris ensuite.
Un zeppelin a bombardé Salonique, atteignant la préfecture grecque et la caisse générale de la Banque de Salonique. Il y a treize morts et quinze blessés.
Nous avons abattu un aviatik à l’ouest de Salonique, en capturant les deux aviateurs.
Le prince héritier de Turquie est mort. Les dépêches de Constantinople annoncent qu’il s’est suicidé, mais, selon toute présomption, ce prince, qui était hostile à Enver pacha et à l’Allemagne, a été assassiné.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 14 janvier 1916

Louis Guédet

Vendredi 14 janvier 1916 (suite)

489ème et 487ème jours de bataille et de bombardement

…Pourquoi ? « Bé pace que vénons signer ! » signer au Conseil de famille Rouche – Meyer (à vérifier) ? « Oui M’sieur ! j’ai fait toute la ville et j’en ai pas trouvé l’notaire qui fait l’juge de Paix et j’voulais signer au Conseil. »

« Mais c’était ce matin que cette réunion devait avoir lieu… »

« J’le savons bé et j’cherchons d’puis c’matin l’endroit où juche c’notaire là qui fait le juge de Paix pour signer ! et j’l’trouvons pas » – « Comme depuis ce matin vous chercher l’endroit ou doit avoir lieu cette réunion. » – « Oui M’sieur, sauf qu’j’venons de déjeuner, je ne le Vagris que trop et que je r’cherchons c’t’endroit  là ousque qu’y faut signer…!! » – « Eh bien, mes amis, la réunion a eu lieu et comme vous ne veniez pas, on vous a remplacé : c’est fini on n’a plus besoin de vous. »

Mes deux hommes restèrent là figés, j’en profite pour m’éclipser, ne jugeant pas nécessaire de dire que c’était moi qui était, jugeant prudent de ne pas leur dévoiler que j’étais le notaire qui fait le juge de Paix ! Je ne m’en serai pas dégagé. En disparaissant j’entendis encore nos deux poivrots discutant :

« J’te dis qu’c’est pas là que j’devions signer, c’est chez l’notaire qui fait juge de Paix ! » – « Mais j’te dis ici, puisque c’est le Palais d’Justice y là ! » – « J’te dis qu’non !…  j’te dis… »

Bref je me demande s’ils sont encore sur le palier de l’escalier du Greffe…  pour savoir où ils trouveraient « l’Notaire qui fait l’juge de Paix ! »

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Vendredi 14 – Nuit tranquille, tempête de vent ; à 8 hl/2 matin + 3. Via Crucis in cathedrali. Rencontré à la Cathédrale vers 4 h. 1/2 soir, M. Hue, président du tribunal, qui m’a condamné dans le procès des Amicales. Il me présente des officiers. Il reste avec moi et me dit : J’ai lu les manuels que vous avez condamnés (lettre collective des Évêques 1909) ; ils sont abomi­nables ; j’en aurais dit 10 fois plus de mal que vous – Alors pourquoi m’avez- vous condamné ? – Ah ! il ne fallait pas généraliser. Il m’a dit son admira­tion de ma conduite ; il veut me faire décorer. Les officiers qui l’accompa­gnent sont des officiers de la Marine, des fusiliers marins de Dixmude(1) ; du M… de Jouvelle (?).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) La brigade de fusiliers-marins de l’amiral Ronarc’h (170 officiers – 6500 hommes) s’est illustrée en octobre 1914 en conservant la tête de pont de Dixmude, sur la rive droite de l’Yser. Popularisés par l’image, la chanson et les services de propagande, les fusiliers- marins de « Dixmude » ont continué à servir dans les Flandres. Tous leurs personnels ap­partiennent à la Marine.

Juliette Breyer

masque à gaz

Vendredi 14 Janvier 1916. On nous a distribué à tous des masques contre les gaz asphyxiants. On craint quelque chose. En tout cas, qu’ils se dépêchent, que l’on sorte de cet enfer-là. Nous perdons tous patience, les soldats se lassent, ce n’est plus une vie.

Depuis quelques temps j’ai dans l’idée qu’il faut que je retravaille et reprendre un comptoir, s’ils ne me refusent pas. Ce qui me retient, c’est qu’ils m’en donnent un dans un quartier dangereux. Je n’ai pas peur pour moi mais pour mes petits.

J’ai dit chez vous et chez nous qu’aussitôt que le premier convoi de grands blessés rapatriés serait rentré et si tu n’en faisais pas partie, j’en demanderai un. N’importe où, il faut que je pense à l’avenir et si quelques fois tu revenais, que tu aies une maison pour t’abriter …

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Vendredi 14 janvier

En Artois, nous avons exécuté sur les positions de la route de Lille un bombardement violent qui a détruit des tranchées et des abris de l’ennemi.
Entre Somme et Oise, une colonne allemande, évaluée à un régiment, a été prise sous notre feu, au moment où elle entrait dans Roye.
Au nord de l’Aisne, nous avons endommagé un observatoire, des abris de mitrailleuses et réduit au silence une batterie allemande de 105 (plateau de Vauclerc).
En Champagne, nos tirs de barrage ont arrêté net deux attaques à la grenade, l’un au nord de la butte du Mesnil, l’autre près de Maisons-de-Champagne.
En Argonne, nous avons fait sauter plusieurs mines.
Nos troupes de Salonique ont détruit des ponts de la ligne de Dedeagatch.
Les Autrichiens auraient attaqué Cettigné.
Les Allemands annoncent qu’un dépôt de munitions aurait sauté à Lille, faisant 110 victimes.
Le gouvernement serbe rejoindra son armée à Corfou.
Deux officiers superieurs suisses, les colonels Egli et de Wattenwyls, sont accusés d’incorrections graves au profit de l’Allemagne.
L’archiviste de l’ambassade turque a été arrêté à Paris.
La conscription a été voté en première lecture à la Chambre anglaise par 431 voix contre 39

 

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Les masques contre les gaz asphyxiants…

Reims le 16 janvier 1916
Mon cher André
Je suis heureux de savoir que tu as pu aller passer quelques jours de permission près de Maman et des Sœurs,
et de vous savoir tous en bonne santé.
Ici, la situation est toujours sans changement, l’on vient de nous distribuer les masques contre les gaz asphyxiants
mais il faut bien espérer qu’on aura pas à s’en servir.
Marie ainsi que les enfants se portent toujours bien et se joignent à moi pour t’embrasser de tout cœur.
Ton
frère Georges.

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Cette carte postale de Reims nous est proposée par notre ami et membre d’AMICARTE51, Jacki Pinon… elle nous montre une fois encore les destructions de la ville.
Cette carte est laconiquement légendée « Maison écroulée par un obus »… mais est-ce qu’un lecteur du blog saura localiser ce lieu dans Reims ? merci d’avance.

Quant à la correspondance au verso, encore une fois, on donne des nouvelles. Tout semble aller pour le mieux, que ce soit pour la famille qui se trouve « encore » à Reims, et le frère André, qui lui est soldat.
On apprend quand même que les masques à gaz ont été distribué !
Y a-t-il un rapport entre cette distribution est le fait que 10 jours plus tôt, le 6 janvier 1916, une unité de production de gaz asphyxiants ait été détruite près de Tahure, suite à l’explosion de plusieurs dépôts de munitions ?

Les gaz utilisés lors de la première guerre mondiale ont été très nombreux, cela allait du gaz lacrymogène bénin à des composés particulièrement toxiques, comme le phosgène ou le gaz moutarde, qui attaquaient la peau, les yeux et les poumons, et produisaient des lésions très graves, et la mort.
Pour s’en prémunir, de nombreux modèles de masques à gaz ont été utilisés, avec des résultats plus ou moins convaincants.
On imagine bien que celui photographié sur la carte ci-dessous, ne devait pas offrir une très grande protection !

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Les hommes n’étaient pas les seuls à pouvoir disposer de masques à gaz, les chevaux et les mules, irremplaçables pour le transport, et même les chiens, qui assuraient des missions de messagerie.
Durant le premier conflit mondial, les pertes dues aux gaz asphyxiants ont été énormes, elles ont représenté 14% de la totalité de ces pertes, avec 88 498 morts et 1 240 583 blessés !

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Mais l’humour et la dérision restent des éléments très importants pour garder le moral, et permettent également de « faire passer le message » !

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Jeudi 6 janvier 1916

Paul Hess

6 janvier 1916 – Dans l’après-midi, à l’hôtel de ville, il est procédé à la distri­bution au personnel, de masques devant préserver des effets des gaz asphyxiants.

Les habitants devront s’en munir dans les commissariats de police, les jours suivants.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 6 – Nuit tranquille à Reims. Matinée tout à fait silencieuse. Visite de M. le Curé de Trigny ; du Père Lacroix. Visite à la Visitation et à l’Es­pérance.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Trigny

Trigny


Jeudi 6 janvier

Entre Soissons et Reims, nous avons canonné les batteries adverses et causé des dégâts importants aux ouvrages ennemis de la région au nord-est de Vailly.
En Champagne, après un violent bombardement, les Allemands ont prononcé une attaque entre la cote 193 et la butte de Tahure. Ils ont été repoussés. Nos tirs de destruction ont bouleversé les tranchées allemandes et provoqué l’explosion de dépôts de munitions.
Sur le front Belge, bombardement dans les secteurs de Mancappelle et de Steenstraete.
L’avance russe est confirmée autour de Czernovitz, en Bukovine, où la lutte a pris un caractère de particulier acharnement.
Bombardement sur le front italien. Nos avions ont jeté des obus sur les hangars de Guevgeli, à la frontière serbe.
La presse allemande et la presse bulgare prennent un ton comminatoire vis-à-vis de la Grèce.
M. Asquith, premier ministre d’Angleterre, a déposé aux communes le projet de service obligatoire qu’il a chaleureusement défendu.

 

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Samedi 23 octobre 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille. Visite à l’ambulance Mencière. Reçu par M. Augias, conduit par M. Dennal, 50 suffoqués au moins gravement at­teints. Colonel X m’a dit que dans la moitié de l’action la plus voisine de nous, il y avait eu 300 à 400 suffoqués, dont 27 décès. Dans l’autre moitié, 3000 atteints, et un nombre de décès que je n’ai pas retenu. M. Debreck nous a dit 250 décès en tout le combat et la 2e division ; du côté de l’en­nemi, au moins 1000 morts et 5000 gros blessés. Visite de 10 h. 1/2 à 11 h. 1/2 à l’ambulance Cama : 50 malades environ, plus graves qu’à Mencière. Ac­cueil excellent des deux côtés comme hier et remerciements chaleureux. Photographie à Cama. Un prisonnier allemand, à qui on disait : « Comment avez-vous osé vous servir de gaz asphyxiants ? C’est contre le Droit inter­national » – a répondu : « Ce sont les Anglais qui ont commencé. » Visite à M. le Curé de Saint-André.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Une attaque chimique utilisant des conteneurs cylindriques

Une attaque chimique utilisant des conteneurs cylindriques


Juliette Breyer

Samedi 23 Octobre 1915. Les boches essayent d’entrer dans Reims. Ils ont attaqué deux fois. Tout cet après-midi c’était épouvantable. Les fusils, les mitrailleuses, tout marchait. Un bruit d’enfer. Si seulement c’était notre délivrance. Les agents de liaison viennent de passer près de nous. Ils disent que c’est près de la Pompelle. Ils nous ont envoyé des gaz asphyxiants mais jusqu’ici ils n’ont pas avancé. Notre artillerie en a tué beaucoup. Ils sont à notre première tranchée mais ils n’ont pas pu y pénétrer. Peut-être cela finira-t-il tout de même.

J’ai écrit à un employé de chez Mignot pour lui demander quelques conseils. Je voudrais tant retravailler. On trouve le temps encore plus long.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


 

Samedi 23 octobre

Nous arrêtons net des tentatives d’attaque ennemies aux environs de Lombaertzyde, en Belgique.
Une attaque allemande a été repoussée devant les saillants du fortin de Givenchy, une autre dans la vallée de la Souchez.
Notre artillerie a bombardé les tranchées et cantonnements ennemis, entre l’Avre et l’Oise.
Canonnade violente en Champagne (ouest de Tahure, est de la butte du Mesnil, Ville-sur-Tourbe). Nous avons maîtrisé le feu de l’ennemi par celui de nos batteries.
Nos avions ont bombardé le parc d’aviation allemand de Cunel, entre Argonne et Meuse.
Les Russes ont capturé 148 officiers et 7500 hommes, près de Tarnopol (Galicie).
Les flottes alliées ont bombardé Dedeagatch et Porto-Lagos (côte bulgare de l’Égée).
La Grèce a refusé les offres conditionnelles que lui faisait la Quadruple Entente.
Un sous-marin allemand a attaqué un submersible suédois. La Suède a protesté à Berlin.
On signale des désordres graves en Bulgarie (Stara-Za
gora et Yamboli).

Source : la Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 22 octobre 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille, sauf quelques coups de canons ; n’ai rien entendu. Journée tranquille. Après-midi, visite à Madame Sœur des Garets pour transport des envois charitables. Visite de l’Ambulance 17 où l’on a reçu 63 suffoqués par gaz asphyxiants(1). Il y a plusieurs aéroplanes (fran­çais ? allemands ?) survolant la ville. De trois à quatre cents suffoqués, quelques-uns morts sur le terrain, 25 morts à l’hôpital. Ambulance 17 re­çoit les moins malades. Il y en a à Mencière, à la Haubette, à Pargny, à Sacy. Via Crucis in Cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) C’est le 22 avril 1915 que les Allemands lancèrent pour la première fois une attaque pas les gaz de chlore dans les Flandres, à Langemark. La proximité d’Ypres a donné le nom de baptême de cette arme nouvelle, l’ypérite. La protection des yeux et des voies respiratoires fut lente à être mise au point jusqu’à l’adoption de masques complets couvrant la tête des hommes et des chevaux Mais la réplique des Alliés fut rapide et des obus à gaz firent partie de l’arsenal des deux camps jusqu’à la fin du conflit.


 

Vendredi 22 octobre

Les Allemands ont renouvelé leur attaque à l’est de Reims, sur un front de 8 à 9 kilomètres, entre la butte de tir et Prunay. En dépit de la violence de la canonnade et de l’usage de gaz suffocants très denses, ils ont essuyé un nouvel échec. A trois reprises leurs colonnes ont été fauchées par nos mitrailleuses; ils se sont arrêtés devant nos réseaux de fils de fer, sans pouvoir aborder nos tranchées.
Une autre attaque a été repoussée au bois de Givenchy, au nord-est de Souchez.
Un coup de main allemand a échoué en Lorraine, près de Moncel.
Sur le front belge, canonnade près de Steenstraete.
Les Russes, par un coup de main heureux, ont fait 4000 prisonniers, près de Baranovitchi, centre de chemin de fer important.
Les Bulgares ont occupé Velès sur la voie ferrée, entre Uskub et Salonique, coupant ainsi les communications directes entre ce port et l’armée serbe. Le corps diplomatique à Nisch s’est rendu à Kralievo (Haute-Morava de l’ouest).
Nos alliés ont fait de nouvelles propositions à la Grèce. L’Angleterre en particulier serait prête à lui céder l’île de Chypre. On parle également d’une cession éventuelle de la côte bulgare de l’Egée; en échange la Grèce devrait offrir son concours armé immédiat contre les Bulgares.
Les troupes anglo-indiennes de Mésopotamie approche
nt de Bagdad.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

 

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Correspondance 14-18 – A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées

Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées Le 21 octobre 1915

Ma chère Henriette,
je t’envoie une collection de la Bonne Presse, je pense que cela te fera plaisir.

Je te dirais que la mère de Paul va bien doucement.
Je suis encore à Bouzy jusqu’à jeudi prochain.
A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées, car cela a été terrible mardi, ils sont venus à 500 mètres de la gare de Wez Thuisy.
Enfin, espérons que cela arrêtera.
En attendant de tes nouvelles, toute la famille vous donne le bonjour, ta cousine qui t’e
mbrasse de tout cœur.
Berthe

Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées

2. Prêtre-Soldat bénissant une fosse commune
Collection Artistique de la Maison de la Bonne Presse, 5 Rue Bayard, Paris

Assurément, une carte régionale intéressante sur bien des points. Si on s’intéresse un peu à cette période d’octobre 1915, l’Almanach Matot-Braine nous apprend que le 19, entre le fort de la Pompelle et le village de Prosnes, les allemands s’emparent de quelques éléments de tranchées dans notre première ligne, mais qu’ils sont rejetés aussitôt par une vigoureuse contre-attaque de nos troupes. Il s’agit certainement de ces combats qui se sont rapprochés de la gare de Wez-Thuisy…
Quant à ce gaz asphyxiant dont Berthe fait référence, il est noté que le 20 octobre 1915 :
L’ennemi renouvelle ses attaques, cette fois entre la butte de tir de la garnison de Reims et le village de Prunay : malgré l’usage de gaz suffocants, il est arrêté par le feu de nos canons et de nos mitrailleuses.

Ci-dessous, la gare de Wez-Thuisy qui a déjà bien souffert :

Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées

La gare temporaire, après guerre… et la gare d’origine, dont il ne reste plus grand chose :

Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées

Si on recherche aujourd’hui cette gare, il faut se tourner vers celle de Val-de-Vesle (anciennement gare de Wez – Thuisy). Cette commune a été créée en 1965 par la fusion des 3 villages indépendants : Courmelois, Wez et Thuisy.

Comme on a pu le constater, ces communes se trouvaient au cœur des combats, comme l’attestent les cartes postales ci-dessous :

Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées
Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées
Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées
Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées

Et pour terminer, quelques mots sur la carte postale elle-même.
Déjà, elle n’a pas été choisie par hasard, mais pour faire plaisir.
Même en temps de guerre, les plaisirs simples sont toujours les bienvenus, alors pourquoi se priver de joindre l’utile à l’agréable ?
Il semble que Berthe collectionne les cartes, et tout particulièrement celles éditées par La Maison de la Bonne Presse.
Pour beaucoup d’entre nous, ce nom ne nous dit plus grand chose. Cette société a été créée en 1873 par le père Emmanuel d’Alzon, fondateur de la communauté des Augustins.
Cette communauté religieuse va utiliser la presse pour communiquer et lance le premier hebdomadaire en couleur : Le Pélerin.
La Maison de la Bonne Presse va éditer un nombre impressionnant d’ouvrages, d’objets, et de cartes postales religieuses.
En 1969, changement de nom, le groupe devient Bayard Presse, que nous connaissons toujours aujourd’hui.
Cette carte, présentant des prêtres en pleine action pendant la guerre, fait partie d’une grande série illustrée d’acte de foi et d’assistance. Quelques exemples ci-dessous :

Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées
Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées
Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées
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Brumes Mortelles 19-27 octobre 1915

Le 19 octobre 1915, 7h05. Un silence inquiétant règne entre le fort de la Pompelle et Prosnes. Les combattants français sont subitement atteints par une vague dérivante de chlore, la surprise est totale, causant une panique momentanée.Les vagues se succèdent et les soldats entendent avec effroi le départ de chacune d’elle par le sifflement émis à la sortie des tuyaux.

Le 27 octobre, les hommes voient arriver sur eux une brume épaisse, ils ont juste le temps d’ajuster leurs protections respiratoires. La densité du chlore est telle que l’odeur est perceptible à Châlons-sur-Marne, près de 30 km à l’arrière.

Cette série d’émissions de gaz à grande échelle est la deuxième du conflit (après Ypres, le 22 avril 1915), elle cause la mort par intoxication de plus de 900 hommes et fait près de 5 500 blessés. Interdite par les conférences de La Haye (1899-1907), l’arme chimique amplifie l’horreur du champ de bataille et produit chez les combattants un fort impact psychologique. (« L’Agenda du centenaire »)

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Une attaque chimique utilisant des conteneurs cylindriques

Une attaque chimique utilisant des conteneurs cylindriques

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