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Mémorial Familial / 1914-1918 – N’oublions jamais !

Hommage et devoir de mémoire pour nos « Morts pour la France » et nos « Anciens combattants ».

Ce 31 décembre, l’année 2018 se termine, et avec elle les nombreuses commémorations du  centenaire de la guerre 1914-1918. Cet album regroupe de précédentes publications et hommages rendus à neuf soldats de la Grande Guerre, grands-parents, grands oncles, cousins, dont six fauchés dans leur jeunesse ne sont pas rentrés dans leurs foyers. Le centenaire aura donc été l’occasion de les sortir de l’oubli. Et comme l’exprime la devise du Souvenir Français « À nous le souvenir, à eux l’immortalité ». Je suis d’une génération, d’enfance dans les années fin 50s et 60s, d’adolescence dans les années 70s, … du siècle précédent… qui a connu les anciens et les grands-parents profondément marqués par la « Grande guerre 14-18 », comme par celle 39-45 (…). La transmission et les échos des souvenirs des jeunes gens, des oncles, des cousins, «Morts pour la France », ou survivants et anciens combattants, ont marqué ma propre mémoire. Ainsi au fil des années et parfois de recherches familiales ces proches entrainés dans ce conflit me sont devenus familiers et ont nourri « ce mémorial familial / en leur mémoire » (Photos dans cet ordre) :

1 – BAUCHET Joseph (1896-1983) Soldat au 162e Régiment d’Infanterie ;

2 – CLERGET-GURNAUD Pierre-Alexis (1894-1916), élève polytechnicien promotion X 1914, Sous-lieutenant au 5e Régiment d’Artillerie de Campagne, 1ère Batterie, Mort pour la France, tué à l’ennemi, à la position des Bois-Bourrus (Meuse) combats de la rive gauche sous Verdun (Bataille de Verdun), le 03 avril 1916, le jour de son 22e anniversaire, par un éclat d’obus allemand qui l’a frappé en plein cœur ; Croix de guerre avec étoile d’argent, Chevalier de la Légion d’Honneur ;

3 – Mon grand-père, DENONCIN Maurice (1888-1986), enfant de Reims, soldat de la Grande guerre d’août 1914 à novembre 1918. Sous-Lieutenant, Lieutenant puis Capitaine au 46e puis au 246e R.A.C. Régiment d’Artillerie de Campagne; sera rappelé comme Chef d’escadron d’artillerie dans la campagne 1939-1940 ;

4 – DENONCIN Aimé (1882-1914), né à Flize (Ardennes), Adjudant au 29e Bataillon de chasseurs à pied à Saint-Mihiel (Meuse), marié à Hortense FONTAINE de Noyers-Pont-Maugis (Ardennes), parents d’un petit-garçon de 4 ans, Marc, né en 1910. MPF à Rembercourt-aux-pots, au champ de bataille de la Vau Marie le 10 septembre 1914 (Bataille de la Marne) à l’âge de 34 ans ;

5 – DENONCIN Robert (1886-1914), enfant de Reims, cousin germain de Maurice, Lieutenant au 106e Régiment d’Infanterie, Mort pour la France lors des combats de la nuit du 9 au 10 septembre 1914 à Rembercourt-aux-pots (Meuse), 1ère bataille de la Marne ; (Voir « Ceux de 14 », Flammarion, l’ouvrage de Maurice GENEVOIX, de l’Académie Française, alors Sous-Lieutenant au 106 R.I.) ;

A NOTER que Aimé et Robert DENONCIN, lointains cousins ardennais, sont tous deux « Morts pour la France » le même jour, le 10 septembre 1914, et lors des mêmes combats de Rembercourt-aux-pots, et où se trouvait également Maurice DENONCIN, car leurs régiments respectifs appartenaient tous au 6e corps d’Armée engagé sur cette offensive de la Bataille de la Marne.

6 – GARRET Simon (1878-1967) ancien du 4e Régiment de Zouaves, Sous-lieutenant (1914) puis Lieutenant (1917), au 105e Régiment d’Infanterie puis en 1916 aux Troupes Auxiliaires Marocaines, Capitaine en 1920 ;

7 – LAMAND Maurice (1886-1917) Sergent au 5e Régiment du Génie, MPF le 25 février 1917 ;

8 – LONJARRET André (1895-1918), engagé Volontaire en 1915 au 110e Régiment d’artillerie, puis Sous-lieutenant au 110e puis au 310e Régiment d’Artillerie Lourde, est mort pour la France le 9 juin 1918, à l’âge de 22 ans, sur la position du Bois d’Écueil (Marne) suite à de multiples blessures par éclats d’obus. Le « Cousin LONJARRET » dont je suis par transmission familiale l’actuel dépositaire d’une boite souvenir regroupant ses photos, insignes régimentaires et médailles ;

9 – PEPION Joachim (1897-1916) Canonnier conducteur au 39e R.A.C., 117e Batterie, MPF à Chipilly (Bataille de la Somme) le 02 décembre 1916, à l’âge de 19 ans.

C’est une jeunesse en particulier et une génération européenne et mondiale qui a été décimée, toutes les familles ont été touchées, tous les villages, et les orphelins et veuves de guerre nombreux, ceux-ci ont souvent bénéficié de l’aide des amicales régimentaires de leurs compagnons d’armes revenus de cet enfer, mon grand-père Maurice y a contribué jusque dans les années 60s. La paix reste un objectif mondial et européen, jamais acquis, l’enseignement, l’éducation, la transmission de l’histoire en principe devraient prévenir que l’humanité reproduise les mêmes erreurs, les mêmes drames humains et autres.

Article et documentation photographique : François Denoncin

CENTENAIRE DE L’ARMISTICE de la « Grande guerre 1914-1918 » – Dimanche 11 novembre 2018 : Affectueuses pensées et hommage à mon grand-père, MAURICE DENONCIN (1888-1986), enfant de Reims, soldat de la Grande guerre d’août 1914 à novembre 1918 : Sous-lieutenant, Lieutenant puis Capitaine au 46e puis 246e Régiment d’Artillerie de Campagne. Maurice sera à nouveau combattant en 1939-1940, Chef d’escadron. & Hommage à son cousin germain ROBERT DENONCIN (1886-1914), enfant de Reims, Lieutenant au 106e Régiment d’Infanterie, Mort pour la France lors des combats de la nuit du 9 au 10 septembre 1914 à Rembercourt-aux-pots (Meuse), 1ère bataille de la Marne. http://14-18.documentation-ra.com/2014/06/2014-06-2-une-famille-remoise-dans-prise-dans-la-tourmente-de-la-guerr/

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André LONJARRET

Centenaire 1914-1918 – 11 novembre 2016 – 98e anniversaire de l’Armistice de 191

Hommage et devoir de mémoire pour nos « Morts pour la France » et anciens combattants. Dans une publication de l’an passé, François Denoncin rendait hommage à huit jeunes gens, ses oncles et cousins, « Morts pour la France » ou survivants, anciens combattants. Parmi eux son « Cousin LONJARRET » dont François Denoncin est par transmission familiale l’actuel dépositaire d’une boite souvenir regroupant ses photos, insignes régimentaires et médailles. L’occasion de lui rendre hommage et de sortir de l’oubli ce cousin fauché dans sa jeunesse à l’âge de 22 ans. André LONJARRET (1895-1918), Engagé Volontaire en 1915 au 110e Régiment d’artillerie, puis Sous-lieutenant au 310e Régiment d’artillerie lourde, est mort pour la France le 9 juin 1918 sur la position du Bois d’Écueil (Marne) suite à de multiples blessures par éclats d’obus.

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En ces jours de commémoration du centenaire de la bataille de Verdun

Maurice Denoncin (1888-1986) Soldat de la grande guerre / « soldat de Verdun », enfant de Reims, ancien combattant, « soldat de la grande guerre 1914-1918 » (et en 39-40), … « soldat de Verdun »

Documents : François Denoncin.

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Le mémorial d’une famille rémoise : les Denoncin

Centenaire 1914-1918
11 novembre 2015 – 97e anniversaire de l’Armistice de 1918

Hommage et devoir de mémoire pour nos « Morts pour la France ». Je suis d’une génération… des années 50 … du siècle précédent… qui a connu dans mon enfance les anciens et les grands-parents profondément marqués par la « Grande guerre 14-18 », comme par celle 39-45. La transmission et les échos des souvenirs des jeunes gens, des oncles, des cousins, « Morts pour la France », ou survivants et anciens combattants, ont marqué ma propre mémoire. Ainsi au fil des années et parfois de recherches familiales ces proches entrainés dans ce conflit me sont devenus familiers et ont nourri « mon mémorial / en leur mémoire » (Photos dans cet ordre) :
1 – BAUCHET Joseph (1896-1983) Soldat au 162e Régiment d’Infanterie ;
2 – CLERGET-GURNAUD Pierre (1894-1916), promotion X 1914, Sous-lieutenant au 5e Régiment d’Artillerie de Campagne, MPF aux Bois-Bourrus sous Verdun le 03/04/16 ;
3 – DENONCIN Maurice (1888-1986) Sous-Lieutenant, Lieutenant puis Capitaine au 46e puis au 246e R.A.C. ;
4 – DENONCIN Robert (1886-1914) Lt au 106e R.I., MPF à Rembercourt-aux-pots (bataille de la Marne) le 10/09/14 ;
5 – LAMAND Maurice (1886-1917) Sergent au 5e Régiment du Génie, MPF le 25/02/17 ;
6 – LONJARRET André (1895-1918) Sous-lieutenant au 110e puis 310e R.A., MPF au Bois d’Ecueil (Marne) le 09/06/18 ;
7 – PEPION Joachim (1897-1916) Canonnier conducteur au 39e R.A. 117e Batterie, MPF à Chipilly (Somme) le 02/12/16.
c’est une jeunesse en particulier et une génération européenne et mondiale qui a été décimée, toutes les familles ont été touchées, tous les villages, et les orphelins et veuves de guerre nombreux , ceux-ci ont souvent bénéficié de l’aide des amicales régimentaires de leurs compagnons d’armes revenus de cet enfer, mon grand-père paternel y a contribué jusque dans les années 60. La paix reste un objectif mondial et européen, jamais acquis, l’enseignement, l’éducation, la transmission de l’histoire en principe devraient prévenir que l’humanité reproduise les mêmes erreurs, les mêmes drames humains et autres. Les actualités n’attestent pas de ce chemin. Mais je reste de nature confiante en la personne humaine et dans le pouvoir de l’éducation

François Denoncin

 

 BAUCHET Joseph (1896-1983) Soldat au 162e Régiment d’Infanterie

BAUCHET Joseph (1896-1983) Soldat au 162e Régiment d’Infanterie

CLERGET-GURNAUD Pierre (1894-1916), promotion X 1914, Sous-lieutenant au 5e Régiment d’Artillerie de Campagne, MPF aux Bois-Bourrus sous Verdun le 03/04/16

CLERGET-GURNAUD Pierre (1894-1916), promotion X 1914, Sous-lieutenant au 5e Régiment d’Artillerie de Campagne, MPF aux Bois-Bourrus sous Verdun le 03/04/16

DENONCIN Maurice (1888-1986) Sous-Lieutenant, Lieutenant puis Capitaine au 46e puis au 246e Régiment d'Artillerie de Campagne

DENONCIN Maurice (1888-1986) Sous-Lieutenant, Lieutenant puis Capitaine au 46e puis au 246e Régiment d’Artillerie de Campagne

DENONCIN Robert (1886-1914) Lieutenant au 106e Régiment d'Infanterie, MPF à Rembercourt-aux-pots (bataille de la Marne) le 10/09/14

DENONCIN Robert (1886-1914) Lieutenant au 106e Régiment d’Infanterie, MPF à Rembercourt-aux-pots (bataille de la Marne) le 10/09/14

LAMAND Maurice (1886-1917) Sergent au 5e Régiment du Génie, MPF le 25/02/17

LAMAND Maurice (1886-1917) Sergent au 5e Régiment du Génie, MPF le 25/02/17

LONJARRET André (1895-1918) Sous-lieutenant au 110e puis 310e Régiment d'Artillerie, MPF au Bois d’Ecueil (Marne) le 09/06/18

LONJARRET André (1895-1918) Sous-lieutenant au 110e puis 310e Régiment d’Artillerie, MPF au Bois d’Ecueil (Marne) le 09/06/18

PEPION Joachim (1897-1916) Canonnier conducteur au 39e R.A. 117e Batterie, MPF à Chipilly (Somme) le 02/12/16.

PEPION Joachim (1897-1916) Canonnier conducteur au 39e R.A. 117e Batterie, MPF à Chipilly (Somme) le 02/12/16.

GARRET Simon (1878-1967) ancien du 4e Régiment de Zouaves, Sous-lieutenant (1914)

GARRET Simon (1878-1967) ancien du 4e Régiment de Zouaves, Sous-lieutenant (1914)

GARRET Simon (1878-1967) ancien du 4e Régiment de Zouaves, Sous-lieutenant (1914) puis Lieutenant (1917), au 105e Régiment d'Infanterie puis en 1916 aux Troupes Auxiliaires Marocaines.

GARRET Simon (1878-1967) ancien du 4e Régiment de Zouaves, Sous-lieutenant (1914) puis Lieutenant (1917), au 105e Régiment d’Infanterie puis en 1916 aux Troupes Auxiliaires Marocaines.

En savoir plus sur la famille denoncin – Reims 14-18

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Mardi 28 octobre 2014 – 20h45 diffusion inédite sur France 3

A ne pas manquer…

Mardi 28 octobre 2014 – 20h45 – Diffusion inédite sur France 3 des premiers épisodes de la série historique d’Olivier Schatzky (2014), « Ceux de 14 » d’après l’ouvrage de Maurice Genevoix (1890-1980), Sous-lieutenant au 106ème Régiment d’Infanterie d’août 1914 à avril 1915, Membre de l’Académie Française.

DONT LA BATAILLE DE LA MARNE

Cf. Robert DENONCIN né à Reims le 22 novembre 1886, Lieutenant au 106ème R.I., est Mort pour la France lors des combats de la nuit du 9 au 10 septembre 1914 à Rembercourt-aux-pots (Meuse) – Bataille de la Marne.

Une famille rémoise dans prise dans la tourmente de la guerre

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Batailles et Soldats de la Marne – Médailles commémoratives

Le nord de la Bataille de la Marne du 6 au 13 septembre 1914 arrive immédiatement au sud de Reims sur une ligne passant par Soissons, Braisne, Fismes, Mourmelon,…

La Médaille de la Marne ou des Soldats de la Marne est commémorative des batailles et victoires de la Marne de septembre 1914 et mars 1918.

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1937 – Médaille commémorative Soldat de la Marne – Maurice Denoncin, enfant de Reims

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1937 Hôtel de Ville de MEAUX – Médaille de la Marne décernée à Maurice DENONCIN

La Médaille de la Marne est créée en août 1937 par l’association « les Soldats de la Marne » fondée par le Capitaine Jules Chrissement. Elle a pour but d’honorer la mémoire de tous les anciens combattants ayant participé à l’une ou aux deux batailles de la Marne. En 1980, l’association prend le nom de « Mondement 1914 ».

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Une médaille de table commémorative de la Bataille de la Marne de septembre 1914 est gravée en 1916 par le sculpteur Julien-Prosper Legastelois pour la Monnaie de Paris.

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2 – L’école d’Arts et Métiers de Reims victime de 1914-1918

Né à Reims en 1888, Maurice Denoncin est élève de l’École d’Arts et Métiers St Jean Baptiste de La Salle, durant les trois années scolaires 1903-1906. Il intègrera de 1908 à 1911 l’École Centrale de Paris et obtient en juin 1911 son diplôme d’ingénieur des Arts et Manufactures en section mécanique.

Aussi, comme tous « les Centraux » et de par leur formation militaire spéciale, il sera affecté dans l’artillerie lors du conflit 1914-1918 (Sous-lieutenant en août 1914, Lieutenant en février 1915, Capitaine en août 1918, au 46ème Régiment d’Artillerie de Campagne puis au 246ème RAC à compter d’août 1917).

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1906 juillet – Bulletin de Maurice Denoncin – 3ème année – 3ème trimestre – Arts et Métiers de Reims

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1906 juillet – Bulletin Diplôme d’élève breveté des Arts et Métiers de Reims – Maurice Denoncin

Après guerre et dans les années 1920, Maurice Denoncin anime la vie du groupe parisien de l’Association « Amicale des Anciens Élèves de l’École d’Arts et Métiers de Reims – Erquelinnes » qui publie un bulletin.

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1927 avril (Erquelinnes) Amicale des Anciens Élèves de l’École d’Arts et Métiers de Reims – Erquelinnes

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Voir l’article précédent sur l’École des Arts et Métiers
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1 – L’école d’Arts et Métiers de Reims victime de 1914-1918

Article de François Denoncin – Cliquer pour voir toute la documentation de la famille

1900 – Création de l’école d’Arts et Métiers de Reims

Avec le soutien des industriels de la région, les Frères des Écoles Chrétiennes – congrégation enseignante fondée au XVIIe siècle à Reims par Saint Jean-Baptiste de la Salle – ouvrent au 32 de la rue du Barbâtre (à l’emplacement actuelle de la Maison Saint Sixte), l’École d’Arts et Métiers Saint Jean-Baptiste de la Salle. L’école propose un programme d’enseignement technique supérieur et scientifique, en trois ans, comportant : Instruction religieuse et Philosophie, Langue et littératures françaises, Mathématiques élémentaires et Mathématiques spéciales, Géométrie descriptive, Mécanique générale et appliquée, Physique, Électricité industrielle et appliquée (laboratoire d’électricité), Chimie, Technologie, Dessin, et Pièces exécutées aux ateliers d’application (ateliers de mécanique, d’ajustage, machines-outils et tours, de construction, de modelage, de fonderie, de forge). Elle est principalement sous le régime de l’internat et offre une Harmonie musicale.

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CPA – Ecole des Arts et Métiers de Reims – rue du Barbâtre – les ateliers

ob_ae667d_ecam1914-1918 – L’École victime des bombardements de Reims

Au 1er août 1914, débute la Première Guerre mondiale, et dès septembre, la bataille de la Marne, l’incendie de la cathédrale de Reims, puis le siège de Reims et les destructions et bombardements de la ville durant tout le conflit. Le quartier de la rue du Barbâtre n’est pas épargné et à la fin de la Grande Guerre en 1918 il ne reste rien de l’École des Arts et Métiers qui est un amas de ruines.

1919 – Transfert à Erquelinnes (Belgique)

En 1919, L’école des Arts et Métiers de Reims est transférée à Erquelinnes, ville frontalière dans le Hainaut en Belgique, dans les vastes bâtiments de l’École de mécanique et d’électricité industrielle d’Erquelinnes, construite dès 1910 par les Frères des Écoles Chrétiennes. Les deux écoles fusionnent et deviennent « Les Arts et Métiers d’Erquelinnes et de Reims » (A.M.E.R.).

1940 – Réinstallation de l’École à Lyon après l’invasion de 1940

L’histoire de l’École des Arts et Métiers de Reims – Erquelinnes devient sombre le 10 mai 1940 par l’invasion de la Belgique http://14-18.documentation-ra.com/2014/07/2014-07-2-l-ecole-d-arts-et-metiers-de-reims-victime-de-1914-1918/r l’armée allemande et qui investit l’école ce qui entraîne l’évacuation de l’école et la dispersion des élèves. Après cette dispersion, c’est un peu par hasard que l’école s’installe à Lyon (depuis 1940). L’équipe des professeurs d’Erquelinnes comptait à l’époque un certain nombre de frères originaires de l’Est de la France qui souhaitaient s’y installer. Elle est définitivement installée à Lyon depuis 1946 et sous l’intitulé actuel ECAM Lyon (École catholique d’arts et métiers), devenue une grande école d’ingénieurs.

Voir article suivant sur l’École des Arts et Métiers de Reims #2

Sites complémentaires :

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Artisanat de tranchée : Reims martyre

Cliquer pour voir toute la documentation de la famille Denoncin.

1918 Artisanat de tranchée – Cathédrale de Reims Martyre – Hauteur 183mm – Collection famille Denoncin. Carte postale ancienne : Pierre Fréville

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26 avril 1914 – Election d’un Membre de la Chambre des Députés

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Mode de scrutin : majoritaire uninominal à deux tours dans le cadre de l’arrondissement (ou de la circonscription lorsque l’arrondissement dépasse 100 000 habitants) – lois du 13 février 1889 et du 17 juillet 1889 – les femmes ne votaient pas avant 1945.

Contexte

Les précédentes élections (1910) ayant reconduit la majorité sortante, la France est gouvernée par la gauche républicaine. Pas moins de 9 gouvernements se succèdent de 1910 à 1914. Les nouvelles élections se déroulent 3 mois avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Résultats

Ces élections donnent la victoire à la gauche, avec notamment une progression des radicaux et de l’Union républicaine. La SFIO gagne plus de 25 sièges et devient le deuxième groupe de la Chambre. Cependant, le déclenchement de la Première Guerre mondiale entraine la formation de l’Union sacrée en août 1914.

suffrages %
SFIO 1 413 044 16,8
Républicains Socialistes 326 927 3,9
Parti Républicain Radical et Radical-Socialiste 1 530 188 18,1
radicaux indépendants 1 399 830 16,6
Républicains de Gauche 819 184 9,7
Union Républicaine 1 588 075 18,8
Action Libérale Populaire 1 297 722 15,4
nationalistes
réactionnaires
autres 56 086 0,7
Total 8 431 056
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Ville de Reims, 4ème canton, bureau École des garçons Rue Anquetil.

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Janvier 1931, le monument aux morts 1914 – 1918

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Janvier 1931 – Commémoration au Monument au morts 14-18 à Reims avec des anciens combattants.

Le Monument aux morts, place de la République, est inauguré en juin 1930 en hommage aux enfants de Reims tombés au champ d’honneur en 1914 – 1918.

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CPA : F. Demoncin. Photo récente : 30 juin 2014, des travaux de réfection ont commencé depuis quelques jours

Ses inscriptions transmettent son sens :

AUX FAMILLES DES MORTS
POUR EXALTER LA GRANDEUR
DE LEUR SACRIFICE

ENFANTS DE REIMS TOMBES AU CHAMP D’HONNEUR QUE CE MONUMENT ÉDIFIE
PAR VOTRE VILLE MEURTRIE EXPRIME A JAMAIS SON DEUIL ET SA FIERTÉ

AUX GÉNÉRATIONS
NOUVELLES POUR QUELLES
SACHENT ET SE SOUVIENNENT

À l’occasion de sa réfection après la guerre 1939-1945, les années 1914 et 1918 gravées de part et d’autre du monument ont été effacées.

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Parmi les anciens combattants et les personnalités réunis le mois de janvier 1931, l’ancien combattant de 14-18, Maurice Denoncin, enfant de Reims (1888-1986). Par souci d’éducation morale et du devoir de mémoire, il est venu avec son fils Philippe Denoncin (1924-2008), âgé de 6 ans, à sa gauche.

A noter que le monument ne présente pas les noms des enfants de Reims morts pour la France en 14-18, dont le Lt Robert Denoncin (1886-1914) tué lors de la Bataille de la Marne.

Question aux membres et aux visiteurs de Reims Avant & Reims 14-18 : où sont mentionnés les enfants rémois morts pour la France en 14-18 : plaques, livre d’or, autre monument ?

Merci, François Denoncin

Cliquer pour voir toute la documentation de la famile Denoncin

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4 – Une famille rémoise prise dans la tourmente de la guerre

Première partie – La famille Denoncin
Deuxième partie – La bataille de la Marne
Troisième partie – Les années de guerre 1915 à 1918
Quatrième et dernière partie – L’après guerre


1918-1920

Il dispense dès l’année scolaire 1878-1879 des cours d’adultes à Reims comme instituteur adjoint bénévole et crée vers 1900 à la chambre de commerce le premier cours bénévole d’Espéranto (prônant une langue universelle).

L’ordre d’évacuation générale de la population civile de Reims est donné le 25 mars 1918.

Veuf de Claire Damville depuis août 1915, suite aux bombardements, aux destructions et aux différentes vagues de Rémois réfugiés vers d’autres villes et départements, Albert Denoncin quitte Reims, et s’établit temporairement au 17 de la rue Guyot à Provins (Seine et Marne).

Bien qu’à 113 kms au sud-ouest de Reims, Provins est compris dans « la zone des armées » comme l’indique la « Carte de circulation dans la zone des armées » (Arrêté du 15 mars 1917) qui lui est délivrée à Provins le 15 avril 1918.

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1918 – janvier – Albert Denoncin (1852 Reims – 1924 Reims)

Jean-Baptiste, Alexandre, Albert Denoncin, enfant rémois, né le 6 novembre 1852, est retraité de la « Compagnie des Chemins de Fer de l’Est », à Reims, après une carrière en qualité d’Employé principal.

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1879 – Reims

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Avril 1918 – Carte de circulation dans la zone des armées (Arrêté du 15 mars 1917)

L’après-guerre est marquée par les restrictions des denrées et différentes mesures de rationnement.

JB Albert Denoncin perçoit du Département de Seine-et-Marne à Provins une « Carte spéciale de sucre ».

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1920-09-(Provins) « Carte spéciale de sucre » (rationnement)

1921- 1924

J-B Albert Denoncin revient habiter dans le quartier qu’il aime à Reims, Faubourg du Laon, église Saint Benoît sa paroisse, quartier proche de la Gare où il avait fait sa carrière, au 46 rue Pierret, rue débouchant aux 7-9 rue Paulin-Paris, face au n° 8.

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1923 – Carte d’Adhérent Réseau Est Groupe de Reims Fédération des retraités des chemins de fer

Il décède dans sa 72ème année le 4 janvier 1924 à son domicile au 46 rue Pierret.

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1924-01-04-(Reims) Faire-part de décès Albert DENONCIN

Fin de l’article « Une famille rémoise prise dans la tourmente de la guerre » juin 2014

Pour les nouvelles et jeunes générations à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre, pour un message de Paix entre les hommes, en hommage aux victimes et aux combattants de 1914-1918 ; En souvenir de mon grand-père Maurice Denoncin, resté très attaché à sa vie rémoise, et qui a su porter et transmettre le devoir de mémoire à ses enfants et petits-enfants ; Merci aux membres de Reims Avant et Reims 14-18, merci à Mme Véronique Valette pour son aide. Je forme le vœu que cette approche personnalisée et vécue par une famille rémoise de la guerre 14-18 et en particulier de la Bataille de la Marne à quelques lieux de Reims soit un possible support pédagogique pour les élèves et enseignants rémois. François Denoncin (Vernon – Eure) juin 2014
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Novembre 1917, 3e emprunt de la Défense Nationale

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Collection famille Denoncin

Albert Denoncin (1852 – 1924), enfant de Reims, réfugié temporairement à Provins (Seine et Marne) depuis Avril 1918, souscrit au 3ème Emprunt de la Défense Nationale ouvert en novembre 1917, dont la campagne formule  « Souscrivez pour la France qui combat ! pour celle qui chaque jour grandit ». Le 4ème et dernier emprunt sera lancé en octobre 1918.

Article de François Denoncin – Cliquer pour voir toute la documentation de la famille

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Laissez-passer

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1914- Reims LAISSEZ-PASSER Denoncin Albert Claire & Marthe pour Bracieux (Loir&Cher)

Document : collection François Denoncin – Cliquer pour voir toute la documentation de la famille

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3 – Une famille rémoise prise dans la tourmente de la guerre

Première partie – La famille Denoncin
Deuxième partie – La bataille de la Marne
Troisième partie – Les années de guerre 1915 à 1918
Quatrième et dernière partie – L’après guerre


Troisième partie : les années de guerre 1915-1918

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1915-04-05 Ordre Artillerie du 6ème Corps d’Armée – (Lt Maurice Denoncin)

1915-04-11 Citation à l'Ordre du Regiment 46eme d'Artillerie - Lt Maurice DENONCIN "Campagne 1914-1915 sous les bombes 217e jour du siège"

1915-04-11 Citation à l’Ordre du Regiment 46eme d’Artillerie – Lt Maurice DENONCIN « Campagne 1914-1915 sous les bombes 217e jour du siège »

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Carte postale envoyée le 21 avril 1915 par Claire Denoncin

Reims 21 avril 1915

Chers cousins et cousines

Nous pensons vous faire plaisir en vous envoyant les poires d’autre part, elles sont un peu muries sous les bombes mais saines quand même. Nous avons encore subi ces temps derniers quelques bombardements avec incendie des immeubles. En une seule nuit on a compté 22 foyers, c’est plutôt sinistre comme vous devez le penser. Par contre nous sommes heureux de vous faire savoir que notre Maurice a été cité à l’ordre du Régiment avec la mention suivante « Depuis le début de la campagne s’est signalé par son calme et sa bravoure dans toutes les fonctions qui lui ont été confiées avant la direction du service des munitions dans le secteur. A fait preuve du plus grand zèle et d’un dévouement absolu« . Cette citation signée par le Colonel nous est parvenue le 17 courant. Nous nous réunissons tous les trois pour vous adresser notre affectueux souvenir ainsi qu’à toute votre gentille famille… Votre petite cousine Marthe qui parait avaler une bombe.

Affectueusement

Claire Denoncin

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1915-04-21 Reims Albert DENONCIN Marthe DENONCIN Claire DAMVILLE epouse d’Albert DENONCIN. sur la table le fameux Almanach Matot-Braine de Reims

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22 avril 1915

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1915-05-05-Officiers à l’entrée des souterrains (Lt Maurice Denoncin 2ème à gauche)

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1915-05-27- Rupt – place de la Mairie – une section de 90 (Lt Maurice Denoncin à Gauche)

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Les bombardements de Reims depuis septembre 1914, également à proximité du quartier de la rue Paulin-Paris, affectèrent la santé de Mme Albert Denoncin née Claire Damville laquelle décéda à l’âge de 50 ans le 7 août 1915 à son domicile.

1918

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1918-06-10 Citation à l’Ordre du Corps d’Armee Lt Maurice DENONCIN

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1918-07 Maurice Denoncin promu au grade de Capitaine au 246ème RAC

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2 – Une famille rémoise prise dans la tourmente de la guerre

Première partie – La famille Denoncin
Deuxième partie – La bataille de la Marne
Troisième partie – Les années de guerre 1915 à 1918
Quatrième et dernière partie – L’après guerre


Deuxième partie : La Bataille de la Marne

Maurice, né le 27 juillet 1888 à Reims est lieutenant au 46e Régiment d’Artillerie de Campagne, 8e Batterie.

Le 13 décembre 1914, à Mont-sous-les-Côtes, dans la Meuse il va envoyer cette lettre par la poste civile à ses parents : Albert Denoncin et Claire, née Damville, 8 rue Paulin-Paris à Reims.

Dans sa lettre, Maurice parle de l’endroit où est « resté » son cousin, Robert Denoncin, fils de Paul, né à Reims le 22 novembre 1886, lieutenant au 106e Régiment d’Infanterie « mort pour la France, tué à l’ennemie » le 10 septembre 1914 à Rembercourt-aux-Pots dans la Meuse pendant la Bataillede la Marne.

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Mont sous les Côtes le 13 décembre 1914

Chers Parents

Je vais avoir l’occasion de faire partir mon courrier par la poste civile, j’en profite donc pour écrire une vraie lettre et j’espère qu’elle vous arrivera assez rapidement. Je reprendrai si vous le voulez bien l’histoire de ce que j’ai vu de la guerre parce que vous devez avoir la dessus des renseignements assez vagues.

Quand j’ai rattrapé le 46, il ne s’était pas encore battu et avait organisé les Hauts de Meuse au Sud Est de Verdun ; les Eparges, Combres etc… de façon à pouvoir repousser toutes les attaques allemandes venant de l’Est. La dernière semaine d’août l’armée Ruffey dont nous faisions partie reprit l’ordre d’attaquer dans la direction du Luxembourg, on partit donc par Etain dans la direction de Longuyon c’est pendant ce trajet que j’ai rejoint ; nous alignons de la gauche à la droite les 15e, 5e, 6e et 4e corps. Je ne sais pas au juste ce qui s’est passé mais il y a eu surement une négligence du service de renseignements car notre infanterie qui comptait comme nous entrer au Luxembourg presque en se promenant s’est tapé le nez un beau matin sur les Allemands en force un peu au Sud de Longuyon (vers Beuveilles pour nous) nous n’étions pas habitués à la guerre des taupes aussi notre infanterie sans attendre l’artillerie s’est-elle lancée à l’assaut d’une façon insensée mais les allemands étaient retranchés et c’est là que le 106 et le 132 écopèrent tellement ainsi que nos chasseurs à pieds et les coloniaux et quand à trois heures du soir nous sommes arrivés en position, ce qui restait de l’infanterie du 6e corps se lançait pour la 4e fois à l’assaut des bois près de Longuyon, notre corps était vainqueur et devant nous les Allemands reculaient mais le 4e et le 5e corps étant enfoncés nous dûmes battre en retraite pour ne pas nous faire envelopper.

Le lendemain même histoire et vers le soir des cyclistes (probablement des espions) ont jeté la panique dans le 4e corps en criant sauve qui peut voilà les hulans, il s’en est suivi une débâcle sur notre droite dans laquelle fut prise la 40e division du 6e corps, les deux autres, la 12e et la 42e avec l’artillerie sauvèrent la mise et nous avons conclu sur nos positions, c’est ce jour-là que fut tué le colonel. Il y avait un jour et demi que nous n’avions pas mangé et 52 heures que nos chevaux n’avaient pas bu, nous étions vannés.

Les deux jours suivant nous n’avons fait que protéger la retraite vers la Meuse que nous avons passé à Charny et nous sommes revenus cantonner à Malancourt deux jours pour nous reposer ; les Prussiens n’avaient pas encore passé la Meuse. Ils ne commencèrent le passage que le 31 août et nous nous sommes portés à leur rencontre vers Andevannes, tout allait bien pour le 6e corps mais le 5e qui, à ce moment, était passé à notre gauche a vu les réservistes parisiens lâcher pied et le 46e envoyé vers lui pour l’aider à marcher en avant n’a pu servir qu’à protéger sa retraite. Le lendemain même histoire au Nord de Landres mais cette fois nous ne battons en retraite que par ordre supérieur, le 2 septembre à Montfaucon (3e jour de cette bataille) le 6e corps tient le coup jusque 3 heures du soir et à cette heure-là nous lançons une contre-attaque qui nous fait regagner 5 kilomètres ; malgré cela nous recevons l’ordre de battre en retraite et nous filons à toute allure à Rosnes au Nord de Bar le Duc. Les Prussiens allant moins vite que nous, nous soufflons une journée entière.

Le 6 septembre au matin arrive l’ordre du Général Joffre : reprendre l’offensive ou se faire tuer plutôt que de reculer : nous partons en avant à 1 heure du matin et nous rencontrons les Prussiens à Beauzée sur Aire. Ce fut une dure journée et vers le soir notre infanterie écrasée bat en retraite sans prévenir les artilleurs, nous avons alors repris de front et d’enfilade à 5 heures du soir ; le colonel fait avance les avant trains et envoie demander des ordres au général de brigade ; l’ordre est : restez quand même, alors sous une pluie d’obus comme je n’en ai jamais vu nous avons remis pied à terre et continué le feu, nous étions persuadés y rester tous. Au bout de 20 minutes il n’y avait plus moyen, le colonel commande la retraite par groupe, et nous sommes partis au pas arrêtés à chaque instant parce qu’un attelage tué tombait et il fallait le dételer parce qu’on ramassait les blessés, en une demi-heure nous n’avons fait que 1500 mètres mais tout notre matériel était sauf. Le 25e d’artillerie a eu moins de chance il a perdu 8 canons et 12 caissons, la nuit noire a arrêté le mouvement des deux côtés heureusement et nous avons pu un peu dormir comme des brutes. Les trois jours suivants nous n’avons pas lâché d’une semelle malgré des avalanches d’obus, c’est là que nous avons tous été blessés, moi très peu à la tête, c’est pendant ce temps-là que j’allais voir Robert le soir dans ses tranchées.

Le 9 au soir nous quittons la position comme d’habitude pour aller bivouaquer à 1500 mètres en arrière, quant à 8 heures et demi les Allemands se mettent à bombarder le bivouac, nous déménageons sans grands dégâts et nous allons 1800 mètres plus loin, rebivouaquer puis à Erizé la Grande, il était 11 heures du soir quand nous avons pu commencer à dormir, à minuit et demi, réveil en fanfare : c’était une attaque de nuit et il pleuvait, la fusillade craquait d’une façon fantastique mais pour l’artillerie il fallait attendre le jour. Jusqu’à 4 heures du matin nous sommes restés immobiles sous l’averse, enfin le jour est venu et nous sommes partis en reconnaissance, l’infanterie était démolie (c’est là que Robert est resté) le général de brigade Herr est arrivé et a pris notre tête, nous nous sommes installés à 800 m des Prussiens sans un fantassin pour nous garder et le général nous a dit : à partir de maintenant l’artillerie restera aux avant-postes et nous ne reculerons plus d’un pas. Nous y sommes restés 4 jours presque sans dormir toujours l’œil et l’oreille ouverts tant nous avions peur d’une attaque de nuit. Le 13 septembre les Boches fichaient le camp la Bataille de la Marne était gagnée. Nous étions tellement vannés que nous n’avons pas pu nous mettre tout de suite à leur poursuite, nous nous sommes reposés un jour à Belleray.

Enfin le 14 septembre nous sommes partis dans la direction de Verdun, il pleuvait mais tout le monde chantait on croisait des monceaux de cadavres dont beaucoup étaient tout verts car il y avait 7 ou 8 jours qu’ils étaient là (Songez que de Rembercourt à Beauzée sur notre front qui avait moins de 8 Km on a enterré 23000 corps dont 7 mille français) nous chantions quand même. Tous nos hommes avaient des casques, des fusils, des cartouchières, des cartouches, des toiles de tentes, des sacs, des souliers, c’était inouï.

Le 14 nous couchions à Souilly, le 15 à Damloup (sous Verdun) et le 16 au matin nous reprenons la bataille à Beaumont au nord de Verdun, le 17 et le 18 de même quand à quatre heures du soir le 19 nous apprenons que la 75e division de réserve (des gens du midi, des cochons) avaient lâché presque sans combat la plus grande partie des Hauts de Meuse que nous avions organisés un mois plus tôt. On y envoie le 6e corps à toute vitesse et le 21 au soir nous entamons la bataille à Mesnil sous les côtes à 7 heures du soir, c’est là que nous sommes depuis ce moment-là et notre infanterie a progressé d’une dizaine de kilomètres.

Voilà l’histoire de ce que j’ai vu de la guerre et je pense que maintenant on va déclencher une percée en Alsace, le 6e corps espère bien en être maintenant qu’il est tout à fait recomplété et remis à neuf. Il y a une chose certaine : c’est que si le 25, le 4e et le 5e corps avaient été aussi solides que le 6e nous aurions occupé le Luxembourg et coupé une partie des lignes arrières des Boches ce qui les aurait sûrement bien embêtés.

Enfin tout cela est passé et tous les généraux qui ont fait des boulettes ont été balayés par le général Joffre qui n’y va pas par 4 chemins. Maintenant nous attendons avec impatience le moment de repartir en avant parce qu’on s’ennuie.

La santé est toujours bonne et j’attends de vos nouvelles ce soir, comme d’habitude du reste.

Tâchez toujours de bien vous porter, dites-moi un peu ce que vous dépensez par mois et ce qui vous reste disponible.

Embrassements bien affectueux

M Denoncin

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Les lieux cités dans la lettre

1914-09-06- Bataille de la Marne ordre du jour du General Joffre et l’ordre du jour du 7 septembre, du Général commandant en chef Joffre au Général commandant le 6e Corps d’Armée, retranscrit par Maurice Denoncin

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1914-09-10 Bataille de la Marne (dans les rues de Rembercourts, Meuse 55)

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1914-09-10 Robert DENONCIN Lieutenant au 106e RI – mort pour la France à Rembercourt-aux-Pots (Bataille de la Marne)

Chronologie des événements qui montre la participation de trois cousins à cet événement historique qui fût tragique pour cette famille

Début 1914 : l’adjudant Aimé Denoncin se trouve à St-Mihiel (Meuse) où est installée son unité, le 29e bataillon de chasseurs à pied. Aimé, originaire de Flize (08), est marié à Hortense Fontaine. Ils ont un petit garçon de 4 ans, Marc né en 1910.

De son côté, le lieutenant Robert Denoncin, né à Reims, est affecté au 106e régiment d’infanterie cantonné au camp de Mourmelon. Robert y vit avec son épouse anglaise, Cécily Humphreys, qu’il a épousée un an plus tôt. Robert est réserviste jusqu’en 1913, date à laquelle il s’engage. Auparavant, il travaillait à Paris comme administrateur chez le constructeur automobile Gobron-Brillié.

Quant à Maurice Denoncin, cousin germain de Robert, célibataire, né aussi à Reims, il se trouve en 1914 à Alicante en Espagne où il travaille comme ingénieur de travaux publics. Maurice est par ailleurs sous-lieutenant de réserve au 46e régiment d’artillerie de campagne implanté de même que le 106e RI au camp de Mourmelon.

1er août 1914, la mobilisation générale est décrétée en France. Aimé, Robert et Maurice Denoncin ont en commun d’appartenir tous les trois au 6e corps d’armée

  • le 29e bataillon de chasseurs à pied compose, avec le 25e et le 26e BCP, le groupe de chasseurs du 6e corps d’armée.
  • le 106e régiment d’infanterie dépend de la 12ème Division d’Infanterie qui appartient au 6e CA.
  • le 46e régiment d’artillerie de campagne créé vers 1912-1913 renforce les deux régiments de la brigade d’artillerie du 6e CA, les 25e et 40e RA.

Cette appartenance commune au 6e corps d’armée explique que les trois cousins seront regroupés sur un même secteur d’opération. De plus, les trois régiments d’artillerie du 6e CA sont à cette époque équipés du célèbre 75 qui ne porte pas, en appui direct, à plus de 5 km. Ceci justifie aussi leur proximité.

« Mobilisable le premier jour de la guerre » est la mention portée sur la feuille de route du réserviste Maurice Denoncin que celui-ci reçoit à Alicante. Maurice ne pourra arriver au dépôt que le 19 août où il est déclaré… déserteur !

Les cinq premières semaines de guerre sont favorables aux forces allemandes qui viennent de traverser la Belgique et l’Est de la France. Aussi le 6 septembre 1914, le Général Joffre, chef d’état-major, donne l’ordre de contre-offensive générale. C’est la Bataille de la Marne qui s’étend sur un front de 180 km, allant sensiblement de Meaux à Verdun en passant par Sezanne, Vitry-le-François et Revigny.

Le 6e CA, qui avait commencé la guerre, déployé sur la frontière entre Conflans et Domeure-en-Haye, est rappelé par Joffre pour parer à la percée venue du Nord. Pour le 6e CA, la Bataille de la Marne commence à cheval sur l’Aire près de Beauzée-sur-Aire (actuel Beausite-Meuse). Le 6ème CA au sein de la 3e armée (général Sarrail) combat alors « à front renversé », puisque face à l’Ouest, pour empêcher l’ennemie d’encercler complètement Verdun qui représente le pilier d’ancrage Est de toute la manœuvre.

Dès le 7 septembre, l’artillerie du 6e CA opère vers la ferme de la Vau marie à environ 2,5 km de Rembercourt-aux-pots (actuel Rembercourt-Sommaisne, Meuse). le sous-lieutenant Maurice Denoncin, sera sur ce secteur jusqu’au 10 septembre, il y remplit les fonctions d’officier de liaison auprès du colonel à l’état-major, et avec l’infanterie. Chargé de régler et de faire déclencher les tirs au profit de l’infanterie, Maurice est très souvent en première ligne. L’artillerie du 6e CA stoppe l’avance allemande devant la ferme de la Vau Marie.

Le 8 septembre, les chasseurs du 6e CA s’organisent sur le plateau de la Vau Marie. Aimé Denoncin doit être à moins d’un kilomètre de Maurice, mais ces cousins éloignés ne se connaissent pas. De plus la Bataille de la Marne est une offensive qui concentre sur le front des forces très importantes. Pourtant le 8 au soir, le hasard permet à Maurice de rencontrer son cousin germain Robert. En effet le 106e RI et le 46e RAC ont un bivouac voisin et lorsque Maurice demande à des officiers du 106e RI s’ils savent où se trouve le lieutenant Denoncin, ils le lui indiquent à quelques pas. Le 106e RI vient de résister à la progression allemande sur Rembercourt-aux-pots, et s’est installé sur le plateau de la Vau Marie.

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L’effort allemand pour tenter de percer la ligne de front se prépare. C’est dans la nuit du 9 au 10 septembre 1914, autour de Rembercourt-aux-Pots que le 6e corps d’armée payera le terrible prix de cet assaut… En pleine nuit et sous la pluie, les Allemands attaquent tout le long de cette ligne de front. Il s’agit pour l’essentiel d’une lutte à la baïonnette et à l’arme blanche qui engendrera des pertes énormes pour les deux adversaires.

Ainsi c’est le même jour, le 10 septembre 1914, à Rembercourt-aux-Pots, que l’adjudant de chasseurs Aimé Denoncin et le lieutenant d’infanterie Robert Denoncin sont morts pour la France, « tués à l’ennemi ».

Maurice n’apprendra la mort de son cousin germain que bien après car l’artillerie du 6e CA, après avoir immobilisé l’ennemi sur le plateau de la Vau Marie, participe à la contre-offensive qui repoussera les forces allemandes au-delà de ce secteur dès le 10 septembre. Le 1er octobre suivant, le sous-lieutenant Maurice Denoncin sera nommé au grade de lieutenant.

La Bataille de la Marne, qui se prolongera jusqu’au 13 septembre 1914 est une victoire pour les troupes françaises qui stoppent et repoussent la ruée allemande.

Nous savons qu’Aimé Denoncin est mort au combat sur le talus de la gare de la Vau Marie. Robert Denoncin devait se trouver à proximité sur le plateau. Tous deux reposent au cimetière militaire de Rembercourt-aux-Pots : mais la sépulture initiale d’Aimé, sur les lieux du combat, a disparu lors du réaménagement après la guerre. Il doit donc se trouve parmi les milliers « d’inconnus » des deux fosses communes. C’est en parcourant le cimetière que ses proches ont découvert qu’il y avait eu un autre Denoncin mort à la bataille de Rembercourt-aux-Pots, le lieutenant Robert Denoncin.

Après la Bataille de la Marne, le lieutenant Maurice Denoncin est associé entre autres à la bataille de Verdun (février 1916) ; et à la bataille de Saint-Michel (septembre 1918) en tant que capitaine, nommé à ce grade le 1er juillet 1918. Il sera rappelé comme chef d’escadron dans le conflit 39-40.

François Denoncin, 1985

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