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Mercredi 2 mai 2017

Louis Guédet

Mercredi 2 mai 1917

963ème et 961ème jours de bataille et de bombardement

2h soir  Temps magnifique, très chaud, mais avec vent Nord-Est vif. Nuit ordinaire, sommeil quelconque ! en cave on ne peut en avoir d’autre. Fatigué, très fatigué. Dormi un peu sur le matin. Fait toilette, et écrit quelques lettres, mais sans goût, sans entrain, comme las…  pour tuer le temps. Rien appris. Je vais aller à la Poste, apprendrais-je quelque chose…  pousserais-je jusqu’à la Ville, je ne sais. Je suis comme dans un cauchemar continuel. Je vis comme dans un rêve nébuleux, et je dors de même. L’esprit est constamment à l’état de veille ! C’est plus que pénible…  car on  n’a nul repos, ni d’esprit, ni de corps.

5h1/2 soir  Été à la Poste, reçu lettres affolées de ma pauvre chère femme, de Mme Jolivet, de mon vieil ami Narcisse Thomas, avoué à Paris, qui me supplient de quitter Reims !! Vraiment à recevoir de semblables lettres cela vous démonte un peu. Que Dieu m’éclaire et me protège, et surtout qu’il solutionne mes hésitations par notre délivrance immédiate, ce sera la meilleure manière de trancher cette question de rester ou non !! Ma volonté est de rester jusqu’au bout, et à la Grâce de Dieu !! Mais si une solution ne venait pas d’ici quelques jours j’irais tout de même me reposer un peu à St Martin. Je suis fort fatigué, et à bout de forces.

Été à l’Hôtel de Ville (Werlé). Causé un moment avec le Maire qui est assez affairé aussi. Laissé lettre pour ma chère femme. En sortant rencontré M. Bailliez notre nouveau sous-préfet, que j’ai parfaitement reconnu pour l’avoir vu maintes fois à Châlons-sur-Marne, quand il était secrétaire Général de la Marne, et à la Préfecture. Il doit venir du matin au soir de Châlons où il résidera, et son bureau sera installé dans celui du Maire, avec Martin et les rares employés restés à la sous-préfecture. Ce sera plus pratique, ces 2 services, Municipalité et sous-préfecture réunis dans le même local. J’aime mieux cela, je verrai ainsi les 2 ensembles. Repassé me faire couper les cheveux chez mon vieux coiffeur de la Place d’Erlon qui est venu se réfugier dans une bicoque au 9, impasse des Carmélites, installation plus que sommaire, mais on peut se faire couper les cheveux. Les Figaros ne courent pas les rues en ce moment. Y en a-t-il 3 de restés à Reims ? Je ne le crois pas !! En tout cas, il est bien courageux. Rentré chez moi écrire quelques lettres. Voilà encore une triste et douloureuse journée passée quoique radieuse de soleil !! Il fait une chaleur torride ! avec une brise desséchante !! si c’était la dernière ou une des dernières avant la délivrance !! Il serait grand temps enfin !!

A l’intérieur de ce double feuillet se trouve une petite feuille de calepin de notes relatant les évènements « pris sur le vif » concernant la journée du 3 mai. Ils sont intégralement repris et développés dans le journal quotidien.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul hess

2 mai 1917 – Bombardement la nuit, par aéros.

Arrivées d’obus, au cours de l’après-midi.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 2 – Nuit tranquille à Reims, combats au nord. + 16°. Visite à l’église Saint-André et au quartier. Après-midi, visite à M. le Maire. Bom­bes sur Pommery. Violentes canonnades d’un gros canon français : riposte des allemands par bombes sifflantes pendant longtemps. Toute la nuit ba­taille autour de Reims ; en ville, nuit tranquille. Le combat paraît plus vio­lent de 3 h. 30 à 5 heures. J’ai pensé que c’était l’assaut du fort de Brimont ; je priai pour nos soldats.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Collection Gérard Corré


Mercredi 2 mai

Au sud de l’Oise, nous avons repoussé une tentative allemande sur un de nos petits postes de la région de Barisis.
Sur le chemin des Dames, lutte d’artillerie assez violente dans le secteur Troyon-Hurtebise. Rencontres de patrouilles à l’est d’ Hurtebise. Une reconnaissance allemande, qui tentait d’aborder nos lignes, a été repoussée par nos feux.
En Champagne, la lutte d’artillerie a été violente au sud de Moronvilliers. Dans cette région l’ennemi a lancé à deux reprises de fortes contre-attaques sur les positions conquises par nous au nord-est du Mont-Haut. Nos tirs de barrage et nos feux de mitrailleuses ont, par deux fois, brisé les vagues d’assaut et infligé de lourdes pertes à l’ennemi. Le chiffre de nos prisonniers dans cette dernière région et pour les dernières journées, est de 520. Nous avons également capturé 5 canons.
Canonnade intense sur le front belge, spécialement au nord de Dixmude.
Les Bulgares ont contre-attaqué les positions récemment conquises par les troupes britanniques de Macédoine, près du lac Doiran. Ils ont été repoussés avec de fortes pertes.
Une attaque ennemie à la grenade a été arrêtée par notre artillerie vers la cote 1050 (boucle de la Cerna).

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Jeudi 29 juin 1916

Paul Hess

29 juin 1916 – Sifflements et arrivées d’obus au cours de la matinée et pen­dant midi, en réponse sans doute aux canonnades d’hier.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 29 – + 20°. A 9 h. Ordination sacerdotale de M. Brincourt à l’En­fant Jésus par Mgr Neveux. Visite de M. et Mme Dufay, journée paisible, sauf quelques coups de canon. On dit qu’on tire continuellement le canon sur Brimont et que les Allemands ne répondent pas.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 29 juin

En Champagne, après une vive préparation d’artillerie, les Allemands ont réussi à pénétrer dans quelques-uns de nos petits postes, vers le saillant de Tahure. Ils en ont été chassés peu après par nos contre-attaques.
Sur la rive gauche de la Meuse, bombardement continu par obus de gros calibre des secteurs d’Avocourt et de Chattancourt. Des préparatifs d’attaques signalés dans les tranchées allemandes à l’est de la cote 304 ont avorté sous nos tirs d’artillerie.
Nous avons fait quelques progrès à la grenade au nord de la cote 321 et aux abords de l’ouvrage de Thiaumont.
Les patrouilles britanniques ont pénétré en plusieurs points des tranchées ennemies en infligeant à l’adversaire des pertes sensibles. Près d’Angres, un de ces raids a trouvé les tranchées allemandes fortement endommagées par le bombardement. Un autre, particulièrement heureux, a été exécuté près de la route Vermelles-la Bassée où ont été faits 46 prisonniers.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Mardi 1 décembre 1914

Paul Hess

Dès ce matin, violent bombardement dans le quartier du Barbâtre et rue Gambetta, par volées de quatre, cinq et six gros obus à la fois. Plusieurs maison sont démolies ; la boulangerie Cochain-Courty, rue du Barbâtre 41, touchée sur l’arrière, l’est en partie.

– Le soir, vers 7 h 3/4, après être passé aux nouvelles rue du Cloître 10, je regagne par une véritable tempête et une totale obscurité, la rue Bonhomme, afin d’y passe ma deuxième nuit.

Le trajet, au milieu de la rue Cérès déserte – accessible seulement entre les énormes ta de décombres obstruant complètement les trottoirs et en grand partie la chaussée : avec des pans de murs resté en équilibre plus ou moins stables, à droite, d’où viennent les bruits divers produits par des persiennes en fer accrochées encore aux emplacements des fenêtres et violemment agitées par le vent ; par des moreaux de zinc, plus loin, furieusement balancé aussi et voulant s’envoler ; par des pierres ou d’autres matériaux tombant lourdement sur le sol – sans rencontre âme qui vive, est affreusement lugubre.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Collection : Véronique Valette

Collection : Véronique Valette


Cardinal Luçon

Mardi 1er – Nuit et matinée tranquilles. L’Action Française publie ma réponse au Duc d’Orléans qui m’avait écrit une belle lettre de sympathie. Écrit au Ministre de la Guerre par M. Elinot. A 10 h, bombes sur la ville, nous obligent à lever la séance du Conseil. Visite d’un prêtre, soldat à Lille (à Taissy) avec un autre soldat. Réception de la lettre du Cardinal Brown me priant de demander par Lettre Collective, à tous les diocèses de s’unir aux Catholiques Anglais pour Un jour de <prières demandées par le Roi.

Nuit tranquille. un seul coup vers 11 h ou minuit. Canon français ou obus allemands ? C’était une explosion, peut-être, du parc de Pyrotechnie des Allemands à Vitry-les-Reims. On en pâtit.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Mois de Décembre 1e Mardi – Temps un peu couvert qui permet de voir au loin. Comme toujours canonnade et bombardement qui commence. Vers 12 h 1/2 du matin 8 ou 10 bombes rue des Orphelins et les abords ; 4 en 10 minutes tombent sur l’usine du Mont Dieu. En même temps un fort incendie à la Neuvillette parait-il. L’après midi fut un peu moins dur ; à 6 h du soir, le calme parait un peu rétabli. La pluie tombe abondamment. Nuit tranquille en apparence.

A 10 h 50, du soir, une explosion terrible se fit entendre, les maisons tremblèrent sur leur base. Les vitres des fenêtres semblaient se briser et on ne sut à quoi attribuer ce coup.

D’aucuns disaient que c’était le fort de Brimont que l’on avait faite sauter, d’autres disaient que c’était la fabrique d’auto à Vitry où les Allemands avaient un important dépôt de projectiles qui était sauté ; en un mot personne ne savait rien. le reste de la nuit fut assez calme à part un coup terrible à 3 h du matin, à quoi attribuer ce coup ! Comme les autres, je n’en sais rien.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet visible sur le site de petite-fille Marie-Lise Rochoy

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