Les deux dernières nuits ont été calmes.

Canonnade terrible une partie de la journée, au nord de Reims et bombardement vers 16 h 1/4.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Mardi 16 – Vêpres des Quarante Heures à Sainte-Geneviève.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

16 – Mardi. Camille et Marie partent pour Menton. Le matin, assez beau temps, il fait très bon au soleil, aussi continuation du tir de nos grosses pièces autour de Reims et direction de Berry-au-Bac. Du chemin (XXX) on entend très bien dans la direction (XXX). A midi le temps se recouvre, le soleil a déjà regretté sans doute de s’être montré trop tôt.

L’après midi, la canonnade est toujours très intense. à 4 h, les obus commencent à arroser le 4e canton, j’en ai entendu tomber 4 en 5 minutes derrière la gare. La nuit a été très mouvementée, canonnade très violente. Le cimetière du nord a été violemment bombardé a des dégâts très importants parait-il. Dépêche bonne.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy

Le cimetière du nord

Le cimetière du nord

Mardi 16 février

L’ennemi bombarde, en Belgique, nos tranchées de la Dune, mais notre artillerie lourde a efficacement riposté. Une batterie allemande a été réduite au silence. Entre Béthune et la Bassée, nous enlevons sur 250 mètres, une tranchée; nous détruisons d’autres tranchées à Beaurains (sud d’Arras). Canonnade autour d’Albert, aux environs de Soissons et de Vailly : nous dispersons plusieurs rassemblements: la lutte reste vive, dans l’Argonne, de tranchée à tranchée, vers Bagatelle et Marie-Thérèse, mais il n’y a eu aucune action d’infanterie. Une attaque allemande a été arrêtée à Malancourt, entre Argonne et Meuse. L’ennemi qui avait occupé le signal de Xon, près de Pont-à-Mousson, a été repoussé sur les pentes septentrionales de la colline. Son offensive dans la vallée de la Lauch (Vosges méridionales) a été arrêtée.
L’Italie a fait une démarche à Vienne et à Berlin pour demander la portée des préparatifs militaires accumulés à la frontière roumaine. Elle a par là attesté sa solidarité avec la Roumanie.
Le ministre de Grèce n’ayant pas reçu complète satisfaction de la Porte au sujet de l’injure faite à son attaché naval a quitté Constantinople.
Le comte Bernstorff, ambassadeur allemand à Washington, recourt à um véritable chantage. Il annonce au gouvernement américain que l’amirauté allemande renoncera à toute menace contre les neutres si l’Angleterre consent, sur les instances de l’Amérique, à laisser passer les cargaisons de vivres à destination de Hambourg.

Share Button