Louis Guédet

Mercredi 3 mai 1916

599ème et 597ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Tout est tranquille depuis hier soir, quelques avions. Temps lourd et nuageux. Mon pied me fait souffrir de nouveau et je n’ai pu mettre de bottine à ce pied. Pourvu que cela ne recommence pas comme le mois dernier, 3/4 semaines enfermé dans sa chambre sous les bombes c’est bien pénible. Reçu lettre de ma chère femme qui m’annonce que notre cher Jean est parti le 1er mai et qu’il a dû arriver hier à Rennes vers 3h de l’après-midi. Que Dieu le Garde et le Protège ! C’est bien dur tout de même pour la Mère et…  pour moi.

Quand serons-nous tous réunis !! Ici rien de nouveau, ne pouvant marcher je ne puis sortir. Vu Charles Heidsieck et son fils Marcel encore tout impressionnés du bombardement du Lundi de Pâques (24 avril) où ils ont reçu sur leur maison de commerce de la rue de la Justice, 46, 11 bombes dont une a tué et blessé 2 de leurs ouvriers. Le premier tué sur le coup et le 2ème blessé est mort depuis. Marcel l’a échappé belle ! comme il se précipitait pour relever ces 2 malheureux avec un de ses ouvriers une seconde bombe est tombée à quelques mètres d’eux, « la sœur ». Heureusement qu’elle a éclaté à l’opposé de l’endroit où ils étaient.

Été ce matin aux allocations militaires et à la Caisse d’Épargne où j’étais de service. Rien appris : vu à la Mairie le Maire, de Bruignac, Émile Charbonneaux, Pierre Lelarge, Raïssac, Chézel, Jallade, Houlon. Tous sont fort aimables pour moi.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 3 – Nuit tranquille. Journée tranquille. 6 h. soir bombes sur les batteries, ou aéroplanes. Maladie du Cardinal Sevin, opération clinique à Lyon. Reçu réponse de Mgr Ireland.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 3 mai

En Champagne, nous avons provoqué plusieurs explosions dans une batterie allemande (région de Moronvilliers). Une autre batterie au nord de Massiges a subi de graves dégâts.
En Argonne, lutte de mines. A l’ouest de la Meuse, lutte d’artillerie d’Avocourt au Mort-Homme.
A l’est, nous avons enlevé 500 mètres de tranchées et fait 100 prisonniers au sud du fort de Douaumont. Nous avons abattu un taube au nord de Douaumont.
Les Allemands ont été repoussés par les Belges dans une attaque qu’ils tentaient à l’est de l’Yser.
M. Asquith annonce aux Communes qu’il déposera un projet organisant le service militaire obligatoire pour les hommes mariés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

La gare de Reims

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