Louis Guédet

Dimanche 25 mai 1919

1717ème et 1715ème jours

8h1/2 soir  Beau temps mais tendant à se brouiller. Messe de paroisse rue du Couchant à 9h. J’avais peu dormi la nuit, avec mes insomnies et mes cauchemars. Je me suis levé tard, et il a fallu encore qu’un gêneur vint me relancer à 8h1/4 pour ne me causer…  de rien. . A la messe de la chapelle j’ai pleuré, peu de monde de connaissances, de là été à la Banque de France voir M. Gilbrin le Directeur, pour lui causer d’un jeune stagiaire qu’il veut bien prendre, le fils Fayet qui a été un peu mon clerc durant les bombardements (Pierre Fayet deviendra Directeur de la Banque de France (1899-1973)).

Toujours le même et excellent directeur, qui a eu l’inconscience de me dire : « Eh bien ! nous allons faire l’ouverture ensemble cette année !! » Comme si j’y avais le cœur !! L’ouverture de la chasse, au milieu de nos ruines, à travers les tombes ?!! sans doute !!

Quel état d’âme ont tous ces gens-là qui durant la Guerre n’ont songé qu’à…  se défiler et…  à sauver leur peau !! Rentré à 11h travailler. Je ne suis sorti que pour porter mes lettres place du Parvis à 6h du soir ! Ensuite j’ai écrit quelques mots à mon cher Procureur Général Bossu pour me reposer un peu de toutes mes lettres d’affaires, et voilà mon dimanche !… !… Triste, monotone et sévère !!

Dans les rues la cohue des visiteurs, touristes, etc…  masse écœurante ! qui ne songe qu’à se repaître de nos souffrances et de nos ruines en…  chantant.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 25 – Voyage à Ay. Mgr Neveux parti à Sainte-Clotilde de Paris pour la Marne Dévastée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Dimanche 25 mai

M. de Brockdorff-Rantzau est revenu à Versailles après avoir conféré avec Scheidemann.
Les Quatre ont continué l’examen des clauses à soumettre à l’Autriche. Ils ont statué sur les obligations militaires que cette puissance devrait assumer et sur les réparations qu’elle devrait acquitter.
Les Cinq se sont occupés du ravitaillement des provinces baltiques.
Le journaliste autrichien Frischauer a été expulsé à la suite d’incartades qu’il a commises.
Les socialistes indépendants allemands continuent à prendre une position agressive vis-à-vis des majoritaires, et ils semblent gagner du terrain dans l’opinion.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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