• Daily Archives: 12 juillet 2015

Une famille rémoise réfugiée à La Charité-sur-Loire reçoit des nouvelles d’un poilu

Nous avons reçu ce témoignage intéressant à plusieurs titres. Ces cartes postales s’adressent à de jeunes rémoise réfugiées ; l’expéditeur qui écrit depuis « Les tranchées » sur des feuilles de liège fait parti d’un Régiment d’Infanterie (le 332e) où il y avait beaucoup de Rémois ou tout au moins de Marnais.

Jean-Louis Dufour nous dit :

« Ma famille qui habitait alors à proximité du pont de Laon avait dû quitter Reims qui devait être évacuée.

J’ai dans les rares souvenirs de cette époque deux « cartes postales » artisanales adressées en 1915 à ma tante Marie-Louise alors âgée de 9 ans et à ma mère Jeanne qui allait avoir 11 ans.

Certes il n’y a pas d’image mais ces documents confectionnés à partir d’une feuille de liège parlent de Reims. Je ne sais rien de ce Mr Déglaire qui les a envoyées ni s’il a survécu à la guerre mais il semblait proche de la famille à cette époque.

Enfin, j’ajoute la photo de laquelle j’ai extrait les portrais de ma mère et ma tante mis en médaillon près des cartes postales. La scène se passe à La Charité sur Loire sur le quai de la Loire pratiquement en face de la rue du Petit Rivage où ma famille habitait. Il s’agit de l’hiver 1916 – 1917 qui avait été particulièrement rigoureux. Le bateau lavoir amarré là avait été fracassé contre le quai par des blocs de glace charriés par le fleuve. Les deux sœurs soeurs sont au milieu au premier plan et ma tante semble avoir bien froid. »

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La Charité-sur-Loire

Merci à Jean-Louis Dufour pour ce témoignage

Concernant la 332e d’Infanterie et plus précisément la 19e Cie nous avons pu trouver des précisions dans Wikipédia :

[…] Le 22 avril 1916, à la nuit, le 332e monte en ligne sur les pentes nord-ouest du Mort-Homme. Pendant la relève, un chef de bataillon est grièvement blessé ; l’aumônier du régiment, M. l’abbé de Lacroze, célèbre par son courage et si sympathique à tous par son aménité est tué aux abris NETER. Jusqu’au 5 mai, les 5e et 6e bataillons restent en ligne. Entre temps, la 23e compagnie et la C. M. 6 repoussent, le 24, une attaque sur la tranchée LECOINTRE. La 19e compagnie mise en soutien d’un bataillon voisin au bois de Cumières, prend part à l’attaque dans cette région et engage un très dur combat à la grenade dans les boyaux et repousse une contre-attaque allemande.[…]

Le 332e régiment d’infanterie s’est couvert de gloire à Verdun.

Après la Bataille de Verdun en 1916, le régiment adopte alors le nom de «VIEILLE CHAMPAGNE». Composé en majeure partie d’enfants de Reims, de la Marne.

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Lundi 12 juillet 1914

Cardinal Luçon

Nuit tranquille. Pas dormi, couché à la cave. Visite à la Verrerie de Cormontreuil avec M. le Doyen de Saint-Remi et M. Camu. Mis à la poste une lettre au Cardinal de L.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Source de la photographie : Wikipédia


Juliette Breyer

Lundi 12 Juillet 1915. J’ai encore le cœur à l’envers. Tu te rappelles Guillardel, le manœuvre, il vient d’être réformé. Il était dans un dépôt. Il est venu me causer et il m’a dit qu’il me plaignait car tout en étant loin il avait su que tu avais été tué. Quand il a vu que moi je n’en étais pas sure, il était navré de m’avoir dit cela.

J’en ai rattrapé le cauchemar et c’est fini, je désespère. Oh ces boches, quelle haine pour eux ! Et dire qu’il y a un an aujourd’hui il y avait une société de Colmar qui était là en face chez maman, là où il y a des canons. Quel changement !

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Renée Muller

Le 12 visite de Mr BELVAL il couche au château, visite du colonel CHARVES ? et lieut. 49

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Lundi 12 juillet 1914 :

L’armée britannique repousse une attaque allemande qui avait pris pied dans quelques éléments de première ligne.
Au nord de Souchez, nos troupes chassent les Allemands de quelques éléments de tranchée, où ils avaient pu se maintenir, à proximité de la station. Une attaque ennemie est arrêtée à la Vaux-Féry (forêt d’Apremont, près de Saint-Mihiel). Canonnade dans le secteur de l’Aisne, au bois Le Prêtre, à Moncel, à Metzeral et à Ammertzwiller.
Près d’Altkirch, un de nos avions a abattu un aviatik.
La somme des souscriptions offertes à l’emprunt britannique atteint à près de 20 milliards.
Les combats du front oriental deviennent plus violents au nord-ouest de Varsovie. Sur la rive gauche de la Vistule, les Allemands évacuent leurs dernières tranchées de Goumine en se couvrant d’un ouragan de feu. Au sud de Lublin, la bataille se déroule autour dela cote 118. Les Russes ont délogé leurs adversaires par de fougueuses offensives de la cote 118. Entre la Wieprz et le Bug, ils ont repoussé une série d’assauts. Les Austro-Allemands n’ont pas réussi à progresser sur la Zlota-Lipa.
Le roi George a visité la grand flotte anglaise, dont il constate l’état très satisfaisant.
Le gouvernement allemand a fait des excuses au Danemark au sujet du torpillage du vapeur danois Sea
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Source : La guerre au jour le jour

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