Sifflements et éclatements.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Dimanche 2 – Nuit tranquille. Grand’messe rue du Couchant. Lecture du Mandement. Après-midi, visite de M. de Chabrillan et Golouvers, russe, et son aide-major Henri Lavielle. Orage. Vêpres manquées.

Visite de M. Paul Léon, chef de division au sous-secrétariat d’État des Beaux-arts, M Sainsaulieu, et un troisième, venu avec le Ministre de l’Instruction Publique, visiter la cathédrale.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 2 Mai 1915.

Aujourd’hui Dimanche je suis venue aux caves. Mais pour venir, quel bombardement ! En arrivant près de la caserne Colbert j’entends les nôtres qui se mettent à faire un vacarme infernal. Je me dis : « Soyons prudents ; tout à l’heure les boches vont répondre. Le boulevard est dangereux, je vais passer par le Barbâtre ». Bien m’en a pris car à peine si j’y étais que j’entendais les sifflements boches. Cette fois-ci en arrivant en haut du Barbâtre, on me dit que cela tombe sur Pommery. J’ai donc attendu que leur folie soit passée et je me suis mise à l’abri chez Mme Nalis.

Quand je suis arrivée aux caves ils étaient tous en peine, surtout que Charlotte était sortie aussi avec Paulette pour aller faire ses adieux à sa mère, car elle s’en va demain à Paris chez une de ses tantes. Elle en a assez du bombardement et comme on ne sait pas quand ça finira …

Pour moi, mon Charles, encore une journée de passée. Je t’aime. Ta Juliette.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne

le 1er mai 2, 3, 4 un bombardement dans la soirée

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

Voir la suite sur le blog : Activités de Francette: 1915 : janvier à juillet : 2e carnet de guerre de Renée MULLER

Dimanche 2 mai
Journée relativement calme à considérer l’ensemble du front. Deux attaques allemandes ont été repoussées à Bagatelle, en Argonne. Au bois Le Prêtre (Pont- à-Mousson), nous avons enlevé des tranchées, fait des prisonniers et organisé le terrain conquis. Une dizaine d’obus sont encore tombés sur Dunkerque, où il y a eu des victimes. Les Allemands tentent d’envahir les provinces baltiques, au nord-est de la Prusse orientale. Leur but serait de couper les voies ferrées qui relient Varsovie à cette région. Les Russes, qui ont des forces suffisantes pour répondre à cette diversion, progressent dans les Carpathes. Un de nos avions qui survolait Somme-Py a été atteint par un éclat d’obus. Les aviateurs ont pu rentrer cependant indemnes dans nos lignes. Des zeppelins ont été aperçus près de la côte anglaise, où un taube a vainement essayé d’opérer. Un navire russe a été coulé par un sous-marin allemand à la pointe sud-ouest de l’Irlande. Un navire anglais a eu le même sort. L’Italie et la Roumanie négocient. Les Turcs ont été refoulés dans la région du canal de Suez où l’une de leurs troupes s’était aventurée. Les relations maritimes sont reprises entre l’Angleterre et la Hollande. 
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