Louis Guédet

Dimanche 19 août 1917

1072ème et 1070ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Nuit aussi agitée que la soirée. Bataille vers 10h et vers 2h du matin bombardement vers St Remy. Par prudence nous descendons en cave pendant une demi-heure. Très mal dormi, de la fièvre avec des cauchemars terribles. Je suis dans un état indescriptible ce matin, la tête vide avec étourdissements. Si je ne tombe pas malade avec tout cela ce serait étonnant. Adèle est plus calme, mais quelle énervée et dans quel état elle était hier. Elle ne parle plus de s’en aller…  mais je ne compte plus là-dessus, car dans son énervement c’est une question qui peut se soulever à nouveau. Il ne faut pas li en vouloir. Je crois que tout le monde en est là. Très énervé et très excité, et de plus fort irritable. Tout cela résultant de la lassitude, de la fatigue physique et morale, inquiétude, souffrances. J’estime que si nous survivons à tout cela ce ne sera pas pour longtemps après la Guerre !! Pour mon compte du moins, car je suis usé.

6h soir  Journée chaude, lourde, monotone, si j’avais pu partir seulement aujourd’hui, j’aurais gagné un jour de calme. J’ai de la fièvre, je suis très énervé. Vais-je tomber malade ? Je le crains. Tous ces débris vus hier et avant-hier me tuent. Je ne puis plus subir ces chocs poignants. Il me faudra de plus en plus aller me reposer. Un mois de cette vie n’est plus possible pour moi, 15 jours/3 semaines au plus. Verrons-nous la fin de cette guerre ? le verrai-je ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 19 – A 2 h. violent bombardement, sur la ville ? Reste de la nuit tranquille ; + 15°. Prêché les soldats du 1er Corps, 164e Division, à Saint-Jacques : Commandant Chanoine Rémond. Dîner avec les officiers à 11 h. 1/2.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Dimanche 19 août

Assez grande activité d’artillerie dans les régions des plateaux de Vauclerc et de Californie et sur les deux rives de la Meuse.
Sur le front britannique, les Allemands ont fait une tentative infructueuse au nord-est de Lens. Ils ont subi de lourdes pertes. Deux autres contre-attaques ont été exécutées l’une à l’est de Loos, l’autre vers le bois Hego. Sur le premier de ces points, les assaillants ont été pris à courte distance sous les barrages et les feux de mitrailleuses de nos alliés. Ils ont reflué en désordre en subissant des pertes élevées. Bien que soutenue par des jets de liquides enflammés, la seconde attaque n’a pas permis à l’infanterie ennemie de parvenir jusqu’à nos tranchées.
L’artillerie allemande s’est montrée plus calme sur le front de la bataille d’Ypres.
Sur le front d’Orient, activité moyenne d’artillerie.
L’aviation française a bombardé les installations ennemies de la région de Demir-Hissar, l’aviation anglaise, celles de la région de Resna.
M. Poincaré et le roi d’Italie ont échangé des télégrammes cordiaux à l’occasion de la visite du président sur le front de Moldavie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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