Louis Guédet

Jeudi 25 juillet 1918

1413ème et 1411ème jours de bataille et de bombardement

9h1/2 matin  Temps couvert. Des avions cette nuit, une détonation vers Mairy-sur-Marne, des tirs de barrage vers Vitry-le-François. On n’entend plus le canon au loin.

7h soir  André perd un chapeau de sa valve de roue de bicyclette, je l’envoie en racheter une à Châlons et faire réparer 2 pompes, mais l’étourdi oublie ces pompes dans son compartiment ! Les retrouvera-t-il ? C’est réussi. Rien de saillant. Lettre de M. Bossu à qui je réponds, il est encore en ce moment en montagne, au Monte d’Oro, à Vivario, Corse, en raison des fortes chaleurs. Rien de saillant, seulement il m’annonce le retour au front de son ancien substitut de Reims, M. Mathieu, qui avait au début été grièvement blessé. On le renvoi au 3e Turcos (Tirailleurs algériens) comme adjudant. Je ne comprends pas qu’on l’ait repris. Pénurie d’hommes assurément. Pourvu qu’il ne lui arrive rien. Je l’avais en grande estime, et lors de mon affaire Colas, Girardot et Cie, il m’avait très bien défendu contre le colonel de Gendarmerie de Châlons qui ne parlait rien moins que de me manger en travers ! avec son calme étonnant il riva mon Ramollot (Antonomase d’un personnage fictif, le Colonel Ramollot, militaire d’une voix puissante ne brillant pas par son intelligence) en lui disant « qu’il n’avait aucune qualité pour me faire des observations sur mes jugements de simple police et que le Ministère de la Justice lui-même ne pouvait rien me dire ! » Le Galonnard a dû rentrer son grand sabre en ramassant la bûche, et en attendant que j’ai la peau de ses 2 soudards, ses collègues en Ramollisme : Colas et Girardot ! A mon avis c’est un magistrat d’avenir se tire de la bagarre !

Rien d’autre. Mon excès de goutte parait fini.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 25 – Répondu à Mme de Barral et à Mme Havard de la Montagne pour l’œuvre des Veuves de la guerre. Visite à l’orphelinat d’Auteuil

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 25 juillet

De part et d’autre de l’Ourcq, les attaques de nos troupes ont obtenu des résultats satisfaisants, malgré la résistance tenace de l’ennemi qui a amené de nouvelles réserves.
Au nord de la rivière, nous avons conquis et dépassé le Plessier-Huleu, atteint les abords ouest d’Ou1chy-la-Ville et pris le vi11age de Montgrie. Au sud de l’Ourcq, les troupes franco-Américaines ont franchi la route de Château-Thierry et porté leur ligne à plus d’un kilomètre à l’est. Le village de Rocourt est à nous, ainsi que la majeure partie du bois du Chattelet.
Sur la rive droite de la Marne, nous avons réalisé de nouveaux progrès au nord de mont Saint-Père et de Chartèves, qui est entre nos mains. Nous avons également élargi notre tête de pont de Jaulgonne.
Entre la Marne et Reims, violents combats dans la région de Vrigny. Les Franco-Anglais ont progressé de plus d’un kilomètre et infligé de lourdes pertes à l’adversaire. Les Britanniques, pour leur part ont fait 300 prisonniers et capturé 5 canons. Une contre-attaque allemande a été brisée.
Les aviateurs britanniques ont bombardé Offenburg. Des explosions ont été constatées à la gare.
Helfferich a été nommé ambassadeur d’Allemagne à Moscou, en remplacement du comte Mirbach, qui fut assassiné au début du mois.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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