Louise Dény Pierson

11 février 1918

A cette époque, un différent s’élève entre mes parents et le propriétaire de la maison au sujet d’une de nos poules s’échappant trop souvent de son enclos pour aller grappiller les ceps les plus bas. Comme cette maison ne nous convient plus qu’à moitié, trop près de la ligne du chemin de fer, souvent bombardée depuis l’apparition du train blindé, nous réintégrons notre maison de la rue de Villedommange, zone qui nous semble moins exposée.

L’hiver 1917-1918 fut sans événements notables, mais début mars, un ordre de l’armée exigea que tous les enfants de moins de 16 ans soient évacués vers l’intérieur, j’en étais.
Avec l’aide et sous la direction de deux institutrices dévouées : Mmes Foutriaux et Cavarrot, un convoi d’une centaine d’enfants de Reims, de Ludes et de Mailly fut formé et acheminé jusqu’à Cancale où nous fûmes logés dans un grand hôtel de la plage appartenant à des Autrichiens et réquisitionné pour nous recevoir. Mais ce ne fut pas, pour moi et pour celles de mon âge, un séjour de vacances. Il y avait dans le convoi beaucoup de petits de 6 à 10 ans et c’est nous, les grandes, qui devions nous occuper d’eux. Faire les lits, monter les paillasses mouillées sur la terrasse pour les faire sécher au soleil, quand il y en avait, participer aussi au travail des cuisinières, éplucher les légumes, servir les diverses tables et manger froid quand tout le monde avait fini.
Les promenades sur la plage, à marée basse furent rares, pas question de patauger, l’eau était trop froide, pourtant on voyait des mimosas en fleurs dans les jardins de la côte… Je ne pensais pas que cette fleur puisse s’épanouir en Bretagne.

En savoir plus sur les services de santé rémois pendant la guerre et l’évacuation des enfants

Des enfants en attente d’être évacués, rassemblés devant l’hôtel de ville de Reims

Ce texte a été publié par L'Union L'Ardennais, en accord avec la petite fille de Louise Dény Pierson ainsi que sur une page Facebook dédiée :https://www.facebook.com/louisedenypierson/

 Cardinal Luçon

Lundi 11 – Nuit tranquille. + 5°. Beau temps. Dîner chez le Général Commandant la Place de Reims (Naulin4). Visite du P. Heidsieck (dit la messe à 7 h. sans avoir besoin de bougie, dès le  commencement).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 11 février

Lutte d’artillerie assez violente dans les régions de Nieuport et de Juvincourt et en Champagne, au sud de Moronvillers.
Au nord de Craonne, vers les bois de Cheppy (Argonne) et sur trois points des Vosges, les Allemands ont lancé des coups de main contre nos petits postes. Partout nos feux ont arrêté les assaillants.
De notre côté, nous avons pénétré dans les tranchées ennemies en Champagne, à l’est du Téton et exécuté heureusement diverses patrouilles, notamment vers Badonvillers. Nous avons fait, au cours de ces expéditions, un certain nombre de prisonniers.
Sur le front britannique, un coup de main a été effectué par l’ennemi, à la faveur d’un bombardement par mortiers de tranchées, à l’ouest de Gonnelieu.
Recrudescence de l’activité de l’artillerie allemande dans la région de la forêt d’Houthulst.
Sur le front italien, activité limitée; actions d’artillerie dans le secteur est du plateau d’Asiago, et dans la zone à l’ouest du mont Grappa.
Deux coups de main tentés par l’ennemi au sud de Daone (Chiese) ont échoué sous les fusillades des avant-postes. A Redevoli (embouchure de la Piave), des hydravions italiens ont bombardé les baraquements autrichiens.
Le général Averesco a été chargé de former le nouveau cabinet à Jassy.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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