Mardi 2 – Nuit tranquille. Visite à l’Ambulance Sainte-Geneviève.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

2 – Mardi. Toujours temps gris, un peu de gelée.

Dès 8 h du matin nos grosses pièces commencent à faire furie. à 1 h du soir, arrivé du 274e de ligne qui entre par le pont de Muire, tambours et clairons en tête, c’est impressionnant et peut-être un peu téméraire ; mais il y a si longtemps que l’on n’a entendu des tambours et clairons français que l’on se réjouit quand même. La même chose se produit au retour de leur marche en ville.

Pas d’obus ce jour, nuit calme.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy

 

collection : Jean-Claude Thuret

collection : Jean-Claude Thuret

Mardi 2 février

Combat d’artillerie très vif dans le Nord. Nous brisons, par des feux combinés d’artillerie et d’infanterie, une attaque allemande, près d’Ypres. Nos canons détruisent des ouvrages ennemis sur tout le front de l’Aisne. Près de la Bassée, nous infligeons de fortes pertes à nos adversaires que nous contraignons à la retraite. En Argonne, ils déploient, mais sans résultat, une grande activité dans la région de Fontaine-Madame et dans le bois de la Grurie. La neige qui tombe en Alsace arrête les opérations.
M.Lloyd George, le chancelier de l’Échiquier, est venu à Paris pour rencontrer avec MM. Bark et Ribot. Les trois ministres des Finances de la Triple Entente vont examiner les intérêts financiers communs.
Les Turcs, avant d’évacuer Tauris, ont pillé la ville et les sanctuaires des environs.
La consommation du pain est désormais limitée à Berlin par décision du bourgmestre de la ville.
Un nouveau vapeur anglais a été coulé en mer d’Irlande par un sous-marin allemand.
On apprend que le baron Burian, au cours de ses entretiens avec Guillaume II et le chancelier allemand, avait soulevé la question de la paix. Il s’est résigné à la guerre à outrance sur la promesse qui lui a été faite qu’un million d’Allemands seraient envoyés au secours de la Hongrie.
M. Giolitti dément les intrigues qui lui ont été prêtées et qu’il aurait nouées avec le prince de Bulow.
L’invasion de la Serbie semble improbable – du moins pour le moment – les crues des rivières arrêtant l’armée austro-hongroise.

 

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