Louis Guédet

Vendredi 21 mars 1919

1652ème et 1650ème jours

8h soir  Beau temps froid, occupé toute la journée. Courrier chargé. Lettre du Président m’invitant à assister à l’audience d’installation du nouveau Procureur M. Bazenet le 28 mars 19199 à 2h au Palais de Justice d’Épernay. Je ne pourrai y aller, ayant un rendez-vous ici… Vu Mme Drouart (à vérifier), femme de l’ancien Président du Tribunal d’ici, pour sa maison, rue Perceval, 5, assez amochée. Je m’occuperai de la vendre quand la loi des dommages sera votée, puisque pour le moment il nous est interdit de vendre des immeubles soumis aux dommages.

Couru, trotté comme un chat maigre (expression datant du XIème siècle signifiant courir beaucoup et très vite). Visite de Jolivet qui est venu me voir durant mon déjeuner ! J’aurais autant aimé qu’il choisisse un autre moment. Vu l’abbé Andrieux, Camu, etc… Une procession de monde, ce qui ne m’avance nullement mon travail !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 21 – Visite de M. Guérard, Curé de Fligny. Visite à la Cantine américaine près S. Thomas, et M. du Bellet. Les Américaines de la Cantine nous ramènent. Mgr Neveux et moi, au grand autocar, par la ville (!). Visite de M. le Curé d’Ecordal.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Vendredi 21 mars

Le Conseil supérieur interallié s’est occupé de la Pologne. Des vues ont été échangées sur la situation militaire en Galicie. Le Conseil s’est mis d’accord sur une injonction à adresser aux armées qui sont en présence devant Lemberg, les belligérants étant invités à cesser immédiatement les hostilités, sous certaines conditions. Le Conseil a ensuite examiné le tracé des frontières occidentales de la Pologne, et entendu le rapport de la commission des affaires polonaises, présenté par M. Jules Cambon, sous président.
Voici le texte de l’injonction adressée au général polonais – la même, au surplus, ayant été adressée au général ukrainien :
 » Au cours de sa séance du 19 mars, le Conseil suprême de la Conférence de la paix a décidé d’inviter les deux parties en présence à Lemberg à conclure une trêve dès réception du présent télégramme.
 » En conséquence, les chefs des gouvernements alliés et associés s’adressent au général Rozwadowski pour lui faire part de l’invitation du Conseil suprême de la Conférence de la paix à arrêter immédiatement, en ce qui le concerne, les hostilités devant la ville et dans la région de Lemberg, invitation qui est simultanément adressée au général Pawlenko, commandant les forces ukrainiennes devant Lemberg.
 » Pendant la durée de la trêve, les troupes des deux parties resteront sur leurs positions, les communications par voie ferrée entre Lemberg et Przemysl devant toutefois rester libres dans la mesure strictement nécessaire au ravitaillement journalier de la ville.
 » Le Conseil suprême est disposé à entendre l’exposé des revendications territoriales de l’une et de l’autre partie en cause et à s’entremettre à Paris auprès des délégations polonaises et ukrainiennes ou par l’intermédiaire de telle représentation qualifiée que les parties jugeront devoir choisir, en vue de transformer la suspension d’armes en armistice.
 » L’audition des représentants polonais et ukrainiens concernant leurs revendications concurrentes est d’ailleurs subordonnée à la condition formelle d’une suspension immédiate des hostilités.
Signé: WOODROW WILSON, LLOYD GEORGE, CLEMENCEAU, ORLANDO. « 
Les pourparlers pour la solution de la crise ouvrière continuent à Londres. M. Lloyd George a décidé de rester à Paris.
Les négociations de Posen sont de nouveau arrêtées.
Les bolchevistes progressent dans la région d’Odessa.
La Chambre Luxembourgeoise a voté le referendum au sujet du futur statut politique du grand duché.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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