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Lundi 19 mai 1919

Louis Guédet

Lundi 19 mai 1919

1711ème et 1709ème jours

8h soir  Je pars à 7h de St Martin le cœur bien gros !! A la Gare causé avec Mme de Riocour et Melle de Puymaigre, toujours aussi bonnes et charmantes. Rentré à 11h1/2. Monceau de lettres qui me coupent bras et jambes. Il faut me hâter car demain Chambre des notaires et mercredi à 5h je pars pour Paris, appel dimanche dernier par les Heidsieck pour leur affaire Jacquemart. Ils sont charmants, mais ils ne se doutent pas du mal qu’ils me donnent sans le temps qu’ils me font perdre. Je les verrai à 2h mercredi, je repartirai jeudi matin pour arriver à mon audience de 2h jeudi. Et repartir vendredi à Charleville à 10h1/2 et rentrer ici enfin samedi soir, et le mercredi suivant je retourne à St Martin pour la première communion de Maurice !!! Et on dit que nous ne faisons rien !!

Dérangé toute l’après-midi, tiré de-ci de-là ! Quelle vie, je suis fourbu ! Ajoutez à cela ma grande tristesse !!! Couru à la Ville pour obtenir un acte de naissance d’André et mon autorisation pour son baccalauréat !! Mais à la Ville j’obtiens tout ce que je veux ! Heureusement !! Demain à 8h1/2 signatures d’actes, légalisations, signatures de registres de régie, etc…

Appris vendredi au Parquet qu’Harel, mon confrère notaire à Reims, avait donné sa démission de notaire !! C’est simple ! Il est fou !! (Rayé).

M. Villermin qui vient d’Épinal est nommé juge de Paix des 2ème et 4ème cantons, il doit prêter serment le 23, vendredi. Je resterai donc en attendant un titulaire pour les 1er et 3ème cantons… Cela me soulagera d’autant.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 19 – Voyage à Rethel, avec le Général Didier et Mgr Neveux. Visite des Prélats américains (en mon absence). Visite de Mme la Directrice du Lycée, catholique pratiquante, qui vient de Vitry-le-François, et dont le père était Inspecteur d’Académie dans le Nord où elle-même dirigeait un Collège, à Lille, jusqu’en 1917. Visite de Mme du Doré avec M. de Lambilly. Visite d’adieu de M. Boucher qui retroune en Bretagne, chez les Auxiliatrices, ou la communauté où il était réfugié.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Lundi 19 mai

Brockdorff-Rantzau est parti pour Spa, où il doit conférer avec des hommes politiques et des financiers allemands. Il a remis une contre-proposition à la Conférence au sujet de la Sarre.
Cette contre-proposition s’inspire en fait de la note du 14 mai où Brockdorff-Rantzau protestait contre le transfert des mines de la Sarre à la France. Le chef de la délégation allemande insinuait qu’il y avait d’autres moyens d’indemniser notre pays de la destruction des charbonnages du Nord et du Pas-de-Calais. Ce sont ces moyens qu’il a envisagé dans le document.
Les Quatre ont tenu une séance intéressante, M. Montagu, sous secrétaire d’État britannique pour l’Inde et le maharajah de Bikanir ont fait valoir contre une mutilation trop grande de l’empire ottoman les sentiments des musulmans hindous.
Les conversations sur Fiume n’ont encore produit aucun résultat.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 18 mai 1919

Louis Guédet

Dimanche 18 mai 1919

1710ème et 1708ème jours

Messe à 9h. Ensuite je suis allé sur la tombe de mon Père et de ma Mère. Je me repose en souffrant de voir mes pauvres aimés si isolés, et si pauvres !…

Mon (rayé) pour ses dommages de Guerre, après ce qu’il m’a fait ! (Rayé). Non, c’est du tyrannisme ou de (rayé). Et (rayé) raison là !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 18 – Visite de la famille Delaunay, offrant une belle Eau-forte de la Cathédrale. Visite de Mme Changeux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 18 mai

Les Cinq ont délibéré sur les frontières de la Bulgarie.
Les forces alliées ont occupé Salonique : les Grecs ont pris position dans la ville, les Français dans les forts, les Anglais et les Italiens aux environs. Le gouvernement ottoman avait été, la veille, informé, par les soins des autorités navales alliées, de l’opération qui s’est effectuée aux termes de l’article de l’armistice. Celui-ci prévoit, pour les alliés, le droit d’occupation, dans le cas où un état de choses menaçant pour leur sécurité viendrait à se produire.
La commission de la paix s’est réunie à Berlin. L’Allemagne ne pourra éviter de signer, déclare lord Curzon.
Lenine annonce une victoire sur les troupes roumaines.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 17 mai 1919

Louis Guédet

Samedi 17 mai 1919

1709ème et 1706ème jours

Beau temps. Je dors presque toute la journée, je suis tellement fatigué ! et puis je jouis un peu des miens.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 17 – Rentrée à Reims. Visite de la famille de La Ferronnaye, Marquis, Marquise et fille de Mme de Pommerau.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Le Marquis Henri de La Feronnaye


Samedi 17 mai

On annonce de nouvelles notes de Brockdorff-Rantzau.
Les Quatre ont statué sur les clauses du désarmement de l’Autriche, et les Cinq sur la délimitation de la Bulgarie.
Le traité secret de Londres a été publié à Rome.
Le maréchal Foch s’est rendu sur le Rhin pour prendre certaines dispositions en prévision d’un refus que l’Allemagne opposerait à la signature de la paix.
Lenine a envoyé un ultimatum à la Roumanie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 16 mai 1919

Louis Guédet

Vendredi 16 mai 1919

1708ème et 1706ème jours

Je pars à 10h1/2. A Épernay je vois le Président qui me parle des commissions arbitrales et des dommages de Guerre. Je vois également notre nouveau Procureur de la République, M. Jonc (à vérifier), un homme tout rond ? hum ?!… peut-être trop ? Enfin l’avenir nous dira le reste.

Arrivé à St Martin le soir à 6h. Ma pauvre chère femme va un peu mieux.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 16 – En retraite au Waridon. Visite du Général Raulin, j’étais absent.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 16 mai

Brockdorff-Rantzau

Brockdorff-Rantzau a fait remettre à M. Clemenceau trois nouvelles notes.
La première visait les responsabilités. Tout en reconnaissant que l’Allemagne devait des réparations pour les dommages causés, elle s’efforçait de diviser ces responsabilités et d’en rejeter une partie sur les adversaires de l’empire.
La seconde avait trait à la situation économique de l’Allemagne, et tendait à montrer que cette situation était quasi-désespérée. Tout, en effet, disait-elle, manquait ou allait manquer, puisqu’on prenait à l’Etat germanique sa houille et sa potasse, qu’on le privait de sa marine marchande, qu’on lui refusait les matières premières, etc.
Le troisième document, le plus développé, concernait les cessions territoriales. Il étudiait minutieusement chacune d’elles en parlant de la Sarre, de Moresnet, de Malmédy, etc., et confrontait les revendications de l’Entente avec les thèses wilsoniennes.

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Jeudi 15 mai 1919

Louis Guédet

Jeudi 15 mai 1919

1707ème et 1705ème jours

9h matin  Toujours du beau temps plutôt chaud. Je suis d’une tristesse indescriptible, et découragé à l’avenant !! Mon Dieu, que la mort me serait une délivrance !! Je n’en puis plus ! Mon agonie est trop longue ! Et puis je ne sais où je vais !! Je suis désespéré.

7h soir  Du monde en quantité. Audience à 2h jusqu’à 6h1/2 du soir. Réquisitions. Conciliations. Conseils de familles. Je suis très fatigué. Et mon chagrin, mon désespoir ne font qu’accentuer cette fatigue. Que dirais-je de plus, rien. Rien de drôle à ces conciliations. Le nouvel intendant est de la carrière. Donc rien à faire. En sorte que les affaires passent sans intérêt. Tout cela me lasse !! du reste je n’ai plus aucun goût au travail ni à quoi que ce soit. Mon Dieu que la mort me serait une délivrance !!

Je pars demain pour St Martin, encore souffrir à voir encore ma pauvre femme malade, hélas !! Quel calvaire que ma misérable vie !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 15 – Cinéma, film à la Cathédrale à 9 h. photographies du Cap. Faure. Départ pour la retraite des prêtres démobilisés, au Waridon, Charleville.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Jeudi 15 mai

Une crise gouvernementale apparaît imminente à Berlin. Les catholiques et les démocrates prétendent vouloir se retirer du cabinet, et les socialistes indépendants refusent d’assumer les charges du pouvoir.
Les délégués autrichiens sont arrivés à Saint Germain.
Le transport des troupes polonaises à travers 1’Allemagne serait suspendu.
Les Tchèques annoncent qu’ils ont subi une attaque du côté hongrois.
Brockdorff-Rantzau s’est fait interviewer. Il a déclaré que l’Allemagne subissait la méfiance générale et qu’elle devait prouver par des actes qu’elle avait changé d’esprit.

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Mercredi 14 mai 1919

Louis Guédet

Mercredi 14 mai 1919

1706ème et 1704ème jours

10h matin  Temps magnifique d’été, très chaud. Toute la nature est gaie, hélas !! Et cette végétation luxuriante jure avec nos ruines !! Je rentre du Cimetière du Nord pour faire enlever la serrure de la chapelle de Maurice Mareschal et refaire une clef. Je suis assailli de chaleur, et puis chaque fois que je parcoure les rues de Reims avec toutes ces ruines amoncelées, cela me crève le cœur ! Certes ! plutôt la mort que cette vie au milieu de cette Pompéi moderne !! Quelle misérable existence ! et quelle triste fin de carrière j’aurais eue, j’aurais vécue !

3h soir  quelques lettres. Visite de Dufay, mon propriétaire, qui me dit que la porte que je devais faire pour communiquer avec la maison voisine et la pièce que j’ai l’intention de louer me coûtera… 600 F !!! Avant-guerre cela aurait coûté 150 Francs… C’est formidable, tout cela me démonte !…  si seulement je n‘avais pas cette charge ! Dieu que je serais débarrassé si je pouvais la lâcher !… Il fait une chaleur torride !…  si cela continue cela ne pourra nous amener que des orages…

En tout cas je pense partir à St Martin vendredi pour 2 ou 3 jours là-bas !…

Je n’ai le goût à rien, je vais tâcher de sortir un peu ! mais là…  quoi faire ?

6h soir  Sorti pour faire un tour et me faire coiffer les cheveux, quand en passant devant l’École Professionnelle je m’entends interpeller, c’était l’ancien Directeur, M. Beauvais, qui a été si utile durant les bombardements. Il venait surveiller la remise en état de l’École. Il est maintenant Directeur de l’École des Arts et Métiers de Châlons où a été mon grand-père Jules Guédet au début de cette école en 1813/1814, comme fils ainé de 7 enfants, et où il a fait le coup de feu en 1814 (mars) contre les Russes et les cosaques dans les rues de Châlons. Pressé par les cosaques il ne dû d’avoir la vie sauve qu’en piquant une tête dans la Marne au Pont du Mau, et de remonter le courant jusqu’au barrage. C’était, parait-il, du reste un nageur de première force !!

Nous causâmes donc avec Beauvais, heureux de nous revoir… Il m’apprit qu’à la suite d’une imprudence du service de santé qui occupait une partie des bâtiments de l’École des Arts venait d’être incendiée…  et…  bien entendu les Galonnards du service de santé cherchèrent à faire endosser la responsabilité de l’incendie à ce vil civil de Directeur, mais ils sont tombés sur un bec de gaz !! Car Beauvais connait ces pierrots… Et justement c’était Boncourt ancien pharmacien à Reims, arrivé à 4 galons, Légion d’Honneur, etc…  qui comme tous ces parvenus-là, voulut le prendre de très haut…  mais çà n’a pas pris et il a dû en déchanter. C’est extraordinaire comment ces officiers de complément ont pris de la marque aussitôt qu’ils ont endossé l’uniforme !!…

Beauvais me disait qu’ils le paieraient cher car au lieu de comprendre qu’il va falloir rentrer dans le rang et la légalité, ils veulent continuer à parader et à régenter !! Ce temps-là est passé heureusement.

Il parait que notre nouveau Préfet du reste les a dans le nez tous ces galonnards et les fait pivoter, c’est, du reste, bien leur tour !! Rentré pour recevoir Brimont, avocat, qui va s’installer à Trigny, ne pouvant habiter Reims, sa maison étant démolie.

Bref j’en sais avec ma coupe de cheveux !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Trigny

Cardinal Luçon

Mercredi 14 – Visite de Mme la Marquise de Polignac. Mission Hellénique. Conférence avec M. Dufay. Visite du Capitaine américain Faure (Croix-Rouge)

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 14 mai

Scheidemann a prononcé un grand discours à l’Assemblée nationale de Berlin. Il déclare les préliminaires de paix inacceptables, mais il ajoute qu’il veut continuer à négocier.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mardi 13 mai 1919

Louis Guédet

Mardi 13 mai 1919

1705ème et 1703ème jours

10h matin  Temps couvert, lourd, je suis délabré. Je travaille comme une machine mais sans force. Toujours souffrir, toujours pleurer, c’est trop. Et puis le souci de l’avenir des miens, de la santé de ma pauvre femme me tue. Je suis sans forces.

9h soir  Vu la Supérieure de l’Hôtel-Dieu qui est maintenant à l’Hôpital Général en attendant qu’elle regagne Roederer avec ses religieuses. Je lui ai communiqué la lettre de la Mère Supérieure Sœur Pauline, de Cras Avernas, qui malheureusement ne se rend pas compte que leur intérêt est d’accepter ce que les Hospices leur offre de s’installer toutes à Roederer. En tout cas l’Aumônier, le Directeur et la Supérieure de Reims sont de cet avis, et si elles ne saisissent pas cette occasion elles pourront dire que ce sera la mort de leur Communauté, les Religieuses Augustines de l’Hôtel-Dieu de Reims auront vécu ! C’est leur mort. Malheureusement les Religieuses qui sont en Belgique ne se rendent pas compte de la situation. Il faudrait qu’elles voient avec des yeux moins avertis les concessions de pure forme qu’elles peuvent faire sans toucher à leur ordre et à sa règle.

Du reste il n’y a que l’ordre à Reims, parmi les Augustines de France, qui est réfractaire à cet ordre d’idée !

Vu ce soir l’abbé Andrieux, causé d’un tas de questions, et il déplore le peu d’initiatives du haut clergé qui, comme notre administration municipale, laissent tout à l’abandon et à l’initiative privée. On ne fait rien, rien… Pauvre Reims !! sera-ce aussi sa mort ?!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 13 – Visite du Général Dupont avec un officier. Visite de M. Maudoul, Proviseur du lycée de Reims ; de M. le Curé d’Asfeld, de Lagery.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 13 mai

M. de Brockdorf-Rantzau a fait remettre deux nouvelles notes à M. Clemenceau.
L’une traite des prisonniers de guerre, l’autre de la législation internationale du travail. Les Quatre se sont réunis pour préparer la réponse.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 12 mai 1919

Louis Guédet

Lundi 12 mai 1919

1704ème et 1702ème jours

7h soir  La pluie, chaude, lourde, persistante. Enterrement de Madame Abelé – de Müller, 98 ans, mais le corps n’était pas là !! une panne d’auto-corbillard étant survenue en route. On a été obligé de faire le service sans…  l’intéressée !! Je me suis énormément amusé de la tête que m’a fait le brave Houlon quand je lui ai dit qu’il avait jeté de l’eau bénite avec complexion et…  composition sur…  un…  simulacre !! Il ne voulait pas me croire !! Alors il a crié à l’abus de confiance !! Toutes les paroisses de Reims étaient représentées, y compris Mgr Neveux. Peu de Rémois marquant, Lochet, Houlon, Duchateau, Marle, c’est tout.

Lettre de ma chère femme qui va toujours fort doucement.

Après-midi perdue avec Mme Changeux – Heidsieck (Marie Françoise Emilie Heidsieck (1853-1927), veuve d’Edouard Victor Changeux (1847-1915)). La chère dame a bien la mentalité des gens qui ont été loin de la tourmente, bien que rémoise !! Cela me fait de la peine !… Journée triste et monotone dans son ensemble. En peut-il être autrement ? hélas ! pour le pauvre misérable que je suis !!

Je vois dans le journal que von Brockdorff – Rantzau (Ulrich von Brockdorff – Rantzau (1869-1928) Ministre allemand des Affaires Étrangères en 1919) a l’inconscience de demander qu’on renvoie les prisonniers allemands habillés de neuf dans leur pays !! C’est du cynisme !! Il oublie donc comment et dans quel état de délabrement, moral et physique, ils ont renvoyés nos prisonniers, en guenilles !! C’est de l’audace !! J’espère bien que Clemenceau va lui répondre de la belle manière ! A moins que cet imbécile de Wilson ne se mette encore en travers… Quel vil individu ce Wilson !! Grâce à lui nous aurons peut-être encore la Guerre dans 10 ans !!… Dieu que cet homme-là nous aura été néfaste !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 12 – Visite de M. Hearn, Chevalier de Colomb, qui me propose de créer ici une sorte de Cercle pour les militaires blessés, avec des fonds de la Croix-Rouge américaine.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 12 mai

M. de Brockdorf-Rantzau a adressé deux notes à M. Clemenceau: l’une au sujet de l’esprit des conditions de paix, l’autre sur la Ligue des nations. M. Clemenceau y a répondu aussitôt: il déclare que les conditions de fond de la paix ne pourront être modifiées.
Les Quatre ont continué à délibérer sur la question de l’Adriatique. Il ne semble pas encore qu’un résultat ait été atteint.
Les Cinq ont discuté et adopté un rapport de la commission spéciale de la Yougoslavie sur les frontières yougoslaves vers l’Autriche allemande. Une consultation populaire aura lieu dans la partie de la Carinthie dont Klagenfurt est le centre.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Dimanche 11 mai 1919

Louis Guédet

Dimanche 11 mai 1919

1703ème et 1701ème jours

2h soir  Beau temps chaud mais de l’air. Triste anniversaire pour moi, date de l’enterrement de ma pauvre Mère morte le 9 mai 1898 ! 21 ans déjà !! Tout cela me bouleverse quand j’y songe et surtout quand je pense à tout ce que j’ai souffert depuis !! Oh ! Que je l’envie !! Quelle délivrance pour moi serait la mort.

Lettre de ma pauvre femme toujours fort délabrée ! Tout cela me brise !

Vu à la messe de 8h rue du Couchant Edouard Benoist, (rayé) ? Emile Français ! etc…

Dans le Courrier et l’Éclaireur, je lis que M. Villermin juge de Paix d’Épinal est nommé juge de Paix des 2ème et 4ème cantons de Reims. Celui pour les 1er et 3ème cantons ne tardera sans doute pas à l’être. Alors le juge de Paix de Guerre de Reims aura vécu ! Je disparaitrai sans regret ! si c’était le repos éternel !!

3h  Une visite qui vient de me remuer profondément, c’est celle de M. et Mme Schlumberger – Schoën (Paul Schlumberger (1877-1952) et son épouse, née Elisabeth Schoën (1884-1942)) qui sont venus visiter Reims ! et n’ont pas voulu le quitter sans venir me voir. Ils sont charmants, délicieux tous les deux !!! Mon vieil ami leur Père doit venir la semaine prochaine, que je serai heureux de le revoir… !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 11 – Réception dans la Cour de la Fédération nationale des Sociétés de Préparation militaire, Président M. Lucien Lattes, photographiés ensemble signature, etc. Visite au Petit Séminaire de Reims.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Dimanche 11 mai

L’Allemagne officielle se livre à toute une série de manifestations contre les préliminaires: discours de Fehrenbach et de Scheidemann à la commission de la paix de l’Assemblée nationale; appel d’Ebert au peuple allemand; autre appel aux Allemands de l’Est. Discours aux Chambres de Prusse et de Wurtemberg. Mais la presse ne dit pas qu’il ne faudra point signer.
Les Quatre et les Cinq ont continué les discussions sur la question d’Autriche.
Le président Wilson annonce qu’il restera en Europe jusqu’à la signature du traité de paix.
La Belgique, qui protestait contre la répartition des mandats coloniaux en Afrique, aura une satisfaction: on va réviser cette répartition.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Samedi 10 mai 1919

Louis Guédet

Samedi 10 mai 1919

1702ème et 1700ème jours

7h1/2 soir  Pluie légère mais beau temps. Journée écrasante, une suite ininterrompue de gens qui n’ont pas cessé de me voir, aussi ai-je peu rattrapé le retard de mon courrier. Et puis je suis dégoûté du travail !! que je fournis et qui ne me récompense nullement de mon effort, alors à quoi bon !! Pas de nouvelles de St Martin. Décès de Mme Abelé – de Müller à 98 ans, on l’enterre lundi à 11h1/4 (Marie Hélène Lucie de Müller (1822-1919), épouse de François Joseph Abelé (1811-1876)). Oh ! que je suis fatigué ! découragé surtout !! Il n’est pas permis de souffrir comme cela ! que de fois je désire la mort, ayant fait le sacrifice de ma vie depuis longtemps !!… La mort me serait une réelle délivrance !!

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Cardinal Luçon

Margaret Woodrow Wilson

Samedi10 –Visite de M. Bocquillon, Curé de S. André ; de M. le Curé de Montigny, de M. le Commandant Chabauty, et d’un autre, cousin ; des Soeurs Auxiliatrices ; de Mademoiselle Wilson, fille du Président, et de deux officiers arrachés à sa personne.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 10 mai

MM. Pichon, Balfour, Sonnino, Lansing et Makino se sont occupé de la question autrichienne. Ils ont entendu les rapports qui avaient été rédigés par 1es commissions territoriales: commissions des affaires roumaines, yougoslaves, tchécoslovaques et polonaises. Ils ont adopté en bloc la solution qui leur a été proposée, c’est-à-dire que les frontières des nouveaux Etats et les nouvelles frontières des anciens États sont tracées.
Le matin et l’après-midi, MM. Clemenceau, Wilson, Lloyd George. Orlando, ont repris le débat sur l’Adriatique. M. Barzilaï est attendu à Paris et MM. Salandra et Salvago Raggi, les deux autres membres de la délégation italienne, ne tarderont pas à le rejoindre. MM. Barrère, ambassadeur de France à Rome, et M. Nelson Page, ambassadeur des États-Unis, viennent de même participer aux conférences qui ont pour thème le sort de Fiume et de la Dalmatie.
La presse allemande se déchaîne contre le texte des préliminaires de paix, dont elle demande le rejet.
Par contre, ce texte est, en général, bien accueilli en France, en Angleterre et en Amérique.
On annonce que la Bulgarie mobiliserait de nouveau contre la Serbie.
La Belgique proteste contre la répartition des colonies allemandes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 9 mai 1919

Louis Guédet

Vendredi 9 mai 1919

1701ème et 1699ème jours

9h soir  Temps excessivement chaud ! Promené le matin dans Charleville au bord de la Meuse, ce qui me rappelait le pays mosellans à Metz, même fraîcheur, même humidité de l’atmosphère, douceur exquise qui ne peut se décrire et qui vous berce comme dans un rêve ouaté de brume et de soies…

Parti à midi 1/2 seulement et arrivé à 5h fatigué. J’ai remarqué sur ma route quantités de troupeaux de chevaux et des cultures… On descend à Charleville et non à Mohon maintenant, en faisant de Mohon un immense circuit d’une heure qui contourne toute la boucle de la Meuse pour revenir à Mézières et Charleville.

Arrivé ici à 5h, rencontré Luchesse avec le nouveau Commissaire de Police qui doit me servir de ministère public en simple police. Ici monceau de lettres, que je viens de finir d’ouvrir, et il me faut répondre !!! Et des clients qui ne décollent jamais !! Thiénot qui est gentil !!… Houlon !! qui m’a conté qu’Emile Charbonneaux l’ai traité de bouché parce qu’il faisait une observation au sujet du projet d’établissement de la Gare de Petite vitesse derrière les casernes de cavalerie !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 9 –Visite à Mgr Tessier à Châlons, à M. le Préfet (Chapion), aux deux secrétaires de Préfecture ; au Général Debeney, non trouvé ; au Général Dupert, trouvé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Vendredi 9 mai

Les délégués allemands étudient le texte des préliminaires de paix. M. de Brockdorf-Rantzau ayant, par avance, déclaré qu’il n’accepterait d’autre paix que celle qui serait conforme aux principes wilsoniens.
Un pacte a été conclu entre MM. Wilson, Clemenceau et Lloyd George.
Il a été porté à la connaissance du public par la note suivante:
« En plus des garanties fournies par le traité de paix, le président des États-Unis d’Amérique s’oblige à proposer au Sénat des États-Unis, et le premier ministre de la Grande-Bretagne s’oblige à proposer au parlement de la Grande-Bretagne un engagement soumis à l’approbation du Conseil de la Société des nations aux termes duquel les États-Unis et la Grande-Bretagne viendront apporter immédiatement leur assistance à la France en cas d’une agression non provoquée dirigée contre-elle par l’Allemagne. »
M. Barzilai est revenu à Paris.
Les Trois continuent à délibérer sur la question de l’Adriatique. Un texte de préliminaires devant être remis sous peu à l’Autriche, dont les délégués seront mandés à Saint-Germain-en-Laye.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 8 mai 1919

Louis Guédet

Charleville, jeudi 8 mai 1919

1700ème et 1698ème jours

9h soir  Temps splendide, excessivement chaud ! Parti à 10h3/4, arrivé seulement à 5h. Vu la famille Théret, avec Laurent de chez Guinet notaire, dîné 12 cours d’Orléans chez les Théret, dans une maison lumineuse et confortable !! Je n’y suis plus habitué et mon cœur se serre quand me trouvant devant un pareil confort et luxe je songe à nos ruines !!…

Couché à l’Hôtel Terminus sur la place de la Gare…  très propre, très bien.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Jeudi 8 –Visite de Mme Lancereaux ; de Mgr Lacroix

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 8 mai

Le texte des préliminaires de paix, après avoir été communiqué aux délégués des puissances qui ont rompu avec l’Allemagne, a été communiqué aux délégués allemands eux-mêmes, puis publié.
Le conseil suprême économique a pris des mesures telles que le blocus de l’Allemagne put être renforcé si elle se refusait à signer le traité.
On dément que les délégués allemands se soient résolus a quitter Versailles dans certaines éventualités.
La Chine a adressé une protestation à la conférence.
Le ministre de la Guerre tchécoslovaque, général Stefanick, s’est tué en avion.
On annonce la mort du chevalier de Stuers représentant des Pays-Bas à Paris depuis 1885.
La reddition du gouvernement communiste de Budapest est confirmée.
L’amiral Koltchak continue son avance au delà de l’Oural.
Un contre-torpilleur français est arrivé à Dantzig.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 7 mai 1919

Charleville

Louis Guédet

Mercredi 7 mai 1919

1699ème et 1697ème jours

9h soir  Temps magnifique. Chaud, plus de feu. Journée chargée, audience de conciliation très courte, dont une avec une « chipie » qui avait la langue trop bien pendue !! J’avais bien le désir de lui coller une pièce de 10 F d’amende, article 10/11 du Code de la Procédure Pénale, pour la ralentir un peu !! Mais allez faire entendre raison à un pareil dragon ! qui au début m’a déclaré nettement que je n’avais rien à dire et que c’était elle seule qui avait à discuter avec son adversaire !!!! Si celle-là ne porte pas la culotte !! Le Diable m’emporte !!!

Rentré chez moi, vu du monde et fait peu de travail !! Mmes Jolivet et Toinette (Antoinette, sa fille (1899-1996) qui épousera en 1920 André Eugène Paul Chevallier (1895-1967)), toujours aussi affectueuses pour moi.

Je pars demain à Charleville, ce qui m’oblige à ne pouvoir assister aux obsèques de Mt Rome, ancien avoué à Reims (Jules Rome, décédé à Versailles le 3 mai 1919), beau-père de Mt Dargent, son successeur, qui a été une de nos lumières judiciaires en son temps… Il avait fait de sa charge d’avoué la première de Reims !! Il aura été une de nos belles physionomies du barreau de Reims, et ses dernières années de splendeur et de prospérité, années que nous ne reverront jamais, hélas !!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Charleville

Charleville


Cardinal Luçon

Mercredi 7  – Révision, à l’Archevêché, des Lettres épiscopales et de la Lettre collective, Visite de M. Letourneau.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 7 mai

MM. Qrlando et Sonnino sont arrivés à Paris.
Une conférence plénière confidentielle a eu lieu au ministère des Affaires étrangères. Y assistaient: les délégués des puissances qui ont rompu avec l’Allemagne. Un exposé verbal des préliminaires de paix leur a été présenté.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 6 mai 1919

Louis Guédet

Mardi 6 mai 1919

1698ème et 1696ème jours

8h soir  Beau temps. Fièvre toute la nuit. Je suis bien à plat. Réunion de chambre à 1h qui nous tient jusqu’à 6h1/2, avec cette affaire Hanrot contre Peltereau. Hanrot cause trop souvent à côté de la question, quant à Peltereau, toujours le même, aussi faux mais aussi malin. Nos sympathies vont au premier, mais le 2nd tenant la barre ne prêtant pas la place à la critique. Il est très fort, trop fort. Mais comme toujours ces forts-là arrivent à s’accuser eux-mêmes avec leur salade. Comme nous avons essayé une conciliation, Hanrot se calmant à tort ou s’était remis à 15aine (quinzaine) (le 20 mai) pour donner notre décision, mais en sortant les 2 adversaires sont allés faire un tour de jardin et je crois qu’on s’est arrangé, Peltereau offre 1/2 des honoraires gracieusement, et…  Hanrot accepte !! (Rayé).

Je suis fatigué, je vais me coucher. Lettre de ma pauvre femme, assez bonne.

Demain audience à 2h, Justice de Paix, après-demain Charleville.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 6  – Départ pour Paris

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 6 mai

André Tardieu en 1928

Le conseil des ministres à entendu communication du texte des préliminaires de paix, qu’il a approuvés, après un exposé de M. Tardieu.
M. Barrère et M. Nelson Page ont eu de nouveaux entretiens à Rome avec M. Orlando. Une vive émotion continue à se manifester à Bruxelles où les conditions de paix obtenues pour la Belgique apparaissent insuffisantes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 5 mai 1919

Louis Guédet

Lundi 5 mai 1919

1697ème et 1695ème jours

9h soir  Temps magnifique. Chaud dehors. Lettre de ma pauvre chère femme qui me parait un peu rassurée sur son état de santé après avoir vu les docteurs Tobin et Lévêque, mais avec son état de nervosité j’ai bien peur qu’elle ne retombe dans ses doutes. Nous verrons par la suite. En même temps je reçois une lettre du Docteur Lévêque, lui-même qui me disait qu’il n’y avait rien de grave dans son état, mais qu’elle payait les souffrances, les tortures morales de la Guerre, etc… J’en sais aussi quelque chose ! Du calme, de la distraction, pas de tourment, etc !!! Hélas ! pourra-t-on lui préserver tout cela !

Je suis tout délabré ce soir, fatigué d’hier, je ne suis plus fort !! J’ai même de la fièvre !! A la Grâce de Dieu !! Je tiens si peu à l’existence. La mort me serait une délivrance !!

Vu du monde, ce qui me fatigue beaucoup. L’abbé Andrieux, toujours couturé de rubans, fourragères, ordalies, etc… un vrai Porthos à ce point de vue, moins la taille !! Abbé Bouchez, qui renonce à revenir à Reims !! Il est bien heureux de pouvoir le faire !!

Mon Dieu que la vie m’est à charge !! Quelle délivrance si la mort survenait !! J’ai le cœur crevé et plus un gramme de courage et d’énergie. Je suis usé !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 5 – Visite de M. le Curé de Muizon, de Ville-en-Tardenois, Lecaille, Troyon.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Muizon, sur la route de Soissons


Lundi 5 mai

Les Trois ont délibéré sur la question italienne.
Un conseil des ministres a eu lieu au cours duquel a été lu et examiné le traité de paix.
Conseils des ministres aussi à Rome et à Bruxelles. La Belgique continue à manifester un vif mécontentement au sujet de la condition qui lui est faite au point de vue de ses desiderata territoriaux et financiers.
Munich est tout entière aux mains de l’armée d’Hoffmann. Plusieurs chefs communistes ont été fusillés.
Bela Kuhn a capitulé. Budapest sera occupée par les forces de l’Entente.
Une vive agitation se manifeste en Espagne, où la dissolution des Cortès est critiquée par les partis de gauche.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 4 mai 1919

Louis Guédet

Dimanche 4 mai 1919

1696ème et 1694ème jours

9h soir  Temps de brume lourd. Messe à 7h1/2 rue Henri Delacroix, 5 (Paroisse St Jacques) dite par l’abbé Frézet. Visite de Krafft pour les Amis du Vieux Reims. Parlé du Plan de Reims. Vu le Maire en sortant de la messe à l’École Professionnelle, causé des Commissions de Dommages de Guerre qui seront sans doute installées rue Libergier, n°12. En rentrant lettre de Marie-Louise qui me dit que sa Mère va bien doucement, et qu’elle s’est décidée à demander une consultation avec le Docteur Lévêque !! Pourvu que ma pauvre chère femme n’ait réellement rien.

Toute la journée cette idée m’a obsédé. A 1h je suis parti pour Trois-Puits, où j’ai fait mon adjudication, la première depuis que je suis rentré ici. Vu un tas de braves Trois-Puisiots qui paraissent enchantés de me revoir. Passé ensuite par Cormontreuil pour un bail, et vu pas mal d’habitants. Rentré ici fourbu à 8h1/2 du soir. Je vais me coucher, fort triste !! hélas !…

Rencontré ce matin un instant Gustave Houlon. De plus en plus nous sommes convaincus que Charbonneaux et de Bruignac sont coulés pour les élections prochaines.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cormontreuil


Cardinal Luçon

Dimanche 4 – Visite du Procureur de la R.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Dimanche 4 mai

Les Trois ont délibéré sur deux points :
1° La question des câbles. La solution qui à été adoptée est très favorable à la France. Nous garderons à notre disposition un certain nombre de ces câbles;
2° Les relations futures de l’Allemagne avec l’Autriche-Hongrie et la Russie. Il a été décidé qu’une clause de désintéressement de l’État germanique serait insérée, à cet effet, dans les préliminaires de paix : c’est-à-dire que le cabinet de Berlin s’engagerait à souscrire toutes décisions que les alliés adopteront touchant le régime des territoires d’Autriche, de Hongrie et de Russie.
Les troupes d’Hoffmann sont entrées à Munich.
Le gouvernement de L’État des serbes, Croates et Slovènes fournit une explication de l’entrée de ses troupes en Carinthie, province jusqu’ici comprise dans l’Autriche allemande. Il affirme que ce sont les populations carinthiennes elles-mêmes qui l’ont appelé. L’Autriche a pris des mesures militaires et mobilisé des classes.
L’avance finlandaise se poursuit sur Petrograd.
Hindenburg a notifié son intention de prendre sa retraite.
M. Maura demeure au pouvoir avec faculté de dissoudre les Cortès.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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