Louis Guédet

Vendredi 11 avril 1919

1673ème et 1671ème jours

7h soir  Temps couvert, froid, doux humide. Pluie toute la nuit. Journée assez calme avec courrier toujours chargé. Sorti un peu à 2h pour une heure, mais à 4h je n’étais pas encore rentré, accroché que j’ai été un peu partout. Le Maire d’abord, qui m’a parlé du conseil de famille de son petit-fils mineur Morlière, que je réunirai le mardi de Pâques à 2h. J’aurais pourtant bien aimé rester quelques jours à St Martin. Enfin je ne pouvais refuser. Puis consultation avec le docteur et de Bruignac pour savoir si les étaux (étals) loués au Marché couvert par suite de sa destruction totale étaient résiliés de plein droit en vertu de l’article 1722 du C.C. (Code du Commerce) (J’ai dit oui !…) et que la Ville pouvait dès maintenant réparer le marché et procéder ensuite à de nouvelles locations. Je suis d’avis que la Ville peut le faire.

Après les avoir quitté vu mes greffiers à la permanence pour leur donner les renseignements pour les conseils de famille, de là été à la Recette des Finances, cohue, je laisse mon argent et mes valeurs, que je reprendrai la semaine prochaine. Je cours à la Poste, puis à l’Hôtel du Nord pour retenir une chambre aux de Vroïl pour le 14. Je rentre à 4h1/2 après avoir causé avec M. et Mme Georges Walfard, celle-ci toujours gracieuse (Georges Walfard, employé de commerce (1874-1924) et son épouse, née Madeleine Alice Pierre (1883-1988)).

Je pars demain à 10h1/2 pour St Martin, m’arrêterai-je à Épernay ou à Châlons, je ne sais…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Vendredi 11 – Arrivée à Paris. Deuxième visite  de l’ami de Mgr Lacroix ; de Madame Lancereaux pour bibliothèques sacerdotales : écrit au Chef de Douane de Modane.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 11 avril

Le Comité des Quatre a siégé matin et soir.
Il a délibéré sur la question de la Sarre, et un progrès vers la solution a été réalisée.
Le problème des réparations a donné lieu à un échange de vues. L’accord s’est fait définitivement sur les bases suivantes :
1° L’Allemagne devra payer tous les dommages qui auront été causés par elle;
2° On fixera une somme qu’elle acquittera immédiatement. Des annuités suivront, dont le minimum sera déterminé.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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