Louis Guédet

Mardi 6 août 1918

1425ème et 1423ème jours de bataille et de bombardement

4h soir  Pluie battante toute la nuit. Temps couvert avec légères ondées et assez grand vent. Pas de courrier, 2 lettres assez vite répondues. Cueilli avec André et Maurice les noisettes du clos, un plein panier, mais il y en a des quantités de véreuses, les 2/3 au moins. Il pleut en ce moment, et s’il y avait une éclaircie tout à l’heure, j’irais à Vitry-la-Ville voir le communiqué. J’ai eu l’Écho, hier, à la gare, en sorte que nous avons reçu le même ce matin et par suite nous sommes sans nouvelles. Pas de nouvelles de Jean et de Robert. Pourvu que Jean ne soit pas dans la mêlée en raison du recul des Allemands vers Montdidier où il se trouve. Nous sommes au calme plat ici, pas un bruit, pas même le canon au lointain.

6h soir  Été à Vitry-la-Ville pour voir le communiqué. Rien. Rien. Est-ce que les Allemands vont se maintenir sur la Vesle ? C’est à craindre si rien de nouveau ne se produit d’ici 1 jour ou 2… La haute Cour soulève un précédent pour demander que la question de forfaiture soit examinée contre Malvy, articles 114, 115 et 116 du Code Pénal qui condamne le coupable à la dégradation civique (Louis Malvy, Ministre de l’Intérieur, est alors accusé d’avoir fourni des renseignements militaires à l’Allemagne (1875-1949)). Que va-t-il sortir de tout cela ? Quel gâchis ! Est-ce qu’on chercherait à sauver le ministre Malvy pour sauver le ministre Caillaux !! Ce serait honteux ! Mais la masse acceptera-t-elle pareil abri ? Il est vrai que nos Repus et Égoïstes, notre Riche bourgeoisie est si veule !! qu’elle acceptera tout pourvu que sa digestion ne soit pas troublée ! Nous sommes encore si pourris !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 6 – Bertha fait entendre sa voix à 9 h. Visite de M. le Curé de Fismes, de Villedommange, de M. Jean Chandon, de M. Goloubew, de M. et Mme Davillier. 19 bombes sur Paris. Reçu autel de Lady Austin Lee

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 6 août

Nos troupes, refoulant les arrière-gardes ennemies, ont continué leur marche victorieuses sur un front de 50 kilomètres en direction de la Vesle.
Sur notre gauche, nous bordons les rives sud de l’Aisne et de la Vesle, depuis Soissons jusqu’à Fismes, dont les Américains tiennent les lisières.
A l’est de Fismes, nous avons atteint la ligne générale nord de Courville, Branscourt, Courcelles, Champigny.
Nos reconnaissances de cavalerie opèrent le long de la voie ferrée de Soissons à Reims.
Sur certains points, notre progression a dépassé, en vingt-quatre heures, dix kilomètres. Plus de cinquante villages ont été délivrés en une seu1e journée.
Les Américains annoncent avoir pris, depuis le 18 juillet, 8400 soldats et 133 canons.
La progression britannique s’est poursuivie dans le secteur d’Albert; nos alliés ont enlevé la majeure partie du terrain tenu par les Allemands à l’ouest de l’Ancre. Ils ont suivi l’ennemi dans son mouvement de retraite qu’avaient laissé prévoir différents indices.
Des patrouilles allemandes ont attaqué les Anglais dans le secteur d’Hébuterne. Elles ont été complètement repoussées.
Arkhangel a été occupée par les troupes alliées. L’Entente garde ainsi une porte ouverte sur la Russie.
En Macédoine, des détachements bulgares ont été repoussés près de Vetrenik

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Fismes, la gare du CBR et la sucrerie

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